Cynomoriacées (Le Floc'h, 1983)

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Myrtacées
Le Floc'h, Ethnobotanique tunisienne, 1983
Araliacées


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282. Cynomorium coccineum L.

[II/885 ; p 558] CYNOMO­RIACÉES

Nom accepté : Cynomorium coccineum

L'espèce est consommée durant les périodes de disette. De plus, il lui est reconnu quelques vertus d'où son emploi en pharmacopée traditionnelle.

A. - La poudre de cette plante sert de condiment pour la vian­de (TROTTER, 1915).

En cas de disette, les nomades consomment cette espèce, sèche broyée sous forme de farine (GALAN, 1951) (cf. à Cistanche pheli­paea n° 391). La même information est rapportée par CHOUMOVITZ et SERRES (1954) qui précisent que cette espèce « tartout », parasite des Salsolacées (*), et tout particulièrement de Anabasis articulata, est, après séchage et broyage, consommée sous forme de galette, de valeur nutritive probablement faible. Pour le même emploi en Ahag­gar, GAST (1968) rapporte de nombreuses indications à propos de cette espèce (tam. = aoukal ; ar. : tartout) qu'il signale comme crois­sant sur les racines des Chénopodiacées en particulier Atriplex hali­mus (tam. = aramas) et Salsola fœtida (tam. : issim). Ainsi, il note que la racine, débarrassée de sa peau, est mélangée aux farines de céréales pour la confection de bouillies agrémentées de lait.

M. - Une préparation en galette, où entre en mélange cette es­pèce désséchée (mise en poudre) et du beurre, est utilisée contre les engorgements biliaires (TROTTER).

GAST souligne aussi qu'elle se récolte en hiver et qu'elle est con­sidérée comme un bon remède contre la diarrhée. Concernant encore les emplois en thérapeutique, KEITH {1965) indique que cette espè­ce, qui ne doit pas être employée trop longtemps a des pouvoirs as­tringents utiles dans les cas de diarrhées et de dysenteries. A Malte, elle était appelée « Malta fungus » et son emploi était réservé aux seuls Chevaliers de l'Ordre.

KOTOB HUSSEIN (1979) signale Cynomorium sp. (**) comme antiseptique urinaire.

R.D. - Réputée avoir été utilisée pour les superstitions et des usages immoraux, elle produit aussi une couleur rouge employée en


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teinturerie (KEITH) et est recherchée pour le tannage des peaux (TROTTER ; GATTEFOSSÉ, 1921).


(*) Les Anabasis sont situés dans « la Flore de la Tunisie », dans la famille des CHENOPODIACÉES.

(**) Cynomorium coccineum L. étant la seule espèce de ce genre citée en Libye nous pensons pouvoir y rapporter le propos de KOTOB HUSSEIN.