Daniellia klainei (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fibre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Statut de conservation Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Daniellia klainei Pierre ex A.Chev.


répartition en Afrique (sauvage)
coupe transversale du bois
Protologue: Bois du Gabon : 172 (1917).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)

Origine et répartition géographique

Daniellia klainei est présent au Cameroun, en Guinée équatoriale, au Gabon, en R.D. du Congo et à Cabinda (Angola).

Usages

Le bois, commercialisé sous l’appellation “faro” avec celui d’autres Daniellia spp., convient pour la construction légère, les parquets à usage modéré, la menuiserie, les boiseries intérieures, les pirogues, le mobilier, les jouets et les articles de fantaisie, les caisses et les cageots, les instruments agricoles, les cuves, les égouttoirs, le tournage, les placages, le contreplaqué, les panneaux de fibres et de particules. On fait des boîtes de forme cylindrique avec l’écorce des jeunes arbres. La résine sécrétée par le bois donne du copal. Au Gabon, cette gomme est appliquée en externe pour soigner la gale, la teigne et les poux de la tête.

Production et commerce international

Le bois de Daniellia klainei n’est employé qu’au niveau local.

Propriétés

Le bois de cœur, gris rosé à jaune-brun pâle, à taches irrégulières vert-brun, se distingue assez bien de l’aubier qui est large et de couleur blanchâtre ou jaune pâle. Il est légèrement contrefil, le grain est moyennement grossier. Les surfaces sciées sur quartier sont joliment figurées. Le bois est odorant et présente une surface lustrée.

C’est un bois léger à moyennement lourd, avec une densité d’environ 510 kg/m³ à 12% d’humidité, modérément tendre bien que résistant et solide. En général, il sèche bien à l’air sans détérioration. Les planches épaisses peuvent présenter une légère déformation et un faible effondrement, mais les défauts sont négligeables. Une fois sec, le bois est stable en service. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 65–101 N/mm², la compression axiale de 31–42 N/mm², le fendage de 8,5–13 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 1,9–2,8.

Le bois se scie facilement et se travaille aisément tant à la main qu’à la machine. Il se rabote et on obtient une belle finition, mais il faut au préalable passer un apprêt avec soin. Il se cloue et se colle bien, mais il est assez difficile à fendre avec des outils. Il s’assemble bien et peut aisément être déroulé en placages. Les caractéristiques de cintrage à la vapeur sont très médiocres.

Ce n’est pas un bois durable, car il peut être attaqué par les champignons, les termites, les scolytes, les Lyctus et les térébrants marins. Le bois de cœur est moyennement rebelle à l’imprégnation, contrairement à l’aubier qui est plus facile à traiter avec des produits de conservation.

Le bois contient 47% de cellulose, 25,5% de lignine, 21% de pentosanes, 1,0% de cendres et 0,02% de silice. La solubilité est de 4,9% dans l’alcool-benzène, de 3,5% dans l’eau chaude et de 25,6% dans une solution de NaOH à 1%.

Le bois de cœur contient une gomme résineuse poisseuse, huileuse, de couleur brun foncé, saponifiable malgré son faible indice de saponification. L’un des principaux composés de la gomme est l’acide daniellique (acide illurinique), une oléorésine diterpène, ainsi que l’acide ozique et un alcool, l’ozol.

L’huile essentielle obtenue par distillation des racines contient principalement du myrcène (55%), et accessoirement de l’α-humulène (8,1%), du germacrène-D (6,1%), de l’α-pinène (5,4%), du linalol (4,9%) et du β-caryophyllène (3,6%). L’huile a montré des activités antioxydantes et de piégeage des radicaux libres, et a empêché la péroxydation lipidique. Elle a également montré une activité antibactérienne in vitro.

Description

  • Arbre de taille moyenne atteignant 30 m de haut, caducifolié ; fût droit et cylindrique, jusqu’à 100 cm de diamètre, dépourvu de contreforts ; surface de l’écorce lisse, gris verdâtre, à lenticelles en rangées horizontales, devenant écailleuse, écorce interne épaisse, dure, fibreuse, brun rosé à lignes fines ; cime aplatie ; rameaux glabres.
  • Feuilles alternes, composées paripennées à 4–7 paires de folioles ; stipules atteignant 8 cm × 1 cm, rapidement caduques ; pétiole de (2–)2,5–4(–9) cm de long, rachis de 11–20(–30) cm de long, superficiellement sillonné à la base, muni d’une paire de glandes au point d’insertion de la paire basale de folioles ; pétiolules de 4,5–8 mm de long ; folioles opposées, oblongues-lancéolées à lancéolées, jusqu’à 22(–38) cm × 7(–9) cm, folioles basales et apicales plus petites que les médianes, arrondies à la base, asymétriques, acuminées à l’apex, à bords faiblement ondulés, papyracées à coriaces, glabres, à nombreux points glandulaires translucides, pennatinervées à 13–29 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : grappe composée, axillaire ou terminale, de 20–31 cm de long, glabre à courtement poilue, à 7–9 branches latérales.
  • Fleurs bisexuées, zygomorphes ; pédicelle de (1–)1,5–2(–2,5) mm de long, glabre, s’allongeant dans le fruit, pourvu vers le milieu de 2 bractéoles caduques d’environ 1,5 cm de long ; sépales 4, oblongs-ovales, de (1–)1,5–2 cm de long, glabres mais à bords poilus, garnis de quelques points glandulaires sur la face externe ; pétales 5, mauves, inégaux, oblongs-ovales à ovales-elliptiques, 3 pétales de 1–1,5 cm de long et 2 jusqu’à 0,5 cm de long, glabres à courtement poilus ; étamines 10, de 3–4 cm de long, 9 soudées à la base et 1 libre ; ovaire supère, lancéolé, de 0,5–1 cm de long, glabre mais à points glandulaires, à stipe de 0,5(–1) cm de long, style d’environ 3 cm de long.
  • Fruit : gousse obliquement oblongue, aplatie, de (8–)10–12 cm × 4–5 cm, à stipe d’environ 1 cm de long, glabre, verte devenant brune, déhiscente par 2 valves ligneuses, contenant une seule graine.
  • Graine oblongue, aplatie, de 4–5 cm de long, lisse, rouge foncé à brune, attachée à l’une des valves par un funicule d’environ 1 cm de long.
  • Plantule à germination épigée.

Autres données botaniques

Daniellia klainei fleurit d’août à décembre et donne des fruits d’octobre à février.

Le genre Daniellia comprend 10 espèces qui sont presque toutes confinées aux zones forestières d’Afrique de l’Ouest et centrale ; seule l’une d’elles s’étend jusqu’au Soudan et en Ouganda.

Le bois de certains autres Daniellia spp. sert pour des usages analogues à celui de Daniellia klainei.

Daniellia alsteeniana

Daniellia alsteeniana P.A.Duvign. est un arbre de taille moyenne atteignant 25 m de haut, à fût jusqu’à 150 cm de diamètre, présent au Gabon, en R.D. du Congo, en Zambie et en Angola, principalement dans la savane. En Zambie, le bois est employé pour la construction d’habitations et la confection de pirogues, pour les placages et le contreplaqué. On s’en sert également de bois de feu et pour la production de charbon de bois. Le bois produit du copal. On fait de la ficelle avec l’écorce interne des gaules.

Daniellia oblonga

Daniellia oblonga Oliv., peu connu, est présent au Cameroun, en Guinée équatoriale et au Gabon, ainsi probablement qu’au Bénin et dans le sud-est du Nigeria. C’est un arbre de grande taille qui atteint 40 m de haut, à fût jusqu’à 150 cm de diamètre, qui est proche de Daniellia ogea (Harms) Rolfe ex Holland avec lequel on le confond souvent. On l’utilise pour fabriquer des bateaux, des pirogues et des traverses de chemin de fer ; il convient aussi pour la confection de caisses et de cageots et pour les placages. Le bois produit du copal. Etant menacé par la destruction de son milieu et par l’exploitation, Daniellia oblonga a été classé comme vulnérable sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN.

Daniellia pynaertii

Daniellia pynaertii De Wild. est un arbre de grande taille atteignant 40 m de haut, à fût jusqu’à 240 cm de diamètre, présent en Centrafrique, au Gabon, au Congo et en R.D. du Congo. Le bois sert probablement aux mêmes usages que celui des autres Daniellia spp. En R.D. du Congo, les hommes consomment l’écorce interne pour renforcer leur virilité. Le bois produit du copal.

Daniellia soyauxii

Daniellia soyauxii (Harms) Rolfe est un arbre d’assez grande taille atteignant 35 m de haut, à fût jusqu’à 120 cm de diamètre, présent au Cameroun, en Guinée équatoriale, au Gabon, en R.D. du Congo et à Cabinda (Angola). Son bois sert à des usages similaires à celui des autres Daniellia spp.

Ecologie

Daniellia klainei est présent dans la forêt sempervirente, primaire comme secondaire, ainsi que dans la forêt-galerie et dans les terrains marécageux, du niveau de la mer jusqu’à 250(–800) m d’altitude.

Gestion

Le diamètre de fût minimum pour l’abattage est de 60 cm au Cameroun et de 70 cm au Gabon. Les grumes doivent être transformées rapidement après la coupe ou bien traitées avec des produits de conservation car le bois est sujet à la décoloration par les champignons du bleuissement et aux attaques d’insectes.

Ressources génétiques

Bien que l’aire de répartition de Daniellia klainei soit relativement étendue, l’espèce a tout de même été classée comme étant à faible risque/quasi menacée sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN, étant donné qu’elle subit une pression due à la disparition de son milieu et à l’exploitation.

Perspectives

On prévoit que la demande internationale de sciages de Daniellia klainei restera faible à cause de la mauvaise durabilité du bois, mais les fûts droits et cylindriques conviennent parfaitement aux placages déroulés et à la production de contreplaqué.

Références principales

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Autres références

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Auteur(s)

  • G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Schmelzer, G.H., 2012. Daniellia klainei Pierre ex A.Chev. [Internet] Fiche de PROTA4U. Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas.

Consulté le 18 décembre 2024.


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