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Corchorus tridens (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Légume Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fibre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage et cultivé)
1, rameau en fleurs et en fruits ; 2, fleur ; 3, fragment de tige avec fruits. Redessiné et adapté par Iskak Syamsudin
fruits à cornes étalées typiques
plantes récoltées dans la nature

Corchorus tridens L.


Protologue: Mant. pl. 2 : 566 (1771).
Famille: Tiliaceae (APG: Malvaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 14

Noms vernaculaires

  • Corète à trois dents (Fr).
  • Jew’s mallow (En).
  • Coreté (Po).
  • Mlenda (Sw).

Origine et répartition géographique

Le genre Corchorus est probablement originaire d’Afrique, avec un second centre de diversité dans la région indo-birmane. Corchorus tridens est répandu dans toute l’Afrique tropicale et on le trouve également au Népal, au Pakistan, en Inde et dans le nord de l’Australie. En Afrique, on le trouve du Sénégal à l’ouest, jusqu’à la Somalie vers l’est et à l’Afrique du Sud vers le sud ; il a été signalé dans de nombreux pays. On le tolère parfois comme légume sauvage dans les champs cultivés en pratiquant un désherbage sélectif, ou on le cultive dans des jardins familiaux. Il a une certaine importance comme légume au Bénin, au Cameroun, au Kenya, au Mozambique, au Niger, au Nigeria et en Afrique du Sud.

Usages

Les feuilles sont utilisées comme légume dans des ragoûts consommés avec des aliments de base féculents ainsi que dans des potages et des sauces. Elles sont plus amères que celles de Corchorus olitorius L., la corète la plus couramment cultivée. Les feuilles cuites deviennent mucilagineuses et cette propriété gluante est accentuée par l’ajout d’un filtrat de cendres. En Afrique de l’Ouest et au Malawi, la plante a été utilisée pour les fibres de sa tige, par ex. pour faire des filets de pêche et des cordages grossiers. Corchorus tridens est brouté par le bétail.

Production et commerce international

Corchorus tridens est utilisé localement là où il est récolté comme légume spontané sur des jachères ou cultivé dans des jardins familiaux, et parfois vendu au marché. Il n’y a ni données statistiques, ni commerce international.

Propriétés

La composition de Corchorus tridens est probablement comparable à celle de Corchorus olitorius.

Falsifications et succédanés

On utilise de la même manière le gombo et d’autres espèces de Corchorus : l’espèce cultivée Corchorus olitorius L. et les espèces sauvages Corchorus asplenifolius Burch., Corchorus fascicularis Lam., Corchorus trilocularis L. et Corchorus aestuans L.

Description

  • Plante herbacée annuelle jusqu’à 1 m de haut, habituellement érigée et ramifiée ; tiges rougeâtres, fibreuses et dures, souvent un peu ligneuses.
  • Feuilles alternes, simples ; stipules sétacées, jusqu’à 1 cm de long ; pétiole jusqu’à 1,5(–2,5) cm de long ; limbe étroitement ovale à lancéolé ou étroitement elliptique, de 2,5–10(–12) cm × 0,5–3(–4,5) cm, arrondi et avec des appendices sétacés jusqu’à 1 cm de long à la base, arrondi, acuminé ou aigu à l’apex, à bord denté en scie ou crénelé, un peu pubescent, habituellement non brillant et vert pâle, à 3(–5) nervures partant de la base.
  • Inflorescence : cyme fasciculée opposée à la feuille, à 1–4 fleurs, munie de bractées.
  • Fleurs bisexuées, régulières, habituellement 5-mères, à pédicelle court ; sépales libres, étroitement elliptiques à étroitement obovales, de 3–5 mm de long ; pétales libres, étroitement obovales à étroitement oblancéolés, de 4–5 mm de long, jaunes, caduques ; jusqu’à 20 étamines ; ovaire supère, 3-loculaire, style court.
  • Fruit : capsule cylindrique fine jusqu’à 4 cm de long et jusqu’à 2 mm de large, légèrement cannelée, munie de 3 petites cornes étalées à l’apex, déhiscente par 3 valves, contenant de nombreuses graines.
  • Graines cylindriques, souvent un peu quadrangulaires, d’environ 1,5 mm de long, brun foncé.

Autres données botaniques

Le genre Corchorus contient un nombre incertain d’espèces, estimé à 40–100. On peut aisément identifier Corchorus tridens grâce aux 3 petites cornes à l’extrémité des fines capsules, qui se fendent à maturité par 3 valves. Il semble très proche de Corchorus aestuans, mais cette espèce possède des fruits ailés.

Croissance et développement

Les plantes poussent rapidement lors de la saison des pluies et la floraison a lieu environ 6 semaines après la germination. Les premières feuilles peuvent être cueillies environ 40 jours après le semis. La floraison a lieu en continu et les graines mûrissent 90–110 jours après le semis. On peut trouver des plantes en fruits toute l’année.

Ecologie

Corchorus tridens est présent dans la savane, la savane boisée et dans la végétation broussailleuse, et pousse souvent comme adventice. On peut le trouver jusqu’à une altitude de 1700 m, mais on le cultive généralement en dessous de 700 m. C’est un légume de saison chaude dans les régions sèches. On le récolte toute l’année dans les basses terres tropicales africaines. Bien qu’il vienne mieux pendant la saison des pluies, il résiste plutôt bien à la sécheresse. Il peut tolérer un mois sans précipitation, mais l’irrigation améliore sa croissance et son rendement. Il tolère également une forte pluviométrie mais est très sensible à un excès d’eau lorsqu’il est jeune. Les températures favorables sont de 22–35°C et les variations diurnes dans cette fourchette de températures stimulent le développement foliaire. On peut cultiver Corchorus tridens sur plusieurs types de sols mais des limons alluviaux ou sableux bien drainés sont préférables. Un pH du sol de 6,5–7 est favorable, mais il tolère un pH de 5,5–8,5.

Multiplication et plantation

Corchorus tridens est principalement récolté dans la nature et n’est que rarement cultivé. En culture, on peut utiliser les mêmes méthodes que pour Corchorus olitorius. Les graines sont semées directement sur des planches bien préparées et fertilisées, au début de la saison humide, à la volée ou en lignes écartées de 20–30 cm. La densité de semis est d’environ 5 g par 10 m2. On éclaircit à 20 plantes par m2. La germination peut être médiocre à cause de la dormance des graines, mais une brève immersion dans l’eau bouillante ou un trempage toute la nuit dans l’eau chaude accélère la germination et la rend moins irrégulière. Les graines restent viables pendant 8–12 mois lorsqu’elles sont conservées dans des récipients bien fermés.

Gestion

Le désherbage doit être effectué tôt ; l’éclaircissage est effectué avant la première récolte. L’apport d’eau supplémentaire en période de sécheresse est bénéfique. On peut appliquer jusqu’à 20 kg d’engrais organique par 10 m2 de planche. Une fumure de fond avec NPK, par ex. à 200 g par 10 m2, suivie d’un complément d’engrais azoté est recommandée en vue d’un rendement optimal.

Maladies et ravageurs

Les principales maladies comprennent le flétrissement dû à Sclerotium rolfsii et la maladie des taches foliaires causée par Cercospora corchori. Corchorus tridens est sensible aux acariens rouges (Tetranychus urticae), aux acariens jaunes, aux altises des feuilles (Podagrica sjostedji), au papillon de la patate douce (Acraea acerata et Acraea terpsichore) et aux nématodes à galles (Meloidogyne spp.).

Récolte

Environ 40 jours après le semis, lorsque les plantes ont développé un feuillage suffisant, la récolte est effectuée toutes les 2 semaines par une coupe des pousses feuillées. La récolte s’arrête lorsque les plantes sont âgées d’environ 80 jours, quand il n’y a plus de formation de nouvelles feuilles. La coupe stimule la ramification et donne alors un meilleur rendement. Comme la floraison concurrence la formation de nouvelles feuilles, on retire les fleurs des pousses feuillées. Les fruits brûnissent lorsqu’ils sont mûrs et sont récoltés avant qu’ils dispersent leurs graines ; ils sont battus et vannés pour obtenir les graines destinées au semis.

Rendement

Le rendement en feuilles est d’environ 5–8 kg par 10 m2 et est fortement réduit pendant la saison sèche qui est fraîche.

Traitement après récolte

Les feuilles récoltées peuvent être séchées, broyées en poudre et conservées pendant une longue période.

Ressources génétiques

Corchorus tridens est répandu et on le rencontre dans des habitats anthropisés, et il ne semble donc pas sujet à l’érosion génétique. Il n’existe pas de collections de ressources génétiques.

Perspectives

Corchorus tridens est un légume intéressant dans les milieux secs, où il vient spontanément, mais il peut aussi être cultivé en jardins familiaux. Les graines sont faciles à trouver et à conserver. C’est un légume apprécié, facile à conserver à l’état de feuilles séchées, nutritif et important du point de vue de la sécurité alimentaire. La collecte de ressources génétiques et la recherche sur Corchorus tridens devraient être encouragées. Cependant, en culture péri-urbaine, il ne peut concurrencer Corchorus olitorius qui donne de meilleurs rendements.

Références principales

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  • Oliveira, J.S. & de Carvalho, M.F., 1975. Nutritional value of some edible leaves used in Mozambique. Economic Botany 29(3): 255–263.
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  • Singh, D.P., 1976. Jute, Corchorus spp. Tiliaceae. In: Simmonds, N.W. (Editor). Evolution of crop plants. Longman, London, United Kingdom. pp. 290–291.
  • Stevels, J.M.C., 1990. Légumes traditionnels du Cameroun: une étude agrobotanique. Wageningen Agricultural University Papers 90–1. Wageningen Agricultural University, Wageningen, Netherlands. 262 pp.

Autres références

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  • Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968. Food composition table for use in Africa. FAO, Rome, Italy. 306 pp.
  • Machakaire, V., Turner, A.D. & Chivinge, O.A., 2000. Agronomic and nutrition studies of two indigenous vegetables in Zimbabwe: Cleome gynandra (Shona=Nyeve, Ndebele=Ulude) and Corchorus olitorius (Shona=Derere, Ndebele=Idelele). Acta Horticulturae 513: 145–152.
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  • Wilczek, R., 1963. Tiliaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 10. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 1–91.
  • Wild, H., 1963. Tiliaceae. In: Exell, A.W., Fernandes, A. & Wild, H. (Editors). Flora Zambesiaca. Volume 2, part 1. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 33–91.

Sources de l'illustration

  • Stevels, J.M.C., 1990. Légumes traditionnels du Cameroun: une étude agrobotanique. Wageningen Agricultural University Papers 90–1. Wageningen Agricultural University, Wageningen, Netherlands. 262 pp.

Auteur(s)

  • N.A. Mnzava, Oleris Consultancy, P.O. Box 1371, Arusha, Tanzania

Consulté le 3 avril 2025.

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