Dalbergia greveana (PROTA)

De PlantUse Français
Aller à : navigation, rechercher
Prota logo vert.gif
Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Ornemental Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Statut de conservation Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
branche en fruits (Tropicos)
fruit (Tropicos)
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois

Dalbergia greveana Baill.


Protologue: Bull. Mens. Soc. Linn. Paris 1: 436 (1884).
Famille: Papilionaceae (Leguminosae - Papilionoideae, Fabaceae)

Noms vernaculaires

  • Palissandre violet, palissandre de Madagascar (Fr).
  • French rosewood, Madagascar rosewood (En).

Origine et répartition géographique

Dalbergia greveana est endémique de Madagascar, où il est répandu dans la région occidentale.

Usages

Le bois fait partie du groupe des palissandres (“palissandre de Madagascar”, “Madagascar rosewood”), très recherchés pour l’ébénisterie, les meubles, la marqueterie et la parqueterie. C’est l’un des bois favoris pour les instruments de musique, non seulement en raison de la beauté de sa couleur et de ses veinures, mais également de la clarté du son. Il convient aussi pour les boiseries intérieures, la menuiserie, la construction nautique, la charronnerie, les poteaux et pieux, les équipements de précision, les objets sculptés, les jouets et articles de fantaisie, les équipements de sport, les manches d’outils, les échelles, le tournage, le modelage, les placages et les contreplaqués. A Madagascar, il est utilisé localement, par ex. pour la construction et la confection de pagaies, ainsi que comme bois de feu. Les Mikeas du sud-ouest de Madagascar frottent des morceaux de branches sur une pierre avec de l’eau pour obtenir une pâte que l’on applique sur le visage comme médicament contre diverses maladies ; pour cette population, Dalbergia greveana est un arbre sacré.

Production et commerce international

Autrefois le bois de Dalbergia greveana constituait la plus grande part des exportations de bois de l’ouest de Madagascar, et il en est encore exporté de petites quantités. Il est vendu sur les marchés internationaux, généralement en petites quantités et à des prix élevés, pour des usages spéciaux tels qu’ornementation, tournage et instruments de musique. Depuis quelques années, il a remplacé le palissandre du Brésil (Dalbergia nigra (Vell.) Benth.) parce que cette espèce sud-américaine a été incluse dans l’Annexe I de la CITES comme espèce en danger. Il est souvent commercialisé en pièces sciées sur quartier de relativement petites dimensions.

Propriétés

Le bois de cœur est brun violacé, souvent avec des raies plus sombres, et nettement distinct de l’aubier plus clair. Le fil est généralement droit, le grain fin à moyennement fin et régulier.

C’est un bois lourd, avec une densité d’environ 1080 kg/m³ à 12% d’humidité ; il est très dur. Il doit être séché à l’air avec grand soin, étant sujet aux gerçures et à la fente. Avant d’être séchées à l’air, les grumes doivent être de préférence sciées sur quartier. Les pièces tournées employées pour les équipements de précision et pour les instruments de musique doivent être séchées à fond pour éviter les déformations. Cependant, les taux de retrait signalés sont modérés, de l’état vert à anhydre environ 3,3% dans le sens radial et 5,4% dans le sens tangentiel. Une fois sec, le bois est très stable en service.

A 12% d’humidité, le module de rupture est de 181–226 N/mm², la compression axiale de 98 N/mm², le fendage de 21,5 N/mm, la dureté de flanc Janka de 13 350 N et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 18,6.

Le bois se travaille bien tant avec des outils à main qu’à la machine, mais il émousse rapidement les dents de scie. Pour le clouage et le vissage, des avant-trous sont nécessaires. La peinture et le vernissage donnent des résultats moyens en raison de la surface huileuse du bois, et les caractéristiques de collage sont moyennes. Le bois convient pour les placages tranchés. Il est durable, étant résistant aux attaques de termites et de Lyctus, mais seulement moyennement résistant aux térébrants marins. Le bois de cœur est très rebelle au traitement par des produits d’imprégnation.

Des extraits au dichlorométhane et au méthanol de l’écorce de Dalbergia greveana ont montré une action contre des bactéries gram-positives.

Falsifications et succédanés

Le bois de plusieurs autres espèces de Dalbergia de Madagascar est également commercialisé sous le nom de palissandre de Madagascar.

Description

  • Arbre caducifolié de taille petite à moyenne atteignant 15(–20) m de haut ; fût souvent court et tortueux, jusqu’à 50 cm de diamètre ; écorce blanchâtre à gris noirâtre, lisse à rugueuse ; jeunes rameaux glabres.
  • Feuilles disposées en spirale, composées imparipennées avec 7–9(–11) folioles ; stipules petites, caduques ; pétiole et rachis légèrement poilus à glabres ; pétiolules de 3–8 mm de long ; folioles alternes, ovales à elliptiques ou presque circulaires, de ( 2–)2,5–6 cm × (0,5–)1,5–3 cm, finement coriaces, finement poilues à glabres en dessous.
  • Inflorescence : panicule terminale ou axillaire de 5–15(–20) cm de long, avec des divisions finales légèrement spiralées, pubescente ; bractées persistantes.
  • Fleurs bisexuées, papilionacées, de 3–4,5 mm de long ; pédicelle d’environ 0,5(–1,5) mm de long ; calice campanulé, de 2–3 mm long, lobes plus courts que le tube, lobe inférieur légèrement plus long, lobes supérieurs fusionnés ; corolle blanchâtre devenant crème, à étendard largement obovale à panduriforme, et à ailes et carène munies d’un onglet ; étamines 10, fusionnées en tube, mais libres dans leur partie supérieure ; ovaire supère, à stipe distinct à la base, style court.
  • Fruit : gousse plate, elliptique à rhombique, de 3–6,5 cm × 1–2,5 cm, à stipe court de 4–5 mm de long, brun jaunâtre, indéhiscente, renfermant en général 1 graine.
  • Graines réniformes, d’environ 8 mm × 4 mm, brun rougeâtre.

Autres données botaniques

Dalbergia est un grand genre pantropical qui comprend quelque 250 espèces. L’Asie tropicale et l’Amérique tropicale en ont chacune environ 70 espèces, l’Afrique continentale une cinquantaine, et Madagascar un peu plus de 40. A Madagascar, de nombreuses espèces de Dalbergia fournissent des bois de haute qualité.

Dalbergia humbertii

Dalbergia humbertii R.Vig. peut ressembler à Dalbergia greveana, mais il en diffère par ses folioles plus nombreuses (11–15) et ses gousses plus grandes. Dalbergia humbertii se rencontre principalement dans le massif d’Ankarana dans le nord de Madagascar, et il fournit un palissandre de bonne qualité.

Dalbergia suaresensis

Dalbergia suaresensis Baill. est également proche de Dalbergia greveana, et il a le même nombre de folioles que Dalbergia humbertii, mais ses gousses sont plus petites que celles de cette dernière espèce. Dalbergia suaresensis est restreint à la zone autour d’Antsiranana au nord de Madagascar, et son bois est employé en ébénisterie.

Dalbergia humbertii et Dalbergia suaresensis sont tous deux classés comme espèces en danger dans la Liste rouge de l’UICN.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : (1 : limites de cernes distinctes) ; (2 : limites de cernes indistinctes ou absentes).
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm) ; 29 : ponctuations ornées ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 43 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 200 μm ; 45 : vaisseaux de deux classes de diamètre distinctes, bois sans zones poreuses ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré ; 58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées.
  • Parenchyme axial : 77 : parenchyme axial en chaînettes ; 80 : parenchyme axial circumvasculaire étiré ; 82 : parenchyme axial aliforme ; 84 : parenchyme axial paratrachéal unilatéral ; (86 : parenchyme axial en lignes minces, au maximum larges de trois cellules) ; (89 : parenchyme axial en bandes marginales ou semblant marginales) ; 90 : cellules de parenchyme fusiformes ; 91 : deux cellules par file verticale.
  • Rayons : (96 : rayons exclusivement unisériés) ; (97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules)) ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; 115 : 4–12 rayons par mm.
  • Structure étagée : (118 : tous les rayons étagés) ; (119 : petits rayons étagés, grands rayons non étagés) ; 120 : parenchyme axial et/ou éléments de vaisseaux étagés ; (122 : rayons et/ou éléments axiaux irrégulièrement étagés (échelonnés)).
  • Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial.
(P. Détienne & P.E. Gasson)

Croissance et développement

Dalbergia greveana fleurit d’octobre à avril.

Ecologie

Dalbergia greveana se rencontre dans la forêt décidue saisonnièrement sèche et dans les forêts claires, parfois sous forme d’arbuste dans les savanes herbeuses, jusqu’à 800 m d’altitude. On le trouve sur des sols variés, depuis des sols sableux jusqu’à des sols dérivés de calcaires et des sols ferrallitiques.

Multiplication et plantation

La régénération naturelle de Dalbergia greveana apparaît médiocre en comparaison d’autres Dalbergia spp. de l’ouest de Madagascar ; cependant, dans la région de Morondava, on a trouvé des semenciers prolifiques avec une abondante régénération naturelle.

Ressources génétiques

Bien que Dalbergia greveana soit encore largement réparti dans l’ouest de Madagascar, ses populations se sont fortement appauvries. Il fait l’objet d’un abattage sélectif pour son bois précieux, et son milieu est soumis à de fortes pressions. Il est inscrit sur la Liste rouge d’espèces menacées de l’UICN, où il est classé comme espèce à risque faible, mais près d’être vulnérable.

Perspectives

Dalbergia greveana semble être surexploité, et pourrait bientôt disparaître du marché des bois en raison de l’épuisement des peuplements. La protection des peuplements subsistants est nécessaire, et Dalbergia greveana pourrait n’avoir un rôle important dans l’avenir que si les plantations sont couronnées de succès, ou si ses peuplements naturels font l’objet d’une exploitation durable. Cela n’autorisera vraisemblablement que des rendements très faibles, car sa croissance est vraisemblablement lente. Cependant, il semble approprié, vu les excellentes caractéristiques du bois, d’entreprendre des recherches sur les techniques de multiplication et sur les méthodes appropriées de sylviculture. La taille relativement faible et la forme souvent médiocre du fût sont un inconvénient

Références principales

  • Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
  • du Puy, D.J., Labat, J.N., Rabevohitra, R., Villiers, J.-F., Bosser, J. & Moat, J., 2002. The Leguminosae of Madagascar. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 750 pp.
  • Sanda, F., 2004. Conservation et valorisation des Dalbergia (Fabaceae) de Madagascar par micro propagation in-vitro et recherché d’activité anti-microbienne. Mémoire pour l’obtention du diplôme d’étude approfondie, Département de Biologie et Ecologie végétale, Faculté des Sciences, Université d’Antananarivo, Madagascar. 45 pp.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.

Autres références

  • Boiteau, P., Boiteau, M. & Allorge-Boiteau, L., 1999. Dictionnaire des noms malgaches de végétaux. 4 Volumes + Index des noms scientifiques avec leurs équivalents malgaches. Editions Alzieu, Grenoble, France.
  • Deleporte, P., Randrianasolo, J. & Rakotonirina, 1996. Sylviculture in the dry dense forest of western Madagascar. In: Ganzhorn, J.U. & Sorg, J.P. (Editors). Ecology and economy of a tropical dry forest in Madagascar. Primate Report 46–1. German Primate Center, Göttingen, Germany. pp. 89–116.
  • du Puy, D., 1998. Dalbergia greveana. In: IUCN. 2006 Red list of threatened species. [Internet] http://www.iucnredlist.org. November 2006.
  • Stiles, D., 1998. The Mikea hunter-gatherers of southwest Madagascar: ecology and socioeconomics. African Study Monographs 19(3): 127–148.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2007. Dalbergia greveana Baill. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 10 février 2019.


  • Voir cette page sur la base de données Prota4U.