Haplophyllum tuberculatum (PROTA)

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Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg


Haplophyllum tuberculatum (Forssk.) A.Juss.


répartition en Afrique (sauvage)
1, partie de plante en fleurs ; 2, partie de tige à feuilles linéaires. Redessiné et adapté par Iskak Syamsudin
Protologue: Mém. Mus. Hist. Nat. 12: 528 (1825).
Famille: Rutaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 18

Synonymes

  • Haplophyllum villosulum Timber. & Hausskn. (1867).

Noms vernaculaires

  • Plant of the mosquito (En).

Origine et répartition géographique

Haplophyllum tuberculatum est présent dans tout le nord de l’Afrique, en passant par la péninsule Arabique jusqu’en Israël et au Pakistan. En Afrique tropicale, il se rencontre au Soudan et en Somalie.

Usages

Au Soudan, la décoction des parties aériennes est absorbée pour traiter la fièvre, les flatulences et comme antispasmodique ainsi que pour traiter les rhinites allergiques. La décoction de feuilles et tiges est appliquée en externe pour les problèmes des yeux et des oreilles, pour soulager les maux de dents et les pustules au niveau de la tête. La décoction des parties aériennes se prend comme carminatif et comme décongestionnant. L’extrait de tige feuillée est frotté sur la peau pour protéger le bétail des mouches et des insectes piqueurs.

En Egypte, on prend des infusions de tiges feuillées pour traiter les nausées, la constipation, le paludisme et les troubles gastriques. Au nord d’Oman, le jus extrait des feuilles est appliqué en externe comme remède pour les maux de tête et l’arthrose. Le jus est également utilisé pour éliminer les verrues et taches de rousseur et également pour traiter les infections cutanées et les maladies parasitaires. En Arabie saoudite, l’infusion de feuilles de Haplophyllum tuberculatum se prend pour traiter le paludisme, l’arthrose rhumatoïde et les troubles gynécologiques.

Haplophyllum tuberculatum a une odeur déplaisante distinctive qui le rend peu apprécié du bétail.

Propriétés

Les huiles essentielles obtenues à partir de Haplophyllum tuberculatum contiennent principalement des monoterpènes (77,8%), des sesquiterpènes (13,8%) et des hydrocarbones et ont une forte odeur de citron. Les huiles essentielles, issues des parties aériennes de différentes provenances et différentes périodes de récolte, variaient considérablement. L’huile essentielle des plantes iraniennes contenait environ 40 composants. Les principaux composants d’un échantillon étaient le linalool (15,5%), l’α-pinène (7,9%) et le limonène (5,3%) ; un autre échantillon contenait du limonène (27,3%) et de l’α-pinène (21,9%). Les huiles essentielles de plantes récoltées à Oman contenaient environ 30 composés dont les principaux étaient : le β-phellandrène (23,3%), le limonène (12,6%), le β -ocimène (12,3%), l’α-caryophyllène (11,6%), le myrcène (11,3%) et l’α-phellandrène (10,9%). L’huile essentielle de plantes d’Egypte contenait environ 88 composants ; le principal était le 3-carène, 48,2% pour une récolte en mai et 23,8% pour une récolte en juillet. L’huile essentielle de plantes récoltées dans les Emirats arabes unis en mai contenait comme principaux composants : l’α-phellandrène (10,7–32,9%), le β-caryophyllène (6,3–12,8%), le β-pinène (7,6–8,0%), le limonène (4,0–9,6%) et le δ-3-carène (5,5–6,0%). Cependant, l’huile distillée de plantes récoltées en avril comprenait principalement du linalool (15,0%), de l’acétate de linalyle (10,6%), du β-caryophyllène (9,7%) et de l’α-terpinéol (6,7%).

Haplophyllum tuberculatum contient également une gamme d’alcaloïdes et de lignanes. On a isolé des alcaloïdes quinoliniques des parties aériennes : la dihydroperfamine, la skimmianine, l’évoxine, la γ-fagarine, la flindersine, la folifine et l’haplofoline ; également des alcaloïdes tyramines comme la tubérine, la buchapine, l’haplotubinone, la tubacétine, la tubasénécine et l’haplotubine. Les parties aériennes permettent également d’isoler la diphylline (un lignane), la justicidine-A et -B (des lignanes arylnaphtalènes), ainsi que la tuberculatine (un lignane apioside).

Une huile essentielle originaire d’Oman a inhibé partiellement la croissance d’Escherichia coli, de Salmonella choleraesuis et de Bacillus subtilis. L’huile affectait également la croissance du mycélium de Curvularia lunata et de Fusarium oxysporum avec un effet dose-dépendant, mais n’avait aucun effet sur la germination de leurs spores. Différents extraits des parties aériennes de plantes originaires de Libye ont montré une bonne activité antimicrobienne contre Bacillus cereus, Bacillus subtilis, Enterococcus faecalis, Escherichia coli, Pseudomonas aeruginosa, Staphylococcus aureus, Staphylococcus epidermidis et Candida albicans. La tubérine a montré une activité antimicrobienne significative contre Staphylococcus aureus, Bacillus subtilis et Saccharomyces cerevisiae.

Plusieurs extraits des parties aériennes ont montré une activité significative antiplasmodium contre Plasmodium falciparum 3D7 (sensible à la chloroquine) et D2 (résistant à la chloroquine et sensible à la pyriméthamine). L’extrait à l’éthanol des parties aériennes a eu une bonne activité insecticide contre Culex quinquefasciatus. L’extrait à l’hexane des parties aériennes s’est avéré avoir une activité insecticide significative contre les aleurodes adultes (Bemisia tabaci). L’extrait au chloroforme des parties aériennes a montré une activité insecticide modérée contre les larves de Spodoptera littoralis. Différents extraits des parties aériennes se sont avérés réduire significativement l’éclosion des œufs et la motilité des juvéniles tout en augmentant la mortalité des œufs et des juvéniles du nématode à galles Meloidogyne javanica. Leur activité molluscicide significative contre Biomphalaria alexandrina a également été démontrée.

Des extraits totaux des parties aériennes ont fait ressortir in vitro une cytotoxicité significative contre une gamme de lignées de cellules tumorales et des cellules mononucléées du sang périphérique (PBMC) normales. On a également prouvé que des extraits des parties aériennes ont un léger effet hépatoprotecteur sur les lésions hépatiques induites par le paracétamol chez les souris.

Les extraits aqueux des parties aériennes de plantes récoltées au Soudan ont réduit de façon significative la contractilité et la fréquence cardiaque, mais n’ont pas affecté le débit du cœur isolé de lapin sous perfusion. L’extrait s’est également avéré relaxer significativement le jéjunum de lapin, l’iléon de cobaye, l’utérus de rat, des bandes d’estomac de rat et le côlon de rat isolés, démontrant ainsi son potentiel antispasmodique. La dihydroperfamine a montré un relâchement direct des muscles lisses et un effet hypotenseur.

Description

Plante herbacée vivace, parfois ligneuse à la base, atteignant 40(–60) cm de haut, glabre ou à poils courts ; tige habituellement très ramifiée depuis la base, parfois avec des pousses stériles basales, vert jaunâtre à presque blanches ; glandes nombreuses sur toutes les parties, très variables, non-apparentes à fortement verruqueuses, jaunes. Feuilles alternes, fortement odorantes ; stipules absentes ; pétiole court au-dessous, absent au-dessus ; limbe très variable, de presque circulaire, environ 2 mm × environ 2 mm, à courtement obovale, elliptique, lancéolé ou linéaire, de 9–50 mm × 2–17 mm, base s’amenuisant, bords entiers, lobés ou parfois profondément découpés en 3 lobes. Inflorescence : cyme lâche en corymbe, terminale ou à l’aisselle des feuilles supérieures, de 2–10(–15) cm de diamètre, à fleurs nombreuses, mais bien séparées ; bractées petites, vertes. Fleurs bisexuées, 5-mères, régulières ; pédicelle court ; sépales deltoïdes-ovales à largement lancéolés, d’environ 1 mm de long, libres ; pétales elliptiques-oblongs à oblongs-ovales, de 3–5,5 mm de long, carénés, rétrécis en onglet, jaune vif, glabres ; anthères deux fois plus nombreux que les pétales ; ovaire supère, presque rond, 5-lobé, 5-loculaire, style de 1,5–2,5 mm de long. Fruit : capsule 3–5-lobée, de 2,5–4,5 mm × 1,5–2 mm, glabre à poils blancs, à nombreuses glandes discrètes à verruqueuses, segments s’ouvrant à l’apex, contenant 5–10 graines. Graines réniformes, d’environ 1,5 mm de long, brun foncé à gris ou noir-brunâtre, densément sillonnées.

Autres données botaniques

Le genre Haplophyllum comprend environ 67 espèces en Eurasie tempérée et subtropicale et au nord de l’Afrique, s’étendant à l’Afrique de l’Est tropicale où il n’y a que 3 espèces.

Ecologie

Haplophyllum tuberculatum est présent dans les déserts sableux ou pierreux ou dans les steppes dégradées, sur différents types de sols, souvent sur des dépôts de limon et également dans des cours d’eau asséchés, des plaines côtières, des terres cultivées ou des jachères et des zones rudérales, du niveau de la mer jusqu’à 1330 m d’altitude.

Multiplication et plantation

Haplophyllum tuberculatum peut se multiplier par graines.

Ressources génétiques

Haplophyllum tuberculatum est répandu et parfois commun (par ex. en Egypte et Tunisie), mais généralement il est peu représenté.

Perspectives

La teneur et la composition des huiles essentielles obtenues à partir de Haplophyllum tuberculatum sont très variables, et l’activité pharmacologique des extraits des parties aériennes peut donc varier considérablement. L’activité antimicrobienne est très prometteuse et mérite plus attention.

Comme les parties aériennes contiennent de nombreux alcaloïdes, leur usage en interne impose de la prudence. Des profils d’innocuité doivent être établis.

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Sources de l'illustration

  • Townsend, C.C., 1986. Taxonomic revision of the genus Haplophyllum (Rutaceae). Hooker's Icon. Plantarum 40: 1–336.

Auteur(s)

  • N.S. Álvarez Cruz, Unidad de Medio Ambiente, Delegación del CITMA, Cor. Legón 268 / Henry Reeves y Carlos Roloff, Sancti Spiritus C.P. 60100, Cuba

Citation correcte de cet article

Álvarez Cruz, N.S., 2011. Haplophyllum tuberculatum (Forssk.) A.Juss. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 31 mars 2020.


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