Dacryodes igaganga (PROTA)

De PlantUse Français
Aller à : navigation, rechercher
Prota logo vert.gif
Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fruit Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fibre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Statut de conservation Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg


coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois

Dacryodes igaganga Aubrév. & Pellegr.


Protologue: Fl. Gabon 3: 86 (1962).
Famille: Burseraceae

Origine et répartition géographique

Dacryodes igaganga est présent au Cameroun, en Guinée équatoriale, au Gabon et probablement au Congo.

Usages

Le bois (nom commercial : igaganga) est utilisé pour les placages, le contreplaqué, les menuiseries et la parqueterie. Il convient aussi pour la construction, le mobilier et l’ébénisterie, la charronnerie, la construction navale, les manches d’outils, les échelles, les objets sculptés, les jouets et articles de fantaisie, le tournage, les poteaux et les pilotis. Il peut servir à fabriquer du papier. La pulpe du fruit est comestible.

Production et commerce international

Le bois est très proche de l’ “ozigo” (Dacryodes buettneri (Engl.) H.J.Lam) et de l’ “ossabel” (Dacryodes normandii Aubrév. & Pellegr.), et il est souvent vendu avec ce dernier. Les exportations d’igaganga du Gabon diminuent : en effet, elles sont passées de 32 690 m³ en 2000, à 13 350 m³ en 2001, 8360 m³ en 2002, 9500 m³ en 2003, 7800 m³ en 2004 et enfin 2630 m³ en 2005.

Propriétés

Le bois de cœur est brun pâle ou rose ; il ne se distingue pas nettement de l’aubier, couleur crème, qui mesure 2–4 cm de large. Le fil est droit ou contrefil ; le grain est fin à moyen. Le bois contient de la silice.

Le bois a une densité de 580–670 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche rapidement et en général sans problème. Les taux de retrait de l’état vert à anhydre sont de 3,8–6,2% dans le sens radial et de 6,8–9,6% dans le sens tangentiel. Une fois sec, le bois est stable en service. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 95–155 N/mm², le module d’élasticité de 9600–13 100 N/mm², la compression axiale de 52–67 N/mm², le cisaillement de 8–12 N/mm², le fendage de 14–25 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 2, 5–4,7.

Le sciage est assez délicat à cause de la présence de silice qui émousse sérieusement les outils ; on recommande des lames de scies stellitées et des outils au carbure de tungstène. Le bois se finit, se cloue, se visse et se colle bien. Les caractéristiques de déroulage et de tranchage sont bonnes. Ce n’est pas un bois très durable, car il est sujet aux attaques fongiques, de termites, de foreurs du bois sec et de térébrants marins. Le bois de cœur est rebelle à l’imprégnation.

Le fruit contient une huile essentielle composée principalement d’α -copaène (16%) et d’α-humulène (14%).

Description

  • Arbre dioïque, de taille moyenne, atteignant 25 m de haut ; fût rectiligne, cylindrique, dépourvu de branches sur une hauteur de 15 m, jusqu’à 90 cm de diamètre ; écorce externe grise, écailleuse, écorce interne rose brunâtre, fibreuse, légèrement odorante, exsudant lorsqu’on la coupe de petites quantités de résine qui devient ambrée en durcissant.
  • Feuilles alternes, composées imparipennées à 5–7 paires de folioles ; stipules absentes ; pétiole plan-convexe, rachis écailleux ; pétiolules d’environ 5 mm de long ; folioles opposées, étroitement oblongues à lancéolées, de 7–11(–15) cm × 2,5–4 cm, asymétriques à la base, acuminées à l’apex, face inférieure légèrement poilue ou glabre, pennatinervées à 8–10 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : panicule de 12–15 cm de long, à pubescence brun rougeâtre.
  • Fleurs unisexuées, régulières ; fleurs mâles à pédicelle de 1,5 mm de long, sépales 3, d’environ 3 mm de long, poilus à l’extérieur, glabres à l’intérieur, pétales 3, pubescents à l’extérieur, couverts de poils glandulaires à l’intérieur, étamines 6, à poils glandulaires.
  • Fruit : drupe ellipsoïde, d’un bleu-noir à maturité, noyau ellipsoïde, aplati, d’environ 3 cm × 2 cm × 1,5 cm, dur, rugueux à la surface, contenant une seule graine.

Autres données botaniques

Le genre Dacryodes comprend une quarantaine d’espèces, présentes dans les régions tropicales d’Amérique, d’Asie et d’Afrique. En Afrique, on en a dénombré une vingtaine, appartenant toutes à la section Pachylobus. C’est le Gabon qui semble en détenir le plus avec une dizaine d’espèces.

Ecologie

Dacryodes igaganga se rencontre en forêt pluviale de basses terres jusqu’à 550 m d’altitude.

Gestion

Après la coupe, il est préconisé de traiter les grumes avec des produits de préservation.

Ressources génétiques

Dacryodes igaganga est classé comme vulnérable sur la Liste rouge 2007 des espèces menacées de l’UICN, en raison du rythme des coupes et du déclin général de ses milieux.

Perspectives

Autrefois surexploité, Dacryodes igaganga est désormais devenu vulnérable. Par conséquent, son usage ne devrait être autorisé que dans le cadre d’une exploitation durable.

Références principales

  • Aubréville, A., 1962. Burséracées. Flore du Gabon. Volume 3. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. pp. 53–95.
  • Normand, D. & Mariaux, A., 1962. Peut-on distinguer les bois d’ozigo, des safoukala, igaganga et autres Dacryodes? Bois et Forêts des Tropiques 85: 33–40.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.
  • Vivien, J. & Faure, J.J., 1985. Arbres des forêts denses d’Afrique Centrale. Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris, France. 565 pp.

Autres références

  • ATIBT (Association Technique Internationale des Bois Tropicaux), 2005. Statistics. ATIBT Newsletter 22: 26–47.
  • Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
  • Cravo, L., Perineau, F., Delmas, M. & Bessiere, J.M., 1992. Volatiles of the fruit of Dacryodes buettneri H.J. Lam and D. igaganga Aubrev. et Pellegr. (Burseraceae). Journal of Essential Oil Research 4(1): 95–96.
  • Daly, D.C. & Martínez-Habibe, M.C., 2002. Notes on Dacryodes Vahl, including a new species from the Rio Negro basin in Amazonia. Studies in neotropical Burseraceae. XI. Brittonia 54(4): 266–274.
  • de Saint-Aubin, G., 1963. La forêt du Gabon. Publication No 21 du Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 208 pp.
  • Parant, B., Boyer, F., Chichignoud, M. & Curie, P., 2008. Présentation graphique des caractères technologiques des principaux bois tropicaux. Tome 1. Bois d’Afrique. Réédition. CIRAD-Forêt, Montpellier, France. 186 pp.
  • Sallenave, P., 1971. Propriétés physiques et mecaniques des bois tropicaux. Deuxième supplément. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 128 pp.
  • Vivien, J. & Faure, J.J., 1988. Fruitiers sauvages du Cameroun. Fruits Paris 43(9): 507–516.
  • World Conservation Monitoring Centre, 1998. Dacryodes igaganga. In: IUCN. 2007 IUCN Red list of threatened species. [Internet] http://www.iucnredlist.org. December 2007.

Auteur(s)

  • M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Brink, M., 2008. Dacryodes igaganga Aubrév. & Pellegr. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 6 mars 2025.


  • Voir cette page sur la base de données Prota4U.