Crotalaria brevidens (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
bottes en vente

Crotalaria brevidens Benth.


Protologue: London Journ. Bot. 2 : 585 (1843).
Famille: Papilionaceae (Leguminosae - Papilionoideae, Fabaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 16

Synonymes

  • Crotalaria intermedia Kotschy (1865).

Noms vernaculaires

  • Crotalaire, sonnette (Fr).
  • Slenderleaf, rattlepod, rattle pea, Ethiopian rattlebox (En).
  • Marejea (Sw).

Origine et répartition géographique

Crotalaria brevidens est présent à l’état sauvage du nord du Nigeria jusqu’à l’Ethiopie et au sud de la Tanzanie. Il a été introduit aux Amériques. Il est signalé comme cultivé et consommé comme légume au Soudan, au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie.

Usages

On cultive la crotalaire pour ses jeunes feuilles et ses pousses, utilisées comme légume cuit. Au Kenya et en Tanzanie, on le connaît sous le nom de “marejea” ou “mitoo”, et en Ouganda sous le nom de “alaju”. Les personnes âgées apprécient son amertume, alors que les jeunes préfèrent l’espèce apparentée Crotalaria ochroleuca G.Don. La crotalaire est consommée cuite à l’eau ou à l’huile et peut également être utilisée comme herbe potagère dans les ragoûts ou les potages. Elle est souvent cuite en mélange avec la corète potagère (Corchorus olitorius L.) pour réduire l’amertume ; on y ajoute des tomates, des oignons, de l’huile ou du lait.

On a signalé plusieurs usages médicinaux. Au Kenya, les feuilles sont utilisées pour soigner les maux d’estomac, les enflures et le paludisme. Les racines sont utilisées pour traiter le mal de gorge et le muguet. Les pousses sont utilisées comme fourrage pour le bétail et on nourrit les volailles avec les graines. La crotalaire est également utilisée comme engrais vert car ses racines forment de nombreuses nodosités et fixent l’azote. Elle est parfois utilisée pour ses fibres. Depuis peu, on utilise la crotalaire comme agent promoteur de la germination de la Striga, plante parasitaire qui pose un problème grave aux producteurs de maïs et de mil. En présence de Crotalaria, la Striga germe puis meurt faute de trouver une plante hôte adéquate. On sait également que Crotalaria supprime les populations de nématodes Meloidogyne.

Production et commerce international

Crotalaria brevidens est un légume cultivé à petite échelle. Aucune donnée spécifique n’est disponible, car elle est généralement incluse avec d’autres légumes verts dans les statistiques.

Propriétés

La composition des feuilles de Crotalaria brevidens et de l’espèce voisine Crotalaria ochroleuca, par 100 g de partie comestible fraîche, est de : eau 74,5 g, protéines 8,8 g, Ca 222 mg, Fe 0,8 mg (Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968). La composition est comparable à d’autres légumes-feuilles vert foncé, sauf que la teneur en matière sèche est plus élevée que la moyenne. Les feuilles sont très amères du fait de la présence de toxines telles que les alcaloïdes pyrrolizidines, les diterpènes et les composés phénoliques.

Falsifications et succédanés

La crotalaire peut être remplacée dans les mets par Crotalaria ochroleuca ou d’autres espèces de Crotalaria.

Description

  • Plante herbacée annuelle ou pérenne à vie courte, érigée, fortement ramifiée, atteignant 2 m de haut ; rameaux habituellement ascendants, à poils courts apprimés à légèrement étalés.
  • Feuilles alternes, 3-foliolées ; stipules absentes ; pétiole de 2–6 cm de long ; folioles linéaires à lancéolées ou elliptiques, de 4–10(–14) cm × 0,3–2(–3,3) cm, pubérulentes apprimées en dessous.
  • Inflorescence : grappe terminale atteignant 50 cm de long, portant un grand nombre de fleurs ; bractées linéaires à subulées, de 1–3,5 mm de long.
  • Fleurs bisexuées, zygomorphes, 5-mères ; calice de 3–8 mm de long, devenant tronqué à la base, réfléchi contre le pédicelle, poilu à glabre, lobes plus courts à légèrement plus longs que le tube ; corolle jaune, à étendard ovale ou elliptique veiné de brun rougeâtre, à ailes presqu’aussi longues que la carène, celle-ci avec un long bec, jusqu’à 2,5 cm de long ; étamines 10, toutes réunies dans une gaine ouverte à la base ; ovaire supère, 1-loculaire, style courbé, stigmate petit.
  • Fruit : gousse étroitement cylindrique de 3,5–5 cm × 0,5–1 cm, souvent légèrement courbée aux extrémités, pubescente, noire à l’état sec, contenant de nombreuses graines.
  • Graines obliques-cordiformes, atteignant 3 mm de long, lisses, jaune pâle, virant à l’orange ou au rouge foncé.

Autres données botaniques

Crotalaria comprend environ 600 espèces réparties dans toutes les régions tropicales. L’Afrique est de loin le continent le plus riche avec environ 500 espèces. Outre les espèces cultivées Crotalaria brevidens, Crotalaria ochroleuca et Crotalaria natalitia Meisn., plusieurs espèces sauvages de Crotalaria sont parfois cueillies comme herbe potagère, par ex. Crotalaria anthyllopsis Welw. ex Baker, Crotalaria cephalotes Steud. ex A.Rich., Crotalaria cleomifolia Welw. ex Baker, Crotalaria florida Welw. ex Baker et Crotalaria senegalensis (Pers.) Bacle ex DC.

Crotalaria brevidens est apparentée à Crotalaria ochroleuca et les données ne peuvent pas toujours être attribuées à l’une ou l’autre avec certitude. Crotalaria brevidens peut être distinguée facilement par la couleur de ses fleurs (habituellement jaune vif opposé à jaune pâle ou crème chez Crotalaria ochroleuca), le calice (souvent pubérulent opposé à glabre), et le diamètre des fruits (0,5–1 cm opposé à (1–)1,5–2 cm).

On distingue quatre variétés de Crotalaria brevidens. Var. brevidens, qui a un calice glabre de 3,5–5(–7) mm de long, prédomine dans la partie nord de l’aire de répartition. Var. intermedia (Kotschy) Polhill, à calice pubérulent de 5–8 mm de long, est la plus répandue. Var. parviflora (Baker f.) Polhill, à fleurs plus petites, se limite aux hautes terres du Kenya, alors que var. dorumaensis (R.Wilczek) Polhill a un statut douteux et n’est connue qu’en R.D. du Congo.

Croissance et développement

La graine germe au bout de 3–4 jours. Au début la plante pousse lentement et elle peut être récoltée 8 semaines après le semis. La récolte peut se poursuivre pendant 4 mois.

Ecologie

On rencontre la crotalaire dans la savane herbeuse et la savane arborée et on la trouve parfois dans des marécages saisonniers ainsi que sur les termitières, à 500–2700 m d’altitude.

Multiplication et plantation

Le poids de 1000 graines est d’environ 5 g. La crotalaire est semée à la volée ou en lignes écartées de 30 cm puis on éclaircit 6 semaines après le semis à un espacement de 15–20 cm × 15–20 cm.

Gestion

La crotalaire réagit bien au fumier de ferme mais moins bien aux engrais artificiels. On recommande d’épandre 20 t/ha de fumier de bétail.

Maladies et ravageurs

Crotalaria brevidens souffre peu des maladies et encore moins des ravageurs. Lorsqu’il fait très humide, la culture entière peut être détruite par un mildiou juste avant la floraison. On peut observer des pucerons et des thrips mais ils représentent rarement une menace grave. Des insectes foreurs de gousses peuvent pénétrer dans le fruit pendant son développement et perturber le développement des graines. Les trous dans les gousses permettent à la pluie d’entrer et de finir de détruire les graines par pourriture.

Récolte

La crotalaire est arrachée juste avant la floraison lorsque les tiges font environ 40 cm de haut et sont âgées de 8 semaines. Sinon, les paysans utilisent les plantes éclaircies comme première récolte après environ 6 semaines et pratiquent ensuite une culture de repousses. La culture de repousses implique qu’on cueille la pousse principale à 8 semaines et qu’on récolte ensuite les nouvelles pousses latérales. On coupe la pousse principale à 10–15 cm au-dessus du sol, en laissant au moins 3 feuilles. Les nouvelles pousses latérales peuvent être récoltées à nouveau après 2 semaines et on peut effectuer jusqu’à 15 récoltes s’il y a assez de pluie et d’apport d’azote.

Rendement

Le rendement pour une récolte effectuée en une seule fois est d’environ 10 t/ha (1 kg/m2) ; les récoltes répétées donnent un rendement beaucoup plus élevé.

Traitement après récolte

Les feuilles fraîches et les jeunes pousses sont très périssables et ne se conservent pas bien. A 20–30°C, elles se conservent 1 journée ; si on souhaite les conserver davantage il faut les maintenir en dessous de 20°C. On lie les pousses en bottes pour réduire leur détérioration et on les asperge régulièrement d’eau. Les feuilles sont souvent séchées afin d’être commercialisées pendant la saison sèche. Le séchage au soleil dure 3–4 jours pendant la saison sèche et 6–7 jours pendant la saison des pluies.

Ressources génétiques

Crotalaria brevidens n’est pas menacée car elle est très répandue à l’état sauvage et plusieurs types locaux sont cultivés. Elle a été incluse dans la Liste des légumes traditionnels africains à conserver prioritairement dans la région SADC. Le Kew Millennium Seed Bank Project a affiché une priorité concernant les légumes traditionnels et a mis en place des collections notables qui sont conservées à Nairobi et au Royaume-Uni.

Perspectives

La crotalaire est un légume traditionnel apprécié dans certaines parties d’Afrique de l’Est, et a de bonnes propriétés nutritionnelles. Les priorités en matière de recherche sont l’amélioration génétique et les techniques culturales.

Références principales

  • Chweya, J.A., 1985. Identification and nutritional importance of indigenous green leaf vegetables in Kenya. Acta Horticulturae 153: 99–108.
  • Chweya, J.A., 1997. Genetic enhancement of indigenous vegetables in Kenya. In: Guarino, L. (Editor). Traditional African vegetables. Proceedings of the IPGRI international workshop on genetic resources of traditional vegetables in Africa: conservation and use, 29–31 August 1995, ICRAF, Nairobi, Kenya. Promoting the conservation and use of underutilized and neglected crops 16. pp. 86–95.
  • Gillett, J.B., Polhill, R.M., Verdcourt, B., Schubert, B.G., Milne-Redhead, E., & Brummitt, R.K., 1971. Leguminosae (Parts 3–4), subfamily Papilionoideae (1–2). In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 1108 pp.
  • Maundu, P.M., Ngugi, G.W. & Kabuye, C.H.S., 1999. Traditional food plants of Kenya. Kenya Resource Centre for Indigenous Knowledge (KENRIK), Nairobi, Kenya. 270 pp.
  • Olembo, N.K., Fedha, S.S. & Ngaira, E.S., 1995. Medicinal and agricultural plants of Ikolomani Division, Kakamega district, Kenya. Development Partners, Kakamega, Kenya. 107 pp.
  • Polhill, R.M., 1982. Crotalaria in Africa and Madagascar. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 389 pp.
  • Schippers, R.R., 2000. African indigenous vegetables. An overview of the cultivated species. Natural Resources Institute/ACP-EU Technical Centre for Agricultural and Rural Cooperation, Chatham, United Kingdom. 214 pp.
  • Sosef, M.S.M. & van der Maesen, L.J.G., 1997. Minor auxiliary plants. In: Faridah Hanum, I. & van der Maesen, L.J.G. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 11. Auxiliary plants. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 264–307.
  • Uiso, F.C. & Johns, T., 1996. Consumption patterns and nutritional contribution of Crotalaria brevidens in Tarime District, Tanzania. Ecology of Food and Nutrition 35: 59–69.
  • Uiso, F.C. & Johns, T., 1996. Risk assessment of the consumption of a pyrrolizidine alkaloid containing indigenous vegetable, Crotalaria brevidens. Ecology of Food and Nutrition 35(2): 111–119.

Autres références

  • Cotias de Oliveira, A.L.P. & de Aguiar Perecin, M.L.R., 1999. Karyotype evolution in the genus Crotalaria (Leguminosae). Cytologia 64: 165–174.
  • Imbamba, S.K. & Tieszen, L.L., 1977. Influence of light and temperature on photosynthesis and transpiration in some C3 and C4 vegetable plants from Kenya. Physiologia Plantarum 39: 311–316.
  • Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968. Food composition table for use in Africa. FAO, Rome, Italy. 306 pp.

Auteur(s)

  • M.O. Abukutsa-Onyango, Department of Horticulture, Maseno University, P.O. Private Bag, Maseno, Kenya

Consulté le 3 décembre 2020.