Distemonanthus benthamianus (PROTA)

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Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois de feu Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Distemonanthus benthamianus Baill.


répartition en Afrique (sauvage)
1, base du fût ; 2, ramille en fleurs ; 3, fleur ; 4, fruit. Redessiné et adapté par G.W.E. van den Berg
quelques parties de l'arbre (Virtual Field Herbarium)
base du fût
fût
écorce
cime
rameaux feuillés
table d'ordinateur
bureau
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois
Protologue: Hist. pl. 2: 135 (1870).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae).
Nombre de chromosomes: 2n = 24

Noms vernaculaires

  • Movingui (Fr).
  • African satinwood, yellow satinwood (En).

Origine et répartition géographique

L’aire de répartition de Distemonanthus benthamianus s’étend de la Guinée et de la Sierra Leone jusqu’au Cameroun, et vers le sud jusqu’au Gabon et au Congo méridional.

Usages

Le bois, commercialisé en tant que “movingui”, “African satinwood” et “yellow satinwood”, sert à une quantité d’usages qui vont de la construction lourde, y compris les travaux hydrauliques, aux parquets à usage intensif, à la menuiserie, aux étais de mines, à la construction navale, à la charronnerie, aux traverses de chemin de fer, au mobilier à usage intérieur aussi bien qu’extérieur, à l’ébénisterie, aux articles de sports, aux instruments de musique, aux caisses et aux cageots, aux ustensiles agricoles, aux manches d’outils, aux cuves de produits chimiques, aux bardeaux, à la sculpture, au tournage, aux placages et au contreplaqué. On s’en sert également de bois de feu et pour la production de charbon de bois.

L’écorce est employée en médecine traditionnelle. L’écorce broyée est appliquée sur les affections cutanées, notamment les furoncles et les abcès, prisée en cas d’épilepsie, prescrite contre les palpitations et utilisée en lavement contre l’hépatite. On emploie la décoction d’écorce dans le bain ou en bain de vapeur pour traiter la bronchite, les rhumatismes, et la fièvre y compris le paludisme. Au Nigeria, les ramilles font office de bâtonnets à mâcher. Le colorant jaune obtenu à partir des racines sert à la décoration corporelle. L’arbre est utilisé dans de nombreuses cérémonies rituelles locales.

Production et commerce international

En 1983, la Côte d’Ivoire a exporté 38 000 m³ de grumes de “movingui”, contre seulement 180 m³ en 1996. En 1999, le bois d’œuvre de “movingui” a été classé 10e sur la liste des bois d’œuvre les plus exportés du Gabon, avec 28 000 m³ de grumes exportées. En 2000, le Gabon a exporté 36 000 m³ de grumes, mais ce chiffre a chuté à 12 000 m³ en 2009. En 2004, le Congo a exporté 4000 m³ de sciages de Distemonanthus benthamianus au prix moyen de US$ 134/m³, et 1200 m³ en 2009. En 2005, les exportations camerounaises de sciages s’élevaient à 14 000 m³ au prix moyen de US$ 340/m³, et en 2006 à 12 000 m³ au prix moyen de 514/m³. En 2009, le Cameroun a exporté 5000 m³ de grumes et 5500 m³ de sciages. L’écorce se vend sur les marchés locaux gabonais à des fins médicinales. Au Ghana, des volumes considérables de bois de Distemonanthus benthamianus sont exportés, principalement sous la forme de placages tranchés et de moulures.

Propriétés

Le bois de cœur, jaune à jaune doré, fonce à l’orange-brun une fois exposé à l’air, présente parfois des stries brun rosé, et se distingue nettement de l’aubier, blanchâtre à grisâtre ou couleur paille, et jusqu’à 4 cm d’épaisseur. Le fil est ondulé à contrefil, le grain moyen à fin et régulier. Le bois est légèrement lustré et assez décoratif. Les surfaces radiales ont une figure rubanée. Il est déconseillé d’utiliser le bois pour la fabrication de matériel de cuisine et de blanchisserie car il contient souvent un extrait jaune soluble dans l’eau.

C’est un bois moyennement lourd à assez lourd, avec une densité de 570–860 kg/m³ à 12% d’humidité, et plutôt dur. Il sèche bien à l’air mais lentement, sans trop de détérioration, en ayant tout de même tendance à former des gerces aux extrémités et en surface. Les taux de retrait sont faibles à moyens, de l’état vert à anhydre ils sont de 3,0–4,4% dans le sens radial et de 5,0–7,2% dans le sens tangentiel. Une fois sec, le bois est modérément stable à stable en service.

A 12% d’humidité, le module de rupture est de (103–)140–207 N/mm², le module d’élasticité de 8400–12 950(–14 740) N/mm², la compression axiale de 45–69(–85) N/mm², le cisaillement de 12,5–14,5 N/mm², le fendage de 12,5–21,5 N/mm, la dureté Janka de flanc de 5470–6290 N, la dureté Janka en bout de 7330 N et la dureté de flanc Chalais-Meudon de (2,9–)4,3–7,7.

Les caractéristiques de sciage et d’usinage sont variables et dépendent des quantités de silice et d’exsudat présentes dans le bois. Le bois fraîchement coupé se scie facilement, contrairement au bois sec qui se scie plus difficilement et qui peut provoquer une surchauffe des lames de scies. En cas de forte teneur en silice, des lames de scie à dents stellitées et des outils tranchants au carbure de tungstène sont recommandés ; le bois peut contenir jusqu’à 1,3% de silice. Les surfaces sciées sur quartier pouvant provoquer le peluchage du fil lors des opérations de moulurage et de rabotage, un angle de coupe réduit de 20° est recommandé. On peut obtenir une jolie finition et, avec un apprêt, le bois se polit bien. Les caractéristiques de clouage et de vissage sont variables ; il peut arriver que le bois se fende, c’est pourquoi il est préconisé de faire des avant-trous ; en revanche, il tient bien les clous comme les vis. Il se colle correctement. Il est conseillé d’employer un enduit bouche-pores avant de peindre. Les caractéristiques de cintrage à la vapeur sont bonnes. Le bois peut être tranché pour la production de placages de bonne qualité. Il peut également être déroulé, ce qui est rarement le cas car le placage n’est pas joliment figuré. Il faut traiter le bois à la vapeur pendant 48 heures avant de le trancher ou de le dérouler afin d’obtenir des placages bien flexibles. Des essais ont montré que le bois se prêtait parfaitement à la production de structures lamellées-collées.

Le bois de cœur est moyennement durable, car il est modérément résistant aux attaques fongiques et des termites, et assez résistant à celles des térébrants du bois sec. Lors d’essais réalisés en Turquie, le bois a fait preuve d’une bonne durabilité contre les térébrants marins, mais il est possible que cela dépende de la teneur en silice. Le bois de cœur est rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation. La sciure peut provoquer une dermatite chez les professionnels du bois.

Le bois contient 37% de cellulose, 27% de lignine, 12,5% de pentosanes, 2,7% de cendres et (0,2–)0,4–0,8(–1,3)% de silice. La solubilité est de 13,0% dans l’alcool-benzène, de 1,3% dans l’eau chaude et de 16,1% dans une solution de NaOH à 1%.

Des extraits aqueux et au chloroforme de l’écorce ont mis en lumière une activité antibactérienne in vitro contre plusieurs bactéries à l’origine d’infections bucco-dentaires. Les extraits contenaient des tanins, des stéroïdes, des saponines et des alcaloïdes.

Falsifications et succédanés

Au Ghana, le bois de Distemonanthus benthamianus a la réputation de remplacer les bois de Sterculia oblonga Mast., de Nauclea diderrichii (De Wild. & T.Durand) Merr. et de Piptadeniastrum africanum (Hook.f.) Brenan. Les propriétés du bois sont comparables à celles du hêtre et du chêne.

Description

  • Arbre de taille moyenne à grande atteignant 40 m de haut, caducifolié ; fût dépourvu de branches sur 25 m, normalement droit et cylindrique, jusqu’à 130 cm de diamètre, souvent à contreforts courts et arrondis ; surface de l’écorce lisse, orange à rouge, devenant vert pâle à jaunâtre, se desquamant par grandes plaques irrégulières, écorce interne fine, fibreuse, crème à orange ou rose-brun, poisseuse ; cime ombelliforme, assez ouverte ; rameaux à pubescence courte mais rapidement glabres, pourpres.
  • Feuilles alternes, composées imparipennées à (4–)7–11(–13) folioles ; stipules étroitement oblongues, d’environ 7 mm de long, caduques ; pétiole de (1–)2–4 cm de long, rachis de 6–18 cm de long ; pétiolules de 3–6 mm de long ; folioles alternes, ovales à elliptiques, de (3,5–)5–10 cm × (1,5–)2,5–5 cm, arrondies à la base, normalement courtement acuminées à l’apex, épaisses-payracées, à légère pubescence au-dessous, pennatinervées à 8–13 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : cyme axillaire ayant l’apparence d’une panicule, atteignant 10(–30) cm de long, à poils courts.
  • Fleurs bisexuées, légèrement zygomorphes, voyantes ; pédicelle élancé, jusqu’à 1 cm de long, pubescent ; sépales 5, libres, lancéolés, d’environ 1 cm de long, 2 plus larges que les 3 autres, recourbés, brun rougeâtre ; pétales 3, libres, étroitement elliptiques, légèrement plus longs que les sépales, 1 légèrement plus large que les 2 autres, blancs ; étamines 2, atteignant 1,5 cm de long, étamines rudimentaires 3 ; ovaire supère, d’environ 0,5 cm de long, à poils bruns, 1-loculaire, style d’environ 0,5 cm de long, glabre.
  • Fruit : gousse elliptique aplatie, de 7–13 cm × 2,5–3,5 cm, papyracée, à nervures réticulées, indéhiscente, contenant 2–5 graines.
  • Graines elliptiques aplaties, d’environ 1 cm × 0,5 cm, d’un brun lustré.
  • Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 4–5 cm de long, quadrangulaire, épicotyle d’environ 0,5 cm de long ; cotylédons foliacés, obovales, atteignant 2 cm de long ; 2 premières feuilles opposées, simples.

Autres données botaniques

Le genre Distemonanthus est monotypique et semble assez isolé.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 25 : ponctuations intervasculaires fines (4–7 μm) ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm) ; (27 : ponctuations intervasculaires grandes ( 10 μm)) ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré ; 58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
  • Parenchyme axial : 80 : parenchyme axial circumvasculaire étiré ; 82 : parenchyme axial aliforme ; 83 : parenchyme axial anastomosé ; (85 : parenchyme axial en bandes larges de plus de trois cellules) ; (89 : parenchyme axial en bandes marginales ou semblant marginales) ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale.
  • Rayons : 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; 106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées ; 107 : rayons composés de cellules couchées avec 2 à 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées ; 113 : présence de cellules des rayons avec parois disjointes ; 115 : 4–12 rayons par mm.
  • Structure étagée : 118 : tous les rayons étagés ; 120 : parenchyme axial et/ou éléments de vaisseaux étagés.
  • Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 140 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées, dressées et/ou carrées des rayons ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial ; 159 : présence de corpuscules siliceux ; 160 : corpuscules siliceux dans les cellules des rayons ; 161 : corpuscules siliceux dans les cellules du parenchyme axial.
(R. Shanda, P.E. Gasson & E.A. Wheeler)

Croissance et développement

En pépinière, les semis ont une croissance lente ; ils atteignent 10–25 cm de haut au bout de 5 mois. En Guinée, ils mesuraient en moyenne 100 cm de haut lorsqu’ils étaient plantés sous une ombre modérée, et 160 cm en plein soleil 2 ans après la plantation. Le taux de survie des semis plantés selon une densité de 625 plants/ha au Gabon a été de 100% au bout d’un an lorsqu’ils étaient plantés dans un endroit dégagé ainsi que dans la forêt éclaircie, et de 80% et 60%, respectivement au bout de 6 ans. Au bout de 6 ans, la hauteur moyenne a été de 11 m et le diamètre de fût moyen de 10 cm lorsqu’ils étaient plantés dans un endroit dégagé et de 6,5 m et de 4,5 cm, respectivement, lorsqu’ils l’ont été en forêt. Au bout de 11 ans, la hauteur moyenne a été de 16,5 m et le diamètre de fût moyen de 11,5 cm dans un endroit dégagé et de 11 m et de 6 cm respectivement, à l’ombre. On estime la croissance annuelle moyenne en diamètre de fût dans la forêt naturelle à 3–4 mm. Dans un arboretum camerounais, la croissance annuelle moyenne en diamètre d’arbres plantés sans avoir été éclaircis a été de 5 mm, mais elle a considérablement varié dans une fourchette comprise entre 1 mm et 11 mm.

Les arbres peuvent commencer à donner des fruits lorsque leur fût ne mesure que 20 cm de diamètre, mais seuls les individus dont le fût dépasse 40 cm de diamètre donnent des fruits régulièrement. L’arbre reste peu de temps défeuillé. Son nouveau feuillage, rouge cuivré, cède la place à des fleurs remarquables. Au Liberia, la floraison a lieu en janvier–février, au Ghana habituellement en février–juillet, les fruits mûrissant 6 mois plus tard environ. On a observé que la fructification n’était ni abondante ni annuelle. En Centrafrique, elle a lieu en général à la fin de la courte saison sèche. Les fruits sont anémochores et sont disséminés jusqu’à 50 m de distance de l’arbre-mère. Les singes et les perroquets se nourrissent des graines. Les racines forment des mycorhizes.

Ecologie

Distemonanthus benthamianus se trouve dans la forêt sempervirente et dans la forêt semi-décidue de type humide, de même qu’en forêt perturbée à l’exception des endroits marécageux. En Afrique de l’Ouest, il est plus fréquent dans la forêt semi-décidue humide que dans la forêt sempervirente. Il préfère les régions où la pluviométrie annuelle moyenne atteint 2000 mm. Il ne semble pas avoir une quelconque préférence pour le type de sol.

Multiplication et plantation

Distemonanthus benthamianus étant classé comme essence de lumière non pionnière, la régénération naturelle est limitée dans la forêt adulte ; on ne trouve que peu de gaules dans la forêt à canopée fermée. Pourtant, on peut trouver des semis comme des gaules qui tolèrent l’ombre dans le sous-étage de la forêt. Il peut arriver qu’il y ait une régénération en forêt perturbée, mais elle n’est pas abundante non plus. Cependant, au Gabon on a remarqué que les semis étaient par endroits abondants dans la forêt secondaire et dans la forêt plantée. Afin de favoriser la régénération, il a été proposé d’ouvrir la canopée forestière peu de temps avant la fructification.

La récolte des graines est rendue délicate avant tout par l’irrégularité de la fructification. On compte quelque 2500 graines par kg. Les graines mettent 2–6,5 semaines, parfois jusqu’à 5 mois, à germer après le semis et le taux de germination est en général modéré ; en Guinée, il a atteint 13–26%, bien que des sources aient également fait état de 90%. Le trempage des graines dans l’eau pendant 24 heures ou dans l’acide sulfurique pendant 30 minutes stimule la germination. Les semis dont la croissance est la plus rapide atteignent environ 40 cm de haut et sont prêts à être repiqués lorsqu’ils ont 4–5 mois, mais en règle générale ils doivent rester en pépinière pendant encore un an au moins. Il arrive parfois que l’on récolte des sauvageons afin de les planter. Un espacement de 3 m × 3 m est recommandé pour le repiquage au champ. Distemonanthus benthamianus est parfois associé à d’autres espèces qui ont des taux de croissance similaires, comme par exemple Nauclea diderrichii (De Wild. & T.Durand) Merr., Afzelia bella Harms, Bussea occidentalis Hutch. et Paramacrolobium coeruleum (Taub.) J.Léonard.

Gestion

En général, Distemonanthus benthamianus est disséminé dans la forêt, de temps en temps en petits groupes. Au Ghana, le volume de bois moyen a été estimé à 0,6 m³/ha et le volume total exploitable d’arbres dont le fût dépassait 70 cm de diamètre à 250 000 m³ ; le volume annuel autorisé pour la coupe est de 6300 m³. Au Cameroun, la densité moyenne atteint 0,3 arbre ayant un diamètre de fût supérieur à 60 cm par ha, avec un volume de bois moyen atteignant 2 m³/ha. Au Gabon, le volume de bois moyen a été estimé à 0,3 m³/ha.

Récolte

Il faut prendre des précautions lors de la coupe car les fûts peuvent présenter des stress internes et des fissures dues aux tornades. Le diamètre de fût minimum autorisé pour l’abattage est de 60 cm en Côte d’Ivoire et au Cameroun et de 70 cm au Ghana et au Gabon.

Rendement

Un arbre de belle dimension peut fournir 8–15 m³ de bois.

Traitement après récolte

Les grumes sont assez durables et peuvent séjourner un certain temps dans la forêt après avoir été abattues sans altération notable. Toutefois, l’aubier peut être attaqué par les champignons et les térébrants, et de profondes fentes peuvent se former sur les grumes si elles y séjournent trop longtemps. Ne flottant pas sur l’eau, les grumes ne peuvent être transportées par flottage fluvial.

Ressources génétiques

Distemonanthus benthamianus est répandu, mais il est normalement disséminé dans la forêt en faibles densités. En général, il ne semble pas souffrir d’érosion génétique pour l’instant, car il est fréquent dans la forêt secondaire et l’exploitation dont il fait l’objet est modérée ; en revanche, il se pourrait qu’il soit vulnérable par endroits, comme dans le sud du Cameroun où on estime qu’il pourrait être affecté par l’érosion génétique à cause de l’exploitation qu’il subit. Il est recommandé de veiller au suivi des peuplements.

Une analyse de la structure génétique spatiale de Distemonanthus benthamianus au Cameroun et au Gabon a fait ressortir l’existence de 3 pools génétiques nettement distincts, probablement issus de la fragmentation de la forêt en périodes de froid et de sécheresse survenues dans le passé lorsque les espèces ont survécu dans certaines populations reliques, à partir desquelles elles se sont développées à nouveau, lorsque le climat s’est fait plus clément et plus humide.

Perspectives

Il existe un marché d’exportation pour le bois d’œuvre de Distemonanthus benthamianus qui est à la fois durable et polyvalent. Au Ghana, on pense qu’il pourrait remplacer des bois d’œuvre similaires qui sont devenus rares sous l’effet de la surexploitation, tandis que dans plusieurs pays d’Afrique centrale, il s’est déjà fait une place parmi les plus importantes essences à bois d’œuvre destinées à l’exportation. Sa régénération naturelle est peu abondante, ce qui pourrait entraver l’exploitation durable de la forêt. Il y a lieu de mener des recherches plus poussées sur une sylviculture qui soit adaptée à la situation.

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Sources de l'illustration

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Auteur(s)

  • F.W. Owusu, Forestry Research Institute of Ghana (FORIG), University P.O. Box 63, KNUST, Kumasi, Ghana
  • D. Louppe, CIRAD, Département Environnements et Sociétés, Cirad es-dir, Campus international de Baillarguet, TA C 105 / D (Bât. C, Bur. 113), 34398 Montpellier Cédex 5, France

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Owusu, F.W. & Louppe, D., 2012. Distemonanthus benthamianus Baill. [Internet] Fiche de PROTA4U. Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas.

Consulté le 1 mars 2020.


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