Erythrophleum africanum (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Erythrophleum africanum (Welw. ex Benth.) Harms


Protologue: Repert. Spec. Nov. Regni Veg. 12 : 298 (1913).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae).
Nombre de chromosomes:

Noms vernaculaires

  • Ordeal tree (En).
  • Mucaráti (Po).

Origine et répartition géographique

Erythrophleum africanum se rencontre dans la majeure partie de l’Afrique tropicale, depuis le Sénégal jusqu’au Soudan, ainsi que dans toute l’Afrique centrale, au Kenya, en Tanzanie et en Afrique australe jusqu’au Transvaal.

Usages

Au Ghana, l’écorce d’Erythrophleum africanum permet de confectionner un bain de bouche destiné à soulager les douleurs dentaires. Au Zimbabwe, une infusion d’écorce est ingérée pour traiter les maux d’estomac ou la dysménorrhée. L’écorce macérée dans l’eau est utilisée en externe ou en interne pour soigner les maladies cardiaques et l’épilepsie. En Namibie, l’écorce des racines, réduite en poudre, est mélangée à de l’urine, puis appliquée sur la peau pour traiter la lèpre. L’extrait aqueux chaud de racines pilées est ingéré pour déclencher des vomissements après un empoisonnement ; il est également utilisé pour soigner la folie. Inhaler la fumée de combustion des feuilles est considéré soulager la douleur. Une pâte d’écorce de racines est appliquée sur la peau pour traiter la gale. L’écorce a été utilisée comme poison d’épreuve en Tanzanie, au Malawi et au Zimbabwe.

Le bois d’œuvre d’Erythrophleum africanum et de plusieurs autres espèces d’Erythrophleum est commercialisé sous le nom commercial de “missanda”. Il est utilisé dans les constructions lourdes et légères et pour confectionner des meubles, des poteaux, des piquets et des manches d’outils. Ce bois est utilisé comme bois de feu et produit du charbon de bois de bonne qualité, apprécié en ferronnerie. Les boutures servent à constituer des haies vives. La gomme de l’écorce est appliquée pour rendre les paniers étanches à l’eau, fixer les têtes de flèche, ainsi que les manches de haches et de houes. En Zambie, il a été rapporté que le feuillage est utilisé comme fourrage, mais des sources en provenance d’autres pays signalent qu’il est toxique et que le bétail en est tenu à l’écart.

Propriétés

Les alcaloïdes complexes d’Erythrophleum spp. sont des esters d’acides diterpéniques tricycliques, dont il existe 2 types principaux : les diméthylaminoéthylesters et les monométhylaminoéthylesters (nor-alcaloïdes). De plus, il a été trouvé des composés dans lesquels la liaison amine est remplacée par une liaison amide, mais il n’a pas pu être démontré s’il s’agissait de composés naturels ou d’artefacts. L’écorce d’Erythrophleum africanum contient de l’érythrophlamine, de la norcassamidine, de la norérythrophlamide et de la norérythrostachamide. La teneur en alcaloïdes de l’écorce se situe entre 0,04% et 0,6%. Ces alcaloïdes ont des propriétés cardiotoniques, anesthésiques et diurétiques similaires à celles des autres Erythrophleum spp.

L’écorce contient un flavone, la 2,3-dihydroxymyricétine, qui se colore en violet après addition de poudre de magnésium et de quelques gouttes d’acide chlorhydrique. Cette réaction permet de la différencier de l’écorce d’Erythrophleum suaveolens (Guill. & Perr.) Brenan, qui se colore en orange après traitement, en raison de la présence de lutéoline.

Le bois est brun-rouge, lourd, dur et très durable, il est résistant aux termites, aux bostryches et aux térébrants marins.

Description

Petit arbre pouvant atteindre 15 m de haut ; fût droit et cylindrique, atteignant 120 cm de diamètre ; cime étalée, assez dense ; parties jeunes de pilosité variable. Feuilles alternes, composées bipennées à (2–)3–4 paires de pennes opposées ; stipules minuscules ; pétiole de 3, 5–5,5 cm de long, rachis de 3–15 cm de long ; folioles alternes, 8–17 par penne, elliptiques ou ovales, jusqu’à 6,5 cm × 3,5 cm, base asymétrique, apex obtus à arrondi. Inflorescence : panicule axillaire ou terminale, composée de grappes spiciformes pouvant atteindre 10 cm de long, portant souvent des poils courts. Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, blanches à vert jaunâtre ; pédicelle d’environ 1 mm de long, poilu ; calice d’environ 2,5 mm de long, tube presque aussi long que les lobes ; pétales étroitement obovales, pouvant atteindre 4 mm × 1 mm ; étamines 10, libres, atteignant 8 mm de long ; ovaire supère, portant de longs poils laineux, 1-loculaire, stigmate largement pelté. Fruit : gousse plate, droite, déhiscente, à contour elliptique, de 5–19 cm × 2–4,5 cm, base arrondie, apex arrondi ou effilé, épaisse et coriace, pendante, à 3–4 graines. Graines ovoïdes, comprimées, d’environ 12 mm × 10 mm × 4 mm.

Autres données botaniques

Le genre Erythrophleum comprend environ 10 espèces, dont 4 ou 5 se rencontrent en Afrique continentale, 1 à Madagascar, 3 en Asie orientale, et 1 en Australie. Ce genre est l’un des rares parmi les Caesalpiniaceae chez lesquels on ait trouvé des alcaloïdes. Les aires de répartition d’Erythrophleum africanum et d’Erythrophleum suaveolens se recouvrent largement et de nombreux usages et propriétés de ces 2 espèces sont semblables : elles peuvent donc être facilement confondues. Les résultats d’études pharmacologiques antérieures sont ainsi faussés par des identifications peu fiables. Ces 2 espèces diffèrent par leur écologie, certaines caractéristiques morphologiques et le profil des alcaloïdes de l’écorce. Des nodules et des mycorhizes vésiculaires-arbusculaires ont été observés dans les racines d’Erythrophleum africanum. Le rhizobium impliqué dans la nodulation appartient probablement au genre Bradyrhizobium.

Falsifications et succédanés

Les propriétés pharmacologiques des alcaloïdes d’Erythrophleum sont similaires à celles de la digitoxine et de l’ouabaïne.

Ecologie

Erythrophleum africanum est commun dans les forêts caducifoliées, mais absent des ripisylves et des savanes sèches du Sahel. Il se rencontre à 600–1400 m d’altitude et résiste aux feux de brousse.

Gestion

Erythrophleum africanum se multiplie par graines, mais on peut également transplanter des sauvageons. La coupe en taillis et l’émondage sont des techniques de gestion recommandées pour Erythrophleum africanum en Zambie, mais le taillis donne souvent de mauvais résultats.

Ressources génétiques

Erythrophleum africanum est répandu et il ne fait l’objet d’aucune exploitation commerciale à grande échelle. Rien n’indique qu’il deviendra menacé dans un futur proche.

Perspectives

Les fortes variations de la teneur en alcaloïdes de l’écorce d’Erythrophleum africanum nécessite des précautions lors de son usage médicinal. Des études morphologiques et pharmacologiques pourraient permettre une meilleure compréhension des variations dans cette espèce.

Références principales

  • Arbonnier, M., 2004. Trees, shrubs and lianas of West African dry zones. CIRAD, Margraf Publishers Gmbh, MNHN, Paris, France. 573 pp.
  • Coates Palgrave, K., 1983. Trees of southern Africa. 2nd Edition. Struik Publishers, Cape Town, South Africa. 959 pp.
  • Neuwinger, H.D., 1996. African ethnobotany: poisons and drugs. Chapman & Hall, London, United Kingdom. 941 pp.
  • von Koenen, E., 2001. Medicinal, poisonous and edible plants in Namibia. Klaus Hess Verlag, Göttingen, Germany. 336 pp.

Autres références

  • Brenan, J.P.M., 1967. Leguminosae, subfamily Caesalpinioideae. In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 230 pp.
  • Burkill, H.M., 1995. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 3, Families J–L. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 857 pp.
  • Chilufya, H. & Tengnäs, B., 1996. Agroforestry extension manual for northern Zambia. Regional Soil Conservation Unit, Nairobi, Kenya. 120 + 124 pp.
  • Gelfand, M., Mavi, S., Drummond, R.B. & Ndemera, B., 1985. The traditional medical practitioner in Zimbabwe: his principles of practice and pharmacopoeia. Mambo Press, Gweru, Zimbabwe. 411 pp.
  • Hogberg, P. & Alexander, I.J., 1995. Roles of root symbioses in African woodland and forest: evidence from 15N abundance and foliar analysis. Journal of Ecology 83(2): 217–224.
  • Luoga, E.J., Witkowski, E.T.F. & Balkwill, K., 2004. Regeneration by coppicing (resprouting) of miombo (African savanna) trees in relation to land use. Forest Ecology and Management 189: 23–35.
  • Manfouo, R.N., Lontsi, D., Ngounou, F.N., Ngadjui, B.T. & Sondengam, B.L., 2005. Erythrosuavine, a new diterpenic alkaloid from Erythrophleum suaveolens (Guill. & Perr.) Brenan. Bulletin of the Chemical Society of Ethiopia 19(1): 69–74.
  • Ross, J.H., 1977. Fabaceae, subfamily Caesalpinioideae. In: Ross, J.H. (Editor). Flora of southern Africa. Volume 16, part 2. Botanical Research Institute, Department of Agricultural Technical Services, Pretoria, South Africa. 142 pp.
  • Storrs, A.E.G., 1979. Know your trees: some of the common trees found in Zambia. Forest Department, Ndola, Zambia. 380 pp.

Auteur(s)

  • V. Kawanga, Zambian Branch, Commonwealth Forestry Association, Private Bag RW 359X, Ridgeway, 15102 Lusaka, Zambia

Citation correcte de cet article

Kawanga, V., 2006. Erythrophleum africanum (Welw. ex Benth.) Harms. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 22 décembre 2024.


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