Dalbergia baronii (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Ornemental Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Statut de conservation Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
1, rameau en fleurs ; 2, rameau en fruits ; 3, graine. Redessiné et adapté par Iskak Syamsudin
fruits (Tropicos)
bois
bois
face transversale du bois

Dalbergia baronii Baker


Protologue: Journ. Linn. Soc., Bot. 21: 337 (1884).
Famille: Papilionaceae (Leguminosae - Papilionoideae, Fabaceae)

Noms vernaculaires

  • Voamboana, palissandre brun, palissandre de Madagascar, palissandre rouge des marais (Fr).

Origine et répartition géographique

Dalbergia baronii est endémique de l’est de Madagascar. Il a été occasionnellement planté ailleurs, par ex. en Tanzanie.

Usages

Le bois de Dalbergia baronii n’est généralement pas distingué de celui d’autres espèces du genre Dalbergia, notamment Dalbergia monticola Bosser & R.Rabev., qui n’a été séparé de Dalbergia baronii que récemment. Ce bois est l’un de ceux que l’on appelle palissandres (“palissandre de Madagascar”, “Madagascar rosewood”), et qui sont très recherchés pour l’ébénisterie, le mobilier, la marqueterie et la parqueterie. C’est l’un des bois favoris pour les instruments de musique, notamment pour les guitares, non seulement en raison de la beauté de leur couleur et de leurs veinures, mais également de la clarté du son. Il convient aussi pour les bardeaux, les boiseries extérieures et intérieures, la menuiserie, la charpente et les encadrements, la construction nautique, la charronnerie, les équipements de précision, la sculpture, les jouets et articles de fantaisie, le tournage, le modelage, les placages et les contreplaqués. Il est employé pour les sculptures traditionnelles par les Mahafales. Autrefois ce bois était employé exclusivement pour la construction d’habitations pour les personnes de sang royal.

Production et commerce international

Le bois est encore commercialisé sur le marché international, généralement en petites quantités et à des prix élevés, pour des usages spéciaux tels que les instruments de musique. Depuis quelques années, il a remplacé le palissandre du Brésil (Dalbergia nigra (Vell.) Benth.) en raison de l’inclusion de cette espèce sud-américaine dans l’Annexe I de la CITES comme espèce en danger. Il est souvent commercialisé en pièces sciées sur quartier de dimensions relativement faibles. En 1999, Madagascar a exporté officiellement environ 1500 m³ de palissandre de différentes espèces de Dalbergia, mais selon d’autres estimations il en a été exporté quelque 3200 m³. On trouve des sculptures en bois de Dalbergia baronii sur les marchés d’art local de Madagascar.

Propriétés

Le bois de Dalbergia baronii est analogue au bois de Dalbergia monticola, et les deux essences ne sont pas distinguées dans le commerce. La description qui suit se rapporte aux deux essences. Le bois de cœur est brun-jaune grisâtre à brun rougeâtre ou brun foncé, souvent avec des rayures plus sombres, et nettement distinct de l’aubier. Le fil est généralement droit, le grain fin et régulier. Le bois frais a une odeur douceâtre.

C’est un bois moyennement lourd à lourd, avec une densité de 620–950 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche à l’air de manière satisfaisante mais lentement ; les pièces tournées employées pour les équipements de précision ou les instruments de musique doivent être séchées à fond pour éviter des déformations ultérieures. Les taux de retrait sont modérés, de l’état vert à anhydre environ 4,1% dans le sens radial et 7,6% dans le sens tangentiel. Une fois sec, le bois est très stable en service.

A 12% d’humidité, le module de rupture est de 132–221 N/mm², la compression axiale de 58–86 N/mm², le fendage de 14–20 N/mm, et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 2,9–7,8.

Le bois se travaille bien, tant avec des outils à main qu’à la machine. Il se finit bien, prenant un beau poli. Les caractéristiques de clouage sont moyennes, et des avant-trous sont nécessaires. Le finissage avec des peintures à l’huile donne des résultats moyens, et les caractéristiques de collage sont variables. Le bois convient pour les placages tranchés. Il est moyennement durable, et résistant aux termites. Le bois de cœur est très rebelle au traitement avec des produits d’imprégnation.

Falsifications et succédanés

Le bois de plusieurs autres espèces de Dalbergia de Madagascar est vendu sous le nom de palissandre de Madagascar.

Description

  • Arbre caducifolié de taille moyenne atteignant 25(–30) m de haut ; fût généralement court, dépourvu de branches sur une hauteur atteignant 6(–20) m, jusqu’à 100 (–140) cm de diamètre ; écorce blanchâtre à brun pâle, craquelée ; jeunes rameaux à courts poils, bruns, branches plus âgées glabres, striées longitudinalement, brun noirâtre.
  • Feuilles disposées en spirale, composées imparipennées avec 17–25 folioles ; stipules petites, caduques ; pétiole et rachis densément couverts de poils raides ; pétiolules d’environ 1 mm de long ; folioles alternes, obovales à elliptiques ou oblongues, de 5–17(–20) mm × 2,5–8(–11) mm, coriaces, à pubescence jaunâtre sur la face inférieure.
  • Inflorescence : panicule axillaire de 1,5–4 cm de long, poilue.
  • Fleurs bisexuées, papilionacées, de 4–5 mm de long ; pédicelle de 0,5–1,5 mm de long ; calice campanulé, de 2,5–3 mm de long, lobes plus courts que le tube, lobe inférieur le plus long, lobes supérieurs fusionnés ; corolle blanchâtre, à étendard obovale à panduriforme, et à ailes et carène munies d’un onglet ; étamines 10, soudées en un tube, mais libres dans leur partie supérieure ; ovaire supère, à stipe distinct à la base, style court.
  • Fruit : gousse plate, obovale à oblongue de 1,5–7 cm × 1–2 cm, à stipe de 1–2 mm long, glabre, brun pâle, à nervures peu distinctes, indéhiscente, renfermant 1–3 graines.
  • Graines réniformes, d’environ 9 mm × 5 mm, brun-rouge foncé.

Autres données botaniques

Dalbergia est un grand genre pantropical qui comprend quelque 250 espèces. L’Asie tropicale et l’Amérique tropicale en ont chacune environ 70 espèces, l’Afrique continentale une cinquantaine, et Madagascar un peu plus de 40. A Madagascar, de nombreuses espèces de Dalbergia fournissent des bois de haute qualité. Certaines d’entre elles ressemblent à Dalbergia baronii.

Dalbergia davidii

Dalbergia davidii Bosser & R.Rabev. lui ressemble par ses folioles, mais en diffère par son rachis glabre et par la structure de son inflorescence. Cette espèce n’est connue que sur une seule zone de l’ouest de Madagascar, et elle est classée comme étant en danger dans la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées ; elle fait l’objet d’un abattage sélectif pour son bois précieux.

Dalbergia pseudobaronii

Dalbergia pseudobaronii R.Vig. ressemble à Dalbergia baronii par ses feuilles et ses fleurs, mais en diffère par ses fruits plus gros renfermant une seule graine. Cette espèce, classée comme vulnérable dans la Liste rouge de l’UICN, est restreinte au nord de Madagascar. Elle fait l’objet d’un abattage sélectif pour son bois de haute qualité.

Dalbergia tsaratananensis

C’est également le cas pour Dalbergia tsaratananensis Bosser & R.Rabev., espèce du massif de Tsaratanana dans le nord de Madagascar, qui ressemble également à Dalbergia baronii, mais en diffère par ses feuilles comprenant un plus petit nombre de folioles légèrement plus grandes. Il est classé comme étant en danger dans la Liste rouge de l’UICN.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : (1 : limites de cernes distinctes) ; (2 : limites de cernes indistinctes ou absentes).
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm) ; 27 : ponctuations intervasculaires grandes ( 10 μm) ; 29 : ponctuations ornées ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; (45 : vaisseaux de deux classes de diamètre distinctes, bois sans zones poreuses) ; 46 : 5 vaisseaux par millimètre carré ; 58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
  • Parenchyme axial : 80 : parenchyme axial circumvasculaire étiré ; 82 : parenchyme axial aliforme ; 85 : parenchyme axial en bandes larges de plus de trois cellules ; 86 : parenchyme axial en lignes minces, au maximum larges de trois cellules ; (89 : parenchyme axial en bandes marginales ou semblant marginales) ; 90 : cellules de parenchyme fusiformes ; 91 : deux cellules par file verticale.
  • Rayons : (96 : rayons exclusivement unisériés) ; (97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules)) ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; 106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées ; 115 : 4–12 rayons par mm.
  • Structure étagée : 118 : tous les rayons étagés ; 120 : parenchyme axial et/ou éléments de vaisseaux étagés.
  • Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial.
(P. Détienne & P.E. Gasson)

Croissance et développement

Les racines forment des nodules avec des bactéries fixatrices d’azote ; on en a isolé des souches d’Azorhizobium, Bradyrhizobium et Mesorhizobium.

Ecologie

Dalbergia baronii se rencontre dans la forêt pluviale humide sempervirente des basses terres, depuis le niveau de la mer jusqu’à 150(–600) m d’altitude. On le trouve souvent le long des cours d’eau, mais aussi dans la forêt marécageuse et sur la marge amont de la mangrove. Il pousse en général sur des sols sableux, qui sont parfois salés, rarement sur des sols ferrallitiques à plus haute altitude.

Ressources génétiques

Bien que Dalbergia baronii soit assez largement réparti dans la forêt de basses terres le long de la côte orientale de Madagascar, son milieu s’est fortement réduit. En outre, il fait l’objet d’un abattage sélectif, et les grands sujets de Dalbergia baronii sont devenus rares. Il est inclus dans la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN, dans laquelle il est classé comme vulnérable. Des études sur la variabilité génétique de cette espèce sont en cours.

Perspectives

Dalbergia baronii est surexploité, et disparaîtra bientôt du marché des bois car ses peuplements sont très appauvris. Une protection des peuplements subsistants est très nécessaire, et Dalbergia baronii n’aura un rôle dans l’avenir comme essence commerciale que si l’on en fait des plantations réussies, ou si son bois est exploité durablement dans les forêts naturelles. Cela n’autorisera vraisemblablement que des niveaux de rendement très faibles, car il semble que la croissance des arbres soit lente. Une recherche sur les techniques de multiplication et sur la conduite des peuplements semble judicieuse, au regard des excellentes caractéristiques du bois.

Références principales

  • Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
  • CTFT (Centre Technique Forestier Tropical), 1962. Palissandres de Madagascar. Information Technique No 161. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 2 pp.
  • du Puy, D.J., Labat, J.N., Rabevohitra, R., Villiers, J.-F., Bosser, J. & Moat, J., 2002. The Leguminosae of Madagascar. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 750 pp.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.

Autres références

  • Boiteau, P., Boiteau, M. & Allorge-Boiteau, L., 1999. Dictionnaire des noms malgaches de végétaux. 4 Volumes + Index des noms scientifiques avec leurs équivalents malgaches. Editions Alzieu, Grenoble, France.
  • du Puy, D., 1998. Dalbergia baronii. In: IUCN. 2006 Red list of threatened species. [Internet] http://www.iucnredlist.org. November 2006.
  • Guéneau, P., 1971. Bois de Madagascar. Possibilités d’emploi. Centre Technique Forestier Tropical, Antananarivo, Madagascar. 75 pp.
  • Guéneau, P., Bedel, J. & Thiel, J., 1970–1975. Bois et essences malgaches. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 150 pp.
  • National Academy of Sciences, 1979. Tropical legumes: resources for the future. National Academy of Sciences, Washington, D.C., United States. 331 pp.
  • Nelson, J.J., 1993. Tanala: traditions et environnement. Hanitriniala 1: 10.
  • Rasolomampianina, R., Bailly, X., Fetiarison, R., Rabevohitra, R., Béna, G., Ramaroson, L., Raherimandimby, M., Moulin, L., de Lajudie, P., Dreyfus, B. & Avarre, J .-C., 2005. Nitrogen fixing nodules from rose wood legume trees (Dalbergia spp.) endemic to Madagascar host seven different genera belonging to α- and β-proteobacteria. Molecular Ecology 14(13): 4135–4146.

Sources de l'illustration

  • du Puy, D.J., Labat, J.N., Rabevohitra, R., Villiers, J.-F., Bosser, J. & Moat, J., 2002. The Leguminosae of Madagascar. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 750 pp.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2007. Dalbergia baronii Baker. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 10 février 2019.


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