Elaeophorbia grandifolia (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Elaeophorbia grandifolia (Haw.) Croizat


Protologue: Bull. Jard. Bot. Etat 15: 109 (1938).
Famille: Euphorbiaceae

Origine et répartition géographique

Elaeophorbia grandifolia est présent du Sénégal au Bénin, ainsi qu’au Cameroun, en Centrafrique et au Gabon.

Usages

Utilisé comme purgatif radical, le latex ne sert que dans des cas graves, comme les empoisonnements alimentaires et la constipation grave. Au Sénégal et en Sierra Leone, il s’applique sur les gencives pour faciliter les extractions dentaires. En Côte d’Ivoire, l’extrait de feuilles se prend pour traiter l’angine et les douleurs thoraciques. Les feuilles séchées réduites en poudre dans de l’eau se prennent aussi contre les douleurs thoraciques. La décoction d’écorce ou de feuilles s’applique sur les plaies du ver de Guinée pour aider à faire sortir les vers, et la pâte d’écorce s’applique comme pansement. Le latex a été employé pour soulager la douleur des piqûres de scorpion et faire disparaître les verrues. Au Ghana, la décoction de feuilles sert de contraceptif ; en usage externe, elle s’applique sur les furoncles, la teigne et les verrues pour les cicatriser. Au Togo, le latex se prend dans de l’eau pour traiter les hémorroïdes.

Le latex est utilisé pour faire du poison de pêche et du poison de flèche en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Gabon, tandis qu’au Burkina Faso, ce sont les racines qui sont utilisées dans la préparation d’un poison de flèche. En Côte d’Ivoire, on applique du latex sur l’œil des personnes soupçonnées de crime en guise de poison d’arbitrage. On leur administre rapidement un antidote à base de plantes si le suspect reconnaît son crime, mais des cas de lésion oculaire permanente ont été observés.

En Afrique de l’Ouest, Elaeophorbia grandifolia est couramment planté pour protéger contre la foudre et éloigner les fantômes et les esprits maléfiques. En Sierra Leone, c’est un arbre de haie.

Propriétés

Le latex contient 0,3–0,5% d’un alcool diterpène, l’ingénol, et plusieurs esters diterpènes d’ingénol. L’ingénol est également présent chez Euphorbia spp. Les esters sont toxiques et co-cancérigènes. Des triterpènes, l’euphol, le tirucallol et l’euphorbol, ont également été isolés. Le latex contient aussi des lectines, l’euphorbaïne d1 et l’euphorbaïne d2, qui agglutinent les érythrocytes in vitro. Le latex s’est avéré être extrêmement irritant lors d’essais de sensibilisation de l’oreille de souris.

Description

Petit arbre monoïque, glabre, atteignant 15(–25) m de haut, renfermant un abondant latex blanc ; fût trapu, atteignant 80 cm de diamètre, souvent à ramification basse ; écorce grise, rugueuse ; rameaux étalés, formant une grande cime arrondie, petits rameaux à 5 angles obtus, devenant cylindriques, à cicatrices foliaires visibles. Feuilles disposées en spirale, groupées à l’apex des branches, simples et entières ; stipules tombant rapidement ; pétiole jusqu’à 3 cm de long, sous-tendu par une paire d’aiguillons atteignant 3 mm de long ; limbe ovale à oblancéolé, de 8–30(–40) cm × 4–12 cm, base cunéiforme, apex arrondi à émarginé, charnu, pennatinervé. Inflorescence : cyme axillaire, habituellement par groupes de 3, constituée de cyathes ; pédoncule atteignant 4,5 cm de long et rameaux atteignant 2,5 cm de long ; bractées largement deltoïdes, d’environ 7 mm de long, appariées, persistantes ; cyathes sessiles, d’environ 15 mm de diamètre, involucre en forme de large entonnoir, 5-lobé, à grosses glandes d’environ 2,5 mm × 6 mm, jaune brunâtre, chaque cyathe contenant 1 fleur femelle entourée de nombreuses fleurs mâles. Fleurs unisexuées, périanthe absent ; fleurs mâles à bractéoles en forme d’éventail, comprenant une seule étamine d’environ 4 mm de long ; fleurs femelles constituées d’un ovaire supère, 3-loculaire, lisse, enfoncé dans le pédicelle, styles 3, d’environ 1,5 mm de long, soudés, stigmates aplatis, réfléchis. Fruit : drupe charnue presque sessile, obovoïde, légèrement 3-lobée, atteignant 3,5 cm × 2,5 cm, verte virant au jaune ; noyau sillonné, à 1–3 graines. Graines ovoïdes, d’environ 8 mm × 4,5–5 mm, à 2 crêtes, lisses, brun grisâtre.

Autres données botaniques

Le genre Elaeophorbia comprend 3–5 espèces d’Afrique tropicale. Il est parfois inclus dans le genre Euphorbia, dont il diffère par l’absence de périanthe chez les fleurs femelles, par l’ovaire enfoncé dans le pédicelle, et par ses gros fruits indéhiscents drupacés, par contraste avec les fruits secs et déhiscents d’Euphorbia. Elaeophorbia grandifolia et Elaeophorbia drupifera (Thonn.) Stapf sont étroitement apparentés et la présence courante de spécimens intermédiaires, comme au Ghana, indique qu’il pourrait s’agir d’une espèce variable unique.

Ecologie

Elaeophorbia grandifolia est présent dans la forêt sèche, sur les pentes rocailleuses, depuis le niveau de la mer jusqu’à 800 m d’altitude. Il est parfois présent également dans la forêt humide des basses terres.

Gestion

Elaeophorbia grandifolia peut se multiplier facilement par boutures de tige, qui doivent être d’au moins 20 cm de long. Une fois coupées, il faut les laisser reposer à l’abri de la lumière pendant au moins une semaine pour qu’elles forment un cal à l’extrémité coupée. Elaeophorbia grandifolia peut également se multiplier par graines.

Ressources génétiques

Elaeophorbia grandifolia est répandu et relativement commun, et par conséquent, il n’est probablement pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Le latex d’Elaeophorbia grandifolia est une substance caustique et co-cancérigène, et pour cette raison une extrême prudence s’impose dans son usage en médecine locale. Des études biosystématiques pour clarifier le statut d’Elaeophorbia grandifolia et d’Elaeophorbia drupifera sont nécessaires.

Références principales

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Auteur(s)

  • L.E. Newton, Department of Biological Sciences, Kenyatta University, P.O. Box 43844, Nairobi 00100, Kenya

Citation correcte de cet article

Newton, L.E., 2008. Elaeophorbia grandifolia (Haw.) Croizat. [Internet] Record from PROTA4U. Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 23 décembre 2024.


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