Dalbergia latifolia (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Statut de conservation Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg


1, port de l’arbre ; 2, rameau en fleurs ; 3, foliole ; 4, fruit. Source: PROSEA
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois

Dalbergia latifolia Roxb.


Protologue: Pl. Coromandel 2: 7, t. 113 (1799).
Famille: Papilionaceae (Leguminosae - Papilionoideae, Fabaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 20

Noms vernaculaires

  • Palissandre de l’Inde, palissandre d’Asie (Fr).
  • Indian rosewood, East Indian rosewood, Bombay blackwood (En).

Origine et répartition géographique

Dalbergia latifolia est indigène d’Asie tropicale, du Népal à l’Inde et à Java (Indonésie). Il est planté en Asie tropicale, et localement aussi en Afrique tropicale, par ex. au Nigeria, au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie, ainsi qu’à la Réunion et à Maurice. Toutefois, en Afrique tropicale il n’est planté qu’à petite échelle, et en général comme espèce ornementale, notamment dans des jardins botaniques.

Usages

Le bois de Dalbergia latifolia d’Asie tropicale est bien connu pour ses emplois dans les meubles de haute qualité, l’ébénisterie et la décoration, par exemple sur les paquebots et comme coffrets d’instruments. Il convient pour les contreplaqués de haute qualité et, en raison de sa belle couleur et de sa belle figure, pour les placages décoratifs. En raison de sa résistance et de sa durabilité, il convient pour toutes sortes de travaux de construction, portes, encadrements de fenêtres et construction de véhicules. Il est également employé pour les manches de haches et marteaux lourds et pour les instruments agricoles tels que charrues, herses et rouleaux. En charronnerie, il est employé pour les jantes, les rayons et les axes de roues, et les limons. C’est l’un des bois les plus appréciés pour la sculpture et la gravure. Il convient pour le tournage, et est excellent pour les meubles de haute classe en bois cintré, les cannes de marche, les manches de parapluie et autres articles en bois cintré. Il est également employé pour faire des instruments de musique et des équipements de sport.

Dalbergia latifolia est employé en Inde et en Indonésie comme arbre d’ombrage en agroforesterie, pour le reboisement des sols érodés, et pour l’amélioration des sols du fait qu’il fixe l’azote et fournit du paillis. Il est également planté comme arbre d’alignement et comme arbre d’ombrage dans les plantations de caféiers. Son feuillage est employé comme fourrage. Dalbergia latifolia fournit un miel ambré foncé et très parfumé. Son écorce est employée en médecine traditionnelle en Inde, pour traiter la diarrhée, l’indigestion et la lèpre, et comme vermifuge.

Production et commerce international

En Inde, Dalbergia latifolia est l’un des bois les plus appréciés, avec un prix moyen plus élevé que le teck. A Java, le prix est comparable à celui du teck. Son contreplaqué est exporté.

Propriétés

Le bois de cœur est brun doré à brun violacé foncé, avec des raies brun très sombre à noires, et est nettement distinct de l’aubier blanchâtre à jaunâtre de 3–5 cm d’épaisseur. Le fil est droit, parfois ondé ou contrefil, le grain est moyennement fin à plutôt grossier. La densité du bois est de 750–880 kg/m³ à 12% d’humidité. Le séchage à l’air doit être conduit avec soin et lentement du fait que le bois est très sujet aux fentes en bout durant le séchage. Les taux de retrait de l’état vert à anhydre sont de 2,3–2,9% dans le sens radial et 5,6–6,4% dans le sens tangentiel. Une fois sec, le bois est exceptionnellement stable en service.

A 12% d’humidité, le module de rupture est de 92–121 N/mm², le module d’élasticité de 10 000–11 900 N/mm², la compression axiale de 48–65 N/mm², le cisaillement de 8–9 N/mm², le fendage de 85 N/mm dans le sens radial et 91 N/mm dans le sens tangentiel, la dureté Janka de flanc de 6970 N, et la dureté Janka en bout de 8015 N.

Le bois est assez difficile à travailler avec des outils à main, mais se travaille très bien avec des machines. Il se rabote en donnant une surface bien lisse. Le tournage, le vissage, le polissage et le collage donnent de bons résultats, et le bois peut se dérouler ou se trancher pour donner des placages et des contreplaqués décoratifs. Le bois de cœur est durable, étant résistant aux termites du bois sec et aux champignons de la pourriture ; il est difficile à traiter avec des produits de préservation. L’aubier est périssable, mais facile à traiter. Le bois peut causer une dermatite allergique de contact aux ouvriers qui le travaillent.

Description

  • Arbre caducifolié ou sempervirent de moyenne à grande taille atteignant 40 m de haut ; fût rectiligne ou légèrement tortueux, dépourvu de branches sur une hauteur atteignant 12(–24) m, jusqu’à 80(–150) cm de diamètre, souvent avec des contreforts saillants ; surface de l’écorce blanchâtre à grise, mince, devenant écailleuse ; cime variant entre arrondie et hémisphérique.
  • Feuilles disposées en spirale, composées imparipennées avec (3–)5–7(–9) folioles ; stipules petites, caduques ; pétiole et rachis glabres ; pétiolules jusqu’à 1 cm de long ; folioles alternes, largement obovales à elliptiques-oblongues, de 4–12 cm × 2,5–9 cm, obtuses, arrondies ou émarginées à l’apex, papyracées ou finement coriaces, glabres.
  • Inflorescence : panicule terminale ou axillaire de 5–15 cm de long, à ramifications lâches, presque glabre, portant de nombreuses fleurs.
  • Fleurs bisexuées, papilionacées, de 6–8 mm long, distinctement pédicellées ; calice campanulé, d’environ 4 mm de long, lobes plus courts que le tube, lobe inférieur plus long, lobes supérieurs fusionnés ; corolle blanchâtre, à étendard obovale et à ailes et carène munies d’un onglet ; étamines généralement 9, soudées en tube, mais libres dans leur partie supérieure ; ovaire supère, à stipe distinct à la base, style court.
  • Fruit : gousse plate, elliptique à oblongue, papyracée, de 4–10 cm × 1,5–2,5 cm, à stipe jusqu’à 1 cm de long, glabre, à nervation réticulée, indéhiscente, renfermant 1–3(–4) graines.
  • Graines réniformes, de 7–10 mm de long.

Autres données botaniques

Les semis de Dalbergia latifolia ont une forte racine pivotante, et sont pratiquement dépourvus de racines secondaires lorsqu’ils sont jeunes. Leur croissance initiale est lente. On trouve déjà, sur les racines des semis, des nodules résultant d’une symbiose avec des bactéries fixatrices d’azote. Les jeunes arbres ont également une croissance relativement lente, mais on signale des taux de croissance très variables. A Java (Indonésie), des accroissements annuels en hauteur de 2 m et des accroissements annuels en volume de 15 m³/ha ont été enregistrés pour de jeunes plantations sur des sites favorables, mais en Inde des peuplements âgés de 10 ans avaient une hauteur moyenne de 6 m avec un diamètre de fût de 4–5 cm. En Inde, l’âge moyen pour atteindre un diamètre de 60 cm a été estimé à pas moins de 240 ans ! Les pieds de Dalbergia latifolia sont souvent entourés de nombreux drageons. Dalbergia latifolia est moyennement exigeant en lumière, et ses semis peuvent supporter une ombre modérée. Dans des stations trop ouvertes, il tend à être tortueux et branchu. Au Nigeria, les arbres fleurissent en septembre–octobre et en janvier–février. Les gousses minces sont dispersées par le vent.

Dalbergia est un grand genre pantropical qui comprend quelque 250 espèces. L’Asie tropicale et l’Amérique tropicale en ont environ 70 espèces chacune, l’Afrique continentale une cinquantaine, et Madagascar un peu plus d’une quarantaine.

Ecologie

Dans son aire naturelle de répartition en Asie tropicale, Dalbergia latifolia pousse à l’état disséminé dans la forêt décidue dans des localités périodiquement très sèches, jusqu’à 900(–1500) m d’altitude. Il est cultivé avec succès jusqu’à 1000 m d’altitude. Les arbres âgés sont très résistants à la sécheresse. Dalbergia latifolia prospère dans des zones ayant jusqu’à 6 mois secs avec une pluviométrie mensuelle moyenne de moins de 40 mm. Il tolère des températures minimales de 0–6°C. Il est seulement moyennement résistant au feu. Il pousse bien sur des sols profonds, humides en permanence mais bien drainés, mais il atteint aussi de grandes dimensions sur des vertisols.

Gestion

Le poids de 1000 graines est de 25–55 g. Les semences restent viables jusqu’à 6 mois. Elles ne présentent pas de dormance. Un prétraitement des semences n’est pas nécessaire, bien qu’un trempage dans l’eau pendant 12–24 heures accélère la germination. La germination de semences fraîches prend 7–25 jours, et le taux de germination est de 45–80%. En conditions naturelles, la régénération est en général satisfaisante, les graines germant au début de la saison des pluies. Cependant, les semis doivent être protégés contre le feu et contre le pâturage.

Pour la plantation, les graines sont semées sur des planches de semis surélevées de limon sableux poreux ou dans des sachets de polyéthylène. Cependant, Dalbergia latifolia est souvent multiplié à partir de drageons de 1–2,5 cm de diamètre. On peut aussi utiliser des boutures de racine et de tige. Les bourgeons des drageons et des boutures de tige commencent à se développer environ 9 jours après la plantation, et ceux des boutures de racines environ 15 jours après la plantation, mais au bout de 2 mois tous les jeunes plants ont plus ou moins la même hauteur. La plantation de stumps donne de très bons résultats avec des stumps issus de semis de 2–3 ans ayant un diamètre au collet de 5–15 mm, une longueur de racine d’environ 15 cm et une longueur de tige d’environ 5 cm. En Inde, on a mis au point des méthodes de culture de tissus efficaces.

Dalbergia latifolia est généralement planté en peuplements purs, aménagés par coupe à blanc suivie de régénération artificielle, mais parfois il est mélangé avec d’autres essences à bois d’œuvre telles que l’acajou (Swietenia sp.). Dans les systèmes agroforestiers, on y fait des cultures intercalaires consistant en plantes annuelles ou en arbres fruitiers. Dans les peuplements purs, l’espacement est de 1,2–2,5 m × 1,0–1,8 m, mais en Inde on recommande un espacement initial de 5 m × 5 m, suivi par l’éclaircie d’un arbre sur deux. Un désherbage régulier est indiqué pendant plusieurs années. Un élagage et une éclaircie sont recommandés 5–10 ans après la plantation. Les arbres peuvent être exploités en taillis ou en têtards.

A Java, Fusarium solani a causé d’importants dégâts dans des plantations de plus de 15 ans. Les symptômes sont un enroulement des jeunes feuilles, un dépérissement et une décoloration des autres feuilles, et la formation de raies rouges sur les couches externes de l’aubier. Il ne faut pas utiliser de drageons des arbres atteints pour la multiplication. Les semis souffrent souvent sérieusement de fonte des semis, la mortalité pouvant atteindre 60%. Jusqu’à l’âge de 12 ans, Dalbergia latifolia est sensible aux attaques de Phytophthora. Les arbres sont attaqués par divers insectes tels que mineuses des feuilles, défoliateurs et foreurs des tiges, mais cela ne crée pas de problème pour des arbres poussant dans des conditions favorables.

Ressources génétiques

En Asie tropicale, les peuplements naturels de Dalbergia latifolia sont considérablement appauvris, et dans de nombreuses zones les grands arbres sont devenus rares. L’espèce est incluse dans la Liste rouge de l’UICN comme vulnérable. Une banque de gènes a été créée en Inde au Kerala Forest Research Institute.

Perspectives

Dalbergia latifolia convient pour être incorporé dans des systèmes agroforestiers, mais pour obtenir des fûts rectilignes un espacement serré est désirable, et pour la production ligneuse les plantations en monoculture sont recommandées. Bien que son bois soit très recherché et atteigne des prix élevés, Dalbergia latifolia a une croissance trop lente pour être à présent une essence de reboisement privilégiée en Afrique tropicale. Des programmes de sélection visant à obtenir des arbres à croissance rapide avec un fût rectiligne pourraient aboutir à des plantations rentables dans l’avenir, mais pour le moment il semble plus rationnel de s’orienter vers des méthodes de gestion appropriées pour les espèces africaines de Dalbergia produisant des bois de valeur. Un avantage de Dalbergia latifolia sur la plupart des Dalbergia spp. indigènes d’Afrique est la taille plus grande du fût des arbres parvenus à maturité.

Références principales

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  • Ramesh Rao, K. & Purkayastha, S.K., 1972. Indian woods, their identification, properties and uses. Volume 3. Leguminosae to Combretaceae. Manager of Publications, Delhi, India. 262 pp.
  • Tewari, D.N., 1995. A monograph on rosewood (Dalbergia latifolia Roxb.). Dehra Dun, India. 74 pp.

Autres références

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  • Athavale, P.N., Shum, K.W., Gasson, P., & Gawkrodger, D.J., 2003. Occupational hand dermatitis in a wood turner due to rosewood (Dalbergia latifolia). Contact Dermatitis 48(6): 345–346.
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  • Keay, R.W.J., 1989. Trees of Nigeria. A revised version of Nigerian trees (1960, 1964) by R.W.J. Keay, C.F.A. Onochie and D.P. Stanfield. Clarendon Press, Oxford, United Kingdom. 476 pp.
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  • Piletta, P.A., Hausen, B.M., Pasche Koo F., French, L.E., Saurat, J.H. & Hauser, C., 1996. Allergic contact dermatitis to East Indian rosewood (Dalbergia latifolia Roxb.). Journal of the American Academy of Dermatology 34(2): 298–300.
  • Polhill, R.M., 1990. Légumineuses. In: Bosser, J., Cadet, T., Guého, J. & Marais, W. (Editors). Flore des Mascareignes. Famille 80. The Sugar Industry Research Institute, Mauritius, l’Office de la Recherche Scientifique Outre-Mer, Paris, France & Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 235 pp.
  • Ravishankar Rai, V. & Jagadish Chandra, K.S., 1988. In vitro regeneration of plantlets from shoot callus of mature trees of Dalbergia latifolia. Plant Cell, Tissue and Organ Culture 13: 77–83.

Sources de l'illustration

  • Prawirohatmodjo, S., Suranto, J., Martawijaya, A., den Outer, R.W. & Sosef, M.S.M., 1993. Dalbergia L.f. In: Soerianegara, I. & Lemmens, R.H.M.J. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 5(1). Timber trees: Major commercial timbers. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. pp. 155–161.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2008. Dalbergia latifolia Roxb. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 13 avril 2019.


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