Cryptolepis obtusa (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Cryptolepis obtusa N.E.Br.


répartition en Afrique (sauvage)
Protologue: Kew Bull. : 110 (1895).
Famille: Asclepiadaceae (APG: Apocynaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 22

Origine et répartition géographique

Cryptolepis obtusa est présent en Tanzanie, au Malawi, en Zambie, au Zimbabwe, au Mozambique et également en Afrique du Sud.

Usages

En Tanzanie, la décoction de racine se boit pour traiter la schistosomose et l’accumulation de liquides dans le système lymphatique. On lotionne les seins avec une décoction de feuilles pour favoriser la lactation. Le jus de feuilles se boit pour traiter le hoquet. Au Mozambique, il s’applique sur les plaies comme désinfectant. La décoction de racine et le jus de feuilles se boivent pour traiter la gonorrhée et les douleurs abdominales et pour prévenir les fausses couches.

Propriétés

Les principaux composants isolés à partir des extraits éthanoliques de feuilles sont les flavonoïdes suivants : la quercétine, la rutine, la quercitrine ainsi que l’acide chlorogénique. Une faible activité antibactérienne de l’extrait à l’éthanol a été signalée contre Staphylococcus aureus et Vibrio cholerae. Les composés individuels de l’extrait, lorsqu’on les a testés, sont restés sans effet contre diverses bactéries. Plusieurs alcaloïdes stéroïdiques diglycosylés ont été isolés des racines.

Description

Liane glabre atteignant 4 m de long. Feuilles opposées, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 4–10 mm de long ; limbe oblong, de 2–7,5 cm × 0,8–2,8 cm, base arrondie à cunéiforme, apex obtus, rétus ou émarginé, mucroné. Inflorescence : cyme axillaire atteignant 5 cm de long, lâchement composée de 6–10 fleurs, souvent disposées en étroites panicules allongées sans feuilles, de 7,5–30 cm de long, à l’extrémité des pousses latérales ; pédoncule atteignant 2,5 cm de long ; bractées lancéolées, atteignant 2 mm de long. Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle de 2–4 mm de long ; sépales ovales, d’environ 2 mm de long, acuminés, subaigus ; tube de la corolle campanulé, d’environ 2 mm de long, lobes linéaires-lancéolés, d’environ 6 mm de long, aigus ; lobes de la couronne lancéolés, d’environ 1 mm de long, charnus ; étamines à filets libres, anthères triangulaires, acuminées, soudées à la tête du stigmate ; ovaire semi-infère, 2-loculaire, style en colonne. Fruit : paire de follicules étalés, chacun cylindrique, de 7,5–22,5 cm × 5–6 mm, acuminé, réfléchi lorsque mûr, contenant de nombreuses graines. Graines oblongues-ovoïdes, d’environ 6 mm de long, aplaties, lisses, à minuscules verrues, brun noirâtre, garnies d’une touffe de poils blanchâtres.

Autres données botaniques

Le genre Cryptolepis appartient à la sous-famille des Periplocoideae. Il comprend environ 30 espèces en Afrique, en Asie et en Australie. La majorité des espèces se trouvent en Afrique de l’Est et sur l’île de Socotra (Yémen). Plusieurs autres espèces de Cryptolepis en Afrique orientale et australe ont des usages médicinaux.

Cryptolepis africana

Cryptolepis africana (Bullock) Venter & R.L.Verh. (synonyme : Cryptolepis sinensis Merr. subsp. africana Bullock) est présent au Kenya et en Tanzanie. En Tanzanie, la décoction de racine se boit pour ses vertus aphrodisiaques. On lotionne les seins avec du jus de feuilles et on boit la décoction de racine comme galactagogue.

Cryptolepis hypoglauca

Cryptolepis hypoglauca K.Schum. se rencontre au Cameroun, au Kenya et en Tanzanie. Au Kenya, la racine se mastique comme aphrodisiaque.

Cryptolepis orbicularis

Cryptolepis orbicularis Chiov. est endémique de la Somalie. Les graines, parfois broyées dans de l’eau, se prennent pour traiter les maux d’estomac.

Ecologie

Cryptolepis obtusa est présent dans les vallées fluviales et les savanes arbustives, depuis le niveau de la mer jusqu’à 2000 m d’altitude.

Ressources génétiques

Rien n’indique que Cryptolepis obtusa soit menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Cryptolepis obtusa ne conservera probablement qu’une importance locale comme plante médicinale, même si les composés isolés des racines et des feuilles pourraient avoir d’intéressantes propriétés pharmacologiques.

Références principales

  • Brown, N.E., 1902–1904. Asclepiadaceae. In: Thiselton-Dyer, W.T. (Editor). Flora of tropical Africa. Volume 4(1). Lovell Reeve & Co, London, United Kingdom. pp. 231–503.
  • Haerdi, F., 1964. Die Eingeborenen-Heilpflanzen des Ulanga-Distriktes Tanganjikas (Ostafrika). In: Haerdi, F., Kerharo, J. & Adam, J.G. (Editors). Afrikanische Heilpflanzen / Plantes médicinales africaines. Acta Tropica Supplementum 8: 1–278.
  • Jansen, P.C.M. & Mendes, O., 1984. Plantas medicinais, seu uso tradicional em Moçambique. Volume 2. Gabinete de Estudos de Medicina Tradicional, Ministério da Saúde, Maputo, Moçambique. 260 pp.

Autres références

  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Paulo, A. & Houghton, P.J., 2003. Chemotaxonomic analysis of the genus Cryptolepis. Biochemical Systematics and Ecology 31: 155–166.
  • Paulo, A., Gomes, E.T., Duarte, A., Perrett, S. & Houghton, P.J., 1997. Chemical and antimicrobial studies on Cryptolepis obtusa leaves. Fitoterapia 68: 558–559.
  • Paulo, A., Jimeno, M.L., Gomes, E.T. & Houghton, P.J., 2000. Steroidal alkaloids from Cryptolepis obtusa. Phytochemistry 53: 417–422.
  • Venter, H.J.T. & Verhoeven, R.L., 2007. A re-appraisal of Cryptolepis sinensis subsp. africana (Apocynaceae: Periplocoideae) and a description of the pollen apparatus. South African Journal of Botany 73(1): 40–42.

Auteur(s)

  • G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Schmelzer, G.H., 2010. Cryptolepis obtusa N.E.Br. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 1 avril 2025.


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