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Fagus (Rolland, Flore populaire)


Celtis
Eugène Rolland, Flore populaire, 1896-1914
Castanea

Fagus silvatica

[Tome X, 97]

Fagus silvatica (Linné). — LE HÊTRE


  • fagus, faguus, fragus (?), fragrus (?), l. du m. â., Du C.; Dief.
  • fau, fo, feu, faoul, fol, foul, fayen, fain, fayen, fayan, faon, fousteau, fausteau, fouteau, fauteau, faytault, anc. fr.
  • frau, m., fraus, m., anc. fr., God.; Escallier, Vocab. du XIVe s.
  • fag, m., fach, m., hac, m., fok, fôk, m., fatch, m., fày’, m., hày’, m., fàyar, m., foyar, m., fouyar, m., fàyôr, m., fëyar, m., fòyèr, m., fauàyar, m., fàyal, m., fàyà, m., fàya, f., fàyô, m., fòyô, m., fouyà, m., fòyé, m., fouàyè, m., èfëyè, m., fan, m., fàyan, m., fouàyan, m., fàyn, m., fin, m., fàyisse, f., fày’èsse, f., fèy'sse, f., fènèsse, f., fénièsse, f., fînèsse, f., fânê, m., fàyite, f., éfàyite, f., fày'te, f., féy'te, f., fadzày’, m., fajassé, m., fajass, m., hajou, m., fothi (av. th angl.), fohi, m., fohira, f., fol, m., fou, m., foû, f., , m., , m., faou, m., foou, m., haou, m., , m., , m., feu, m., , m., feû, m., foueû, m., , m., , m., faouè, m., faoué, m., faouè, f., favé, m., fué, m., fià, m., fa, foutt, m., faouss, m., facutss, m., fol, m., fouèl, m., fouèle, f., fouale, f., foutô, m., foutyô, m., fouétô, m., foukyô, m., fôtale, f., foutale, f., foutyaou, m., foutyà, m., fëtyô, m., futyò, m., feukýao, m., foûtè, m., fouàyan, m., env. de Pamproux (D.-S.), c. p. M. B. Souché, en divers patois.
  • fayen, m., anc. fr., Sainctyon, Edicts d. eaux et for., 1610, p. 382.
  • fâyin, m., Euguzon (Indre), Tissier.
  • fain, m., anc. fr., Ménage, 1750, s. v° faine.
  • faon, m., anc. fr., docum. de 1520, Laborde, 1853, II, 270.
  • fan~ m., env. de Fougères (I.-et-V.), r. p.
  • fagnétié, m., Pierremont (P.-de-C.), c. p. M. Ed. Edmont.
  • fàyisse, f., Brechainville (Vosges), Adam. — Brillon (Meuse),Varl.
  • féyisse, f., Meuse, Lab.
  • fàyèsse, f., Trampot (Vosges), Adam.
  • fày'sse, f., Meuse, Cordier. — H. M., c. p. M. A. Daguin. — Loisy (Marne), Guénard.


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  • féy'sse, f., Pargny (Vosges), Ad. — La Neuveville-s.-M. (Vosges), Haill. — H.-M., c. p. M. A. Daguin.
  • fènèsse, f., fénièsse, f., Vosges, Haill.
  • fînèsse, f., Rouges-Eaux (Vosges), Adam.
  • feûté, m., fëté, m., futê, f., folî, m., foutèl’, f., fôtale, f., foutale, f., fatouliè, m., fatouriè, m., fàyènî, m., fouiniè, m., fouiniô, m., fouinô, m., fouinà, m., fiéniè, m., féniè, m., fên'tyè, m., fouén'tyè, m., fâno, m., en divers patois.
  • fourkss, m. s., Ponts-de-Cé (M.-et-L.), r. p.
  • fëyarn, m., Veauchette (Loire), r. p.
  • fëyatt, m., Marchenoir (L.-et-Ch.), r. p.
  • fàyarda, f., Saint-Jean de Bournay (Isère), r. p.
  • fia, m., fiarda, f., Charavines (Isère), c. p. M. Ed. Edmont.
  • faw, m. wallon (= fau, fou, franç.).
  • fawelê, m. wallon, = petit hêtre. — J. F.
  • haistre [1], m., haestre, m., hestre, m., estre, m., hettre, m., anc. fr. du Nord. (Ces mots ont d'abord signifié jeune hêtre et par la suite hêtre en général. — Dans un texte de 1210 on différencie le fou et l'hettre. Voy. God., IV, 107.)
  • hesdre, m., anc. fr., Cl. Cotereau, Columelle, 1552, p. 459.
  • hèsse, f., wallon ardennais.
  • hêtre, m., français. (Le mot est féminin dans certains patois.)
  • hate, f., Luxembourg méridional ou lorrain. — J. F.
  • hête, m., héte, m , franç. pop. en un grand nombre d'endroits.
  • håtr, m., Rainville (Vosges), r. p.
  • hétrò, m., Moussey (Vosges), Haill.
  • aiteron, f., anc. fr. Se trouve dans le jeu de mots suivant : « Se

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  1. « Les Parisiens et les Normands disent haistre ; ils croiroient dire une ordure en disant foutreau. » Ménage, 1750. — A l'origine haistre désignait spécialement le jeune hêtre, particulièrement employé pour le chauffage ; c'était le bois de l'aistre, c'est-à-dire le bois de foyer. — Le mot aistre dans le sens de foyer se trouve dans les exemples suivants : « Hastre = foyer allumé, » Chansons de Gautier Garguille, publiées dans la Bibliothèque facétieuse, 1858, II, 28. — « Sept ou huit enfants à l'aistre..... Le chat en l'aistre..... Cendres en l'aistre del fu..... » XIIIe et XIVe s., Littré au mot âtre.
    [Hêtre vient du néerlandais heister qui avait le sens général de « arbrisseau »; — âtre vient de l'anc. haut-all. astrich, sol dallé, et n'a aucun rapport avec hêtre. — J. Feller.]
    [Cette étymologie ne rend pas compte de l’h aspirée, qui indique une origine germanique. Hêtre est « emprunté du néerl. heester » (Dict. général) ; cf. Littré, Kœrting1 4558 ; Kluge7, v. Heister; Schrader, Reallexikon der idg. Altertumskunde 118, etc. On voit dans Heister un dérivé (cf. Flieder, Hollunder) de heis-, cf. l'ancien Hêsiwald = Silva C(h)aesia de Tacite. — E. E.]


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chauffer à la fumée d'une aiteron pour faute de bois. » XVIIe s., Fournier, Var. hist. et litt., III, 59.
  • hèstrale, f., wall. = buisson de hêtre. — J. F.
  • étra, f., Morillon (Sav.), r. p.
  • êtr, masc., Aubenton (Aisne), r. p. — Lisines (S.-et-M.), r. p. — Saint-Julien-s.-S. (Orne), r. p. — Dives (Calv.), r. p.
  • rêtr, m., Pont-Audemer, Caumont (Eure), Jor.
  • èn'tr, m., Archiac (Char.-Inf.), r. p.
  • atr, m., Villeneuve-s.-Nic. (E.-et-L.), r. p. — Fargniers (Aisne), r. p.
  • hértt, m., Saulxures-s.-Mos. (Vosges), r. p.
  • hétryè, m., Pissy-Poville (S.-Inf.), r. p.
  • hétrày’ m., Corniéville (Meuse), r. p.
  • hétyè, m., Saint-Symphorien (I.-et-L.), r. p.
  • hêtê, m., env. de Belfort, Vauth.
  • hatt, m., Ardennes, r. p. Breux (Meuse), Mém. de la Soc. d. lettres de Bar-le-D., 1898, p. 310. — Etalle (Bel.), r. p.
  • êtt, m., Hesdin, Auxy-le-Ch. (P.-de-C), r. p. — Claye (S.-et-M.), r. p. — env. de Châteauroux (Indre), r. p.
  • âté, m., äté, m., até, Bournois (Doubs), Rouss. - Cubry, Clerval (Doubs), r. p. — Sancey (Doubs), Rev. d. philolog. franç., 1899, p. 133, Plancher-l.-M. (H.-Saô.), Poul. — Villers-le-Sec (H.-Saô.), r. p.
  • hèss, m., Saint-Hubert (Belg.), Marchot.
  • hass, m., Luxemb. wallon, Dasnoy.
  • hêhhe, f., La Bresse (Vosges), Bull. de la Soc. philomath. vosg., 1887, p. 251.
  • hhèbé, m., jargon de Razey près Xertigny (Vosges), r. p.
  • bouocha, m., Ban-de-la-Roche, Oberlin.
  • bouhhon, m., bohhon, Vosges, Haill.
  • bochò, m., La Poutroye (Alsace), Simon, p. 428.
  • bohhò, m., Ban-sur-M. (Vosges), Adam.
  • époche, f., Bains (Vosges), r. p. — Hennezel (Vosges), Adam.
  • tòzin, m., Sabres, Mézos (Landes), c. p. M. Ed. Edmont.
  • trass, f., Alluy (Nièvre), c. p. M. Ed. Edmont.
  • h'au (prononcé haou) Bigorre, c. p. M. Tarusan.
  • ôli, Chenôve (C.-d'Or), r. p. (on fait de l'huile avec le fruit).
  • arbre de rame, environs d'Aurillac, c. p. M. P. Le Blanc, [à Sainte-Eulalie (Lozère) on appelle feuilles de rames les feuilles sèches de hêtre qui servent à remplir les paillasses de lits, et rames de caillada (lait caillé) les jeunes feuilles fraîches de cet arbre


[100]

dont les vaches sont très friandes et qui leur donnent de très bon lait, c. p. M. P. Le Blanc].
  • faz, faza, Parme, Mal. — fau, sicil., Cagl. — , milan., monferrin. — fajar, fan, vèspul, frioul, Pir.
  • boc, anglo-saxon.
  • fau du hêtre, fœuenn un hêtre, bret. moy. ; mod. faw, fawen, cf. Gloss. moy. br. 234. Sur l'absence de nom celtique pour cet arbre, voir Schrader, Reallex, 118 [E. E.].
  • beuk, buuck, biek, boek, boekenboom, beukenboom, biekenoteleer, dial. flam. et holl. (A. de C.)


Le jeune hêtre est appelé :

  • faginula, hastra, haistria, lat. du m. â., Du Cange. (Au moyen âge le latin astra signifiait sol carrelé et par suite foyer et par suite maisonnette où il y avait au moins un foyer et par suite le jeune hêtre qui est par excellence le bois bon à brûler au foyer.) [Explication réfutée plus haut, p. 98, n. E. E.]
  • hestrus, lat. du m. â., God.
  • faoulò, m., Meuse, Lab.
  • fothalè (av. th angl.), m., La Veveysse (Suisse), Savoy.
  • habout, m., habourisse, f., Vallée d'Azun, Cordier.
  • tastour, m., Vallée d'Aspe (Basses-Pyr.), Lespy.
  • haistriau, m., anc. fr., Du C., VII, 197.


Noms du fruit :

  • glans fagea, fagia, fagum, fagina, facinum, fagmentum fagitricium, nuxfagi, l. du m. â.
  • favine, faiene, foyne, fayne, faine [1], fangne, fane, gland de hestre, gland de fain, noix-faine, anc. fr.
  • hayéte, f., Bigorre et Béarn.
  • fajo, fage, hage, fadza, afadza, fadzo, afadzou, m., fazo, faze, fayo, afàyou, m., hafàyou, m., hày, halho, fàysse, fàyine, féyine, fàyèn', fuyèn’, fuèy'na, fày'no, féy'no, fòy'no, fay'ne, féna, féno, féne, fièn’, fun-nd, fin-na, fin-ne, fane, fòne, fagne, fâgne, fangne, fingne, finte, faouine, faouin-ne, fouino, fuino, fouine, fouinou, m., fuine, fouày'no, faouène, fouèno, fouèn’, fouinô, m., fouiniô, m., fénétte, fènotte, fêgnôtë, fagnètte, falyètte,

____________________

  1. Sur l'étymol. de ce mot voy. A. Tobler, dans Zeitisch. f. rom. Philol. 1885, p. 573. [Autant dire tout d'un coup que faine vient de fagina (sous entendu bacca). — J. Feller.]


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hagète, hayéte, haye, foukyotte, foutiy', favou, m., fèvièou, m., hajolo, fàyon, m., afa, f., en divers patois.
  • fayere, f., wallon, J. F.
  • foutyô, m., Berry, Sologne, Le Grand.
  • fraine, f., anc. fr., Sainctyon, Edicts d'eaux et for., 1610, p. 382.
  • frègnètte, f., Eure, S.-Inf., Joret.
  • pahou, m., Vielsalm (Belgique), Wallonia, 1893, p. 111.
  • gladyô, m., Tavaux (Jura), r. p.
  • calô, m., La Carneille (Orne), Joret.
  • noix d'hêtre, f., Saint-Pol (P.-de-C). c. p. M. Ed. Edmont.
  • noix de faîne, f., Coincy (Aisne), r. p.
  • châtaigne, f., Bohain (Aisne), r. p. (La vraie châtaigne n'existe pas dans le pays.)
  • petite châtaigne, petite catènne, Caudebec-l.-Elb. (S.-Inf.), r. p.
  • catin, f., Magnicourt-s.-C. (P.-de-C.), r. p.
  • couille de hêtre, f., Warloy-Baillon (Somme).
  • nouéjette, f., Ramecourt (P.-de-C.), c. p. Ed. Edmont.
  • kilbichen, bret. de Pleubian, c. p. M. Y. Kerleau.
  • kilfichen, bret. de Lannion, c. p. M. Y. Kerleau.
  • finijen, filvijen, fibien, et plur. bilbich, kivich, babilotes, fouion, fion, etc., bret. mod., Ernault, Gloss. moy. br. 243. [E. E.].
  • bèkèn, bret. des env. de Lorient, r. p.
  • ackeran, Styrie, Unger.
  • beukennoot, bukenoot, biekenoot, boeknote, flam. ; beukelkoorn, dial. holl. (A. de C.)

Voir d'autres noms gallo-romains du hêtre et de la faine dans Gilliéron et Edmont, Atlas ling. de la Fr., fasc. 12 et 15, cartes 528, 690 et 691.


Un lieu planté de hêtres est appelé :

  • fagia, faia, fagium, fagetum, fragilum, faginetum, fagimentum, l. du moy. â.
  • faya, f., faged, m., faiet, m., haiet, anc. dial. du Midi.
  • faignas, m., feignas, m., foutelaie, f., anc. franç.
  • fouilloy, m., picard, doc. de 1507, God.
  • fët'lâ, f., foutellerie, fouterrerie, foutè, m., fàyaré, m., fô-ira, f., habourè, m., fàyèy’, m., fayé, m., fày’, f., fày, m., fène, fègne, f., fagétt, m., fagéde, f., hêtrée, hétréy’, en divers patois.
  • favenneg, faôennek, favecq, faoued, faouëdeg, diminutifs faveguicq, faouëguic, faouëdicq, bret. mod., Ernault, Gloss. moy. bret. 234. [E. E.]


[102]

  • fayis, m. wallon.


Une pépinière de jeunes hêtres est appelée :
  • haistrière, f., anc. fr., God.
  • fàyèl, m., Pas-de-Calais.

« On appelait autrefois haute-futaie un bois composé de hêtres très vieux ; par extension on nomme aujourd'hui ainsi tout bois dont les arbres n'ont pas été coupés depuis très longtemps. » français. « Haulte foussoie = haute futaie. » anc. fr., Gringore, éd. d'Hér., I, 159.

Toponomastique : La Fage, La Haute Fage, La Faye, Le Fay, Le Grand Fay, La Haute Faye, La Belle Faye, Le Beau Fay, La Foye, La Haute Feuille, La Faguette, Le Faget, Le Fayet, La Fayette, Le Fayé, Le Fayel, Le Fayau, La Fagière, La Faguère, La Fayère, Le Fayard, La Fayardie, La Fajardie, La Fayore, Au Fau, Le Faux, Les Faux, Le Grand Fau, Le Bel Fau, Les Trois Faux, Les Sept Faux, Le Fou, Les Foux, Le Grand Fou, Le Gros Fou, Le Bel Hêtre, Le Gros Hêtre, Le Vieil Hêtre, Le Hêtre aux Loups, noms de nombreuses localités.

  • Fays, Fays-le Franc, Grosfays, Beaufaux, Beaufays, etc., etc., Les sept fauves, A treûs fawetès. — J. Feller.
  • Fayetum, lat. de 1349, La Favède, aujourd'hui, loc. du Gard, Germer-Durand.
  • La Forêt des Fanges, Aude.
  • Belfach, Belfay, l. de la H.-Gar., Saint-Charles, Arch. d. la H.-G., 1887, p. 26 et p. 111.
  • La Fageda, doc. de 1544, La Hayède, doc. de 1731, Le Faget, doc. du XIIIe s., Le Haget, aujourd'hui loc. des B.-Pyr., Raymond.
  • Mifaget, Hagetaubin, villages des B.-Pyr.
  • Hagetmau (= mauvais hêtre), loc. des Landes.
  • Alta Faya, lat. de 1330, Aultefaye, doc. du XVIe s., Malafaya, lat. de 1116, Malefage, Fayola, doc. de 1178, La Fayolle, La Fajole, La Fagolle, Fagoulet, La Fajote, Le Fayot, Le Fayou, Las Fayounas, Fayoulet, Le Faget, La Fagette, Las Fayas, La Vieille Faye, Les Fayats, Bois de Fayaut, Fayardia, lat. de 1398, Le Fayard, La Fayarde, La Fayardie, loc. de la Dordogne, De Gourgues.
  • Heid des fawes, m. ch. f. (= colline des hêtres), lieu dit de la commune d'Ensival, lez Verviers. — J. Feller.


[103]

M, Batcave ajoute :

  • Fayet, forêt détruite, cne de Sauvelade. Silva quae dicitur Faiet, 1127 (Marco, Hist. du Béarn, 1re éd., p. 421).
  • Fayel, village, cne de Buzy, 1614 (Raymond).
  • Fayet, village, cne d'Oloron-Ste-Marie, 1215 (Marco, loc. cit., p. 530).
  • Fayel-Foey, fief, cne de Navorreux (Raymond).
  • Fayne, montagne, cne de Sare.
  • Haget', f., cne de Lostillon, 1776 (Raymond).
  • Hayet, h., cne de Castela-Liubix, 1675 (Raymond).
  • Hayel-Aubin, con d'Arkez. Fayet-Aubii, XIIIe s., Pas de Béarn — Fayetum-Albinum, 1536 ; ; — Fazet, 1537 (Raymond).
  • Mifayet, con d'Arudy. Medium-Fayet, 1100 ; — Faied, XIIe s., Marco, loc. cit., p. 380, 405 ; — Meduis -Fayetus, 1257; Micyfayet, 1287.
  • Clara Faga au moy. â., Clair Fage, aujourd'hui, Corrèze.
  • Faghona, doc. de 1441, Le Fagionel, Faiola, doc. de 1312, La Faghola, doc. de 1526, La Faghania, doc. de 1515, La Faghana, Le Fagenel, doc. de 1623, La Fayde, doc. de 1512, Le Faït, Le Foyt, Foye, Foichtz, doc. de 1661, Le Fayet, La Faïce, La Faisse, Fajal, Fazal, La Fajole, Fajoux, Le Fau, Les Faux, Faillitoux, La Fage Redonde, Haute-Fage, La Fage, La Fagette, La Fragette, Caufreyt, doc. de 1523, Caufeire, doc. de 1553, Caufeyt, doc. de 1670, Cau-fayt, doc. de 1696, loc. du Cantal, Amé.
  • Le Fage, Fagaud, Fagot, Fagode, La Faye, Fayat, Fayet, Les Fayasses, Le Fayt, Fayon, Le Fayol, La Fayolle, Le Faublanc, Montfagnon, loc. du Puy-de-D., Bouillet.
  • Faynum, lat. de 1297, La Faya, doc. de 1525, Fayn, doc. de 1579, Le Fayn, Le Fayne, Le Faï, La Foyet, La Fayer, La Fayole, Les Fayols, Beaufays, Font-Faina, doc. du XVe s., Font-Fayne, doc. de 1629, loc. de la Drôme, Brun-Durand.
  • Le Faï, La Faye, Les Failles, Les Faix, Le Faite, Le Fayet, La Fayère, La Fayore, La Fayolle, Le Fayard, Beau-Fay, Le Fau, Fayssiae, lat. de 1360, Faychiae, lat. du XVe s., La Faisse, Les Faisses, Fayssas, Les Fazis, La Feyssière, Faysola, doc. de 1410, Faïssore, Feyssolles, La Favie, Tresfaves (= lieu au delà des hêtres), Faudon (=montagne du hêtre ?), loc. des H.-Alpes, Roman. Le Plan Fayet, Feu Courbe, loc. du Chablais, Jacquot, Noms de lieux de Chabl., 1901.
  • Torrent du Fayaz, Fayet, Le Grand Fayard, Les Féards, Féal, Savoie, Vernier.


[104]

  • Beaulfagey, doc. du XIIIe s., loc. de Saône-et-L., Michon, Arch, eccl. de S.-et-L., 1894, p. 177.
  • Le Verfay, Le Fayard, La Fayette, loc. de l'Ain, Guigue.
  • Belfo, en 1303, Belfol, en 1503, Beffoux, aujourd'hui, loc. de Saône-et-L., Guillemin.
  • Longifay, anc. local. du Lyonnais, Guigue, Cartul. lyonn., 1893, II, 26.
  • Longfaye, Prusse wallonne, près de Malmédy, J. Feller.
  • La Fa, doc. de 1578, La Fagotière, Les Faillets, loc. de l'Indre, Hubert.
  • Bellus Fagus, au XIIe s., Belfo, au XIIe s., Beaufou, La Fouquetière, La Foutière, La Fagotière, La Faite, La Faitière, Indre-et-L., Carré.
  • Fayac, doc. de 1487, loc. du Limousin, Gallia Christ., II, 580.
  • Les Fayards, La Fayolle, Clairefaye, Feytiat, loc. de la H.-Vienne, Leroux, Arch. civ. de la H.-V., 1882, pages 48, 59, 104, 149.
  • Beaufou, Féolette, loc. de la Vendée, Barbaud, Arch. civ. de la V., 1898, p. 348 et 502.
  • La Féolle, La Fiolle, Le Fiollet, Poitou, Soc. de statist. des Deux-Sèvres, 1874, p. 425.
  • La Foye, Villa Faya, en 876. Faye l'Abbesse, La Faye Garot, en 1433, La Faye Fiée, La Fazillière, Les Foueteaux, en 1276, Follosum, lat. de 1280, La Fouille, La Fouillerie, Le Fouilloux, L'Etang du Fouilloux, Foluns, en 1123 (?), Deux-Sèvres, Ledain.
  • Le Breuil au Fa, lieu dit de la Vienne. Congrès scientif. à Bordeaux, 1861, IV, 375.
  • Fouqueteau, La Fa, loc. de la Vienne, Rédet, Arch. civ. de la V., 1891, série C, p. 34; 1897, série C, p. 49.
  • Veillefau, localité du Poitou, doc. de 1388, Rédet.
  • Faymoreau, loc. de la Vendée.
  • Le Pied du Fou, anc. loc. de l'Anjou, A. Joubert, Baronnie de Craon, 1888, p. 229.
  • Bellus Fayacus, lat. de 1217, loc. du Maine, Cauvin, Chartulae cenomenses, 1859.
  • La Faigne, doc. de 1216, loc. du Maine, Gallia Christ., XIV, 476.
  • Bois-Faglin, Beaufeu, loc. de la Sarthe, Pesche, I, 103; IV, 636.
  • L'Aitre Brûlé, Le Vieil Aistre, anc. loc. de la Sarthe, Bellée, Arch. de la Sarthe, 1876, 1881, II, 46; III, 408.
  • Foresta Failli, lat. de 1160, Forêt de Fay, Faill, doc. de 1215, Le Fay, Les Bas Fays, La Fayère, La Futaie, Le Fouteau, Beaufouteau, La Butte du Fouteau, Le Petit Fouteau, Le Fouzeau,


[105]

La Foutaudière, La Foutelaie, La Foyardière, La Folliardière, loc. de la Mayenne, Maitre.
  • Mons Foletus ou Mons Folulus ou Mons Fauni, lat. du m. â., Montfollet, aujourd'hui, La Foillarde, anc. bois près du prieuré de Villedieu, Métais, Cartul. de la Trinité de Vend., 1897, IV, 288, 315.
  • Faigarmont (= Mons Fagi), anc. local. de la Beauce, Annuaire d'Eure-et-L., 1852, p. 294.
  • Bella Fagus, lat. de 1440, Belfum, doc. de 1096, Belfai, doc. de 1150, Belfou, doc. de 1120, Biaufoel, doc. de 1273, Beaufouet, aujourd'hui, Beaufourt, doc. de 1621, Beaufour, aujourd'hui, La Faye, Le Fée, Le Féy, Feallay, doc. de 1538, Le Vieil Hêtre, loc. d'Eure-et-L., Merlet.
  • Le Fay, Le Fayel, Les Fayels, La Fayelle, Les Fayaux, La Fayardière, Foutillaia, lat. de 1260, La Foutelaye, La Foutelèe, La Futelaye, Fouteray, Le Haistrey, doc. de 1574, Le Hetray, La Haitraie, La Haitrie, Le Bois-Hestrel, Le Beau-Hetrel, Les Hêtrots, Le Hêtre à Dieu, Le Hêtre Saint-Roch, loc. de l'Eure, Blosseville.
  • Le Fauc, Le Fouc, La Faye Courbe, loc. de l'Orne, Annuaire des cinq départ. de la Normandie, 1900, p. 205.
  • Le Vieux Logis des Aitres, lieu-dit à Saint-Julien (Orne), Du Hays, Merlerault, 1865, p. 114. — L'Etre à Roses, herbage à Nonante (Orne), Idem, p. 12.
  • Caracfagus, en 1123, Querquefolium, en 1287, Querquefou, en 1510, Carquefou, aujourd'hui, Le Bois de Feu, Châteaufou, Fouy, Feillou, Le Defay, Les Deffais, Les Défois, Les Defas, La Foutière, La Fouterie, La Foutais, Loire-Infér., Quilg.
  • Le Haistre Saint-Martin, triage de la forêt de Mauny, Chauffourt, 1618, p. 45.
  • Le Haistre à trois Pieds, Le Haistre de Nostre-Dame, triages de la forêt de Lyons, Chauffourt, 1618, p. 39.
  • Le Fay, Le Fayel, La Fayère, Le Fains, Fains, La Fainière, La Faitière, Les Faix, Le Fouc, Le Foucq, Le Fou-Coupé, Le Fou Frileux, Le Fou-Chêne, Fouquet, La Fouquette, La Fouquerie, La Fouquière, La Fouquetière, La Fouquelaie, Le Beau Fouquet, Le Beau Fiquet, loc. du Calvados, Hippeau.
  • La Foutelaie, loc. de la Manche, Dubosc, Arch, civ. de la Manche, 1865, p. 163.
  • Saint-Christophe du Foc, loc. de la Manche, Mém. de la Soc. des antiq. de Normand., 1856, p. 208.


[106]

  • Fagetum, Le Faouët, au moyen âge, nombreuses loc. de la Bretagne armoricaine.
  • La Fouquetière, La Fayelière, Loire-Inf., Cornulier.
  • Le Hêtre Bel Arsene ou Belle Arsène, lieu-dit à La Londe (S.-Inf.), Soc. des amis des sc. nat. de Rouen, 1904, p. 178.
  • Gilberte et les Inséparables, hêtres soudés l'un à l'autre, dans la forêt de Fontainebleau.
  • Le Hêtre des Gardes, loc. à Canteleu (S.-Inf.). Soc. des amis des sciences nat. de Rouen, 1904, p. 180.
  • La Fottoie au XIIIe s., triage de la forêt de Senlis, 1905, p. 45.
  • Fracfagium (= fractum fagium), lat. du IXe s., Freffay, doc. de 1252, Ferfay aujourd'hui, loc. du Pas-de-Calais, De Loisne, Noms de lieux du P.-de-C., 1901, p. 13.
  • Rougefay, Le Fay, Faux, Le Faux, Le Fayel, loc. du Pas-de-Calais [Ed. Edm.].
  • Fouilloy, doc. de 1216, loc. des env. d'Amiens, Gallia Christ., X, 1181.
  • La Hestroie en 1206, Picardie, Th. Lefèvre, Not. sur Bernaville, 1897, p. 19.
  • Bienfaï, doc. de 1581, loc. de la Picardie, Durand, Arch. civ. de la Somme, 1897, IV, 409.
  • Bois Bernafaye, lieu-dit de la Somme, De Cagny, Péronne, 1869, II, 75.
  • Le Brun Fay, anc. lieu-dit de Picardie, Mém. de la Soc. des antiqu. de Pic., 1882, p. 192.
  • Le Feu Armé, anc. triage de la Forêt de Clermont (Oise) où il y avait beaucoup de hêtres, De Lucay, Comté de Clerm., 1878, p. 166.
  • Clairfayts, loc. du dép. du Nord.
  • Bas au Fayt, anc. loc. de la Belgique, Reiffenberg, Monum. p. l'hist. de Namur, 1844, I, 608. — Beaufays, loc. de la Belgique [Ed. Edm.].
  • Le Faouya du Pendu, lieu-dit dans le canton de Wavre, Tarlier, 1864, p. 87.
  • Foilluel, doc. de 1244, Foulluel, doc. de 1252, Faillouël, aujourd'hui loc. de l'Aisne, Giry, Orig. de Saint-Quentin, 1887.
  • Faignon, anc. loc. de la Champagne, Gallia Christ., IX, 201.
  • Fangnon, Fainières, anc. loc. de la Champagne, Longnon, Doc. rel. au Comté de Ch., 1901, I, 113 et 268.
  • La Hasterelle, loc. à Fleigneux (Ardennes), Hannedouche, Dict. des comm. de l'arr. de Sedan, 1892, p. 205. [Le hêtre qui a donné lieu à ce nom existe toujours.]


[107]

  • Failloué, Montfauxelles, villages des Ardennes.
  • Faï-Fade, lieudit à Monthermé (Ardennes), Sauvage, Statist. minér. des Ard., 1842, p. 163.
  • Marfaux, village de la Marne.
  • Faylum, lat. de 1220, Fayl, doc. de 1255, Bonus Fagetus, lat.de 1150, Bel Fay, Belymfay, doc. de 1226, Blinfey, loc. de la H.-Marne, Roserot.
  • Failel, doc. de 1210, Foresta de Feola, lat. de 1215, Boc-en-Fiel, Fayet, doc. de 1264, Fox, doc. de 1175, Belle Fayte, loc. de l'Aube, Boutiot.
  • Fagi juxta Villamancel, en 1288, Fool les Villercel, en 1288, Faux-Villecerf, aujourd'hui, Aube, Le Clerc, Etude sur Romilly, 1898, p. 57.
  • Fanniacum, au moy. âge, Fagnier ou Fanier en 1702, Fagny, aujourd'hui, village de la Meuse, Mém. de la Soc. des lettres de Bar-le-Duc, 1898, p. 174.
  • Fayen, Faysse, Mort Fay, Rouge Foux, localités de la Meuse, Liénard.
  • Le Haut de Faite, Tête de Faux, loc. du Haut-Rhin, Stoffel.
  • Le Cul de Faye, loc. de la Nièvre, Leblanc-Bellevaux, Arc. de la Nièvre, 1868, p. 168.
  • Le Fahy, lieu-dit à Lavoncourt (H.-Saône), Gousset, Ess. sur Lav., 1857, p. 9.
  • Le Bois du Fayl, Le Forest du Faul, loc. de Bourgogne au moy. âge, Picard, Vénerie des Ducs de Bourg., 1881, p. 15.
  • Faoug, Faug, La Foux, Son-les-Foux (= sommet des hêtres), EntreFoux, Plan des Faouls, Prè du Feu, Crête du Feu, Belfol en 1416, Belfaux, Beffeux, Les Fours, Sur les Fours, La Combe du Four, Les Foyers, Les Fayeux, Les Faz, Le Champ Fay, La Rouge Faya, Le Fahy, La Fouéraie, La Feyère, Le Maufay, Les Tréfayes (= au delà des hêtres), Les Tréfaux, La Plana Faye, Le Planfey, Le Planfeun, en 1228, Le Plan Faon, Le Plan Fayon, Le Plan Fahin, La Fayaula, Les Fayules, Les Fotelats, Le Fouetteley, Suisse rom., Jacc.
  • foux, f., est le nom de divers ruisseaux et torrents du Midi de la France. Ce nom n'a rien à voir avec fou, m., hêtre.— J. Feller.
  • Fagus Pendens, lat. de 1146, Folpendant, doc. de 1155, Foupendant, doc. de 1160, Faupendu, doc. de 1765, loc. du Calvados, Hippeau. [Il s'agit du hêtre tortillard et pleureur qui est une curieuse variété du Fagus.]


[108]

  • Joli Fou, hêtre tortillard et pleureur des bois de Daim près Rémilly (Pays Messin), qui a plus de quatre cents ans, r. p.
  • Tortufagus, lat. du XIIIe s., Torfou, aujourd'hui, loc. de Seine-et-O,. Lebeuf, Histoire du Diocèse de Paris, 1883, IV, 188. (Il s'agit du même arbre.)
  • Le Fauoet (1448), Le Fauouet (1398), Le Faouet, Er Fawouil ; Le Fauoëdic (XVIIe s.), Le Faouëdic, Bretagne, Ernault, Gloss. moy. br., 234 [E. E.].

Onomastique : Facq (dép. du Nord)[1], Delfache(dép. du Nord), Desfachelles (Pas-de-C.), De la Fage, Haute-Fage, Quatrefages, Montfagon (Gard), Fagalde (B.-Pyr.), Faguelin (H.-Saône), Fagette, Faigelet (dép. du Nord), Du Fail, Desfays, De la Faie, De Bellefaye, Longefay, La Fayette, Faillon, Faille, La Haille (H.-Pyr.), Fayadat (Yonne), Fayaud, Fayssac (Tarn), Fazeuille (Tarn), Fayemendy (Dordogne), Fayol, Fayolet, Fagnol, Fagon, Fayou, Fagnon, Faillon, Fayan, Fagnan, Fagard, Fayard, Le Fayard, Lefagard, Dufayard, Fagardelle, Fayaut, Dufayel, Fagot, Fayet, De Brunfay, Dantefaye, Monfayon, Delfau [2], Dufau, Duhau Lefau, Millefau (Drôme), Morfau (Doubs), Vieilfault (Vienne), Chadefaux (Cantal, Charente), Chédufau (H.-Pyr.), Faulong, Desfoux [3], Dufou, Foux, De Beaufou, Desfeux, Lefeux, Du Faing, Fain, Marfaing (Ariège), Fagnier, Fagnières [4], Fanon, Faynot, Fenioux, Fénisse (Seine-et-M.), Dufêtre, Dufeyte, Feytant, Feydan, Dufêtel (Somme), Dufouteau, Fantelèe (dép. du Nord), Du

____________________

  1. Il y a à Bruxelles-Saint-Gille une « rue Defacqz », ce qui est certainement le nom d'une célébrité locale. Mais que signifie ce nom ? De étant l'article flamand, facqz serait-il, comme le Facq de notre département du Nord, une forme flamandisée du latin fagus, emprunt savant ? — H. G.
  2. Et aussi les formes Duffau, Duffaud, Duffaut, qui se rencontrent à Paris. — H. G.
  3. On appelle une desfoux une casquette, en argot. Ce nom lui vient de Desfoux, marchand de casquettes près du Pont Neuf, qui fut célèbre en son temps pour cet article.
  4. Les noms comme Fagnon, Fagnan, Fagnier, Fagnières, Fagnot — et aussi Fagniez - sont également considérés par Larchey, dans son Dictionnaire des Noms, Paris, 1880, comme venant du hêtre, mais ils peuvent s'expliquer autrement. J'ai autrefois soutenu qu'ils venaient de fagne, terme des pays du Nord de la langue française, désignant un lieu marécageux ou désert, et correspondant au français littéraire fange. Voir mon article Fagne, fange, notre Vexin, Finnois, dans les Mémoires de la Société de Linguistique, t. II (1875), p. 171-176, cf. p. 320.


[109]

Fautereau, Fouquet, Fouquelin, Fouquignon, Le Fouillé (Finist.), Fouillée, Fouillade (Corrèze), Feuillade (Charente), Du Fouilloux (Charente), Fouillouze (Dordogne), Fouillaux (Eure), Feuillant (Eure), Fouillard (Aisne), Fouard (Drôme), Fouet, Fouasse (Calvados), Feuillerat (H.-Gar.), Fouilleteau (Charente), Monfeuillard (Ardennes), De Hautefeuille, De Roquefeuil [1], Dezeustre (P.-de-C), Delaistre (S.-Inf., P.-de-C, Nord), De l'Aitre, Delattre, Le Haître, Hêtre, Longuêtre, Hétru (Somme), noms de famille.

  • Focalis, Le Folleto, anciens noms de famille latinisés, dans le Vendômois, Métais, Cartul. de Vend., 1897, IV, 78, 79.
  • M. Feller remarque : Del'aitre, Delaite viennent de atrium, wall. ête = cimetière autour de l'église.
  • Larchey (p. 158) donne aussi les noms Fagu, Fague, Faguer, Faguet et quelques autres encore, qui ne figurent peut-être pas dans la liste de Rolland. — Le Bottin de Paris pourrait aussi en fournir d'autres, tant sont nombreux les gens dont l'ancêtre éponyme demeurait au XIIIe ou XIVe siècle près d'un hêtre. — Les mythologues et ethnographes « modern style » raisonnant sur les temps modernes comme ils raisonnent sur l'antiquité ou sur la « sauvagerie », pourraient considérer les porteurs de ces noms comme formant une tribu dispersée, la tribu du totem du hêtre, et concluraient à un culte préhistorique du hêtre ! — Une chose nous étonne un peu, c'est qu'un nom aussi répandu et devenu aussi indigène par ses dérivés que fagus, ait disparu de la langue usuelle pour être remplacé par le néologisme exotique hêtre; cela a été probablement par instinct, pour éviter toute confusion avec un autre mot, fou, devenu homophone par la vocalisation de son ancien L. Fou, que je n'ai jamais connu par l'usage, se trouve encore dans le Dict. gén. de la langue franç., de MM. Darmesteter, Haltzeld et Thomas, au sens de hêtre, mais comme « vieilli et dialectal ». H. G.
  • Plantefol, famille actuelle de Lisieux (Calvados).

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  1. Rolland, comme on voit, a pensé que dans ces noms la graphie feuille, amenée par fausse analogie, représente une prononciation locale de fagus. Cette opinion me paraît confirmée par le nom Dufeuille, car je ne trouve aucun Delafeuille dans le Bottin de Paris.
    L'écrivain politique Eugène Dufeuille, mort il y a environ deux ans, et qui était originaire de la Normandie, doit aussi figurer ici, et il justifie les interprétations de Rolland.
    Le Bottin de Paris contient aussi plusieurs Dufeu. — H. G.


[110]

M. TARISSAN ajoute pour les H.-Pyr. : Fau, Faget, Fages, Habout, De Faget, famille noble du Languedoc, qui porte : d'argent au hêtre terrassé de sinople, senestré d'une fontaine à deux jets de même [Ed. Edm.].

  • Favennec, XIIIe s., Bretagne, Ernault, Gloss., 231 [E. E.]
  • Koatanfao = le bois du hêtre. Ce nom banal, qui s'est probablement créé en plusieurs endroits, a donné, indirectement, naissance à l'expression connue : « Je me sens tout évêque d'Avranches », pour signifier « Je suis mal à l'aise, mal disposé ». Cette expression a toujours été expliquée parce qu'au temps de Louis XIV il y avait eu à Avranches un évêque du nom de M. de Malfootu et que son nom aurait donné lieu à un euphémisme plaisant. Or, il n'y a jamais eu d'évêque d'Avranches de ce nom : M. Paul Meyer vient de le constater en consultant les listes épiscopales. Mais l'explication est fournie par M. Oscar Havard qui est de l'Avranchin même. Il y avait eu à Avranches un évêque d'origine bretonne, comme son nom l'indique, Rolland-François de Querhoent de Coatanfao. Et M. O. Havard, qui est folkloriste, explique ainsi l'expression proverbiale :

« La tradition orale rapporte que les paysans de l'Avranchin, peu familiarisés avec les noms celtiques, appelaient leur évêque Mgr je t'en f... Mais ce n'est pas à Mgr de Coëtanfao que remonte la formule : « Je suis tout évêque d'Avranches. » En voici très exactement l'origine, d'après les notes manuscrites laissées par un ancien lieutenant-général du bailliage d'Avranches, Tesnière de Bremesnil. Le témoignage de ce magistrat local est curieux :
« Mgr Froulay de Tessé, évêque d'Avranches sous Louis XIV, oncle de la marquise de Sévigné, avait chez lui une de ses nièces....
« Cette enfant — était-ce la future marquise? — se promenant un jour dans les cours de l'évêché, s'arrêta devant des charpentiers qui y travaillaient. Un d'eux, en bâillant, dit : « Je ne sais ce que j'ai, mais je me trouve aujourd'hui tout J... F... » L'enfant, frappée de cette expression, questionna le charpentier et lui demanda ce qu'elle signifiait. L'ouvrier, embarrassé, répondit : « Mademoiselle, cela veut dire que je suis mal à l'aise, et que je me trouve aujourd'hui tout malade. »
« Quelque temps après, l'enfant étant avec son oncle et croyant remarquer à ses traits qu'il était malade, lui dit : « Qu'avez-vous donc, mon oncle ? Vous avez l'air aujourd'hui tout J... F... »
« L'oncle, vivement surpris, querella fortement sa nièce et lui demanda qui l'avait si bien instruite. L'enfant, confuse, se justifia en disant qu'elle croyait n'avoir rien dit de déplacé, et que le seul intérêt qu'elle portait à son oncle avait dicté sa demande.
— Comment ! riposta l'évèque, c'est par intérêt pour ma santé que vous dites que je suis aujourd'hui tout J... F...?
— Eh oui ! mon oncle, reprit la nièce.


[111]

« Alors, elle donna l'explication qu'elle avait elle-même reçue. Mgr de Froulay rit beaucoup de l'ingénuité de l'enfant et de l'application qu'elle lui avait faite des expressions de l'ouvrier.
« L'évêque d'Avranches appartenait à une famille très répandue à la cour. L'anecdote y fit beaucoup rire. Elle parut même assez plaisante pour que le mot « être tout évêque d'Avranches » y devînt le synonyme de « être tout J... F... »
« Telle est l'explication locale. »

Quoi qu'il en soit de cette « légende locale », probablement, sinon imaginée, au moins arrangée après coup, c'est le nom de Coatanfao qui, mal compris et pris en plaisanterie par les paysans, a donné naissance à l'expression. Les noms étrangers sont presque toujours mal répétés par le peuple et ils subissent une adaptation qui les rapporte à quelque chose de connu : c'est un procédé instinctif de mnémonique. C'est ainsi qu'à Versailles, pendant l'occupation allemande, le préfet prussien, M. de Brauschilsch, était appelé par le peuple M. Bronchite ; c'est ainsi qu'à Paris, j'ai entendu une marchande de journaux appeler M. Limpératrice son client M. Limpérane ; et, comme on lui faisait observer qu'elle prononçait mal ce nom, elle répondit d'un ton qui n'admettait pas la réplique : « Je dis Monsieur Limpératrice ». — Il en a toujours été ainsi dans la transformation populaire des langues et dialectes.

Ce qu'on peut retenir de tout cela, comme fond historique, c'est que l'expression naïve et inconsciente dans l'Avranchin, a été apportée de là à la cour de Versailles et quelqu'un, pour employer une expression nouvelle, aura dit : « Je me sens tout évêque d'Avranches ». Et l'expression aura été répétée parce qu'elle était nouvelle. Mais on a voulu l'expliquer pour s'en rendre compte ; on savait, en gros, qu'elle raillait un évêque d'Avranches, et à cause de son nom ; c'était suggérer l'explication qui est devenue traditionnelle.

En somme ce nom breton a donné naissance à un jeu de mots inconscient, par l'ignorance de ceux qui entendaient ce nom ; puis, ce jeu de mots, répété à des gens qui en ignoraient l'origine précise, a donné naissance à un autre jeu de mots, et encore inconscient. Et la légende est devenue de l'histoire...

Les lettres de MM. Paul Meyer et Oscar Havard ont été publiées dans le Temps du 29 janvier 1913, et tout cela vient de Koat an fao « le bois du hêtre ». — H. Gaidoz.

Pour l'onomastique, voir les additions à la fin du volume. — H. G.


[112]

« On appelle bois d'Andelle le bois de hêtre qu'on apporte à Paris des bords de l'Andelle, rivière de Normandie. Il est très recherché. » Littré.

  • carbon d'fau = charbon de bois, quelle que soit l'essence de bois ayant servi à sa fabrication, St-Pol (P.-de-C.), c. p. M. Ed. Edm.

« La râpe est un baliveau de réserve ; ce mot s'applique au hêtre seulement et à aucun autre arbre. » Nièvre, Chambure.

« On appelle fainage, m., fainasse, f., fenesse, f., le droit de ramasser les faînes dans les forêts. » Anc. fr., God.

« On appelle feuille de hêtre, le bois de cet arbre débité en planches très minces dont on fait les fourreaux d'épées, de bayonnettes et autres armes semblables. » Savary, 1741.

« Il y a plus de faus que de chesnes. » Jeu de mot sur fau, anc. fr., Hist. littér. de la Fr., 1898, XXXII, 112. - « Un fau et un feu ne peuvent durer ensemble, c.-à-d. que le fau s'allume si promptement qu'il ne peut guère durer au feu. On a dit, à tort, un fou ou un fol et un feu ne peuvent durer ensemble. » Saintyon, Edicts d. eaux et for., 1610, p. 419. — Sur les jeux de mots qu'on a fait au moyen âge, sur fou signifiant à la fois un hêtre et un fol, voy. A. Tobler, Verblümt. Ausdr. in altfr. Rede (dans Sitzungsber. de Berlin, 1882, p. 548).

« Année de féyine (var. faïne, féïne), année de famine. » Ardennes, Vosges. — « Année de faîne, année de fémène. » Franche-Comté. — « Année de faînes, année de peines. » Meuse.

« Qui mange faîne, court après la migraine. » Bretagne, r. p.

« Cò dè hak = cœur de hêtre, c.-à-d. cœur dur, cœur insensible, en parlant d'une personne. » Béarn. Lespy.

« Voilà un gaillard qui fera un rude soldat, il est rond comme un petit hêtre. » La Gaudriole du 20 août 1893.

« Une maison ne se bâtit pas avec de la bourre de faîne, c.-à-d. avec rien. » Limousin, J. Roux, Gramm. limous.

« Les paysans n'ont souvent d'autres lits que des paillasses garnies de feuilles de hêtre, qu'ils nomment ironiquement : plumes de rossignol. » Loire, Gras.

« Le hêtre doit être abattu pendant le croissant de la lune. » Eure, Robin.

« Lou fayar fày un fuac gaillon = le hêtre fait un feu joyeux. » env. de Gap, Soc. d'ét. d. Hautes-Alpes, 1884, p. 375.

«La furie des vipères expire par l'attouchement d'ung rameau de fouteau. » Rabelais. — « Une vipère s'arrestera tout court si


[113]

on luy jette au devant une branche de fouteau. » Fusi, Mastigophore, 1609, p. 225.

« Lorsque le mai (hêtre) pousse ses feuilles de bonne heure on aura une année très productive. Si cet arbre donne ses feuilles en avril, votre femme vous mènera tout l'an par le bout du nez, au contraire vous serez le maître dans la maison, si les feuilles viennent en mai. » Cant. de Neuchâtel (Suisse), Bonhote, Superstit. neuchâteloises.

« On croit généralement, en Amérique, que le hêtre à larges feuilles n'est jamais frappé de la foudre, — La Buchowine porte un nom qui veut dire bois de sang, parce que les habitants primitifs croyaient que les hêtres, dont leurs forêts étaient en partie composées, sur les flancs des Carpates, étaient du même bois que la croix du Sauveur. » A. De Chesnel, Dict. des Sup. [Ed. Edm.].

« Pierres de hêtres = espèce de pétrification. » Meulan (..........), Nouv. Rech. sur la France, 1766, I, 466.

Symbolique : « Le hêtre est l'emblème de la prospérité. » Leneveux, 1837.

« Le fousteau signifie : feint amour... La foine ou graine de fousteau = vous n'estes pas sans trahison. » Traité curieux des couleurs, 1647, p. 71.

«Un jeune hêtre placé devant la maison d'une fille, le 1er mai, symbolise l'hommage qu'on rend à sa vertu.» Franche-Comté, Bourgogne. — « Au 1er mai = Fô, Je te vaux ou Êtr, Tu es bête. » Pierrefonds (Oise), r. p. — « Au 1er mai = Hêtre, Je te hais. » Viéville (Meuse), Labourasse, Anc. Us. de la M., 1902, p. 109. — « Un bouquet de fia (hêtre) mis à la fenêtre d'un jeune homme, pendant la nuit, indique qu'il est désormais un homme ; qu'il a la force de battre avec le fia (fléau), qu'il peut gagner sa journée d'homme. » Ruffey près Dijon, r. p.

M. FELLER remarque :

  • may di hèsse, qui t'es bièsse ! (mai de hêtre, que tu es bête !), wallon.

« Si le 1er mai, le mai (hêtre) n'a pas feuillé, les garçons n'ont pas le droit de chanter le mai devant les maisons des filles et de les embrasser ce jour-là ; ils y vont dans le cas contraire. Dans le premier cas les filles plaisantent les garçons et leur


[114]

font des pieds de nez. » Val de Ruz (canton de Neuchâtel, Suisse), Musée neuchâtelois, 1874, X, 105.

« Sic sale viresco = Je verdoie, je revis par le sel ; devise des Salinis de Béarn ; allusion au hêtre de sinople qui figure dans leurs armes », La Roque, Devises, 1890, p. 16.


____________________

[Les compléments qui suivent viennent de Additions et corrections du tome 10 (Rolland, Flore populaire)]

[212]

Toponomastique. - Rue Quintefol, à Loches (Indre-et-Loire).

  • Beaufou.
  • Farel en 1146, Longnon, Dict. topogr. de la Marne.

Onomastique. - d'Auffey, famille en 1477.

  • Batifolie et Batifoulier. - [J'ignore comment Rolland expliquait ces noms, voyant sans doute le nom du hêtre comme second terme. On ne peut pas les séparer des noms Batifol, Battifol et Batiffol. L. Larchey en donne une explication qui ne me paraît pas convaincante. - H. G.]
  • Beaufou (Loir-et-Cher).
  • De Bellefaye, nom de famille au moyen âge.
  • Duffeuil (Gironde).
  • Dufou (Loire-Inf.).
  • Dufal, Dufeutrelle, Dubrunfaut.
  • Du Faouedic, nom de famille, Bretagne.
  • Defaulhoux (Auvergne).
  • Delafoulhouse (Auvergne).


[213]

  • Defeings (Loir-et-Cher).
  • Defauxweux, Defawe, Defooz (Belgique).
  • Defeux (Meurthe).
  • Desfeux.
  • Fagonet (Gironde), Fageon (Id.).
  • Fagnolat (Isère), Fagayet (Id.).
  • Fageot (Loire-Inf.), Faguait (Id.).
  • Fages (Lozère).
  • Faillard (Loire), Fayolle (Id.).
  • Fayssat (Hérault).
  • Fayan (Loir-et-Cher).
  • Fageol, Faillot, Faulenez, Lafaille (Indre).
  • Fassin, Fattelay, Fayan, Fayol.
  • Fagnosel, nom d'homme en 1488, en Lorraine, Gallia Christiana, XIII, c. 1432.
  • Fagut, Hainaut.
  • Fagoa , Fagoaga, noms basques.
  • Feignon (Indre).
  • Feillet.
  • Feuillarde (Hérault).
  • Feuillat.
  • Feuillet (Manche).
  • Feynas.
  • Feutelais (Ille-et-Vil.).
  • Foignet.
  • Foillard (Loire et Isère).
  • Follardeau (Gironde).
  • Folliet.
  • Foliot (Loire).
  • Fouilland (Auvergne et Loire).
  • Fouilleux (Oise).
  • Fouillet (Isère et Ille-et-Vil.).
  • Fouge (Ille-et-Vil.).
  • Fouguedu (Orne), Fouyes (Id.).
  • Fouet (Oise).
  • Foutel (Ille-et-Vil.).

[J'ajoute le philosophe Fouillée. - H. G.]

  • Fouilleul (Normandie et Mayenne).
  • Foulard (Id.).
  • Fouillard (Partout).
  • Fouillon, Fouletier, Foullut, Fouan, Fouard.


[214]

  • Fouilloux (Indre).
  • Fouquerière (L.-et-Cher).
  • Fouilleux (Isère ).
  • Fuynel.
  • De Guenifey (Eure).
  • Hautefage.
  • Hêtreau (M.-et-L. ).
  • La Feuillade (Oise).
  • Laffouillère (Basse-Pyr.).
  • Lefeu.
  • Lefay (Indre-et-L.), Lefol. [Rolland supposait sans doute que c'était une façon d'écrire Lefou. Cela est possible, mais n'est pas certain. Voir pourtant quelques lignes plus bas, l'article Pantefol [sic : Plantefol], et aussi la rue Quintefol, à Loches. - H. G.]
  • Lafeuille.
  • De Laplobe.
  • Lafagne (Gironde).
  • Le Fouille (Morbihan).
  • Maillefaud (Loire-Inf.).
  • Montfeuillont (Marne).

[Ces noms me suggèrent celui d'un écrivain connu, Mme de Montifaud. - H. G.]

  • Picquefeu (Oise).
  • Plantefol (Orne).
  • De Villenfagne.
  • De Verfay, nom de famille au XIVe siècle.

Le nom d'homme Faydit, Faidit, n'a rien à voir avec Fagus.

J'ignore pourquoi Rolland a classé ici le nom Hazera (Gironde).

[J'ajoute : Fau, Faux, Delfau, Duffau, Dufaud, Dufaux, Lafay, Lafage, Fageau, Foy, Dufeu, Feuillet, De la Fuye, Faget, Faguin, Faillet, Fagnon, Delafage. - H. G.]