Cussonia zimmermannii (PROTA)

De PlantUse Français
Aller à : navigation, rechercher
Prota logo vert.gif
Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Statut de conservation Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Cussonia zimmermannii Harms


répartition en Afrique (sauvage)
Protologue: Bot. Jahrb. Syst. 53: 361 (1915).
Famille: Araliaceae

Noms vernaculaires

  • Mbomba maji, mpapayi mwitu (Sw).

Origine et répartition géographique

Cussonia zimmermannii est présent à l’est du Kenya, à l’est de la Tanzanie et au nord du Mozambique.

Usages

Le bois est utilisé pour les cercueils, les tambours, les embarcations et la sculpture. Il convient à l’ébénisterie et à la menuiserie intérieure légère. Il est également utilisé comme bois de feu, bien que pour cet usage il soit de mauvaise qualité.

Les racines s’utilisent dans le traitement de la maladie mentale et des hémorragies post-partum, ainsi que pour faciliter l’accouchement. Des décoctions de racine s’ingèrent ou s’utilisent en lotion pour traiter la fièvre et le paludisme, et s’administrent contre la gonorrhée. La moelle de la tige et des branches se consomme comme traitement de l’épilepsie.

Propriétés

Le bois de cœur, blanchâtre, se démarque indistinctement de l’aubier. Son grain est moyennement fin. Le bois est léger, d’une densité d’environ 400 kg/m³ à 12% d’humidité, tendre et fragile. Il est facile à sécher à l’air et ne subit que peu de dégradation. Il est facile à scier et à travailler et donne une surface lisse au rabotage. Ce n’est pas un bois durable ; il est sujet aux attaques fongiques comme le bleuissement.

Des extraits d’écorce de racine ont donné des résultats prometteurs dans l’essai de fixation aux récepteurs à l’acide γ -aminobutyrique de type A (GABAA), et a également montré une activité antiprotozoaire in vitro contre Trypanosoma brucei rhodesiense et Plasmodium falciparum. Plusieurs polyacétylènes et du stigmastérol ont été isolés de l’écorce de racine. Certains des polyacétylènes ont fait preuve d’une activité contre Trypanosoma brucei rhodesiense, Trypanosoma cruzi, Plasmodium falciparum et Leishmania donovani. Ces résultats confirment l’usage de Cussonia zimmermannii en médecine traditionnelle.

Description

  • Arbre de taille petite à moyenne atteignant 25(–45) m de haut ; fût droit ; surface de l’écorce grise à gris verdâtre, fissurée et écailleuse ; cime arrondie, dense ; rameaux glabres.
  • Feuilles disposées en spirale, groupées aux extrémités des rameaux, composées digitées à 5–7 (–9) folioles ; stipules en partie soudées au pétiole ; pétiole atteignant 50 cm de long ; folioles sessiles, elliptiques à obovales, de 5–25 cm × 2–8 cm, cunéiformes à la base, aiguës à acuminées à l’apex, bords dentés à presque entiers, papyracées à coriaces, glabres, pennatinervées.
  • Inflorescence : grappes spiciformes de 8–34 cm de long, par groupes jusqu’à 14 à l’extrémité des rameaux ; bractées jusqu’à 4 mm de long, souvent très nombreuses et serrées à la base de l’inflorescence.
  • Fleurs bisexuées, régulières, généralement 5-mères, de 4–8 mm de diamètre, blanc verdâtre ; pédicelle de 3–5 mm de long ; calice à dents courtes ; pétales libres ; étamines alternant avec les pétales, insérées sur un disque ; ovaire infère, 2-loculaire, styles 2, courts, soudés à la base.
  • Fruit : baie ayant l’aspect d’une drupe, obconique à globuleuse, atteignant 6 mm de long, blanc verdâtre, glabre ou légèrement poilue.
  • Graines ovoïdes-globuleuses, légèrement comprimées, à albumen ruminé.

Autres données botaniques

Le genre Cussonia comprend environ 20 espèces et est limité à l’Afrique tropicale continentale. Le bois de plusieurs autres espèces est utilisé, mais on ne lui attribue guère de valeur et on ne le trouve qu’en petites tailles parce que les fûts sont souvent plus petits et de forme plus médiocre que ceux de Cussonia zimmermannii.

L’une des espèces dont la répartition est la plus vaste est Cussonia arborea Hochst. ex A.Rich., dont l’usage principal est médicinal, comme c’est le cas de Cussonia spicata Thunb. présent dans les forêts de montagne de l’Afrique orientale et australe.

Cussonia bancoensis

Le bois blanchâtre et tendre de Cussonia bancoensis Aubrév. & Pellegr., arbre de taille moyenne dont la hauteur atteint 20(–30) m de haut et le diamètre de fût 60(–100) cm, présent du Liberia au Nigeria (bien qu’on ait avancé l’hypothèse qu’il ne serait originaire que du Ghana et planté en dehors), est utilisé au Ghana pour fabriquer des tambours, des ustensiles et des manches d’outil. L’écorce a révélé une activité antinociceptive et anti-inflammatoire, probablement à cause de la présence de terpénoïdes tels que l’acide 23-hydroxyursolique. Des saponines ont également été isolées de l’écorce, ainsi que du stigmastérol.

Cussonia holstii

Le bois de Cussonia holstii Harms ex Engl., également blanchâtre et tendre, est utilisé pour fabriquer des portes, des ruches, des ustensiles, des manches d’outil et des instruments de musique. Cussonia holstii est un arbre de taille petite à moyenne atteignant 15(–20) m de haut avec un diamètre de fût de 60(–100) cm, présent de la R.D. du Congo à l’Ethiopie et la Somalie, et vers le sud jusqu’en Tanzanie. La décoction d’écorce sert à expulser le placenta après l’accouchement, à arrêter les vomissements et à lutter contre la diarrhée chez le bétail. Des décoctions d’écorce et de racine s’administrent pour améliorer la santé des enfants et traiter les maladies du sang. Les feuilles servent de fourrage pour les chèvres, les ânes et les chameaux. Un extrait d’écorce a fait preuve d’une nette activité contre Trichomonas vaginalis ; le triterpénoïde pentacyclique isolé, l’hédéragénine, a été identifié comme composé actif.

Ecologie

Cussonia zimmermannii se rencontre en forêt côtière sempervirente et en savane arbustive, ainsi qu’en lisière de forêt, jusqu’à 400 m d’altitude. Il est présent en forêt pluviale ainsi qu’en forêt sempervirente sèche.

Ressources génétiques

Cussonia zimmermannii a une aire de répartition relativement restreinte dans une région où la forêt est soumise à de fortes pressions. Il peut facilement devenir menacé d’érosion génétique et des mesures de protection pourraient être nécessaires, comme c’est le cas de l’espèce ouest-africaine Cussonia bancoensis, qui figure déjà sur la liste rouge de l’UICN dans la catégorie “vulnérable”.

Perspectives

Le bois de Cussonia zimmermannii est de relativement médiocre qualité, ce qui est le cas d’autres Cussonia spp., mais il conservera probablement une certaine importance pour des applications locales. D’intéressantes activités pharmacologiques ont été démontrées pour l’écorce. Cela justifie qu’on s’y intéresse davantage, surtout au vu des résultats prometteurs de la recherche pharmacologique sur d’autres Cussonia spp. et leurs composés.

Références principales

  • Beentje, H.J., 1994. Kenya trees, shrubs and lianas. National Museums of Kenya, Nairobi, Kenya. 722 pp.
  • Chikamai, B.N., Githiomi, J.K., Gachathi, F.N. & Njenga, M.G., undated. Commercial timber resources of Kenya. Kenya Forestry Research Institute (KEFRI), Nairobi, Kenya. 164 pp.
  • Senn, M.W., 2006. Structures and evaluation of biologically active constituents of Cussonia zimmermannii Harms. Inauguraldissertation, University of Basel, Switzerland. [Internet] http://pages.unibas.ch/ diss/2006/ DissB_7526.pdf. January 2008.
  • Senn, M., Gunzenhauser, S., Brun, R. & Séquin, U., 2007. Antiprotozoal polyacetylenes from the Tanzanian medicinal plant Cussonia zimmermannii. Journal of Natural Products 70(10): 1565–1569.
  • Tennant, J.R., 1968. Araliaceae. In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 24 pp.

Autres références

  • Cannon, J.F.M., 1978. Araliaceae. In: Launert, E. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 4. Flora Zambesiaca Managing Committee, London, United Kingdom. pp. 621–632.
  • Gessler, M.C., Nkunya, M.H.H., Mwasumbi, L.B., Heinrich, M. & Tanner, M., 1994. Screening Tanzanian medicinal plants for antimalarial activity. Acta Tropica 56: 65–77.
  • He, W., van Puyvelde, L., Maes, L., Bosselaers, J. & de Kimpe, N., 2003. Antitrichomonas in vitro activity of Cussonia holstii Engl. Natural Product Research 17(2): 127–133.
  • Heine, B. & Heine, I., 1988. Plant concepts and plant use; an ethnobotanical survey of the semi-arid and arid lands of East Africa. Part 1. Plants of the Chamus (Kenya). Cologne Development Studies 6. Breitenbach, Saarbrücken, Germany. 103 pp.
  • Holmgren, M., Poorter, L., Siepel, A., Bongers, F., Buitelaar, M., Chatelain, C., Gautier, L., Hawthorne, W.D., Helmink, A.T.F., Jongkind, C.C.H., Os-Breijer, H.J., Wieringa, J.J. & van Zoest, A.R., 2004. Ecological profiles of rare and endemic species. In: Poorter, L., Bongers, F., Kouamé, F.N’. & Hawthorne, W.D. (Editors). Biodiversity of West African forests. An ecological atlas of woody plant species. CAB International, Wallingford, United Kingdom. pp. 101–389.
  • Jansen, P.C.M., 1981. Spices, condiments and medicinal plants in Ethiopia, their taxonomy and agricultural significance. Agricultural Research Reports 906. Centre for Agricultural Publishing and Documentation, Wageningen, Netherlands. 327 pp.
  • Kokwaro, J.O., 1993. Medicinal plants of East Africa. 2nd Edition. Kenya Literature Bureau, Nairobi, Kenya. 401 pp.
  • Maundu, P. & Tengnäs, B. (Editors), 2005. Useful trees and shrubs for Kenya. World Agroforestry Centre - East and Central Africa Regional Programme (ICRAF-ECA), Technical Handbook 35, Nairobi, Kenya. 484 pp.
  • Maundu, P., Berger, D., Saitabau, C., Nasieku, J., Kipelian, M., Mathenge, S., Morimoto, Y. & Höft, R., 2001. Ethnobotany of the Loita Maasai. Towards community management of the forest of the Lost Child. Experiences from the Loita Ethnobotany Project. UNESCO People and Plants Working Paper 8, Paris, France. 34 pp.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 2 mars 2020.


  • Voir cette page sur la base de données Prota4U.