Erucastrum arabicum (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Erucastrum arabicum Fisch. & C.A.Mey.


Protologue: Index sem. hort. petrop. 5 : 35 (1839).
Famille: Brassicaceae (Cruciferae)
Nombre de chromosomes: 2n = 14, 16, 30, 32

Synonymes

  • Brassica schimperi Boiss. (1842).

Noms vernaculaires

  • Ethiopian kale (En).

Origine et répartition géographique

Il est possible qu’Erucastrum arabicum soit originaire des régions montagneuses de l’Afrique orientale, mais on le trouve maintenant du Soudan à l’Arabie, à travers toute l’Afrique orientale et centrale jusqu’au Botswana et la Namibie. Dans de nombreuses autres régions du monde, c’est une adventice introduite.

Usages

Erucastrum arabicum est un légume-feuilles récolté dans la nature. On hache les parties aériennes et on les fait cuire à l’eau salée pendant près d’une heure pour les consommer comme légume en sauce ou en soupe. On peut aussi manger les jeunes feuilles crues en salade. Dans certaines régions, il est considéré comme un aliment typique des temps de famine, et dans d’autres c’est un légume sauvage normal. Il est également brouté par les animaux domestiques. En Ethiopie, la graine se vend parfois sur les marchés locaux sous le même nom vernaculaire que Brassica carinata A.Br. (“meshisha”), légume extrêmement prisé et dont la graine produit une huile d’éclairage et de cuisson (après raffinage), qui s’emploie également en médecine traditionnelle. Ceci laisse supposer que les graines d’Erucastrum arabicum sont parfois utilisées aux mêmes fins.

Propriétés

En Ethiopie, certaines personnes croient que la consommation d’Erucastrum arabicum peut avoir des effets secondaires, comme la somnolence et la sécheresse de la peau. La graine contient environ 35% d’huile, les acides érucique, linoléique et linolénique étant les principaux acides gras.

Botanique

  • Plante herbacée annuelle atteignant 1 m de haut, ramifiée ou non, légèrement hispide sur tige et feuilles.
  • Feuilles alternes, simples, feuilles inférieures larges et à pétiole court, feuilles supérieures sessiles, petites et moins divisées ; limbe spatulé à lyré-pennatifide, atteignant 18 cm × 5 cm, lobe terminal grand et arrondi, jusqu’à 4 paires de lobes latéraux de forme triangulaire à oblongue, bords irrégulièrement dentés, sinués ou légèrement inégaux.
  • Inflorescence : grappe terminale dense, puis lâche en fruits et pouvant atteindre 40 cm de long.
  • Fleurs bisexuées, régulières, 4-mères ; pédicelle mince, ascendant, atteignant 2 cm de long ; sépales oblongs, d’environ 3 mm de long ; pétales spatulés à quasi unguiculés à limbe oblong, de 3,5–6 mm × 2 mm, jaunes ; étamines 6, dont 4 plus longues et atteignant environ 5 mm de long ; ovaire supère, cylindrique, 2-loculaire, style court, stigmate semi-globuleux.
  • Fruit : silique droite de 1,5–5 cm × 1,5 mm, pourvue d’un bec atteignant 4,5 mm de long, déhiscente par 2 valves.
  • Graines ellipsoïdes, d’environ 1 mm de long, brunes, lisses à finement réticulées.

Le genre Erucastrum comprend environ 20 espèces et est réparti en Afrique, en Arabie et en Europe. En Afrique, on en trouve 5 espèces. Erucastrum arabicum est souvent confondu avec certains types de Brassica carinata, qui ont toutefois des fruits plus larges.

Ecologie

Erucastrum arabicum pousse dans les milieux perturbés en forêts d’altitude, et comme adventice sur les terres cultivées, depuis le niveau de la mer jusqu’à 2500 m d’altitude, mais il est surtout commun entre 1500–2000 m.

Ressources génétiques

Très répandu, Erucastrum arabicum n’est pas menacé d’érosion génétique. Plusieurs banques de gènes de Brassica possèdent quelques entrées d’Erucastrum arabicum. Sa grande dispersion comme adventice en fait la crucifère la plus commune de l’Afrique orientale. Sa variabilité s’explique largement par des conditions de croissance très diverses.

Perspectives

Erucastrum arabicum restera important au niveau local en tant que légume sauvage, et certainement en période de disette. Sa composition nutritionnelle et ses propriétés chimiques nécessitent des recherches.

Références principales

  • Jonsell, B., 1982. Cruciferae. In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. pp. 15–17.
  • Maundu, P.M., Ngugi, G.W. & Kabuye, C.H.S., 1999. Traditional food plants of Kenya. Kenya Resource Centre for Indigenous Knowledge (KENRIK), Nairobi, Kenya. 270 pp.
  • Robyns, W. & Boutique, R., 1951. Cruciferae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 2. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 522–544.
  • Seegeler, C.J.P., 1983. Oil plants in Ethiopia, their taxonomy and agricultural significance. Agricultural Research Reports 921. Pudoc, Wageningen, Netherlands. 368 pp.
  • Westphal, E., 1975. Agricultural systems in Ethiopia. Agricultural Research Reports 826. Centre for Agricultural Publishing and Documentation, Wageningen, Netherlands. 278 pp.

Autres références

  • Chweya, J.A., 1985. Identification and nutritional importance of indigenous green leaf vegetables in Kenya. Acta Horticulturae 153: 99–108.
  • Exell, A.W., 1960. Cruciferae. In: Exell, A.W. & Wild, H. (Editors). Flora Zambesiaca. Volume 1, part 1. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 182–194.
  • Jonsell, B., 2000. Brassicaceae (Cruciferae). In: Edwards, S., Mesfin Tadesse, Demissew Sebsebe & Hedberg, I. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 2, part 1. Magnoliaceae to Flacourtiaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 121–154.
  • Katende, A.B., Ssegawa, P. & Birnie, A., 1999. Wild food plants and mushrooms of Uganda. Technical Handbook No 19. Regional Land Management Unit/SIDA, Nairobi, Kenya. 490 pp.
  • Marais, W., 1970. Cruciferae. In: Codd, L.E., de Winter, B., Killick, D.J.B. & Rycroft, H.B. (Editors). Flora of southern Africa. Volume 13. Botanical Research Institute, Department of Agricultural Technical Services, Pretoria, South Africa. pp. 1–118.
  • Schippers, R.R., 2000. African indigenous vegetables. An overview of the cultivated species. Natural Resources Institute/ACP-EU Technical Centre for Agricultural and Rural Cooperation, Chatham, United Kingdom. 214 pp.

Auteur(s)

  • P.C.M. Jansen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 23 décembre 2024.