Dombeya burgessiae (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Fibre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Dombeya burgessiae Gerrard ex Harv.


Protologue: Fl. Cap. 2: 590 (1862).
Famille: Sterculiaceae (APG: Malvaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 54

Synonymes

  • Dombeya mastersii Hook.f. (1867),
  • Dombeya platypoda K.Schum. (1900),
  • Dombeya dawei Sprague (1906).

Noms vernaculaires

  • Pink dombeya, pink wild pear (En).

Origine et répartition géographique

Dombeya burgessiae est présent de la R.D. du Congo, de l’Ouganda et du Kenya jusqu’en Angola, en Zambie, au Zimbabwe et au Mozambique et se rencontre également en Afrique du Sud et au Swaziland.

Usages

La fibre de l’écorce de Dombeya burgessiae est couramment utilisée pour faire des liens et confectionner des cordages. Au Kenya, on utilise traditionnellement la fibre pour faire des paniers et les fameux sacs “kiondo”.

Au Kenya, le bois est utilisé dans la construction et pour faire des arcs. Au Mozambique, le bois est utilisé pour faire des arcs, des manches d’outils et comme bois de feu. Le bois est couramment utilisé pour allumer un feu par frottement. Au Malawi et au Mozambique, on cuit la moelle et on la consomme comme plat d’accompagnement. Comme d’autres espèces du genre, Dombeya burgessiae est intéressant comme mellifère et le miel produit est exceptionnellement bon avec une cristallisation fine. Dombeya burgessiae est cultivé comme plante ornementale en Afrique australe.

En médecine traditionnelle au Kenya, l’écorce est cuite et la décoction absorbée comme boisson, ou bien l’écorce est mastiquée, comme aphrodisiaque. L’infusion de racines se prend pour soulager les maux d’estomac. En Tanzanie, la décoction de feuilles est absorbée comme boisson contre la lèpre et les feuilles réduites en pâte sont appliquées sur les plaies lépreuses.

Propriétés

Le bois de cœur n’est pas nettement démarqué de l’aubier. Le bois est d’un brun pâle homogène, souvent avec un noyau central de bois brun foncé à stries olive. Le fil est souvent droit, le grain fin à moyen. La densité du bois est d’environ 560 kg/m³ à 12% d’humidité. Le bois est sensible au gauchissement lors du séchage. Il est résistant et dur. A 12% d’humidité, le module de rupture est d’environ 96 N/mm², le module d’élasticité de 12 500 N/mm², la compression axiale de 48 N/mm², le cisaillement de 11,6 N/mm², le fendage radial de 46 N/mm et tangentiel de 66 N/mm, la dureté Janka de flanc de 4140 N et la dureté Janka en bout d’environ 5420 N.

Le bois se scie et se rabote bien et se cloue sans se fendre, mais il n’est pas approprié pour le tournage. La durabilité du bois est faible à modérée. L’aubier est sensible aux attaques de termites, des térébrants marins et de xylophages du genre Lyctus. L’aubier et le bois de cœur sont moyennement rebelles à l’imprégnation.

Les feuilles contiennent des polyuronoïdes et des stéroïdes, et des bufadiénolides sont probablement également présents dans les feuilles. Les extraits à l’eau et au méthanol des feuilles ont une activité antibactérienne négligeable ou inexistante. Les extraits de feuilles à l’éthanol et au dichlorométhane ont montré un niveau élevé d’inhibition de la cyclo-oxygénase-1 (COX-1), indiquant une activité anti-inflammatoire. Le traitement de blessures et de maux d’estomac peut être attribué à ces propriétés.

Botanique

Arbuste de 2–4(–8) m de haut ; écorce externe brune, écorce interne résistante et fibreuse ; rameaux densément poilus ou glabrescents, à poils en aiguille simples et étoilés, et à poils glandulaires, subsessiles et pédonculés. Feuilles alternes, simples ; stipules lancéolées à largement ovales, de 8–13 mm × 3–6 mm, longuement acuminées ; pétiole de 7–15 cm de long ; limbe suborbiculaire, distinctement 3-lobé, rarement 5-lobé ou entier, de 11–23 cm × 7–18 cm, base profondément cordée, apex acuminé, bord irrégulièrement denté, face supérieure peu à densément pubescente, tomenteuse ou tomentelleuse, face inférieure habituellement densément pubescente, tomenteuse ou tomentelleuse, généralement avec des poils à longs bras. Inflorescence axillaire, en corymbe ou sub-ombellée, de 6–21 cm × 3–6 mm, à nombreuses fleurs ; pédoncule de 4–17 cm de long, légèrement ou densément poilu ; bractées ovales, d’environ 11 mm de long, acuminées, caduques. Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle de 22–40 mm de long ; bractées de l’épicalice à la base du calice, rarement pédicellées, elliptiques, ovales, oblongues, lancéolées ou oblancéolées, de 10–14 mm × 2–5 mm, aiguës à longuement acuminées, caduques ; lobes du calice réfléchis, lancéolés, de 9–13 mm × 2–8 mm, poilus à l’extérieur ; pétales étalés, obliquement obovales, de 12–25 mm × 10–25 mm, blancs ou roses, nervures et base parfois rouges ; étamines (10–)15, en groupes de 3, alternant avec les staminodes de 7–16 mm de long, tous les filets réunis en un tube staminal de 1–5 mm de long ; ovaire supère, globuleux, poilu, 5-loculaire, style de 5–16 mm de long, à 5 ramifications. Fruit : capsule ovoïde à globuleuse de 5–15 mm de diamètre, brune, poilue. Graines trigones, de 3–4 mm × 2 mm, rugueuses, brun foncé à noires.

Dombeya burgessiae présente de nombreuses variations et a été en conséquence décrit plusieurs fois sous des noms différents. En Afrique australe, Dombeya burgessiae fleurit en avril–juillet et fructifie en juin–octobre.

Le genre Dombeya comprend environ 200 espèces, principalement réparties à Madagascar, avec environ 20 sur le continent africain et 14 dans les Mascareignes. Il y a eu des révisions du genre pour le continent africain et les Mascareignes mais pas pour Madagascar, et il est possible que le nombre d’espèces décrites pour Madagascar soit trop élevé.

Ecologie

Dombeya burgessiae appartient à la flore afromontagnarde et est présent jusqu’à 2400 m d’altitude. En Afrique de l’Est, la limite inférieure d’altitude est d’environ 900 m, mais au Mozambique et en Afrique du Sud on peut le trouver au niveau de la mer. Il est plus fréquent pendant les premières étapes de repousse des forêts, en forêts claires et sèches, en lisière des forêts, le long des rivières et en savane boisée.

Gestion

Les graines peuvent être extraites des capitules secs. Leur viabilité chute en 3 mois, et les graines fraîches doivent donc être utilisées pour le semis. Les graines doivent être semées dans un lit de germination correctement drainé. Les plantules lèvent en environ 3 semaines. Pour le commerce ornemental, les plantes sont multipliées par bouturage ou par marcottage aérien.

Ressources génétiques

Comme Dombeya burgessiae est très répandu et commun, il ne semble pas menacé d’érosion génétique. Le matériel génétique de plusieurs espèces à valeur ornementale est disponible auprès de différents instituts de recherche dans les régions subtropicales. L’auto-incompatibilité est fréquente dans le genre et explique l’importante variabilité chez plusieurs espèces. Elle offre des opportunités pour l’amélioration génétique. Le premier hybride ornemental de Dombeya est Dombeya ×cayeuxii André, produit en 1895 au Portugal par le croisement de Dombeya burgessiae et Dombeya wallichii (Lindl.) K.Schum. de Madagascar. De nombreux cultivars nommés (sélections de Dombeya burgessiae et hybrides ayant Dombeya burgessiae comme un des parents) ont été créés en Floride (Etats-Unis) et sont plantés comme plantes ornementales ailleurs également. Le cultivar ‘Seminole’ est prometteur comme plante d’intérieur en pot.

Perspectives

En tant que producteur de fibres, Dombeya burgessiae restera important uniquement pour une utilisation locale. Il contient des bufadiénolides qui ont un intérêt comme agents anticancéreux potentiels. Il est probable que l’industrie horticole dans les zones subtropicales continuera de créer de nouveaux cultivars.

Références principales

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  • Latham, P., 2007. Plants visited by bees and other useful plants of Umalila, southern Tanzania. Third edition. P.Latham, DFID, United Kingdom. 216 pp.
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Autres références

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  • Williamson, J., 1955. Useful plants of Nyasaland. The Government Printer, Zomba, Nyasaland. 168 pp.

Auteur(s)

  • C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Bosch, C.H., 2011. Dombeya burgessiae Gerrard ex Harv. [Internet] Fiche de PROTA4U. Brink, M. & Achigan-Dako, E.G. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. <http://www.prota4u.org/search.asp>.

Consulté le 22 décembre 2020.


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