Croton mubango (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Glucides / amidon | |
Huile essentielle / exsudat | |
Médicinal | |
Ornemental | |
Fourrage | |
Croton mubango Müll.Arg.
- Protologue: Journ. Bot. 2: 338 (1864).
- Famille: Euphorbiaceae
Noms vernaculaires
- Mubango (Po).
Origine et répartition géographique
Croton mubango est connu en Centrafrique, au Gabon, en R.D. du Congo et en Angola.
Usages
En R.D. du Congo, on frictionne les gencives et les dents avec de la pulpe d’écorce pour traiter les maux de dents, et cette pulpe s’emploie aussi en traitement externe des hémorroïdes, de la hernie, des éruptions cutanées et des douleurs aux articulations. La macération d’écorce en friction sur le corps s’emploie comme tonique. La décoction d’écorce se prend pour traiter la gastrite et les règles douloureuses. L’écorce, prise en même temps que les graines de Monodora myristica (Gaertn.) Dunal, se consomme pour traiter les douleurs abdominales et expulser les vers intestinaux. La poudre ou la macération de racine se prennent pour traiter la diarrhée et la dysenterie. Les feuilles sont consommées pour soulager la douleur, et l’infusion de feuilles s’emploie en lotion corporelle comme fébrifuge. La décoction d’écorce de tige est également prise pour traiter les douleurs abdominales et la fièvre. Dans la province de l’Equateur, en R.D. du Congo, la décoction d’écorce de tige broyée est un traitement de la dilatation de la rate et de la tuberculose. L’écorce en poudre dans du vin de palme se prend pour traiter les œdèmes. Les jeunes fruits mis à tremper dans du vin de palme servent de laxatif.
L’écorce de jeunes rameaux est utilisée comme condiment. En R.D. du Congo, Croton mubango est planté dans les villages comme arbre d’ombrage. Les fleurs parfumées attirent beaucoup les abeilles. Des chenilles comestibles (Lobobunaea phaedusa) se nourrissent de ses feuilles. La résine du tronc est utilisée pour piéger les oiseaux.
Propriétés
Un criblage préliminaire a montré la présence de flavonoïdes, de stérols, de triterpènes, de saponines et de sucres réducteurs. Des extraits d’écorce de tige ont fait preuve d’une faible activité antibactérienne et anti-amibienne in vitro.
Des extraits d’écorce de tige au méthanol, au dichlorométhane et à l’eau ont fait ressortir une activité antiplasmodique contre Plasmodium falciparum in vitro. A la dose quotidienne de 200 mg/kg par voie orale, l’extrait au dichlorométhane, les fractions au pétrole-éther, au chloroforme, à l’acétate d’éthyle et la fraction résiduelle soluble dans l’eau ont montré une activité antiplasmodique contre Plasmodium berghei chez les souris. L’extrait aqueux de l’écorce de tige a eu une toxicité relativement faible chez les souris. Il a augmenté significativement les concentrations sériques de glutamate-oxaloacétate transaminase et de glutamate-pyruvate transaminase chez les souris. Un criblage antibactérien in vitro d’un extrait d’écorce de tige n’a eu aucune activité sur les entéropathogènes.
Le bois est dur et blanc.
Description
- Arbuste à arbre, monoïque, de taille moyenne atteignant 17 m de haut ; fût atteignant 30 cm de diamètre ; branches étalées, rameaux pendants, densément couverts de poils écailleux et étoilés.
- Feuilles alternes, simples et entières ; stipules 4–5-partites, à segments linéaires, de 4–12 mm de long, persistantes ; pétiole de 2–10 cm de long ; limbe elliptique à ovale, de 4–16,5 cm × 2–9 cm, base cordée à arrondie, à 2 grandes glandes basales, apex acuminé, à poils étoilés disséminés sur le dessus, écailleux et gris sur le dessous.
- Inflorescence : mince grappe terminale de 7,5–20 cm de long, couverte d’écailles, à fleurs mâles situées le plus souvent dans la partie supérieure et à 1–4 fleurs femelles à la base.
- Fleurs unisexuées, 5-mères, régulières, blanches ; pédicelle de (2–)5–12 mm de long ; sépales triangulaires, de 4–5 mm de long ; pétales ovales-elliptiques, de 3,5–5 mm de long, poilus sur les deux faces ; fleurs mâles à 22–37 étamines, libres ; fleurs femelles à ovaire supère déprimé-globuleux, densément couvert de poils écailleux, 3-loculaire, styles 3, 3–4 fois bifides, étalés.
- Fruit : capsule arrondie de 18–23 mm de diamètre, couverte d’écailles, à 3 graines.
- Graines ellipsoïdes, de 13–15 mm × 9–12 mm, brunâtres.
- Plantule à germination épigée.
Croton mubango fleurit de juillet à septembre.
Autres données botaniques
Le genre Croton comprend environ 1200 espèces des régions chaudes. Il est surtout représenté dans les Amériques ; sur le continent africain, il y a environ 65 espèces et à Madagascar à peu près 125.
Ecologie
Croton mubango est présent à la lisière des forêts denses, dans les forêts secondaires et les savanes boisées.
Ressources génétiques
Croton mubango se rencontre dans les forêts et les savanes perturbées et l’espèce n’est probablement pas rare. Elle n’est pas menacée actuellement d’érosion génétique.
Perspectives
Croton mubango sert à traiter des maladies de toutes sortes, surtout en R.D. du Congo. Bien que les activités antiplasmodiques de l’écorce de tige soient prometteuses, on sait peu de choses sur les composés qui en sont responsables. La poursuite des recherches est donc justifiée.
Références principales
- Latham, P., 2005. Some honeybee plants of Bas-Congo Province, Democratic Republic of Congo. DFID, United Kingdom. 167 pp.
- Léonard, J., 1962. Euphorbiaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 8, 1. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. 214 pp.
- Longanga-Otshudi, A., Vercruysse, A. & Foriers, A., 2000. Contribution to the ethnobotanical, phytochemical and pharmacological studies of traditionally used medicinal plants in the treatment of dysentery and diarrhoea in Lomela area, Democratic Republic of Congo (DRC). Journal of Ethnopharmacology 71(3): 411–423.
- Mesia, G.K., Tona, G.L., Penge, O., Lusakibanza, M., Nanga, T.M., Cimanga, R.K., Apers, S., van Miert, S., Totte, J., Pieters, L. & Vlietinck, A.J., 2005. Antimalarial activities and toxicities of three plants used as traditional remedies for malaria in the Democratic Republic of Congo: Croton mubango, Nauclea pobeguinii and Pyrenacantha staudtii. Annals of Tropical Medicine and Parasitology 99(4): 345–357.
- Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
Autres références
- Brown, N.E., Hutchinson, J. & Prain, D., 1909–1913. Euphorbiaceae. In: Thiselton-Dyer, W.T. (Editor). Flora of tropical Africa. Volume 6(1). Lovell Reeve & Co., London, United Kingdom. pp. 441–1020.
- Kasuku, W., Lula, F., Paulus, J., Ngiefu, N. & Kaluila, D., 1999. Contribution à l’inventaire des plantes utilisées pour le traitement du paludisme à Kinshasa (R.D.C.). Revue de Médecines et Pharmacopées Africaines 13: 95–102.
Auteur(s)
- G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Schmelzer, G.H., 2007. Croton mubango Müll.Arg. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 1 avril 2025.
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