Guibourtia arnoldiana (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Guibourtia arnoldiana (De Wild. & T.Durand) J.Léonard


Protologue: Bull. Jard. Bot. Etat 19: 403 (1949).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)

Noms vernaculaires

Olivier tropical (Fr). Olive walnut, tropical oliver (En).

Origine et répartition géographique

L’aire de répartition de Guibourtia arnoldiana s’étend au Gabon, au Congo, dans l’ouest de la R.D. du Congo et à Cabinda (Angola).

Usages

Le bois se prête parfaitement aux usages intérieurs tels que la parqueterie, la menuiserie, le mobilier, les boiseries et les escaliers, mais également au tournage, à la sculpture et aux placages tranchés. On s’en sert pour la charronnerie, la construction nautique, les petites décorations, les échiquiers, les articles de sports, les jouets, les articles ménagers, les tables et les queues de billard, les brosses, les couteaux et les flûtes.

Additionné d’huile de palme, l’exsudat sécrété par le fût sert d’onguent pour soigner la gale, et est utilisé pour l’éclairage.

Production et commerce international

Le bois d’œuvre est essentiellement vendu par le Gabon sous le nom commercial de “mutenye”. La production est limitée et les quantités commercialisées sont actuellement réduites. Dans les années 1960, entre 2000–6000 m³ de grumes ont été exportées par le Congo chaque année. En 1983, le Gabon a exporté un maximum de 10 000 m³.

Propriétés

Le bois de cœur, brun jaunâtre à brun olive pâle ou brun, souvent avec des maillures grisâtres, fonce à l’exposition. Il se distingue nettement de l’aubier, qui est gris mat teinté de jaunâtre à la coupe et mesure jusqu’à 8 cm de large. Le fil est droit ou légèrement contrefil, le grain moyennement fin et assez régulier. La surface du bois est lustrée. Les surfaces radiales présentent une figure rayée, les surfaces tangentielles un aspect enflammé.

C’est un bois de poids moyen à assez lourd, avec une densité de 740–860 kg/m³ à 12% d’humidité. Normalement, il sèche bien à l’air mais lentement ; il faut prendre certaines précautions car un gauchissement et des gerces peuvent apparaître. Les taux de retrait sont modérément élevés, de l’état vert à anhydre ils sont de 4,6–6,0% dans le sens radial et de 8,7–10,3% dans le sens tangentiel. Une fois sec, le bois est moyennement stable en service. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 138–202 N/mm², le module d’élasticité de 14 000–21 400 N/mm², la compression axiale de 72–84 N/mm², le cisaillement de 8–13 N/mm², le fendage de 25–35 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 4,5–8,3.

Le bois se travaille de manière satisfaisante tant à la main qu’à la machine, mais la présence de silice peut émousser les dents de scie et les lames de coupe. Il est recommandé d’utiliser des lames de scies stellitées et des outils tranchants au carbure de tungstène. On peut obtenir une bonne finition. Les caractéristiques de clouage et de vissage sont bonnes mais des avant-trous sont nécessaires. Le bois se colle bien, même si la présence de gomme risque de créer des difficultés. Les propriétés de cintrage sont modérées. Le bois se déroule et se tranche facilement une fois que les grumes ont été traitées à la vapeur. Il est moyennement durable. Il résiste assez bien aux attaques cryptogamiques et à celles des insectes xylophages, moyennement aux termites, alors que l’aubier est sujet aux attaques de Lyctus. Le bois résiste assez bien aux térébrants marins. Le bois de cœur est rebelle aux traitements avec des produits de conservation ; quant à l’aubier, il l’est modérément. Lorsque le bois sert de bois de feu, la fumée peut provoquer un prurit de la peau.

Falsifications et succédanés

Les propriétés du bois de Guibourtia arnoldiana sont proches de celles de l’iroko (Milicia spp.) et du teck (Tectona grandis L.f.) et le bois peut servir aux mêmes usages. En Europe, les placages tranchés remplacent parfois le noyer (Juglans regia L.). En R.D. du Congo, le nom commercial de “mutenye” est souvent employé pour Copaifera religiosa J.Léonard.

Description

Arbre de taille moyenne atteignant 30 m de haut ; fût dépourvu de branches sur 20 m, droit et cylindrique ou irrégulier, jusqu’à 100 cm de diamètre, pourvu de contreforts de 1 m de haut ; surface de l’écorce orange-rouge, s’écaillant irrégulièrement pour laisser apparaître des plaques plus pâles ; cime à branches étalées. Feuilles disposées en spirale, composées paripennées à 1 paire de folioles ; stipules de petite taille et précocement caduques ; pétiole de 4–8 mm de long ; folioles sessiles, obliquement ovales, de 4–8 cm × 1–4 cm, légèrement acuminées à l’apex, glabres, à nombreux points translucides, pennatinervées à 7–9 paires de nervures latérales, dont 2–3 à partir de la base de la foliole. Inflorescence : panicule terminale ou axillaire atteignant 10 cm de long, garnie de poils courts et bruns ; bractées d’environ 1 mm de long, précocement caduques. Fleurs bisexuées, régulières, blanchâtres, presque sessiles ; sépales 4, ovales-elliptiques, de 3–3,5 mm × 1,5–2,5 mm, à pubescence courte à l’intérieur ; pétales absents ; étamines 10, libres, de 6–10 mm de long ; disque en coupe, poilu ; ovaire supère, arrondi, d’environ 2 mm de diamètre, pubescent, 1-loculaire, style de 3–6 mm de long. Fruit : gousse obliquement elliptique à obovale, aplatie, de 4–5 cm × 2,5–3 cm, à stipe de 2–6 mm de long, arrondie à l’apex, pourvue d’une aile d’environ 5 mm de large sur un côté, lisse, brune, à nervures réticulées, à parois papyracées, indéhiscente, contenant 1(–2) graines. Graines arrondies à ovoïdes, aplaties, d’environ 2 cm de long, brunâtres, dépourvues d’arille.

Autres données botaniques

Le genre Guibourtia comprend quelque 14 espèces, toutes africaines, mais une seule est présente en Amérique tropicale. Le genre est apparenté à Hymenaea et à Peltogyne.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 25 : ponctuations intervasculaires fines (4–7 μm) ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm) ; 29 : ponctuations ornées ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré ; 58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
  • Parenchyme axial : 79 : parenchyme axial circumvasculaire (en manchon) ; 80 : parenchyme axial circumvasculaire étiré ; 81 : parenchyme axial en losange ; 83 : parenchyme axial anastomosé ; 89 : parenchyme axial en bandes marginales ou semblant marginales ; 91 : deux cellules par file verticale ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale ; (93 : huit (5–8) cellules par file verticale).
  • Rayons : 98 : rayons couramment 4–10-sériés ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; 115 : 4–12 rayons par mm.
  • Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial.

(E. Uetimane, P.E. Gasson & E.A. Wheeler)

Ecologie

Guibourtia arnoldiana se rencontre dans la forêt pluviale sur des sols bien drainés jusqu’à 200 m d’altitude.

Traitement après récolte

Les grumes fraichement abattues ne doivent pas séjourner trop longtemps dans la forêt, ceci afin d’éviter les attaques de champignons et d’insectes, ou bien elles doivent être traitées avec des produits de conservation.

Ressources génétiques

Guibourtia arnoldiana est relativement répandu et ne fait pas l’objet d’une exploitation intensive. Si l’on abat les fûts rectilignes et si on laisse ceux qui sont irréguliers, on peut aboutir à une sélection négative.

Perspectives

Bien que Guibourtia arnoldiana produise un bois d’œuvre de bonne qualité, il semblerait que d’autres espèces aient de meilleures qualités requises pour que la recherche développe leur domestication et la gestion de leurs plantations. Il n’existe aucune information sur les taux de croissance de Guibourtia arnoldiana ni sur des méthodes de conduite judicieuses.

Références principales

  • ATIBT (Association Technique Internationale des Bois Tropicaux), 1986. Tropical timber atlas: Part 1 – Africa. ATIBT, Paris, France. 208 pp.
  • Aubréville, A., 1968. Légumineuses - Caesalpinioidées (Leguminosae - Caesalpinioideae). Flore du Gabon. Volume 15. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 362 pp.
  • Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
  • Fouarge, J., Quoilin, J. & Roosen, P., 1970. Essais physiques, mécaniques et de durabilité de bois de la République Democratique du Congo. Série technique No 76. Institut National pour l’Etude Agronomique du Congo (INEAC), Brussels, Belgium. 40 pp.
  • Raponda-Walker, A. & Sillans, R., 1961. Les plantes utiles du Gabon. Paul Lechevalier, Paris, France. 614 pp.
  • Sallenave, P., 1955. Propriétés physiques et mécaniques des bois tropicaux de l’Union française. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent sur Marne, France. 129 pp.
  • Sallenave, P., 1971. Propriétés physiques et mecaniques des bois tropicaux. Deuxième supplément. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 128 pp.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan. 248 pp.
  • Wilczek, R., Léonard, J., Hauman, L., Hoyle, A.C., Steyaert, R., Gilbert, G. & Boutique, R., 1952. Caesalpiniaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 3. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 234–554.

Autres références

  • Anonymous, 1963. Mutenye. Informations techniques no 183, Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 1 pp.
  • Fougère-Danezan, M., Herendeen, S., Maumont, S. & Bruneau, A., 2010. Morphological evolution in the variable resin-producing Detarieae (Fabaceae): do morphological characters retain a phylogenetic signal? Annals of Botany 105(2): 311–325.
  • Fougère-Danezan, M., Maumont, S. & Bruneau, A., 2007. Relationships among resin-producing Detarieae s.l. (Leguminosae) as inferred by molecular data. Systematic Botany 32(4): 748–761.
  • Fuhr, M., Delègue, M.-A., Nasi, R. & Minkoué, J.-M., 1998. Dynamique et croissance de l’Okoumé en zone côtière du Gabon. Document Forafri 16. Cirad-Forêt, Montpellier, France. 60 pp.
  • Léonard, J., 1949. Notulae Systematicae IV (Caesalpiniaceae-Amherstieae africanae americanaeque). Bulletin du Jardin botanique de l'Etat (Bruxelles) 19(4): 383–408.
  • Léonard, J., 1950. Etude botanique des copaliers du Congo belge. INEAC, série scientifique no 45. Bruxelles, Belgium. 158 pp.
  • Normand, D., 1950. Note sur les bois de Guibourtia arnoldiana et de Copaifera religiosa du Mayumbe. Bulletin du Jardin botanique de l'Etat a Bruxelles 20(1): 19-30.
  • Normand, D. & Paquis, J., 1976. Manuel d’identification des bois commerciaux. Tome 2. Afrique guinéo-congolaise. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 335 pp.

Sources de l'illustration

  • Wilczek, R., Léonard, J., Hauman, L., Hoyle, A.C., Steyaert, R., Gilbert, G. & Boutique, R., 1952. Caesalpiniaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 3. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 234–554.

Auteur(s)

  • N. Nyunaï, Institut de Recherches Médicales et d’Etudes des Plantes Médicinales, B.P. 3805, Yaoundé, Cameroon

Citation correcte de cet article

Nyunaï, N., 2011. Guibourtia arnoldiana (De Wild. & T.Durand) J.Léonard. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 4 avril 2025.


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