Gisekia pharnaceoides (PROTA)

De PlantUse Français
Aller à : navigation, rechercher
Prota logo vert.gif
Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg
Légume Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Gisekia pharnaceoides L.


Protologue: Mant. pl. 2 : 562 (1771).
Famille: Aizoaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 36, 72, 108

Synonymes

  • Gisekia linearifolia Schumach. & Thonn. (1827),
  • Gisekia congesta Moq. (1849),
  • Gisekia rubella Hochst. ex Moq. (1849).

Noms vernaculaires

  • Oldmaid, gisekia (En).

Origine et répartition géographique

Gisekia pharnaceoides est très probablement originaire d’Afrique tropicale et de l’Arabie tropicale voisine. Il s’est ensuite répandu vers l’Afrique australe et l’Asie et a été introduit au Nouveau Monde. En Afrique tropicale, on le rencontre souvent dans les zones sèches.

Usages

On consomme parfois Gisekia pharnaceoides comme légume, par ex. en Somalie, au Kenya et en Tanzanie. On le consomme comme un aliment de disette en Afrique de l’Ouest et en Inde. En R.D. du Congo et au nord du Tchad il est consommé comme condiment.

Les jeunes plantes sont consommées par le bétail bien qu’elles provoquent parfois la diarrhée ; on ne recommande pas les plantes âgées comme fourrage car leurs fruits seraient toxiques. Les usages médicinaux sont nombreux. En Afrique de l’Est, la plante entière est consommée comme revitalisant, par ex. après une fausse couche. Dans le nord de l’Afrique, on considère Gisekia pharnaceoides comme un purgatif, au Kenya, en Tanzanie, en Afrique australe et à Madagascar, on l’ingère pour soigner la diarrhée. En Inde, en Indonésie, en Afrique du Sud et à Madagascar, il est utilisé comme tænicide, mais la plante doit être consommée avec beaucoup de précaution. En Afrique de l’Ouest, on frotte les feuilles sur les enflures et en Tanzanie la tige, écrasée dans du beurre, est appliquée sur des muscles douloureux. En Inde, le jus de la plante est utilisé contre les verrues. En Tanzanie, les feuilles vertes cuites sont consommées pour traiter l’asthme, au Kenya les racines sont utilisées comme médicament pour la poitrine. Les graines possèdent probablement des propriétés vermifuges.

Propriétés

On a identifié plusieurs acides phénoliques dans les parties vertes de Gisekia pharnaceoides : l’acide p-OH-benzoïque, l’acide caféique, l’acide p-coumarique et l’acide vanillique. Les acides férulique et sinapique étaient absents, bien qu’ils soient habituellement présents chez les Aizoaceae. Dans les graines on a trouvé des composés de type tannique α- et β-gisekia. Des tanins sont présents dans toute la plante.

Botanique

  • Plante herbacée légèrement succulente, glabre, verte, souvent teintée de rose ; tige coureuse, décombante ou prostrée, atteignant 80 cm de long, parfois plus longue.
  • Feuilles habituellement opposées, simples, subsessiles ; limbe variable, de linéaire à linéaire-oblancéolé, oblancéolé-spatulé ou elliptique, de 0,5–6 cm × 0,1–2 cm, base atténuée, apex arrondi à subaigu, souvent vaguement apiculé, entier, surface densément striée de nombreuses raphides linéaires, courtes, blanchâtres.
  • Inflorescence : cyme ombelliforme, à 3–40 fleurs ; pédoncule atteignant 5,5 cm de long.
  • Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, blanc verdâtre, souvent teintées de rose, mauve ou jaunâtre ; pédicelle relativement trapu, courbé, de 2–8 mm de long ; tépales libres, de 1,5–3 mm long chez le fruit ; étamines à filets élargis à la base ; carpelles 5, libres.
  • Fruit composé de 5 akènes.
  • Graines noires, lisses, finement ponctuées.

Le statut, les affinités et la position systématique de Gisekia font toujours l’objet de controverse. Il a été affecté à plusieurs familles différentes : les Aizoaceae, les Molluginaceae et les Phytolaccaceae. On a suggéré que Gisekia formait une famille séparée, les Gisekiaceae, et qu’elle pouvait être considérée comme faisant le lien entre les Aizoaceae et les Phytolaccaceae, qui contiennent de la bétalaïne, et les Molluginaceae, qui contiennent des anthocyanines.

La variabilité de Gisekia pharnaceoides est considérable et est à l’origine de nombreux noms d’espèces et de variétés. La plus connue est var. pseudopaniculata C.Jeffrey (plantes érigées ou ascendantes, fleurs en cymes terminales diffuses, pédicelle filiforme, érigé, de 1–1,5 cm de long chez le fruit), qui est désormais considérée comme une espèce séparée : Gisekia diffusa M.Gilbert. Les spécimens à fruits munis de crêtes ou d’ailes proéminentes sont classés au sein de var. alata M.Gilbert.

Ecologie

Gisekia pharnaceoides est une adventice que l’on trouve au bord des routes, en savane herbeuse, arbustive ou boisée, surtout sur sols sableux, du niveau de la mer jusqu’à 1700 m d’altitude.

Ressources génétiques

Gisekia pharnaceoides est répandu dans de nombreuses régions tropicales et subtropicales du monde et n’est pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Il faudrait mieux étudier la phytochimie de Gisekia pharnaceoides afin d’établir ses valeurs nutritionnelles et médicinales. Sauf si de telles études indiquent le contraire, son utilisation comme légume ne doit pas être recommandée car il contient des composés toxiques.

Références principales

  • Adamson, R.S., 1961. The South African species of Aizoaceae. 10. Gisekia L. Journal of South African Botany 27: 131–137.
  • Gilbert, M.G., 1993. A review of Gisekia (Gisekiaceae). Kew Bulletin 48: 343–356.
  • Godfrey, R.K., 1961. Gisekia pharnacioides, a new weed. Rhodora 63: 226–228.
  • Jeffrey, C., 1961. Aizoaceae (including Molluginaceae and Tetragoniaceae). In: Hubbard, O.B.E. & Milne-Redhead, E. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 37 pp.
  • Narayana, P.S. & Narayana, L.L., 1988. Systematic position of Gisekia L. A numerical assessment. Feddes Repertorium 99: 189–193.

Autres références

  • Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
  • Burkill, H.M., 2000. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 5, Families S–Z, Addenda. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 686 pp.
  • Gonçalves, M.L., 1978. Aizoaceae. In: Launert, E. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 4. Flora Zambesiaca Managing Committee, London, United Kingdom. pp. 508–521.
  • Keay, R.W.J., 1954. Molluginaceae. In: Keay, R.W.J. (Editor). Flora of West Tropical Africa. Volume 1, part 1. 2nd Edition. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 133–135.

Auteur(s)

  • P.C.M. Jansen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 6 mars 2025.