Cucumis myriocarpus (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Légume | |
Médicinal | |
Sécurité alimentaire | |
Cucumis myriocarpus Naudin
- Protologue: Ann. Sci. Nat. Bot., sér. 4, 11 : 22 (1859).
- Famille: Cucurbitaceae
- Nombre de chromosomes: 2n = 24
Synonymes
- Cucumis leptodermis Schweick. (1933).
Noms vernaculaires
- Gooseberry cucumber, prickly paddy cucumber (En).
Origine et répartition géographique
Cucumis myriocarpus est originaire de Zambie, du Botswana, du Zimbabwe, du Mozambique, d’Afrique du Sud et du Lesotho. Il a été introduit dans plusieurs autres régions et s’est naturalisé dans le sud de l’Europe, en Californie et en Australie. On le considère localement comme une adventice ; en Californie on l’a déclaré nuisible.
Usages
Les feuilles de Cucumis myriocarpus sont récoltées dans la nature et servent de légume cuit. La pulpe du fruit est largement utilisée comme émétique et purgatif. On a accusé un surdosage et/ou la présence de graines dans la pulpe d’être à l’origine de cas mortels d’empoisonnement. On soupçonne Cucumis myriocarpus de provoquer une photosensibilisation chez les moutons et la cécité chez le bétail. On peut cependant suspecter que certaines données sur les usages médicinaux et la toxicité de Cucumis myriocarpus résultent d’une mauvaise identification et peuvent concerner d’autres espèces.
Propriétés
La valeur nutritive des feuilles est inconnue, mais elle est probablement comparable à celle des feuilles de Cucumis africanus L.f. et d’autres légumes-feuilles vert foncé. Les fruits frais de Cucumis myriocarpus contiennent des cucurbitacines A et D. Les cucurbitacines, que l’on connaît également chez beaucoup d’autres Cucurbitaceae et diverses autres espèces de plantes, ont des propriétés cytotoxiques (dont une activité antitumorale), anti-inflammatoires et analgésiques.
Botanique
- Plante herbacée annuelle, monoïque, prostrée ou grimpante, à vrilles simples ; tiges atteignant 2 m de long.
- Feuilles simples, alternes ; pétiole de 1,5–10 cm de long ; limbe largement ovale, très profondément 5-palmatilobé, de 2,5–10 cm × 2–7,5 cm, légèrement cordé à la base, lobes elliptiques, chacun à son tour assez profondément 3–5-lobé.
- Fleurs unisexuées, régulières, 5-mères ; réceptacle de 2–5 mm de long ; sépales de 1–3 mm de long ; pétales de 3–6(–10) mm de long, jaune pâle ; fleurs mâles groupées par 1–2 (rarement plus), pédicelle de 0,5–2,5 cm de long, étamines 3 ; fleurs femelles solitaires, groupées avec les fleurs mâles, pédicelle de 1,5–4,5 cm de long, ovaire courtement et mollement épineux.
- Fruit : baie globuleuse à ellipsoïde de 3–6(–9) cm × 1,5–2,5 cm, à épines atteignant 2 mm de long ; pédoncule du fruit de 4,5–7 cm de long, fin.
- Graines ellipsoïdes, de 5–6 mm × 2,5–3 mm × 1–1,5 mm.
Le genre Cucumis comprend environ 30 espèces, dont 4 revêtent une importance économique : le concombre (Cucumis sativus L.), le melon et le concombre serpent (Cucumis melo L.), le concombre antillais (Cucumis anguria L.) et le melon cornu (Cucumis metuliferus Naudin). Cucumis myriocarpus est placé dans le groupe “anguria” du sous-genre Melo. On distingue deux sous-espèces sur la base des caractéristiques du fruit : subsp. leptodermis (Schweick.) C.Jeffrey & P.Halliday se limite à l’Afrique du Sud, subsp. myriocarpus a une répartition bien plus large et diffère du premier par les striures plus distinctes de ses fruits (vert foncé, vert pâle, blanches, violacées, marron et rouille orange) et la densité plus grande des épines.
Ecologie
Cucumis myriocarpus est présent dans des endroits ouverts en savane herbeuse et en savane arborée, en particulier sur des sols sableux à des altitudes de 350–2000 m. On le rencontre fréquemment comme adventice dans les terres cultivées et les rigoles d’irrigation.
Gestion
En Afrique australe, Cucumis myriocarpus est une adventice importante des champs de maïs. L’empoisonnement du bétail broutant les chaumes des champs infestés de mauvaises herbes présente un risque sérieux. Il est aisé de lutter mécaniquement contre cette adventice.
Ressources génétiques
Comme Cucumis myriocarpus est répandu et commun, il n’est pas menacé d’érosion génétique. Il en existe des entrées en banques de gènes en Allemagne, en République tchèque, en Espagne, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.
Au sein du groupe “anguria” qui compte environ 16 espèces de Cucumis à fruits épineux, dont Cucumis anguria, il n’y a pas d’obstacles importants aux échanges de gènes. Plusieurs croisements interspécifiques ont été effectués au sein de ce groupe. On a découvert des individus de Cucumis myriocarpus possédant une résistance intermédiaire au mildiou (Pseudoperonospora cubensis) et une résistance à la cladosporiose (Cladosporium cucumerinum).
Perspectives
En tant que légume Cucumis myriocarpus gardera seulement une importance locale et il faut décourager sa diffusion. Il est prometteur comme source de résistance aux maladies et aux ravageurs pour les espèces de Cucumis d’importance économique.
Références principales
- Jeffrey, C., 1975. Further notes on Cucurbitaceae 3. Some southern african taxa. Kew Bulletin 30(3): 475–493.
- Jeffrey, C., 1978. Cucurbitaceae. In: Launert, E. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 4. Flora Zambesiaca Managing Committee, London, United Kingdom. pp. 414–499.
- Staub, J.E. & Palmer, M.J., 1987. Resistance to downy mildew [Pseudoperonospora cubensis (Berk. & Curt.) Rostow.] and scab (spot rot) [Cladosporium cucumerinum Ellis & Arthur] in Cucumis spp. Cucurbit Genetics Cooperative Report 10: 21–23.
- Watt, J.M. & Breyer-Brandwijk, M.G., 1962. The medicinal and poisonous plants of southern and eastern Africa. 2nd Edition. E. and S. Livingstone, London, United Kingdom. 1457 pp.
Autres références
- Kirkbride Jr, J.H., 1993. Biosystematic monograph of the genus Cucumis (Cucurbitaceae): botanical identification of cucumbers and melons. Parkway Publishers, Boone, North Carolina, United States. 159 pp.
- Meeuse, A.D.J., 1962. The Cucurbitaceae of southern Africa. Bothalia 8(1): 1–112.
- Schippers, R.R., 2000. African indigenous vegetables. An overview of the cultivated species. Natural Resources Institute/ACP-EU Technical Centre for Agricultural and Rural Cooperation, Chatham, United Kingdom. 214 pp.
Auteur(s)
- C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Consulté le 18 décembre 2024.