Discoglypremna caloneura (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Discoglypremna caloneura (Pax) Prain


Protologue: Bull. Misc. Inform. Kew 1911: 317 (1911).
Famille: Euphorbiaceae
Nombre de chromosomes: n = 6

Noms vernaculaires

  • Atieghe (Fr).

Origine et répartition géographique

Discoglypremna caloneura se rencontre de la Guinée à l’Ouganda et à la R.D. du Congo.

Usages

En Afrique de l’Ouest, la décoction de feuilles broyées se prend comme expectorant pour traiter les problèmes bronchiques. Les graines ou l’huile des graines se prennent comme émétique et purgatif contre la dysenterie, la diarrhée et les œdèmes, et pour aider lors d’un accouchement difficile, ainsi que pour ses vertus abortives. L’huile des graines mélangée à un appât sert à tuer les animaux indésirables. Au Congo, la décoction d’écorce se prend pour soulager les accès de toux et les douleurs intestinales provoquées par les intoxications alimentaires ; elle sert aussi comme émétique. La poudre d’écorce s’applique sur les plaies pour aider à leur cicatrisation. La macération de feuilles broyées dans de l’eau se passe sur la tête pour détruire les poux.

Le bois se sculpte facilement et on en fait des masques et des ustensiles domestiques. Il convient pour la construction légère, les parquets légers, la menuiserie, les boiseries intérieures, la construction navale, la carrosserie, les meubles, l’ébénisterie, la caisserie, les allumettes, le tournage, les placages et contreplaqués, les panneaux de fibres et de particules, et comme bois à pâte. Il sert aussi de combustible. Au Ghana, les fruits charnus sont utilisés pour appâter les oiseaux dans des pièges.

Propriétés

Des essais préliminaires ont mis en évidence la présence de tanins dans l’écorce de tige et les racines, et plusieurs diterpènes dérivés dans l’écorce de tige. L’écorce de tige contient également de l’acide 3-O-acétyl aleuritolique, qui a fait ressortir une activité antifilaire significative, affectant la vitalité des filaires mâles adultes d’Onchocerca gutturosa. Un extrait brut de feuille à l’éthanol a eu des effets bactériostatiques modérés in vitro contre Staphylococcus aureus et Enterococcus faecalis.

Le bois de cœur est blanchâtre à brun jaunâtre et n’est pas nettement démarqué de l’aubier. Le fil est droit, le grain assez grossier. Les surfaces radiales montrent quelques maillures plus foncées et une figure légèrement argentée. Le bois est léger avec une densité de 380–420 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche à l’air assez bien et rapidement. Les taux de retrait sont modérés, de l’état vert à anhydre de 2,0–4,0% dans le sens radial et 5,6–7,5% dans le sens tangentiel. Une fois sec, le bois est moyennement stable en service. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 64–85 N/mm², le module d’élasticité de 6960–8430 N/mm², la compression axiale de 24–36 N/mm², le cisaillement de 4,5–6 N/mm², le fendage de 7,5–17 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 1, 0–1,4.

Le bois est facile à scier et à travailler avec des outils manuels et des machines. Il se rabote en donnant une belle surface. Il supporte bien le clouage et le vissage, et il se colle de manière satisfaisante. La production de placages par déroulage et tranchage donne de bons résultats. Le bois n’est pas durable, étant sensible au bleuissement et aux attaques de termites et de Lyctus. Le bois de cœur est imperméable aux produits de préservation, l’aubier est perméable.

Ses qualités papetières ont été examinées au cours d’une série d’essais. Mais elles n’ont pas été suffisantes pour recommander l’établissement de plantations destinées à la pâte à papier. La cendre du bois provoquerait des plaies cutanées.

Description

Arbre imposant, dioïque, atteignant 45 m de haut ; fût dépourvu de branches sur 30 m, jusqu’à 200 cm de diamètre, à contreforts atteignant 3 m de haut ; écorce lisse, argentée ; rameaux gris violacé foncé, à poils courts clairsemés, par la suite presque glabres. Feuilles alternes, simples, presque opposées à verticillées en dessous de l’inflorescence ; stipules très petites, tombant rapidement ; pétiole de (1–)3–5(–7) cm de long, légèrement épaissi aux deux extrémités, à poils courts au-dessus ; limbe oblong, elliptique-oblong à parfois arrondi, de (3–) 6–10(–15) cm × (2–)4–6(–10) cm, base arrondie à cunéiforme à 2 glandes elliptiques, apex courtement acuminé, bords entiers ou à vagues dents arrondies, 3-nervé à la base, presque glabre, mais à poils courts sur les nervures principales, violacé, par la suite vert foncé et brillant. Inflorescence : panicule terminale à ramifications en grappe, certaines partant de la base ; inflorescence mâle atteignant 20 cm de long ; inflorescence femelle atteignant 8(–12) cm de long ; bractées d’environ 1 mm de long, acuminées, poilues. Fleurs unisexuées, pétales absents ; fleurs mâles à pédicelle articulé de 1–1,5 mm de long, sépales 3–4, ovales, d’environ 1,5 mm de long, aigus, densément couverts de poils courts à l’extérieur, verdâtres, glandes du disque environ 15, ovoïdes, d’environ 0,5 mm de diamètre, poilues à l’apex, étamines (6–)8(–15), filets d’environ 2 mm de long, libres ; fleurs femelles à pédicelle de 1–1,5 mm de long, articulé à la base, lobes du calice (4–)5, ovales, d’environ 1,5 mm de long, aigus, réfléchis, à poils courts à l’extérieur, glandes du disque 6–8, obovoïdes, ovaire supère, 3-lobé, d’environ 1,5 mm de diamètre, à denses poils jaunâtres, 3-loculaire, styles 3, d’environ 1 mm de long, libres, à poils plumeux. Fruit : capsule 3-lobée de 4–5 mm × 6–8 mm, lisse, à poils courts clairsemés, verdâtre, contenant 3 graines. Graines ovoïdes, de 3–4 mm × 2–3 mm, lisses, noires, à pseudo-arille rouge et charnu.

Autres données botaniques

Le genre Discoglypremna est monotypique.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : (1 : limites de cernes distinctes) ; (2 : limites de cernes indistinctes ou absentes).
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 27 : ponctuations intervasculaires grandes ( 10 μm) ; 31 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations rondes ou anguleuses ; 32 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations horizontales (scalariformes) à verticales (en balafres) ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; (43 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 200 μm) ; 46 : 5 vaisseaux par millimètre carré ; 56 : thylles fréquents.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 68 : fibres à parois très fines ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
  • Parenchyme axial : (76 : parenchyme axial en cellules isolées) ; 77 : parenchyme axial en chaînettes ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale.
  • Rayons : 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; (98 : rayons couramment 4–10-sériés) ; (100 : rayons avec des parties multisériées aussi larges que les parties unisériées) ; (107 : rayons composés de cellules couchées avec 2 à 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées) ; 108 : rayons composés de cellules couchées avec plus de 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées ; 115 : 4–12 rayons par mm ; 116 : 12 rayons par mm.
  • Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 137 : cristaux prismatiques dans les cellules dressées et/ou carrées des rayons ; 140 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées, dressées et/ou carrées des rayons ; (141 : cristaux prismatiques dans les cellules non cloisonnées du parenchyme axial) ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial ; (144 : présence de macles) ; (145 : macles dans les cellules du parenchyme des rayons) ; (146 : macles dans les cellules du parenchyme axial) ; (148 : macles dans les cellules cloisonnées).
(M. Thiam, P. Détienne & E.A. Wheeler)

Ecologie

Discoglypremna caloneura est présent dans les forêts pluviales et les anciennes forêts secondaires, depuis le niveau de la mer jusqu’à 1100 m d’altitude. En Afrique de l’Ouest, il fleurit de novembre à mars et fructifie de décembre à avril. Les fruits sont disséminés par les oiseaux.

Ressources génétiques

Rien n’indique que Discoglypremna caloneura soit menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Discoglypremna caloneura a plusieurs usages médicinaux intéressants, et un approfondissement des recherches sur ses activités chimiques et pharmacologiques semble justifié.

Références principales

  • Atindehou, K.K., Koné, M., Terreaux, C., Traoré, D., Hostettmann, K. & Dosso, M., 2002. Evaluation of the antimicrobial potential of medicinal plants from the Ivory Coast. Phytotherapy Research 16(5): 497–502.
  • Burkill, H.M., 1994. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 2, Families E–I. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 636 pp.
  • Manewa, S.N., 1997. Constituants chimiques du Discoglypremna caloneura (Euphorbiacées). Maîtrise en Chimie, Université de Yaoundé, Département de Chimie Organique, Yaoundé, Cameroun. 28 pp.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Nyasse, B., Ngantchou, I., Nono, J.-J. & Schneider, B., 2006. Antifilarial activity in vitro of polycarpol and 3-O-acetyl aleuritolic acid from Cameroonian medicinal plants against Onchocerca gutturosa. Natural Products Research 20(4): 391–397.

Autres références

  • Abbiw, D.K., 1990. Useful plants of Ghana: West African uses of wild and cultivated plants. Intermediate Technology Publications, London and Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 337 pp.
  • Akoègninou, A., van der Burg, W.J. & van der Maesen, L.J.G. (Editors), 2006. Flore analytique du Bénin. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. 1034 pp.
  • Akubue, P.I., Mittal, G.C. & Aguwa, C.N., 1983. Preliminary pharmacological study of some Nigerian medicinal plants. 1. Journal of Ethnopharmacology 8: 53–63.
  • Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
  • Normand, D., 1955. Atlas des bois de la Côte d’Ivoire. Tome 2. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 132 pp.
  • Petroff, G., Doat, J. & Tissot, M., 1967. Caractéristiques papetières de quelques essences tropicales de reboisement. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 166 pp.
  • Stäuble, N., 1986. Etude ethnobotanique des Euphorbiacées d’Afrique de l’Ouest. Journal of Ethnopharmacology 16: 23–103.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.
  • Téré, H.G., 2000. Signification des noms vernaculaires des plantes chez les Guérés (Côte d’Ivoire). Sempervira No 7. Centre Suisse de Recherches Scientifiques (CSRS), Abidjan, Côte d’Ivoire. 96 pp.

Sources de l'illustration

  • Akoègninou, A., van der Burg, W.J. & van der Maesen, L.J.G. (Editors), 2006. Flore analytique du Bénin. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. 1034 pp.

Auteur(s)

  • G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Schmelzer, G.H., 2008. Discoglypremna caloneura (Pax) Prain. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 10 février 2019.


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