Dalbergia nitidula (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois

Dalbergia nitidula Baker


Protologue: Oliv., Fl. trop. Afr. 2: 235 (1871).
Famille: Papilionaceae (Leguminosae - Papilionoideae, Fabaceae)

Noms vernaculaires

  • Glossy flat-bean, purplewood dalbergia (En).

Origine et répartition géographique

Dalbergia nitidula se rencontre depuis la R.D. du Congo et l’Ouganda jusqu’à l’Angola, au Zimbabwe, au Mozambique et au nord de l’Afrique du Sud.

Usages

Le bois est employé dans la construction, notamment pour les poteaux et les chevilles, ainsi que pour confectionner des peignes, des cannes, des matraques et des manches d’outils. Il n’est généralement disponible qu’en petites pièces, ce qui limite ses applications. Il est très apprécié comme bois de feu et pour la production de charbon de bois.

En Tanzanie, les jeunes feuilles hachées et cuites sont employées comme légume, en mélange avec des arachides pilées. Les feuilles, les racines et l’écorce sont employées en médecine traditionnelle en Afrique orientale et australe. On applique des feuilles mâchées sur les morsures de serpents, et on frotte des feuilles sur les abcès. On emploie de l’eau chaude dans laquelle on a fait tremper des racines pilées comme gargarisme contre les maux de dents ; on prend des décoctions et infusions de racines pour le traitement du paludisme et de la toux. Les racines sont également utilisées pour traiter l’épilepsie. Pour ces usages, elles sont pilées et administrées dans de la soupe ; elles agissent comme émétique. Au Zimbabwe, les racines sont prises comme aphrodisiaque. Il faut utiliser les racines avec précaution parce qu’elles sont très toxiques. L’écorce est employée pour panser les blessures et pour traiter les ulcères. Le feuillage est couramment brouté par le bétail.

Propriétés

Le bois de cœur est brun violet. La densité du bois est d’environ 780 kg/m³ à 0% d’humidité. Il est très durable et résistant aux attaques de termites. Les racines sont toxiques. On a isolé de l’écorce et du bois de cœur divers isoflavonoïdes, des isoflavonoïdes-néoflavonoïdes dimères, des ptérocarpanes-néoflavonoïdes oligomères et des hétérosides roténoïdes.

Description

  • Arbuste ou petit arbre caducifolié atteignant 12 m de haut, souvent à plusieurs tiges ; fût jusqu’à 20 cm de diamètre ; surface de l’écorce gris argenté à brun grisâtre ou brun rougeâtre, devenant rugueuse et fissurée ou écailleuse ; cime ouverte ; jeunes rameaux à pubescence courte.
  • Feuilles disposées en spirale, composées imparipennées avec 9–15 folioles ; stipules de 3–6 mm de long, caduques ; pétiole et rachis courtement poilus ; pétiolules de 1–2 mm de long ; folioles généralement opposées, ovales à elliptiques-oblongues ou largement elliptiques, de 3–8,5 cm × 1,5–5 cm, coriaces, en général densément poilues sur le dessous.
  • Inflorescence : panicules denses de 1–5 cm de long, groupées à plusieurs aux nœuds âgés et à l’extrémité de courts rameaux latéraux, poilues.
  • Fleurs bisexuées, papilionacées, de (6–)7–10 (–12) mm de long ; pédicelle de 1,5–5 mm long ; calice campanulé, de 4–6 mm de long, poilu, lobes plus courts que le tube, lobe inférieur plus long, lobes supérieurs soudés ; corolle blanchâtre, à étendard obovale, et à ailes et carène munies d’un onglet ; étamines 10, en 2 groupes de 5, soudées en tube, mais libres dans leur partie supérieure ; ovaire supère, à stipe distinct à la base, style mince.
  • Fruit : gousse plate, elliptique à oblongue, papyracée, de 4–7 cm × 1–1,5 cm, à stipe de 8–10 mm de long, généralement glabre, brune, à nervation lâche, indéhiscente, renfermant 1–2(–3) graines.
  • Graines réniformes.

Autres données botaniques

Les racines de Dalbergia nitidula portent des nodules contenant des bactéries fixatrices d’azote. Les arbres poussent lentement. Ils fleurissent avant ou en même temps que la repousse de nouvelles feuilles. Les fleurs sont odorantes et sont très visitées par les abeilles. Les inflorescences sont souvent remplacées par des galles arrondies de couleur sombre, composées de nombreux éléments en forme d’aiguilles.

Dalbergia est un grand genre pantropical qui comprend quelque 250 espèces. L’Asie tropicale et l’Amérique tropicale en ont chacune environ 70 espèces, l’Afrique continentale une cinquantaine, et Madagascar un peu plus de 40.

Ecologie

Dalbergia nitidula se rencontre dans les forêts claires décidues, souvent dans une végétation dominée par Brachystegia, et également dans des fourrés et des savanes arborées, souvent sur des collines rocheuses et des affleurements granitiques, à des altitudes de 300–1700 m.

Gestion

Dalbergia nitidula n’est pas cultivé, et tous les produits utiles sont récoltés sur des arbres sauvages. Cependant, la multiplication par graines est aisée. Les gousses doivent être récoltées peu après leur maturité afin d’éviter les dégâts d’insectes. Elles sont brisées en tronçons renfermant une seule graine (environ 16 000 par kg), parce que l’extraction des graines est difficile. Ces tronçons sont trempés dans l’eau pendant 6 heures avant de les semer. En général, la germination est satisfaisante et uniforme. Les semences restent viables pendant quelques mois. La multiplication par drageons est également possible. En Zambie, les arbres ont fourni un bon recrû après la coupe. La récupération après écorçage partiel a été médiocre. Les jeunes feuilles consommées comme légume sont cueillies durant la saison des pluies.

Ressources génétiques

Rien n’indique que Dalbergia nitidula soit menacé d’érosion génétique. Il est répandu et localement commun.

Perspectives

Les sujets de Dalbergia nitidula sont de trop petite taille pour avoir une importance économique pour le bois d’œuvre, mais à l’échelle locale leur bois est très recherché pour des objets de petite taille en raison de sa durabilité. Plusieurs applications médicinales intéressantes sont connues pour Dalbergia nitidula, mais on a fait peu de recherche pharmacologique à ce sujet, et de nouvelles recherches seraient très justifiées, notamment en ce qui concerne les applications externes sur les blessures, les ulcères et les abcès. La sécurité de l’emploi des feuilles comme légume et comme fourrage devrait être confirmée par des études phytochimiques et des essais de toxicité.

Références principales

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Autres références

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Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2007. Dalbergia nitidula Welw. ex Baker. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 6 mars 2025.


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