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Elaeophorbia drupifera (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Elaeophorbia drupifera (Thonn.) Stapf


Protologue: Prain, Icon. pl. 29: t. 2823 (1906).
Famille: Euphorbiaceae

Synonyms

  • Euphorbia drupifera Thonn. (1827).

Noms vernaculaires

  • Pago olho de marcaçao (Po).

Origine et répartition géographique

Elaeophorbia drupifera est présent de la Guinée à l’Ouganda, et vers le sud jusqu’en R.D. du Congo et peut-être en Angola.

Usages

Le latex s’applique généralement sur la teigne, les morsures de serpent, les piqûres d’insectes et de scorpions pour soulager la douleur. Il est appliqué sur les verrues en raison de ses effets caustiques. Il s’applique aussi sur les gencives contre les maux de dents. Les feuilles broyées avec du sel et des oignons hachés s’appliquent sur les plaies du ver de Guinée pour le faire sortir. En Côte d’Ivoire, la décoction de feuilles se prend comme purgatif, ou s’emploie en lavement aux mêmes fins. En Afrique de l’Ouest et au Gabon, le latex se boit dissout dans de l’eau ou se consomme dans de la bouillie de manioc ou sur un morceau de canne à sucre pour ses vertus purgatives. Au Congo, la décoction d’écorce est utilisée en bain de bouche pour traiter les maux de dents. En R.D. du Congo, on frictionne le jus d’écorce de racine sur les plaies du craw-craw, ou bien on y applique des copeaux en pansement. La décoction de feuilles se boit pour traiter la toux et la coqueluche ; elle sert aussi à laver les plaies lépreuses.

Le latex ou les feuilles broyées sont couramment utilisés comme poison de pêche ou comme ingrédient de poison de flèche. Au Ghana, ce sont les fruits qui servent aussi de poison de pêche. Le latex est également utilisé comme poison d’arbitrage.

Dans toute l’Afrique de l’Ouest et au Gabon, Elaeophorbia drupifera est planté à proximité des villages pour être utilisé dans des rites religieux. Mélangé à de l’huile, le latex s’applique sur le globe oculaire : cela affecte le nerf optique et produit d’étranges effets visuels et un état de confusion. Cela peut également provoquer de graves lésions oculaires. Ces plantes sont cultivées près des maisons et sur les tombes pour les protéger des esprits maléfiques et de la foudre. En Afrique de l’Ouest, Elaeophorbia drupifera est également planté en haies vives autour des jardins familiaux. Au Ghana, le bois tendre sert à fumer le poisson.

Propriétés

Le latex de la tige contient 0,3–0,5% d’un alcool diterpène, l’ingénol, et plusieurs esters diterpènes d’ingénol. L’ingénol est également présent chez Euphorbia spp. Les esters sont toxiques et co-cancérigènes. Des triterpènes, l’euphol, le tirucallol et l’euphorbol, ont également été isolés comme composés principaux. Le latex contient des lectines, l’euphorbaïne d1 et l’euphorbaïne d2, qui agglutinent les érythrocytes in vitro.

Les extraits de latex s’avèrent avoir des effets inhibiteurs sur la multiplication et la cytotoxicité de plusieurs souches du VIH-1 et du VIH-2, même après traitement retardé. Le latex a eu aussi une toxicité sélective sur des cellules Molt-4/VIH et a inhibé la transcriptase inverse du VIH-1.

Un extrait brut de feuilles a provoqué d’importantes contractions dose-dépendantes sur des préparations d’iléon de cobaye et d’utérus de rat isolés. Il a réduit considérablement le taux de glucose sanguin chez des rats. Un extrait brut de racine a fait chuter la tension artérielle ainsi que la fréquence cardiaque d’une façon dose-dépendante chez des rats anesthésiés. On s’est aperçu par ailleurs que l’extrait prolongeait l’hypotension induite par l’acétylcholine chez les rats. Des études in vitro à l’aide de bandes artérielles isolées ont révélé que l’extrait avait un effet relaxant dose-dépendant sur le tissu vasculaire du muscle lisse. L’extrait de feuilles à l’eau administré oralement en doses progressives à des rats n’a produit aucun effet négatif sue le foie et le rein.

Un extrait brut de feuilles en administration intrapéritonéale chez les souris a produit une DL50 de 135 mg/kg, et l’extrait brut de racine une DL50 de 145 mg/kg.

Description

  • Arbre monoïque glabre, de taille petite à moyenne, atteignant 22 m de haut, renfermant un abondant latex blanc ; fût trapu, atteignant 60 cm de diamètre, souvent à ramification basse ; écorce grise, rugueuse ; rameaux étalés, formant une grande cime arrondie, petits rameaux à 5 angles obtus, devenant cylindriques, à cicatrices foliaires visibles.
  • Feuilles disposées en spirale, groupées à l’apex des branches, simples et entières ; stipules tombant rapidement ; pétiole jusqu’à 2,5 cm de long, sous-tendu par une paire d’aiguillons atteignant 3 mm de long ; limbe oblancéolé, atteignant 28 cm × 10 cm, base cunéiforme, apex arrondi à émarginé, charnu, pennatinervé.
  • Inflorescence : cyme axillaire, habituellement par groupes de 3, à 1–2 fourches, constituée de cyathes ; pédoncule atteignant 4,5 cm de long et ramifications atteignant 2,5 cm de long ; bractées largement deltoïdes, d’environ 7 mm de long, appariées, persistantes ; cyathes sessiles, d’environ 4 mm × 12 mm, involucre en forme de large entonnoir, 5-lobé, à grosses glandes d’environ 2,5 mm × 6 mm, jaune brunâtre, chaque cyathe contenant 1 fleur femelle entourée de nombreuses fleurs mâles.
  • Fleurs unisexuées, périanthe absent ; fleurs mâles à bractéoles en forme d’éventail, comprenant une seule étamine d’environ 4 mm de long ; fleurs femelles constituées d’un ovaire supère, 3-loculaire, lisse, enfoncé dans le pédicelle, styles 3, d’environ 1,5 mm de long, soudés, stigmates aplatis, réfléchis.
  • Fruit : drupe charnue presque sessile, obovoïde, légèrement 3-lobée, atteignant 5 cm × 3,5 cm, verte virant au jaune ; noyau sillonné, à 1–3 graines.
  • Graines ovoïdes, de 7–8 mm × 4,5 mm, à 2 crêtes, lisses, brun grisâtre.

Autres données botaniques

Le genre Eleaeophorbia comprend 3–5 espèces d’Afrique tropicale. Il est parfois inclus dans le genre Euphorbia, dont il diffère par l’absence de périanthe chez les fleurs femelles, par l’ovaire enfoncé dans le pédicelle, et par ses gros fruits indéhiscents drupacés, par contraste avec les fruits secs et déhiscents d’Euphorbia. Elaeophorbia drupifera et Elaeophorbia grandifolia (Haw.) Croizat sont étroitement apparentés et la présence courante de spécimens intermédiaires, comme au Ghana, indique qu’il pourrait s’agir d’une espèce variable unique.

En Afrique centrale, Elaeophorbia drupifera est parfois confondu avec Euphorbia teke Schweinf. ex Pax.

Ecologie

Elaeophorbia drupifera est présent en lisière de forêt, dans les plaines côtières inondées et parfois dans la forêt pluviale, sur sol noir-brun humide, souvent à proximité de termitières, à 700–1000 m d’altitude.

Multiplication et plantation

Elaeophorbia drupifera est multiplié par graines ou par sauvageons. Elaeophorbia grandifolia est également multiplié par boutures de tige, et cette méthode de propagation peut convenir pour Elaeophorbia drupifera.

Récolte

Les feuilles, l’écorce, les racines et le latex peuvent se récolter au fur et à mesure des besoins.

Traitement après récolte

Toutes les parties de la plante qui sont récoltées s’utilisent fraîches, ainsi que le latex. Le latex peut aussi être utilisé après coagulation.

Ressources génétiques

Elaeophorbia drupifera est répandu et relativement commun, et par conséquent il n’est probablement pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Le latex d’Elaeophorbia drupifera est une substance caustique et co-cancérigène, et pour cette raison une extrême prudence s’impose. Mais les essais in vitro anti-VIH sont prometteurs et il faudrait procéder à d’autres recherches pour évaluer la possibilité de mettre au point des composés de base pour l’industrie pharmaceutique. Il est nécessaire de procéder à des études biosystématiques pour clarifier le statut d’Elaeophorbia drupifera et d’Elaeophorbia grandifolia.

Références principales

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Sources de l'illustration

  • Akoègninou, A., van der Burg, W.J. & van der Maesen, L.J.G. (Editors), 2006. Flore analytique du Bénin. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. 1034 pp.

Auteur(s)

  • G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Schmelzer, G.H., 2008. Elaeophorbia drupifera (Thonn.) Stapf. [Internet] Record from PROTA4U. Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 avril 2025.


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