Corchorus trilocularis (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svg
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Fibre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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répartition en Afrique (sauvage)
1, rameau en fruits ; 2, fleur, sépale et pétale frontaux enlevés ; 3, fruit ; 4, graine. Redessiné et adapté par Achmad Satiri Nurhaman
branche en fleurs et en fruits

Corchorus trilocularis L.


Protologue: Syst. nat. ed. 12, 2 : 369 (1767).
Famille: Tiliaceae (APG: Malvaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 14

Noms vernaculaires

  • Corète à trois loges (Fr).
  • Jew’s mallow, wild Jew’s mallow, bush okra (En).
  • Coreté (Po).
  • Mlendo (Sw).

Origine et répartition géographique

Le genre Corchorus est probablement originaire d’Afrique, avec un centre de diversité secondaire dans la région indo-birmane. Corchorus trilocularis est répandu dans toute l’Afrique tropicale et on le trouve aussi dans les régions tropicales et subtropicales d’Asie et d’Australie. En Afrique, on le rencontre du Cap-Vert et de la Mauritanie à l’ouest, à la Somalie, aux Comores, à Madagascar et à l’île Maurice à l’est, et jusqu’à l’Afrique du Sud vers le sud ; on l’a signalé dans de nombreux pays.

Usages

Les jeunes feuilles tendres de Corchorus trilocularis sont cuites et donnent un produit mucilagineux qui est utilisé comme sauce ou comme condiment pour accompagner le maïs ou une autre céréale. Il est apprécié car sa cuisson ne prend pas beaucoup de temps et ne requiert que de petites quantités de combustible. Dans l’ouest de l’Ouganda, les gens préfèrent les fleurs aux feuilles et les préparent comme un légume mucilagineux à combiner avec d’autres légumes plus grossiers. Les fleurs séchées sont broyées en une poudre qui est conservée pour une utilisation pendant la saison sèche. Les plantes sont broutées par les animaux, dont le bétail. En Somalie, les fibres de la tige sont utilisées pour la fabrication de cordes.

Production et commerce international

Corchorus trilocularis est un légume apprécié localement, cueilli dans la nature pour la consommation domestique et pour la vente sur les marchés locaux. On le cultive rarement et alors à petite échelle.

Propriétés

La composition de Corchorus trilocularis est probablement comparable à celle de Corchorus olitorius L.

Falsifications et succédanés

Corchorus trilocularis peut être remplacé par le gombo ou d’autres espèces de Corchorus, particulièrement Corchorus olitorius. Dans les régions sèches il est principalement remplacé par Corchorus tridens L.

Description

  • Plante herbacée annuelle jusqu’à 1(–1,5) m de haut, généralement érigée, quelquefois avec des rameaux retombants ; tiges fibreuses et dures, souvent un peu ligneuses, souvent pubescentes d’un côté.
  • Feuilles alternes, simples ; stipules sétacées, jusqu’à 1,2 cm de long, pubescentes ; pétiole jusqu’à 0,5–2,5 cm de long ; limbe ovale ou oblong à lancéolé ou étroitement elliptique, de (2–)4–9(–13) cm × 0,5–3(–4) cm, arrondi ou largement cunéiforme et avec ou sans appendices sétacés jusqu’à 1 cm de long à la base, aigu à obtus à l’apex, à bord denté en scie ou crénelé, généralement à nervures pubescentes, à 3(–5) nervures partant de la base.
  • Inflorescence : cyme fasciculée opposée à la feuille, à 1–3(–4) fleurs, munie de bractées.
  • Fleurs bisexuées, régulières, généralement 5-mères, à pédicelle court ; sépales libres, étroitement lancéolés, de (3–)6–10 mm de long ; pétales libres, oblancéolés, de (3–)6–10 mm de long, jaunes, caduques ; jusqu’à 40(–60) étamines ; ovaire supère, 3(–4)-loculaire, style court.
  • Fruit : capsule cylindrique fine jusqu’à 7(–8) cm de long et jusqu’à 3 mm de large, légèrement cannelée, munie d’un bec court à l’apex, scabre, couverte de poils étoilés à l’état jeune, déhiscente par 3(–4) valves, contenant de nombreuses graines.
  • Graines oblongues-ovoïdes, de 1–1,5 mm de long, brun foncé à noires.

Autres données botaniques

Le genre Corchorus contient un nombre incertain d’espèces, estimé à 40–100. On peut confondre Corchorus trilocularis avec Corchorus tridens, mais ce dernier à des cornes distinctement étalées à l’apex du fruit. Les vieilles feuilles de Corchorus tridens sont moins appréciées que celles de Corchorus trilocularis car elles deviennent amères avec l’âge, probablement à cause d’une augmentation en tanins. On peut également confondre Corchorus trilocularis avec Corchorus asplenifolius Burch., particulièrement lorsqu’il est brouté et piétiné et que ses tiges retombent, mais ce dernier est une plante herbacée pérenne à souche ligneuse.

Croissance et développement

Une fois que les conditions d’humidité satisfaisantes et qu’une température d’environ 25°C sont atteintes, Corchorus trilocularis pousse très rapidement. Sa saison de croissance est courte, en général pas plus de 3–4 mois. On constate une croissance plus luxuriante dans des champs fertilisés.

Ecologie

On trouve Corchorus trilocularis dans un grand nombre de milieux différents, allant des terres inondées périodiquement sur sols argileux et des bords de rivière à des savanes herbeuses, des bords de route et des endroits perturbés, ou allant des vertisols à des sols sableux semi-arides, du moment qu’il y a une saison chaude. Il est très répandu dans les endroits qui gardent une humidité résiduelle, telles que les plaines argileuses où il peut coloniser toute la zone et devenir l’espèce la plus abondante. On le trouve couramment comme adventice des champs irrigués. Il apprécie les températures élevées du moment qu’il y a de l’humidité autour de ses racines.

Multiplication et plantation

Les rares personnes qui cultivent Corchorus trilocularis le sèment à la volée dans leur jardin pour leur consommation domestique.

Gestion

Habituellement, on récolte Corchorus trilocularis dans la nature ou dans les champs, où on l’épargne lors du désherbage. Lorsqu’il est cultivé, on utilise les mêmes méthodes que pour Corchorus olitorius.

Récolte

On cueille les extrémités des pousses des plantes sauvages dès qu’elles font 10 cm de haut. Ces pousses fraîches sont les plus appréciées. La cueillette des pousses se poursuit jusqu’à ce que les fruits commencent à se développer et à partir de ce moment-là, on ne récolte plus que les nouveaux rejets latéraux ou les jeunes feuilles une par une.

Rendement

Le produit est principalement vendu à l’état frais et proposé sur le marché en tas, avec souvent des fleurs et des jeunes fruits. Les feuilles sont retirées des pousses qui ne sont plus tendres. Ces feuilles sont souvent conservées dans l’eau afin de les maintenir fraîches. Par ailleurs, on peut sécher les feuilles et les garder pour la saison sèche. Le produit séché ne pèse plus que 15–20% de son poids d’origine. Lorsque les conditions de séchage ne sont pas bonnes, sa couleur passe du vert au noirâtre et sa valeur s’en trouve très réduite. Le séchage au soleil devrait être effectué sur des bâches propres et le produit retourné régulièrement pour qu’il reste vert et uniforme. Les feuilles séchées gardent leur qualité pendant un an, aussi longtemps qu’on les maintient au sec.

Ressources génétiques

Corchorus trilocularis est répandu et on le trouve dans des habitats anthropisés, et il ne semble donc pas sujet à l’érosion génétique. Il n’existe pas de collections de ressources génétiques.

Perspectives

Corchorus trilocularis est répandu localement et proposé au marché à des prix bas. Pour la culture, Corchorus olitorius est préféré du fait de son potentiel de rendement bien meilleur, ce qui laisse peu d’incitation à une production commerciale de Corchorus trilocularis.

Références principales

  • Edmonds, J.M., 1990. Herbarium survey of African Corchorus L. species. Systematic and Ecogeographic Studies on Crop Genepools 4. IBPGR/IJO, Rome, Italy. 284 pp.
  • Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968. Food composition table for use in Africa. FAO, Rome, Italy. 306 pp.
  • Wild, H., 1963. Tiliaceae. In: Exell, A.W., Fernandes, A. & Wild, H. (Editors). Flora Zambesiaca. Volume 2, part 1. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 33–91.
  • Wild, H., 1984. Tiliaceae. In: Leistner, O.A. (Editor). Flora of southern Africa. Volume 21, part 1. Botanical Research Institute, Department of Agriculture, Pretoria, South Africa. 44 pp.

Autres références

  • Bosser, J., 1987. Tiliacées. In: Bosser, J., Cadet, T., Guého, J. & Marais, W. (Editors). Flore des Mascareignes. Familles 51–62. The Sugar Industry Research Institute, Mauritius, l’Office de la Recherche Scientifique Outre-Mer, Paris, France & Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 14 pp.
  • Burkill, H.M., 2000. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 5, Families S–Z, Addenda. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 686 pp.
  • Figueiredo, E., 1995. Tiliaceae. In: Paiva, J., Martins, E.S., Diniz, M.A., Moreira, I., Gomes, I. & Gomes, S. (Editors). Flora de Cabo Verde: Plantas vasculares. No 23. Instituto de Investigação Científica Tropical, Lisbon, Portugal & Instituto Nacional de Investigação e Desenvolvimento Agrário, Praia, Cape Verde. 17 pp.
  • Schippers, R.R., 2000. African indigenous vegetables. An overview of the cultivated species. Natural Resources Institute/ACP-EU Technical Centre for Agricultural and Rural Cooperation, Chatham, United Kingdom. 214 pp.
  • Vollesen, K. & Demissew Sebsebe, 1995. Tiliaceae. In: Edwards, S., Mesfin Tadesse & Hedberg, I. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 2, part 2. Canellaceae to Euphorbiaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 145–164.
  • Wilczek, R., 1963. Tiliaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 10. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 1–91.

Sources de l'illustration

  • Bosser, J., 1987. Tiliacées. In: Bosser, J., Cadet, T., Guého, J. & Marais, W. (Editors). Flore des Mascareignes. Familles 51–62. The Sugar Industry Research Institute, Mauritius, l’Office de la Recherche Scientifique Outre-Mer, Paris, France & Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 14 pp.
  • Vollesen, K. & Demissew Sebsebe, 1995. Tiliaceae. In: Edwards, S., Mesfin Tadesse & Hedberg, I. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 2, part 2. Canellaceae to Euphorbiaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 145–164.

Auteur(s)

  • R.R. Schippers, De Boeier 7, 3742 GD Baarn, Netherlands

Consulté le 18 décembre 2024.