Globulaire (Cazin 1868)
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Globulaire
Nom accepté : Globularia alypum
Alypum Monspeliensum, sive frutex terribilis. J. Bauh. — Globularia fructicosa myrti folio tridentato. Tourn.
Globulaire turbith, — herbe terrible.
GLOBULARIACÉES. Fam. nat. — TÉTRANDRIE MONOGYNIE. L.
Ce sous-arbrisseau (Pl. XX) croît dans les départements méridionaux de la France, en Espagne, en Italie. Il aime les terrains rocailleux.
Description. — Racines dures, épaisses, noirâtres. — Tige rameuse, d'un brun rongeâtre, haute de 60 à 80 centimètres. — Feuilles petites, alternes, d'un vert glauque, obovales, acuminées, quelquefois dentées latéralement. — Fleurs bleuâtres et formant à l'extrémité des rameaux de petites têtes globuleuses, solitaires et sessiles. — Calice hémisphérique composé de folioles ovales, imbriquées. — Quatre étamines attachées à la base de la corolle, - Un ovaire supérieur. — Un style. — Un stigmate. — Un akène ovoïde, jaune luisant, renfermé dans le calice.
[Parties usitées. — Les feuilles, les inflorescences.
Culture. — La globulaire se cultive en pot, en terre substantielle mêlée de cailloux ; on la multiplie par boutures, on arrose très-peu ; c'est une plante d'orangerie.
Récolte. — Les feuilles doivent être récoltées au moment de la floraison ; les inflorescences, rarement employées, doivent être cueillies à l'époque de l'épanouissement, on les fait sécher au soleil.
J. Bauhin nommait la globulaire herba terribilis, frutex terribilis ; c'est sous ce nom qu'elle est désignée dans les ouvrages de Lobel, de Valeschamps [sic : Daléchamps], etc. Clusius (de Lécluse)., qui l'employait et qui l'avait observée en Espagne, l'appelait coronillas de los frayles (petite couronne des moines).]
Propriétés physiques et chimiques. — Les feuilles ont une saveur amère et désagréable. L'analyse n'a pas encore fait connaître la nature de leurs principes chimiques.
La globulaire turbith est un purgatif qui opère doucement, sans produire ni irritation, ni nausée, ni malaise. Les paysans des environs d'Aubagne en font un fréquent usage ; les personnes même les plus délicates en prennent pour se purger, à la dose de 20 à 30 gr. en décoction aqueuse. Elle peut avantageusement remplacer le séné à dose double de ce dernier. En comparant les effets de ces deux plantes, Loiseleur-Deslongchamps, observateur judioieux auquel on doit de précieuses recherches sur la thérapeutique végétale indigène, a constaté que tous les avantages étaient en faveur de la globulaire ; que la décoction des feuilles de cette dernière était exempte de la saveur désagréable du séné, et que les évacuations qu'elle produisait étaient plus égales. Elle est en même temps tonique.
D'après Ramel, qui a puissamment oontribué, après Clusius et Garidel, à dissiper les préventions que l'on avait contre cette plante, la globulaire se-
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rait en outre hydragogue et fébrifuge. On ne peut attribuer son action contre les fièvres intermittentes qu'à son principe amer, et son utilité dans les hydropisies qu'à ses effets purgatifs.
Quand on administre la globulaire en décoction, qui est la forme la plus usuelle, il faut que l'ébullition soit continuée environ dix minutes, afin que l'eau puisse s'emparer de toutes les parties actives de la plante. L'extrait se donne à la dose de 2 à 5 centigr.
Globulaire vulgaire
Nom accepté : Globularia vulgaris
GLOBULAIRE VULGAIRE, MARGUERITE BLEUE (Globularia vulgaris), plante herbacée qui croît dans les pâturages secs, les coteaux calcaires, dans toute la France.
Description. — Tiges solitaires ou peu nombreuses, de 10 à 40 centimètres, droites, simples. — Feuilles radicales nombreuses, en rosette, obovales, mucronées, entières, les caulinaires beaucoup plus petites, lancéolées-oblongues. — Fleurs bleues en capitule globuleux, solitaire et terminal (mai-juin). — Calice velu, à cinq divisions lancéolées. — Corolle à cinq divisions, les trois inférieures plus longues.
Les feuilles de cette espèce peuvent très-bien remplacer la globulaire turbith, en augmentant la dose d'un tiers. Elles m'ont constamment réussi.