Emilia coccinea (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Emilia coccinea (Sims) G.Don


Protologue: Hortus Brit. ed. 3 : 382 (1839).
Famille: Asteraceae (Compositae)
Nombre de chromosomes: 2n = 10

Synonymes

  • Cacalia coccinea Sims (1803),
  • Emilia sagittata auct. non DC.

Noms vernaculaires

  • Emilie, cucolie écarlate (Fr).
  • Tassel flower, Cupid’s paintbrush, red thistle (En).
  • Kilembe cha mbwana, ulimi wa ngombe (Sw).

Origine et répartition géographique

Emilia coccinea est indigène en R.D. du Congo, Burundi, Soudan, Kenya, Ouganda, Tanzanie, Malawi, Zambie, Angola, Zimbabwe et Mozambique. Des plantes à fleurs rouges et violettes ont été introduite à l’île Maurice et se sont naturalisées localement.

Usages

On signale l’usage d’Emilia coccinea comme légume au Kenya, en Tanzanie et au Malawi. En Tanzanie, les feuilles sont hachées et cuites seules ou avec des légumes secs tels que pois et haricots. Au Malawi, les feuilles ne sont que rarement consommées en accompagnement ; on considère qu’elles ont un goût déplaisant.

En Tanzanie, on soigne les inflammations oculaires en appliquant une compresse d’eau froide de la plante écrasée ou en trempant dans l’eau les feuilles mélangées à celles d’Ipomoea eriocarpa R.Br., après quoi on utilise l’infusion comme collyre. Les feuilles vertes broyées sont utilisées pour soigner les blessures, les plaies et la sinusite. Des feuilles séchées en poudre sont également appliquées sur les plaies. Les racines ou les feuilles sont bouillies et la décoction est utilisée pour traiter la syphilis. Les racines sont utilisées pour soigner les coliques chez les bébés en Tanzanie et comme médicament pour la poitrine au Kenya. Emilia coccinea est largement cultivé comme plante ornementale dans les régions tropicales, subtropicales et tempérées.

Propriétés

Toutes les données sur la valeur nutritive publiées sous le nom Emilia coccinea concernent apparemment Emilia lisowskiana C.Jeffrey d’Afrique de l’Ouest. Des alcaloïdes pyrrolyzidines et des flavonoïdes toxiques ont été isolés à partir d’autres espèces d’Emilia. Le jus de feuilles frais, des extraits méthanoliques et aqueux d’Emilia sonchifolia (L.) DC. et d’Emilia prenanthoidea DC. ont montré une activité antimicrobienne, antioxydante et anti-inflammatoire lors d’études diverses.

Description

  • Plante herbacée, annuelle, érigée, atteignant 120 cm de haut ; tige pubescente dans sa partie inférieure, glabre dans sa partie supérieure, ou rarement glabre partout.
  • Feuilles alternes, simples ; feuilles inférieures courtement pétiolées, limbe spatulé à elliptique, atteignant 12 cm × 5 cm ; feuilles médianes et supérieures sessiles, limbe spatulé à lancéolé, atteignant 20 cm × 6 cm.
  • Inflorescence : capitules terminaux, groupés par 1–6 en corymbes ; bractées de l’involucre (8–)13(–21).
  • Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères ; corolle tubulaire, de 5–9,5 mm de long, jaune à orange ou rouge (parfois rouge écarlate chez les cultivars ornementaux) ; étamines à anthères cohérentes formant un tube ; ovaire infère, 1-loculaire, branches du style se terminant en un appendice de papilles fusionnées.
  • Fruit : akène de 2–5 mm de long, courtement poilu ; pappus de 3–5 mm de long.

Autres données botaniques

Emilia comprend environ 100 espèces et est indigène dans les tropiques de l’Ancien Monde. Environ 50 espèces sont répertoriées en Afrique et parmi celles-ci plusieurs se sont naturalisées dans les Amériques. Emilia est proche de Senecio. Au point de vue végétatif, il ressemble à des espèces de Sonchus mais on peut le distinguer grâce à ses tiges pleines et à l’absence de latex. Emilia lisowskiana et Emilia praetermissa Milne-Redh. ont souvent été confondues avec Emilia coccinea, et les usages, les propriétés et les nombres de chromosomes décrits dans la littérature pour Emilia coccinea concernent souvent une de ces 2 espèces proches. Les aires de répartition d’Emilia lisowskiana et d’Emilia coccinea se superposent en R.D. du Congo, en Angola et en Zambie mais sont séparées d’un point de vue écologique ; celles d’Emilia praetermissa et d’Emilia coccinea ne se superposent pas, bien que les deux se trouvent en R.D. du Congo. Les jardiniers utilisent à tort les noms d’Emilia flammea et d’Emilia javanica pour dénommer les formes ornementales d’Emilia coccinea.

Ecologie

Emilia coccinea est une adventice des bords de routes, des terrains vagues et des friches. Dans l’est de l’Afrique il est présent dans les régions sèches jusqu’à 2000 m d’altitude.

Gestion

En Tanzanie, on récolte Emilia coccinea pendant la saison des pluies pour l’auto-consommation et il est vendu sur les marchés locaux. Comme plante ornementale, il peut être multiplié par boutures, mais il est plus généralement reproduit par graines. Il est cultivé à un espacement rapproché, d’environ 15 cm, et peut être utilisé comme fleur coupée ainsi que pour les bouquets secs.

Ressources génétiques

Emilia coccinea est une espèce adventice répandue et commune qui n’est pas menacée par l’érosion génétique. La sélection à des fins ornementales a donné des cultivars distincts, parmi lesquels ‘Scarlet Magic’.

Perspectives

Comme légume, Emilia coccinea restera probablement d’importance locale seulement. Il est souhaitable de mener des recherches pharmacologiques, du fait de ses usages médicinaux traditionnels et des propriétés intéressantes de ses espèces apparentées. Il a d’excellentes perspectives comme plante ornementale annuelle dans les régions tempérées.

Références principales

  • Jeffrey, C., 1997. What is Emilia coccinea (Sims) G. Don (Compositae)? A revision of the large-headed Emilia species of Africa. Kew Bulletin 52(1): 205–212.
  • Lisowski, S., 1997. Le genre Emilia (Cass.) Cass. (Asteraceae) dans la flore de Guinée (Afrique occidentale). Bulletin du Jardin Botanique National de Belgique 66(3–4): 201–206.
  • Ruffo, C.K., Birnie, A. & Tengnäs, B., 2002. Edible wild plants of Tanzania. Technical Handbook No 27. Regional Land Management Unit/ SIDA, Nairobi, Kenya. 766 pp.

Autres références

  • Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
  • Hind, D.J.N., Jeffrey, C. & Scott, A.J., 1993. Composées. In: Bosser, J., Guého, J. & Jeffrey, C. (Editors). Flore des Mascareignes. Famille 109. The Sugar Industry Research Institute, Mauritius, l’Institut Français de Recherche Scientifique pour le Développement en Coopération (ORSTOM), Paris, France & Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 261 pp.
  • Huxley, A. (Editor), 1992. The new Royal Horticultural Society dictionary of gardening. Volume 2. MacMillan Press, London, United Kingdom. 747 pp.
  • Kokwaro, J.O., 1993. Medicinal plants of East Africa. 2nd Edition. Kenya Literature Bureau, Nairobi, Kenya. 401 pp.
  • Olorode, O., 1973. Meiotic studies on diploid hybrids between Emilia sonchifolia and E. coccinea (Compositae). Cytologia 38(4): 725–729.
  • Watt, J.M. & Breyer-Brandwijk, M.G., 1962. The medicinal and poisonous plants of southern and eastern Africa. 2nd Edition. E. and S. Livingstone, London, United Kingdom. 1457 pp.
  • Williamson, J., 1955. Useful plants of Nyasaland. The Government Printer, Zomba, Nyasaland. 168 pp.
  • Yuyu Suryasari Poerba, 2003. Emilia prenanthoidea DC. In: Lemmens, R.H.M.J. & Bunyapraphatsara, N. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(3). Medicinal and poisonous plants 3. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 185–186.

Auteur(s)

  • C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 12 novembre 2020.