Ficus capreifolia (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Fruit Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Fourrage Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fibre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Ficus capreifolia Delile


Protologue: Ann. Sci. Nat., Bot., sér. 2, 20 : 94 (1843).
Famille: Moraceae

Noms vernaculaires

  • Arbre papier de verre (Fr).
  • Sandpaper fig, riverine sandpaper fig, river sandpaper fig, rough-leaved fig, willow wild fig (En).

Origine et répartition géographique

Ficus capreifolia est largement réparti en Afrique tropicale, depuis le Sénégal et la Gambie jusqu’en Somalie et de là vers le sud jusqu’en Namibie, au Botswana, au Zimbabwe et au Mozambique. Il est également présent en Afrique du Sud et au Swaziland.

Usages

L’écorce, que l’on arrache en longues bandes, sert à faire de la corde et de la ficelle. Les rameaux refendus servent à tresser des paniers au Zimbabwe. Les feuilles rugueuses font office de papier de verre pour le polissage d’objets en bois comme des cannes, des javelots, des arcs, des manches d’outils et des boucles d’oreilles, et pour la préparation des peaux.

La feuille et le latex de l’écorce servent au tannage. La feuille se consomme au Sénégal. Le fruit se mange aussi et on peut en faire une boisson fermentée. Les feuilles, les fruits et les jeunes pousses sont employés comme fourrage. Des parties non précisées de la plante sont utilisées dans la construction des toitures et comme combustible. En Tanzanie, le jus des feuilles et la décoction des racines se prennent en traitement de la schistosomose, et le jus des feuilles ou la poudre de racine s’aspergent sur les ulcères syphilitiques.

Propriétés

Le bois est tendre. Le latex de l’écorce serait urticant. Un extrait au dichlorométhane des feuilles a manifesté une activité fongicide contre Cladosporium cucumerinum due à la présence de psoralène, une furanocoumarine. L’extrait a également fait ressortir une activité inhibitrice sur l’enzyme acétylcholinestérase. L’extrait au méthanol du rameau a montré une activité de piégeage des radicaux libres.

Botanique

Arbuste ou petit arbre sempervirent, dioïque, atteignant 8 m de haut, parfois lianescent ; fût atteignant 80 cm de diamètre ; écorce externe lisse, blanchâtre, grise ou brun grisâtre, écorce interne rosée, à latex aqueux ou laiteux ; jeunes branches poilues. Feuilles plus ou moins distiques et alternes ou presque opposées ou verticillées ; stipules libres, linéaires à lancéolées, de 0,5–1 cm de long, membraneuses, rougeâtres, en partie poilues, relativement persistantes ; pétiole atteignant 2(–2,5) cm de long, scabre, poilu ou glabrescent ; limbe presque ovale à oblong ou lancéolé, parfois elliptique, de 2–16,5 cm × 1–7 cm, base cordée à obtuse, apex aigu, acuminé, obtus, 3-lobé ou 3-denté, bord presque entier ou légèrement denté, papyracé, scabre sur les deux faces, pennatinervé à 4–12(–16) paires de nervures latérales, à taches glandulaires à l’aisselle des principales nervures latérales au-dessous. Inflorescence : figue renfermant les fleurs, par groupes de 1–2 à l’aisselle des feuilles, obovoïde, ellipsoïde ou globuleuse, de 1–3,5 cm de diamètre, stipe atteignant 5 mm de long, hispiduleux, verte ou jaune pâle à maturité ; pédoncule de 0,5–2 cm de long ; bractées basales 3, éparses ou en verticille, face externe du réceptacle dépourvue de bractées. Fleurs unisexuées ; fleurs mâles pédicellées, à 3–6 tépales et 1–3 étamines ; fleurs femelles à 4–6 tépales, ovaire 1-loculaire et style long, fleurs donnant les graines et fleurs donnant les galles distinctes.

Le genre Ficus comprend environ 750 espèces, dont environ 100 en Afrique, 500 en Asie tropicale et en Australie, et 150 espèces en Amérique tropicale.

Ficus capreifolia pousse vite. Les branches prennent souvent racine lorsqu’elles touchent le sol, donnant lieu à la formation de fourrés. Les fleurs sont pollinisées par la guêpe Kradibia gestroi. La fructification a généralement lieu à la fin de la saison sèche et au début de la saison des pluies. En Afrique australe, on note une fructification en septembre–février. Les fruits attirent les oiseaux et les chauves-souris frugivores.

Ecologie

Ficus capreifolia se rencontre du niveau de la mer jusqu’à 2600 m d’altitude dans les régions côtières et fluviales à faibles précipitations et dans les marécages, souvent en bosquets ou en fourrés. Il tolère une immersion prolongée.

Gestion

Ficus capreifolia peut se multiplier par graines extraites de fruits très mûrs ou séchés, et par boutures qui prennent facilement racine.

Ressources génétiques

On ne sait pas si Ficus capreifolia est menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Ficus capreifolia est une utile plante polyvalente qui procure non seulement de la fibre, des matériaux de vannerie et des abrasifs, mais également toutes sortes d’autres produits, notamment de la nourriture, du fourrage et des remèdes traditionnels. Malheureusement, les données sur ses propriétés, telles que celles des fibres, sa valeur alimentaire ou la qualité de son fourrage, font défaut, ce qui rend malaisée l’évaluation des perspectives de cette espèce.

Références principales

  • Arbonnier, M., 2004. Trees, shrubs and lianas of West African dry zones. CIRAD, Margraf Publishers Gmbh, MNHN, Paris, France. 573 pp.
  • Berg, C.C. & Hijman, M.E.E., 1989. Moraceae. In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 95 pp.
  • Burkill, H.M., 1997. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 4, Families M–R. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 969 pp.
  • Friis, I., 1989. Moraceae. In: Hedberg, I. & Edwards, S. (Editors). Flora of Ethiopia. Volume 3. Pittosporaceae to Araliaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 271–301.
  • SEPASAL, 2009. Ficus capreifolia. [Internet] Survey of Economic Plants for Arid and Semi-Arid Lands (SEPASAL) database. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. http://www.kew.org/ ceb/sepasal/. June 2009.

Autres références

  • Cavendish, W., 1999. The complexity of the commons: environmental resource demands in rural Zimbabwe. The Centre for the Study of African Economies Working Paper Series. Working Paper 92. 52 pp.
  • Coates Palgrave, K., 1983. Trees of southern Africa. 2nd Edition. Struik Publishers, Cape Town, South Africa. 959 pp.
  • Cogne, A.-L., 2002. Phytochemical investigation of plants used in African traditional medicine: Dioscorea sylvatica (Dioscoreaceae), Urginea altissima (Liliaceae), Jamesbrittenia fodina and Jamesbrittenia elegantissima (Scrophulariaceae). PhD thesis, Université de Lausanne, Institut de Pharmacognosie et Phytochimie, Lausanne, Switzerland. 208 pp.
  • Friis, I., 1999. Moraceae. In: Thulin, M. (Editor). Flora of Somalia. Volume 2. Angiospermae (Tiliaceae-Apiaceae). Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. pp. 91–104.
  • Heine, B. & Heine, I., 1988. Plant concepts and plant use; an ethnobotanical survey of the semi-arid and arid lands of East Africa. Part 1. Plants of the Chamus (Kenya). Cologne Development Studies 6. Breitenbach, Saarbrücken, Germany. 103 pp.
  • Johnson, D., Johnson, S. & Nichols, G., 2002. Gardening with indigenous shrubs. Struik Publishers, Cape Town, South Africa. 112 pp.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Stave, J., Oba, G., Nordal, I. & Stenseth, N.C., 2007. Traditional ecological knowledge of a riverine forest in Turkana, Kenya: implications for research and management. Biodiversity Conservation 16: 1471–1489.
  • Stefanesco, E. & Bintoni-Juliassi, O., 1982. 101 wild fodder and food plants of Angonia province of Tete Mozambique. Field Document No 39. Ministry of Agriculture, Food and Agriculture Organization of the United Nations, Maputo, Mozambique. 208 pp.
  • Vivien, J., 1990. Fruitiers sauvages du Cameroun. Fruits Paris 45(2): 149–160.

Sources de l'illustration

  • Akoègninou, A., van der Burg, W.J. & van der Maesen, L.J.G. (Editors), 2006. Flore analytique du Bénin. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. 1034 pp.

Auteur(s)

  • M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 31 mars 2025.


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