Dalbergia madagascariensis (PROTA)
Introduction |
Dalbergia madagascariensis Vatke
- Protologue: Linnaea 43: 105 (1881).
- Famille: Papilionaceae (Leguminosae - Papilionoideae, Fabaceae)
Origine et répartition géographique
Dalbergia madagascariensis est endémique du nord et de l’est de Madagascar, où il est répandu.
Usages
Le bois de Dalbergia madagascariensis est l’un de ceux que l’on appelle palissandres (“palissandre de Madagascar”, “Madagascar rosewood”), et qui sont très recherchés pour l’ébénisterie, les meubles, la marqueterie et la parqueterie. Localement il est également employé pour la construction.
Production et commerce international
Le bois est probablement commercialisé en petites quantités sur le marché national et international, souvent en mélange avec les bois d’autres Dalbergia spp.
Propriétés
Le bois de cœur est brun-jaune à brun rougeâtre, souvent avec des raies plus sombres, et nettement distinct de l’aubier.
Description
- Arbre caducifolié de taille petite à moyenne atteignant 15(–20) m de haut ; jeunes rameaux courtement poilus ou glabres.
- Feuilles disposées en spirale, composées imparipennées avec 5–15 folioles ; stipules petites, caduques ; pétiole et rachis courtement poilus ou glabres ; pétiolules de 2–4 mm de long ; folioles alternes, ovales à elliptiques ou oblongues, de (2–)4–8 (–12) cm × (1–)2–3,5(–5) cm, finement coriaces, glabres ou à pubescence éparse sur le dessous.
- Inflorescence : panicule axillaire de 4–10(–30) cm de long, avec des divisions finales légèrement spiralées, glabre ou à pubescence courte.
- Fleurs bisexuées, papilionacées, de 5–7,5(–9) mm de long ; pédicelle jusqu’à 2 mm de long ; calice campanulé, de 3–5(–6,5) mm de long, violet foncé à la base avec des lobes jaunâtres, lobes plus courts que le tube, lobe inférieur légèrement plus long, lobes supérieurs fusionnés ; corolle blanchâtre, à étendard largement obovale à panduriforme, et à ailes et carène munies d’un onglet ; étamines 10, soudées en tube, mais libres dans leur partie supérieure ; ovaire supère, à stipe distinct à la base, style court.
- Fruit : gousse plate, elliptique à oblongue, de 5–15 cm × 1,5–3 cm, à stipe de 5–7 mm de long, glabre, brun rougeâtre, à nervation réticulée, indéhiscente, renfermant 1–2(–4) graines.
Autres données botaniques
Les racines de Dalbergia madagascariensis portent des nodules qui contiennent des bactéries fixatrices d’azote ; on en a isolé des souches d’Azorhizobium, Bradyrhizobium et Mesorhizobium.
Dalbergia est un grand genre pantropical qui comprend quelque 250 espèces. L’Asie tropicale et l’Amérique tropicale en ont chacune environ 70 espèces, l’Afrique continentale une cinquantaine, et Madagascar un peu plus de 40. A Madagascar, de nombreuses espèces de Dalbergia fournissent des bois de haute qualité.
Dalbergia erubescens
Dalbergia erubescens Bosser & R.Rabev. du centre-sud de Madagascar a des feuilles analogues à celles de Dalbergia madagascariensis, mais en diffère par ses inflorescences et ses fleurs ; il fait l’objet d’un abattage sélectif pour son bois. Il est classé dans la Liste rouge de l’UICN comme espèce en danger.
Dalbergia bathiei
Dalbergia bathiei R.Vig. est une autre espèce en danger sur la Liste rouge de l’UICN. Il faisait l’objet d’un abattage sélectif pour son bois qui était employé en ébénisterie, mais il est devenu très rare dans son aire de répartition, c’est-à-dire l’est de Madagascar. Il a une certaine ressemblance avec Dalbergia madagascariensis, mais en diffère par ses feuilles plus courtes et ses fleurs plus petites.
Ecologie
Dalbergia madagascariensis se rencontre dans la forêt sempervirente humide, souvent le long des cours d’eau, jusqu’à 1000 m d’altitude, sur des sols sableux et des sols dérivés de roches ignées ou basaltiques.
Ressources génétiques
Bien que répandu à Madagascar, Dalbergia madagascariensis est inclus dans la Liste rouge de l’UICN comme espèce vulnérable en raison du fait qu’il est abattu sélectivement pour son bois précieux et que les surfaces boisées s’amenuisent.
Perspectives
On dispose de très peu d’information sur Dalbergia madagascariensis, et il faut encore beaucoup de recherches pour juger de ses perspectives comme bois d’œuvre d’importance future. Ses effectifs en diminution justifient une protection des peuplements subsistants.
Références principales
- du Puy, D.J., Labat, J.N., Rabevohitra, R., Villiers, J.-F., Bosser, J. & Moat, J., 2002. The Leguminosae of Madagascar. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 750 pp.
- Rasolomampianina, R., Bailly, X., Fetiarison, R., Rabevohitra, R., Béna, G., Ramaroson, L., Raherimandimby, M., Moulin, L., de Lajudie, P., Dreyfus, B. & Avarre, J .-C., 2005. Nitrogen fixing nodules from rose wood legume trees (Dalbergia spp.) endemic to Madagascar host seven different genera belonging to α- and β-proteobacteria. Molecular Ecology 14(13): 4135–4146.
Autres références
- du Puy, D., 1998. Dalbergia madagascariensis. In: IUCN. 2006 Red list of threatened species. [Internet] http://www.iucnredlist.org. December 2006.
- Richter, H.G. & Dallwitz, M.J., 2000. Commercial timbers: descriptions, illustrations, identification, and information retrieval. [Internet]. Version 18th October 2002. http://delta-intkey.com/wood/index.htm. January 2007.
Auteur(s)
- R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Lemmens, R.H.M.J., 2007. Dalbergia madagascariensis Vatke. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 22 décembre 2024.
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