Emilia lisowskiana (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Légume Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Emilia lisowskiana C.Jeffrey


Protologue: Kew Bull. 52(1) : 208 (1997).
Famille: Asteraceae (Compositae)
Nombre de chromosomes: 2n = 10

Synonymes

  • Emilia coccinea auct. non (Sims) G.Don.

Origine et répartition géographique

Emilia lisowskiana est présent à l’état sauvage en Sierra Leone, au Liberia, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Togo, au Nigeria, au Cameroun, en Guinée équatoriale, en Centrafrique, en R.D. du Congo, en Zambie et en Angola, et peut-être en Guinée, au Soudan et en Ouganda.

Usages

En Afrique de l’Ouest et en R.D. du Congo, les feuilles sont parfois consommées comme légume, crues en salade ou cuites. Au Nigeria, au Cameroun et au Gabon, les feuilles sont utilisées pour soigner les troubles oculaires ainsi que la filariose. Au Gabon, les feuilles macérées sont utilisées pour traiter les problèmes cardiaques et les feuilles broyées mélangées avec de la limaille de cuivre sont utilisées pour panser les ulcères. Au Nigeria, une décoction de feuilles est utilisée comme fébrifuge. Au Congo, le jus des feuilles est utilisé pour traiter toutes sortes de troubles de la peau (abcès du sein, ulcères provoqués par le pian, affections lépreuses), ainsi que contre la gale, les poux et la teigne. La hernie, le mal de dos, la syphilis, la gonorrhée, le mal de gorge, les convulsions, la dilatation de la rate, le vertige, l’épilepsie et les problèmes de menstruation sont tous répertoriés comme étant soignés traditionnellement au moyen d’Emilia lisowskiana. On lui attribue aussi des propriétés laxatives et anti-abortives. Les plantes servent de fourrage aux lapins et aux cobayes au Gabon.

Propriétés

La composition des feuilles fraîches par 100 g de partie comestible est de : eau 79,9 g, énergie 268 kJ (64 kcal), protéines 3,2 g, lipides 0,7 g, glucides 14,0 g, fibres 1,9 g, Ca 260 mg et P 52 mg (Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968). Des alcaloïdes pyrrolyzidines et des flavonoïdes toxiques ont été isolés à partir d’autres espèces d’Emilia. Le jus de feuilles frais, des extraits méthanoliques et aqueux d’Emilia sonchifolia (L.) DC. et d’Emilia prenanthoidea DC. ont montré une activité antimicrobienne, antioxydante et anti-inflammatoire.

Description

  • Plante herbacée annuelle, érigée, atteignant 90 cm de haut ; tige glabre à légèrement pubescente.
  • Feuilles alternes, simples ; feuilles inférieures courtement pétiolées, pétiole ailé, limbe spatulé à elliptique, d’environ 3,5 cm × 3 cm ; feuilles médianes et supérieures sessiles, limbe ovale ou parfois lyré, atteignant 9 cm × 6 cm.
  • Inflorescence : capitules terminaux, discoïdes, groupés par 2–4 en corymbes, à 12–16 fleurs ; bractées de l’involucre 12–16.
  • Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères ; corolle tubulaire, de 7–8(–10) mm de long, orange-jaune à orange ; étamines à anthères cohérentes formant un tube ; ovaire infère, 1-loculaire, branches du style tronquées à l’apex.
  • Fruit : akène de 2 mm de long, courtement poilu ; pappus de 6 mm de long.

Autres données botaniques

Emilia comprend environ 100 espèces et est indigène dans les tropiques de l’Ancien Monde. Environ 50 espèces sont répertoriées en Afrique et parmi celles-ci plusieurs se sont naturalisées dans les Amériques. Emilia est proche de Senecio. Au point de vue végétatif, il ressemble à des espèces de Sonchus mais on peut le distinguer grâce à ses tiges pleines et l’absence de latex. Emilia lisowskiana et Emilia praetermissa Milne-Redh. ont souvent été confondues avec Emilia coccinea (Sims) G.Don, et les usages, les propriétés et les nombres de chromosomes décrits dans la littérature pour Emilia coccinea désignent souvent une de ces 2 espèces proches. Les aires de répartition d’Emilia lisowskiana et d’Emilia coccinea se superposent en R.D. du Congo, en Angola et en Zambie, mais sont séparées d’un point de vue écologique. Emilia praetermissa est présente dans l’aire de répartition d’Emilia lisowskiana. Emilia praetermissa a des usages similaires à Emilia lisowskiana, dont on peut la distinguer grâce à sa corolle pâle (blanche ou mauve teinté de rosé) et du fait que l’involucre a moins de bractées (environ 10). Emilia praetermissa est apparemment tétraploïde et est présent dans des lieux non-ombragés.

Ecologie

Emilia lisowskiana est présent dans la forêt dense plutôt secondaire, les lisières de forêt et les plantations (par ex. bananiers, palmiers à huile) jusqu’à 1700 m d’altitude.

Gestion

Emilia lisowskiana est considéré comme une adventice nuisible dans les plantations d’ananas car c’est un hôte facultatif pour le nématode Pratylenchus brachyurus.

Ressources génétiques

Emilia lisowskiana est répandu et commun, et il n’est pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Comme légume, Emilia lisowskiana restera probablement d’importance locale seulement. Il est souhaitable de mener des recherches pharmacologiques, du fait de ses usages médicinaux traditionnels et des propriétés intéressantes de ses espèces apparentées.

Références principales

  • Busson, F., 1965. Plantes alimentaires de l’ouest Africain: étude botanique, biologique et chimique. Leconte, Marseille, France. 568 pp.
  • Goly, P.G. & Téhé, H., 1997. Effets des adventices de l’ananas sur Pratylenchus brachyurus en Côte d’Ivoire. Cahiers Agricultures 6(3): 199–202.
  • Jeffrey, C., 1997. What is Emilia coccinea (Sims) G. Don (Compositae)? A revision of the large-headed Emilia species of Africa. Kew Bulletin 52(1): 205–212.
  • Lisowski, S., 1990. Le genre Emilia (Asteraceae, Senecioneae) en Afrique Centrale (Congo, Zaire, Rwanda, Burundi). Polish Botanical Studies 1: 67–116.
  • Lisowski, S., 1997. Le genre Emilia (Cass.) Cass. (Asteraceae) dans la flore de Guinée (Afrique occidentale). Bulletin du Jardin Botanique National de Belgique 66(3–4): 201–206.

Autres références

  • Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
  • Gill, L.S. & Omoigui, J.D., 1987. The incidence of polyploidy in family Asteraceae of southern Nigeria. Revue de Cytologie et de Biologie végétales, le Botaniste 10: 177–184.
  • Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968. Food composition table for use in Africa. FAO, Rome, Italy. 306 pp.
  • Morton, J.K., 1993. Chromosome numbers and polyploidy in the flora of Cameroons Mountain. Opera Botanica 121: 159–172.
  • Olorode, O., 1973. Meiotic studies on diploid hybrids between Emilia sonchifolia and E. coccinea (Compositae). Cytologia 38(4): 725–729.
  • Raponda-Walker, A. & Sillans, R., 1961. Les plantes utiles du Gabon. Paul Lechevalier, Paris, France. 614 pp.
  • Yuyu Suryasari Poerba, 2003. Emilia prenanthoidea DC. In: Lemmens, R.H.M.J. & Bunyapraphatsara, N. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(3). Medicinal and poisonous plants 3. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 185–186.

Auteur(s)

  • C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 11 juillet 2021.