Cryptosepalum staudtii (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Cryptosepalum staudtii Harms


répartition en Afrique (sauvage)
1, rameau en fleurs ; 2, fleur ; 3, fruit. Redessiné et adapté par Iskak Syamsudin
Protologue: Bot. Jahrb. Syst. 26: 267 (1899).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)

Origine et répartition géographique

L’aire de répartition de Cryptosepalum staudtii s’étend du Cameroun vers le sud jusqu’à l’est du Gabon.

Usages

Le bois, connu sous le nom de “tani” ou d’ “ekop tani”, convient pour la construction lourde, la parqueterie lourde, les menuiseries, les boiseries intérieures, la construction navale, la charronnerie, le mobilier, les traverses de chemin de fer, les échelles, les articles de sport et les manches d’outils.

Production et commerce international

Le bois de Cryptosepalum staudtii est surtout employé localement et rarement vendu sur le marché international.

Propriétés

Le bois de cœur, brun pâle à orange-brun, ne se distingue pas normalement de l’aubier grisâtre à blanc jaunâtre et de 15 cm d’épaisseur. Le fil est ondé à contrefil, le grain moyennement grossier. Le bois est parfois légèrement brillant.

C’est un bois lourd, avec une densité de 890–950 kg/m³ à 12% d’humidité, dur et résistant. Le séchage provoque souvent des déformations et doit donc s’effectuer avec soin. Les taux de retrait sont élevés, de l’état vert à anhydre ils sont de 5,5–5,8% dans le sens radial et de 10,4–11,5% dans le sens tangentiel. Il est recommandé de débiter les grumes sur quartier avant de les sécher. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 189–210 N/mm², le module d’élasticité de 15 090–16 950 N/mm², la compression axiale de 73–83 N/mm², le cisaillement de 10–13,5 N/mm², le fendage de 22–24 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 6,5–10,2.

Le bois se scie et se travaille difficilement tant à la main qu’à la machine ; il faut pour cela énormément de force et le bois émousse considérablement les dents de scies et les lames de coupe. Le contrefil peut être gênant si l’on souhaite obtenir un fini lisse. Des avant-trous sont nécessaires pour le clouage. Le bois se fend facilement. Il se vernit et se peint bien. Il est moyennement durable, car il est sensible aux térébrants marins et parfois aux termites. L’aubier est, quant à lui, sensible aux attaques de Lyctus. Le bois de cœur est très rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation, l’aubier moyennement.

Description

  • Arbre de taille petite à moyenne atteignant 25(–35) m de haut, caducifolié ; fût dépourvu de branches sur 15(–20) m, généralement droit et cylindrique, jusqu’à 100(–120) cm de diamètre, normalement dépourvu de contreforts ; surface de l’écorce lisse, gris rosé, écorce interne fibreuse, rose rougeâtre ; rameaux glabres.
  • Feuilles alternes, composées paripennées à 10–13 paires de folioles ; stipules linéaires, soudées à la base, caduques ; rachis finement poilu ; folioles opposées, sessiles, oblongues, de 1–1,5 cm × 3–4 mm, généralement tronquées à la base, arrondies ou légèrement émarginées à l’apex, glabres, souvent ponctuées d’une glande translucide à proximité de la base, pennatinervées.
  • Inflorescence : courte grappe terminale, habituellement sur un rameau latéral.
  • Fleurs bisexuées, zygomorphes, blanchâtres, à 2 bractéoles concaves de 5–6 mm de long, enveloppant le bouton, persistantes ; pédicelle atteignant 8 mm de long ; calice pourvu d’un tube d’environ 1 mm de long et normalement de 4 petites dents ; pétale 1, elliptique, atteignant 6 mm de long ; étamines 3, d’environ 6 mm de long ; ovaire supère, ellipsoïde, stipité, presque glabre.
  • Fruit : gousse aplatie, obovale à oblongue, de 6–8 cm × 3 cm, en pointe à l’apex, lisse à bords épaissis, brun grisâtre, déhiscente par 2 valves ligneuses, contenant 1–2 graines.
  • Graines arrondies, aplaties, brunes.

Autres données botaniques

Le genre Cryptosepalum comprend quelque 11 espèces et se limite à l’Afrique tropicale. Il semble très proche de Paramacrolobium.

Cryptosepalum tetraphyllum

Cryptosepalum tetraphyllum (Hook.f.) Benth. est un arbre de taille petite à moyenne, atteignant parfois 30 m de haut, à fût droit, cylindrique, jusqu’à 80 cm de diamètre. Il se caractérise par 4 folioles par feuille, celles de la base de plus petite taille. Son aire s’étend en Afrique de l’Ouest, de la Guinée jusqu’au Ghana. Son bois, décrit comme blanchâtre à rosé et d’assez mauvaise qualité, est parfois employé en construction bien qu’il soit difficile à clouer.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm) ; 29 : ponctuations ornées ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 46 : 5 vaisseaux par millimètre carré ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré ; 58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses ; 70 : fibres à parois très épaisses.
  • Parenchyme axial : 80 : parenchyme axial circumvasculaire étiré ; (81 : parenchyme axial en losange) ; (82 : parenchyme axial aliforme) ; 83 : parenchyme axial anastomosé ; 89 : parenchyme axial en bandes marginales ou semblant marginales ; 91 : deux cellules par file verticale ; 92 : quatre ( 3–4) cellules par file verticale ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale.
  • Rayons : 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; (106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées) ; 115 : 4–12 rayons par mm.
  • Eléments sécrétoires et variantes cambiales : 131 : canaux intercellulaires d’origine traumatique.
  • Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial ; (143 : cristaux prismatiques dans les fibres).
(P. Mugabi, P. Baas & H. Beeckman)

Croissance et développement

Au Gabon, Cryptosepalum staudtii fleurit normalement en septembre–octobre au moment même où apparaissent les jeunes feuilles ; les arbres avec leurs fleurs blanches mêlées aux jeunes feuilles rosées sont alors splendides. Les singes, les chimpanzés, les gorilles et les éléphants mangent les jeunes feuilles. Les fruits mûrissent en janvier–février ; leur ouverture est explosive et se fait dans un craquement sec, disséminant ainsi les graines sur de courtes distances.

Ecologie

Cryptosepalum staudtii se rencontre dans la forêt pluviale sempervirente de basse altitude, souvent en bord de rivières.

Ressources génétiques

L’aire de répartition de Cryptosepalum staudtii est limitée et il y semble assez peu commun dans sa plus grande partie. Pour l’instant, rien n’indique qu’il soit menacé par l’érosion génétique, mais il pourrait ne pas tarder à l’être si l’exploitation s’intensifie.

Perspectives

En dépit des bonnes qualités de son bois, de nombreux aspects de Cryptosepalum staudtii demeurent méconnus pour que l’on puisse évaluer les perspectives qui s’offrent à lui en tant que source de bois d’œuvre commercial. Des recherches complémentaires sur sa croissance et sur la gestion qu’il conviendrait de mener en forêt naturelle se justifient.

Références principales

  • Aubréville, A., 1970. Légumineuses - Césalpinioidées (Leguminosae - Caesalpinioideae). Flore du Cameroun. Volume 9. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 339 pp.
  • Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
  • Burkill, H.M., 1995. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 3, Families J–L. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 857 pp.
  • Keay, R.W.J., Hoyle, A.C. & Duvigneaud, P., 1958. Caesalpiniaceae. In: Keay, R.W.J. (Editor). Flora of West Tropical Africa. Volume 1, part 2. 2nd Edition. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 439–484.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan. 248 pp.
  • Vivien, J. & Faure, J.J., 1985. Arbres des forêts denses d’Afrique Centrale. Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris, France. 565 pp.
  • White, L. & Abernethy, K., 1997. A guide to the vegetation of the Lopé Reserve, Gabon. 2nd edition. Wildlife Conservation Society, New York, United States. 224 pp.

Autres références

  • Aubréville, A., 1968. Légumineuses - Caesalpinioidées (Leguminosae - Caesalpinioideae). Flore du Gabon. Volume 15. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 362 pp.
  • Hawthorne, W. & Jongkind, C., 2006. Woody plants of western African forests: a guide to the forest trees, shrubs and lianes from Senegal to Ghana. Kew Publishing, Royal Botanic Gardens, Kew, United Kingdom. 1023 pp.
  • Lewis, G., Schrire, B., MacKinder, B. & Lock, M., 2005. Legumes of the world. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 577 pp.
  • Normand, D. & Paquis, J., 1976. Manuel d’identification des bois commerciaux. Tome 2. Afrique guinéo-congolaise. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 335 pp.
  • Sallenave, P., 1955. Propriétés physiques et mécaniques des bois tropicaux de l’Union française. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent sur Marne, France. 129 pp.
  • Sallenave, P., 1964. Propriétés physiques et mécaniques des bois tropicaux. Premier supplément. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 79 pp.
  • Voorhoeve, A.G., 1979. Liberian high forest trees. A systematic botanical study of the 75 most important or frequent high forest trees, with reference to numerous related species. Agricultural Research Reports 652, 2nd Impression. Centre for Agricultural Publishing and Documentation, Wageningen, Netherlands. 416 pp.

Sources de l'illustration

  • Aubréville, A., 1968. Légumineuses - Caesalpinioidées (Leguminosae - Caesalpinioideae). Flore du Gabon. Volume 15. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 362 pp.

Auteur(s)

  • J.R. Cobbinah, Forestry Research Institute of Ghana (FORIG), University P.O. Box 63, KNUST, Kumasi, Ghana
  • E.A. Obeng, Forestry Research Institute of Ghana (FORIG), University P.O. Box 63, KNUST, Kumasi, Ghana

Citation correcte de cet article

Cobbinah, J.R. & Obeng, E.A., 2011. Cryptosepalum staudtii Harms. [Internet] Fiche de PROTA4U. Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas.

Consulté le 29 mars 2020.


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