Euphorbia quinquecostata (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Huile essentielle / exsudat | |
Médicinal | |
Changement climatique | |
Statut de conservation | |
Euphorbia quinquecostata Volkens
- Protologue: Notizbl. Bot. Gart. Berlin-Dahlem 2: 266 (1899).
- Famille: Euphorbiaceae
Noms vernaculaires
- Mchorongo (Sw).
Origine et répartition géographique
Euphorbia quinquecostata est présent au Kenya, en Tanzanie et au Mozambique.
Usages
En Tanzanie, l’infusion de tige est administrée aux enfants pour expulser les vers intestinaux ; elle se prend aussi pour traiter les maux d’estomac et en usage externe pour cicatriser les plaies. On fait des frictions de latex sur la peau en cas de douleurs dans les côtes, mais la prudence s’impose en raison des cloques qu’il provoque.
Dans la région du Tanga, en Tanzanie, le latex fait office de glu à oiseaux.
Propriétés
Un extrait à l’acétate d’éthyle du bois d’Euphorbia quinquecostata, à l’aide d’un système d’analyse de fixation du récepteur de dibutyrate de phorbol, a permis de mettre en évidence 4 composés inhibiteurs ; 2 étaient des esters dérivés d’ingénane (le 17-hydroxyingénol 20-hexadécanoate et l’ingénol 20-hexadécanoate), et les 2 autres étaient des dérivés d’ent-atisane. Ont également été isolés de cet extrait des composants inactifs dans cet essai biologique, notamment de la xanthoxyline, de la 6-hydroxy-7-méthoxycoumarine (isoscopolétine), de l’acétate de lupéol, du β-sitostérol, du sitostérol-β-D-glucopyranoside, de la 6,7, 8-triméthoxycoumarine, du 3,4-diméthoxycinnamaldéhyde, de la N-butylaniline et de la vanilline. Un diterpène de type ent-isopimarane et un néolignane dihydrobenzofurane ont été inactifs lors d’essais sur l’induction de la réductase de quinone dans les cellules d’hépatome et sur l’inhibition de la transformation des cellules murines, mais le 3,4-diméthoxycinnamaldéhyde a en revanche fait preuve d’une activité significative.
Description
Petit arbre monoïque, succulent, atteignant 10(–15) m de haut, à latex abondant ; fût simple, atteignant 50 cm de diamètre, à rangées d’épines et cicatrices des branches tombées disposées en spirale lâche ; écorce gris-brun, se desquamant ; branches primaires de 2–4 m de long, avec verticilles de branches secondaires, dirigées vers le haut et formant une cime arrondie ; branches terminales succulentes, à (3–)5(–6) angles, de 2–4(–7) cm de diamètre, étranglées à intervalles irréguliers en segments oblongs de 5–15 cm de long, bord des angles droit à denté, à dents espacées de 5–15 mm ; boucliers d’épines oblongs-triangulaires, d’environ 1,5 mm × 2 mm, avec 1 paire d’épines de 2–8(–10) mm de long. Feuilles à l’extrémité des branches, sur 4 rangs, sessiles ; stipules absentes ; limbe deltoïde, d’environ 2 mm × 2 mm, tombant rapidement. Inflorescence : cymes axillaires, par groupes de 1–3 sur une rangée horizontale, constituées de groupes de fleurs appelés “cyathes”, massées à l’extrémité des rameaux ; pédoncule de 2–3 mm de long, branches 2, courtes ; bractées 2, d’environ 2 mm de long ; cyathes d’environ 2,5 mm × 4 mm, à involucre en coupe, lobes d’environ 1 mm de long, glandes 5, transversalement oblongues, d’environ 1 mm × 2 mm, jaune doré, chaque involucre contenant 1 fleur femelle entourée de nombreuses fleurs mâles. Fleurs unisexuées ; fleurs mâles sessiles, périanthe absent, étamine d’environ 4 mm de long ; fleurs femelles à pédicelle d’environ 7 mm de long chez le fruit, périanthe 3-lobé, ovaire supère, glabre, 3-loculaire, styles 3, d’environ 1 mm de long, soudés à la base, apex bifide. Fruit : capsule profondément 3-lobée, d’environ 4,5 mm × 7 mm, succulente, à 3 graines. Graines presque globuleuses, d’environ 2,5 mm × 2 mm, marbrées de gris, lisses.
Autres données botaniques
Le genre Euphorbia comprend environ 2000 espèces et est présent dans le monde entier, avec au moins 750 espèces sur le continent africain et environ 150 espèces à Madagascar et sur les îles de l’océan Indien. Euphorbia quinquecostata appartient à la section Euphorbia, vaste groupe caractérisé par des tiges succulentes et souvent anguleuses, des stipules modifiées en petites épines (ou absentes), un bouclier d’épines comportant une paire supplémentaire d’épines (parfois soudées en une seule épine), des inflorescences axillaires et des graines sans caroncule.
Quelques autres espèces de cette section sont utilisées en médecine en Afrique tropicale.
Euphorbia robecchii
Euphorbia robecchii Pax est présent en Ethiopie, en Somalie, au Kenya et en Tanzanie. En Somalie, le latex sert couramment à traiter les maladies du bétail, notamment le piétin, les abcès au pied, la gale, la teigne et les tiques. En Tanzanie, on fait bouillir de l’écorce de tige séchée avec du beurre et des grains de café, et la décoction s’emploie en friction sur les ganglions lymphatiques enflammés. Le latex s’applique sur la peau des chameaux pour traiter la nécrose dermique contagieuse.
Euphorbia teke
Euphorbia teke Schweinf. ex Pax (synonyme : Euphorbia tisserantii A.Chev. & Sillans) est présent depuis la Centrafrique et le sud du Soudan jusqu’au Congo et la R.D. du Congo, et vers l’est jusqu’en Ouganda et en Tanzanie. En Centrafrique, le latex se cuit à l’eau avec un œuf et se prend comme purgatif puissant pour traiter la gonorrhée.
Ecologie
Euphorbia quinquecostata est présent sur les collines rocailleuses, et c’est généralement l’arbre dominant des forêts claires mixtes décidues, à 600–1250 m d’altitude.
Ressources génétiques
Rien n’indique qu’Euphorbia quinquecostata soit menacé d’érosion génétique. Toutes les Euphorbia spp. succulentes sont inscrites à l’annexe 2 de la CITES.
Perspectives
Euphorbia quinquecostata produit plusieurs composés intéressants doués d’une activité anticancéreuse et qui méritent un approfondissement des recherches.
Références principales
- Carter, S. & Radcliffe-Smith, A., 1988. Euphorbiaceae (part 2). In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. pp. 409–597.
- Elia, J., 2007. Use of herbarium information in plant conservation strategies: case study concerning a herbarium survey of Euphorbia quinquecostata in Tanzania. In: PROTA, 2007. Information, programme, summaries. Second PROTA / CTA International Workshop and Investor’s Forum, 24–26 September, Nairobi, Kenya. pp. 75–76.
- Kokwaro, J.O., 1993. Medicinal plants of East Africa. 2nd Edition. Kenya Literature Bureau, Nairobi, Kenya. 401 pp.
- Mbwambo, Z.H., Lee, S.K., Mshiu, E.N., Pezzuto, J.M. & Kinghorn, A.D., 1996. Constituents from the stem wood of Euphorbia quinquecostata with phorbol dibutyrate receptor-binding inhibitory activity. Journal of Natural Products 59(11): 1051–1055.
Autres références
- Catley, A. & Mohammed, A.A., 1996. Ethnoveterinary knowledge in Sanaag region, Somaliland (Part 11): notes on local methods of treating and preventing livestock disease. Nomadic Peoples 38: 1–12.
- ITDG & IIRR, 1996. Ethnoveterinary medicine in Kenya. A field manual of traditional animal health care practice. Intermediate Technology Development Group and International Institute of Rural Reconstruction, Nairobi, Kenya. 226 pp.
- Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
- Su, B.N., Park, E.J., Mbwambo, Z.H., Santarsiero, B.D., Mesecar, A.D., Fong, H.H.S., Pezzuto, J.M. & Kinghorn, D.A., 2002. New chemical constituents of Euphorbia quinquecostata and absolute configuration assignment by a convenient Mosher ester procedure carried out in NMR tubes. Journal of Natural Products 65(9): 1278–1282.
Auteur(s)
- G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Schmelzer, G.H., 2008. Euphorbia quinquecostata Volkens. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 1 avril 2025.
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