Dacryodes buettneri (PROTA)

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Fruit Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
1, port de l’arbre ; 2, partie de rameau avec feuilles ; 3, foliole ; 4, fruits. Redessiné et adapté par Achmad Satiri Nurhaman
fût
base du fût
base du fût
écorce
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois

Dacryodes buettneri (Engl.) H.J.Lam


Protologue: Bull. Jard. Bot. Buitenzorg, ser. 3, 12: 336 (1932).
Famille: Burseraceae

Synonymes

  • Pachylobus buettneri (Engl.) Engl. (1897).

Noms vernaculaires

  • Ozigo (Fr).
  • Ozigo, assia (En).

Origine et répartition géographique

Dacryodes buettneri est une espèce caractéristique de l’ouest de l’Afrique centrale, où sa répartition naturelle est très proche de celle d’Aucoumea klaineana Pierre (l’okoumé). Il est présent principalement au Gabon, où on le trouve dans tout le pays, ainsi qu’en Guinée équatoriale. La présence de petits peuplements a été notée dans le sud du Cameroun, autour de la boucle du fleuve Dja, ainsi que le long de la frontière sud, depuis Campo jusqu’à Ambam et au sud de Djoum ; de là, son aire de répartition s’étend jusqu’aux régions de Souanké et de Mbomo dans le nord du Congo. Dacryodes buettneri est également présent dans le sud du Congo (Mayombe).

Usages

Le bois (nom commercial : ozigo) est important au Gabon et en Guinée équatoriale. Il s’emploie surtout pour le contreplaqué (pour les caisses, l’emballage ou les meubles) et n’est plus beaucoup utilisé sous sa forme massive, mais il peut être scié en planches destinées aux menuiseries intérieures, aux meubles, aux charpentes, aux moulures, aux parquets, aux escaliers intérieurs, aux panneaux, aux châssis de véhicules, aux coques de bateau, aux caisses et aux perches. Localement, le bois est utilisé pour faire des pirogues. Il convient à la pâte à papier.

Au Gabon, Dacryodes buettneri est un important arbre fruitier. Ses fruits ressemblent à ceux du safoutier (Dacryodes edulis (G.Don) H.J.Lam), mais ils sont plus petits. La pulpe huileuse est consommée dans certains endroits après avoir fait tremper le fruit dans de l’eau bouillante pendant environ une minute.

La poudre d’écorce est utilisée en médecine dans le traitement des brûlures. La résine s’applique sur les abcès et fait office de désinfectant et d’astringent.

Production et commerce international

Les exportations gabonaises d’ozigo, en baisse depuis la fin des années 1990, sont passées de 160 000 m³ en 1994–1995, à 61 000 m³ en 1999, environ 20 000 m³ en 2004 et 30 000 m³ en 2005. En 2005, l’ozigo occupait la 9e place dans la liste des plus importantes exportations de bois d’œuvre du Gabon. En qualité de bois d’œuvre d’exportation, l’ozigo est bien moins apprécié et vendu que l’okoumé. Le prix moyen au port est d’environ Frs CFA 50 000/m³ (US$ 93/m³) et franco à bord de Frs CFA 61 000/m³ (soit US$ 113/m³). Le prix franco à bord est de 35% inférieur à celui de l’okoumé. D’après des statistiques de l’OIBT, le Gabon a exporté environ 1000 m³ d’ozigo scié en 2004 à un prix moyen de US$ 243/m³, ainsi que 1000 m³ en 2005 à un prix moyen de US$ 277/m³. Malgré le déclin du commerce mondial de l’ozigo, il faut souligner que le bois reste très exploité pour le marché domestique gabonais ; de nombreuses scieries produisent des planches et des chevrons destinés à la construction. En 1999, le volume d’ozigo sur pied restant a été estimé à 40 millions de m³. Au Cameroun, seulement 200 m³ environ de bois de Dacryodes buettneri ont été exploités en 1998–1999.

Les fruits sont récoltés dans la forêt mais peu vendus, encore qu’on puisse parfois les trouver sur les marchés locaux.

Propriétés

Le bois de cœur est blanc rosé à gris ivoire ; il n’est pas distinctement démarqué de l’aubier, large de 5–9 cm. Le bois présente un contrefil, un fil croisé ou un fil droit ; le grain est relativement grossier. Le bois contient 0,1–0,5% de silice.

C’est un bois de poids moyen d’une densité de 500–700 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche rapidement, généralement sans problème, mais le séchage de morceaux minces et de feuilles de contreplaqué doit être effectué soigneusement, en raison du risque de déformation dû à la présence fréquente d’un contrefil. Les taux de retrait du bois vert à anhydre sont de 5,0%–7,4% radialement et de 6,3–9,8% tangentiellement. Une fois sec, le bois est moyennement stable en service. Le bois est moyennement dur, élastique et résistant aux chocs. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 101–161 N/mm², le module d’élasticité de 8300–13 900 N/mm², la compression axiale de 38–70 N/mm², la compression transversale de 6,5 N/mm², le fendage de 13–25 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 2, 2–5,0.

La teneur élevée en silice et la présence de contrefil peuvent être source de difficulté au cours de l’usinage et imposent l’emploi d’un outillage adapté. Le bois se scie facilement, mais l’effet d’usure est important et nécessite l’utilisation de dents stellitées et d’outils au carbure de tungstène. L’angle de coupe doit être réduit autant que possible. Les morceaux sciés sur quartier ont un aspect rubané et sont parfois marbrés ; les surfaces des pièces sciées sur dosse sont plus belles une fois usinées. Les propriétés de déroulage sont satisfaisantes. Même si le déroulage peut être effectué sans étuvage préalable, celui-ci est recommandé pour améliorer la qualité des feuilles ; il n’est ni conseillé ni utile pour le tranchage. Les propriétés de collage sont bonnes, mais des problèmes peuvent survenir avec les colles à base de phénol-formol. Les propriétés de clouage, de vissage et de finition sont bonnes.

L’ozigo n’est pas durable. Il est sensible aux attaques de champignons, de termites et d’autres insectes, mais résistant aux térébrants marins. Ce n’est pas un bois recommandé en milieu temporairement ou constamment humide. Il est difficile à imprégner avec des produits de conservation.

Le bois contient : cellulose 54,4%, pentosanes 15,7%, lignine 29,9% et cendres 0,9%. Sa solubilité dans une solution de NaOH à 1% est de 15,4%.

Une distillation de la résine a produit 6,7% d’huile essentielle, dont les composés principaux sont le terpinène-4-ol (27%), le p-cymène (19%) et le α-pinène (13%). L’huile essentielle a démontré une activité antioxydante in vitro et une activité antibactérienne contre tout un ensemble de bactéries. La pulpe du fruit est riche en huile, comme celle de Dacryodes edulis. Les principaux composés de l’huile essentielle du fruit sont l’α -pinène (29%) et le limonène (23%).

Falsifications et succédanés

Le bois est difficile à distinguer de celui des autres espèces de Dacryodes telles que l’igaganga (Dacryodes igaganga Aubrév. & Pellegr.), l’ossabel (Dacryodes normandii Aubrév. & Pellegr.) et le safukala (qui désigne Dacryodes pubescens (Vermoesen) H.J.Lam et Dacryodes heterotricha (Pellegr.) H.J.Lam).

Description

  • Arbre dioïque, de taille moyenne à grande atteignant 40(–50) m de haut ; fût dépourvu de branches sur 20 m de hauteur, atteignant 150 cm de diamètre, souvent sinueux ou muni de protubérances, à base épaissie ; écorce externe jaune d’or, s’écaillant, écorce interne rosée, exsudant lentement à la coupe une résine translucide à odeur de térébenthine ; cime fortement ramifiée, à branches emmêlées et à feuillage sombre de teinte brune vu du dessous.
  • Feuilles alternes, composées imparipennées à 5–8(–10) paires de folioles ; stipules absentes ; rachis de 10–30 cm de long, à poils brun rougeâtre ; pétiolules de 8–10(–15) mm de long, cannelés ; folioles opposées, oblongues-lancéolées à lancéolées, de 12–20 cm × 3–4 cm, base asymétrique, apex acuminé, face supérieure vert foncé et brillante, face inférieure à poils étoilés brun rougeâtre, pennatinervées à 10–15 paires de nervures latérales. Inflorescence : panicule axillaire ou terminale de 30 cm × 4 cm, à ramifications en cymes, à poils étoilés.
  • Fleurs unisexuées, régulières ; pédicelle de 1–2 mm de long, poilu ; fleurs mâles à 3 sépales ovales de 2–2,5 mm de long, poilues à l’extérieur, glabres à l’intérieur, pétales 3, de 2,5–3 mm de long, poilus à l’extérieur, étamines 6, à filets de 1 mm de long, ovaire rudimentaire ; fleurs femelles similaires mais un peu plus grandes, à pétales de 3,5 mm de long, ovaire supère, ovoïde, glabre.
  • Fruit : drupe oblongue-ellipsoïde de 2–4 cm × 1–1,5 cm, bleu violacé à maturité, pulpe charnue, atteignant 3 mm d’épaisseur, vert-jaune, noyau à paroi mince et lisse, contenant 1 graine.
  • Graines à cotylédons divisés de façon palmée en 5 segments.

Autres données botaniques

Dacryodes comprend environ 40 espèces, présentes dans les régions tropicales d’Amérique, d’Asie et d’Afrique. En Afrique, on a dénombré une vingtaine d’espèces, appartenant toutes à la section Pachylobus. C’est au Gabon qu’il semble y en avoir le plus avec environ 10 espèces. Dacryodes buettneri se reconnaît aisément à ses folioles poilues, de couleur brun rougeâtre au-dessous.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm) ; 32 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations horizontales (scalariformes) à verticales (en balafres) ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 46 : 5 vaisseaux par millimètre carré ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré ; 56 : thylles fréquents.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 65 : présence de fibres cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
  • Parenchyme axial : 75 : parenchyme axial absent ou extrêmement rare ; 78 : parenchyme axial juxtavasculaire ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale.
  • Rayons : 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; 106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées ; 115 : 4–12 rayons par mm.
  • Inclusions minérales : 159 : présence de corpuscules siliceux ; 160 : corpuscules siliceux dans les cellules des rayons ; (161 : corpuscules siliceux dans les cellules du parenchyme axial).
(M. Thiam, P. Détienne & E.A. Wheeler)

Croissance et développement

La germination prend 30–37 jours. Les graines peuvent germer dans la végétation des sous-bois et semblent tolérer des intensités de lumière plus faibles que celles de l’okoumé. Elles peuvent former de denses tapis sous les arbres-mères, mais une grande partie disparaît rapidement. Il est possible que certains semis subsistent plusieurs années dans la végétation des sous-bois, mais la poursuite de leur croissance semble nécessiter davantage de lumière. Les jeunes pousses des petites plantes ont une couleur rose caractéristique. Dans des plantations en mélange avec d’autres espèces, à Etouk (Gabon), le taux de survie de Dacryodes buettneri était de 30–70% au bout de 3 ans, sans mortalité notable par la suite. Une fois qu’ils avaient atteint l’âge de 10 ans, les arbres avaient un diamètre de fût moyen de 8–9 cm. Bien qu’en bonne santé, tous les arbres avaient un tronc sinueux. A Lopé (Gabon), l’augmentation annuelle du diamètre du fût était de 4,5 mm dans les forêts denses, et de 6,8 mm dans les forêts de Marantaceae, plus claires.

Au nord-est du Gabon, il semble que la plupart des arbres soient caducifoliés, mais les études phénologiques menées sur de longues périodes et avec un nombre suffisant d’individus font défaut. Une perte des feuilles a été observée en juillet–août, décembre–janvier et avril. Les arbres restent sans feuilles moins d’un mois.

Au nord-est du Gabon, il arrive qu’il y ait une floraison en mars–avril, mais le plus souvent elle a lieu en septembre–novembre. La fructification a lieu de juillet à mars, avec une forte production de fruits mûrs en septembre–novembre et février–mars. Il s’écoule (3–)4–5(–6) mois entre le début de la floraison et le début de la production de fruits. Les quelques données dont on dispose sur le Cameroun indiquent que dans ce pays la floraison a lieu en mars et la fructification en septembre. La pollinisation est principalement effectuée par les insectes. Les arbres fructifient en abondance environ tous les 3 ans ; l’avortement des fruits est courant. La dissémination des graines est surtout le fait des animaux, les fruits étant consommés par de nombreux oiseaux, écureuils et singes.

Ecologie

Dacryodes buettneri est présent dans la forêt sempervirente dense et humide de basses terres (jusqu’à 700 m d’altitude). Il pousse bien sur les sols bien drainés des climats équatoriaux ou subéquatoriaux où la pluviométrie annuelle moyenne est de 2000–3000 mm. Il est toujours moins abondant près de la côte et sur les sols sableux qu’à l’intérieur des terres et sur sols argileux. Au Gabon, c’est un arbre de la strate forestière supérieure, très commun dans la partie est du bassin sédimentaire côtier dans les forêts d’Aucoumea klaineana et de Desbordesia glaucescens (Engl.) Tiegh., et dans la partie centrale du pays à faible relief, dans les forêts de Desbordesia glaucescens et de diverses espèces de Caesalpiniaceae. Dans la partie nord-est du pays, il est moins commun, bien qu’abondant localement. Dans le parc national de Lopé, au centre du Gabon, Dacryodes buettneri est la deuxième espèce la plus caractéristique de la strate forestière supérieure, après Aucoumea klaineana ; en forêt dense, la densité à l’ha est de 2,7 arbres ayant un diamètre de fût supérieur à 70 cm, contre 0,7 arbres/ha dans les forêts plus claires de Marantaceae. L’arbre est généralement commun dans les anciennes forêts secondaires, souvent en groupes. Comme Aucoumea klaineana, il a le comportement d’un héliophyte, se reproduisant dans les anciennes clairières, mais avec moins d’efficacité que lui. Dacryodes buettneri a également été observé dans les forêts secondaires récentes, sous Musanga cecropioides R.Br. ou Xylopia aethiopica (Dunal) A.Rich.

Multiplication et plantation

Dacryodes buettneri est rarement planté, généralement dans les jardins familiaux. Les seuls essais et plantations connus ont été réalisés au Gabon (à Ninghé-ninghé, M’voum et Bokoué). Les stumps reprennent au bout de 4–8 mois, les pousses issues de la base étant plus vigoureuses que celles partant de plus haut. Des essais infructueux avec des macro-boutures ont été effectués à la station expérimentale de Makokou (Gabon).

Gestion

On ne connaît pas de pratiques de gestion pour Dacryodes buettneri, bien que l’on conserve parfois des arbres dans les jardins familiaux. Au cours des défrichages, les arbres considérés comme encombrants sont abattus. Ils ne sont pas conservés, contrairement à d’autres espèces plus prisées, telles qu’Irvingia gabonensis (Aubry-Lecomte ex O’Rorke) Baill., ou dont le bois est plus dur, telles que Desbordesia glaucescens (Engl.) Tiegh. En outre, si un ozigo en forêt fructifie abondamment, il peut être abattu pour faciliter la récolte.

Maladies et ravageurs

Au Gabon, on a observé une dessiccation de la cime dans des plantations récentes, mais la cause reste obscure. Il arrive que les éléphants dévorent les jeunes pousses et l’écorce. Divers prédateurs peuvent détruire les graines en consommant les fruits tombés au sol.

Récolte

En forêt naturelle, l’intensité d’exploitation moyenne de l’ozigo ne dépasse pas 1–2 arbres/ha, mais dans les endroits où l’espèce est abondante, l’intensité peut être bien plus élevée. Les fûts sont exploités lorsque leur diamètre à hauteur d’homme est supérieur à 70 cm.

Rendement

Les grumes d’ozigo ont un diamètre moyen de 70–100 cm. Le volume moyen de bois des arbres exploités est de 7–8 m³.

Traitement après récolte

Les grumes flottent sur l’eau et leur transport fluvial est possible. Il est recommandé de traiter le bois contre les champignons et les insectes et d’éviter l’humidité en stockant le bois sous abri et hors sol. Les fruits récoltés en forêt se consomment en principe immédiatement, mais il arrive que la pulpe soit conservée en vue d’un usage ultérieur, en la faisant sécher sur un feu après en avoir ôté la graine.

Ressources génétiques

Il n’existe pas encore de données sur la variabilité génétique de Dacryodes buettneri et l’on ne connaît aucune collection de ressources génétiques. Etant donné son abondance, l’espèce ne semble pas menacée d’érosion génétique, sauf dans certaines parties de son aire de répartition. Au Cameroun, par exemple, elle est jugée menacée en raison de la pression due à l’exploitation de la forêt et le nombre relativement peu important d’arbres.

Perspectives

Le bois de Dacryodes buettneri est considéré comme un substitut de l’okoumé dans la production de contreplaqué. Bien que son exploitation pour le commerce international soit en déclin, il continue à faire partie des 10 principaux bois d’œuvre d’exportation du Gabon. Par ailleurs, son emploi en menuiserie est actuellement bien développé sur le marché domestique gabonais, ce qui indique qu’une pression considérable continue à s’exercer sur cette ressource. En dépit de son importance comme source de bois, de fruits et de remèdes traditionnels, l’espèce n’a fait l’objet d’aucune recherche. Sa biologie est mal connue et il ne fait pas délibérément partie des systèmes traditionnels d’agroforesterie. Il semble utile d’établir des collections de ressources génétiques, particulièrement au Cameroun, où Dacryodes buettneri est considéré comme une espèce menacée. Cela peut devenir le cas également au Gabon si son exploitation reste principalement entre les mains des scieries et des petits exploitants.

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Sources de l'illustration

  • Aubréville, A., 1962. Burséracées. Flore du Gabon. Volume 3. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. pp. 53–95.
  • White, L. & Abernethy, K., 1997. A guide to the vegetation of the Lopé Reserve, Gabon. 2nd edition. Wildlife Conservation Society, New York, United States. 224 pp.

Auteur(s)

  • G. Todou, Herbier National du Cameroun, B.P. 1601, Yaoundé, Cameroon
  • C. Doumenge, CIRAD, Campus International de Baillarguet TA-C-36/D, F-34398 Montpellier cedex 5, France

Citation correcte de cet article

Todou, G. & Doumenge, C., 2008. Dacryodes buettneri (Engl.) H.J.Lam. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 11 avril 2019.


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