Copaifera mildbraedii (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Huile essentielle / exsudat | |
Médicinal | |
Bois d'œuvre | |
Bois de feu | |
Copaifera mildbraedii Harms
- Protologue: Notizbl. Bot. Gart. Berlin-Dahlem 8: 147 (1922).
- Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)
Origine et répartition géographique
Copaifera mildbraedii est réparti du sud-est du Nigeria jusqu’en Centrafrique, et vers le sud jusqu’au Gabon et en R.D. du Congo.
Usages
Le bois de Copaifera mildbraedii, commercialisé sous les noms de “andem-eviné” et “anzem noir”, et également sous le nom de “etimoe” en combinaison avec le bois de Copaifera salikounda Heckel, est principalement utilisé pour les placages. It convient pour la construction lourde, la menuiserie, la construction navale, la charronnerie, le mobilier, les instruments de musique, les caisses et les cageots, la sculpture et les égouttoirs. Il sert aussi de bois de feu.
Les Pygmées en Centrafrique utilisent l’écorce dans du parfum. Le fruit contient une résine qui est inflammable. En Centrafrique, les fruits séchés au soleil s’utilisent pour allumer les feux et on les fait brûler dans les lampes et comme bougies. En médecine traditionnelle au Nigeria, les fruits et les graines servent comme purgatif, stimulant et diurétique. En Centrafrique, l’écorce est consommée pour augmenter la virilité, la décoction d’écorce est bue ou utilisée en lavement ou en fumigation pour traiter les maux d’estomac, et la décoction des écorces de Copaifera mildbraedii et d’Anonidium mannii (Oliv.) Engl. & Diels se prend pour guérir la stérilité féminine.
Production et commerce international
Selon les données de l’ATIBT, le Gabon a exporté 530 m³ de grumes en 2001, 685 m³ en 2002, 235 m³ en 2003, 225 m³ en 2004 et 265 m³ en 2005. Le Congo en a exporté 150 m³ en 2004, et 80 m³ de grumes et 100 m³ de sciages en 2006.
Propriétés
Le bois de cœur, brun rougeâtre, souvent avec des stries décoratives, se démarque nettement de l’aubier blanc à blanc grisâtre et jusqu’à 10 cm d’épaisseur. Le fil est droit, le grain moyen à fin et régulier. Le bois contient de la résine.
C’est un bois modérément lourd, avec une densité de (600–)750–850 kg/m³ à 12% d’humidité. Le séchage doit être fait lentement et très soigneusement afin d’éviter des gerces et des déformations graves. Il est recommandé de scier le bois sur quartier avant le séchage. Les taux de retrait sont modérément élevés, de l’état vert à anhydre ils sont de 6,0% dans le sens radial et de 8,5% dans le sens tangentiel. Une fois sec, le bois est moyennement stable en service.
A 12% d’humidité, le module de rupture est de 127–155 N/mm², le module d’élasticité de 10 800–15 300 N/mm², la compression axiale de 64–70 N/mm², le cisaillement de 21,5–24,5 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 4,0–6,0.
Le bois se travaille bien tant à la machine qu’à la main. Il se rabote très bien, et donne une finition attrayante. Il tient bien les clous. Il n’est que moyennement durable car sensible à la décoloration et aux attaques de termites. L’aubier est sujet aux attaques de Lyctus. Le bois de cœur est extrêmement rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation.
Le bois contient 40% de cellulose, 30,5% de lignine, 18% de pentosanes and 0,5% de cendres. La solubilité est d’environ 5,5% dans l’alcool-benzène, 2,7% dans l’eau chaude et 27,1% dans une solution de NaOH à 1%. Dans des échantillons en provenance de la R.D. du Congo, les cellules des fibres du bois faisaient en moyenne 1,4 mm de long et 20 μm de large, avec une épaisseur du paroi cellulaire de 4 μm et une épaisseur du lumen de 12,5 μm.
Description
- Arbre sempervirent, de grande à très grande taille atteignant 60(–65) m de haut ; fût dépourvu de branches sur 30 m, droit et cylindrique, jusqu’à 200 cm de diamètre, parfois épaissi et cannelé à la base, sans contreforts ; surface de l’écorce lisse à légèrement fissurée, gris foncé, écorce interne fibreuse, dure, cassante, jaune rosé, virant au brun à l’exposition, aromatique ; cime ombelliforme ; rameaux poilus mais devenant rapidement glabres.
- Feuilles alternes, composées pennées à 20–40 folioles ; stipules caduques ; pétiole et rachis de 13–25 cm de long, sillonné au-dessus ; pétiolules de 1–2 mm de long, poilus ; folioles alternes ou presque opposées, oblongues, de 1,5–4(–6) cm × 1–2(–2,5) cm, base arrondie et asymétrique, apex arrondi à émarginé, glabres sauf la nervure médiane au-dessous, à ponctuations translucides, pennatinervées à 14–20 paires de nervures latérales.
- Inflorescence : grappe terminale ou axillaire de 8–30 cm de long, à branches latérales spiciformes de 2–5 cm de long, à pubescence rougeâtre.
- Fleurs bisexuées, zygomorphes, blanches ; pédicelle d’environ 1 mm de long, à 2 bractéoles caduques jusqu’à 2,5 mm de long ; sépales 4, ovales-lancéolés, de 3–4 mm × 1–2,5 mm, l’un plus large que les 3 autres, aigus, à pubescence rougeâtre ; pétales absents ; étamines 9–10, libres, de 5–6 mm de long ; ovaire supère, sessile, poilu d’un côté, 1-loculaire, style d’environ 2,5 mm de long.
- Fruit : gousse obliquement oblongue à elliptique ou presque globuleuse, de 3–5 cm × 2,5–3,5 cm, coriace, glabre, noir brunâtre, souvent brillante et couverte de gouttelettes résineuses, déhiscente par 2 valves, à 1 graine.
- Graines oblongues, légèrement aplaties, de 1–3 cm × 1–1,5 cm, noires, à arille cireux, mince, orange-rouge.
- Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 3–7,5 cm de long, épicotyle de 4–9 cm de long ; 2 premières feuilles opposées.
Autres données botaniques
Au Nigeria, les fruits de Copaifera mildbraedii mûrissent en février.
Le genre Copaifera comprend une quarantaine d’espèces, dont environ 35 se rencontrent en Amérique tropicale, 4 en Afrique et 1 en Asie tropicale. Copaifera semble étroitement apparenté aux genres Baikiaea, Detarium, Sindora et Tessmannia.
Ecologie
Copaifera mildbraedii est présent dans la forêt pluviale et la forêt-galerie, ainsi qu’en forêt secondaire, mais rarement dans des sites périodiquement inondés.
Gestion
En Centrafrique et au Gabon, le diamètre de fût minimum pour l’abattage est de 70 cm. Les grumes coulent dans l’eau et ne peuvent pas être transportées par flottage fluvial. Elles doivent être débardées rapidement de la forêt et traitées avec un produit de conservation pour éviter les attaques des champignons et des insectes.
Ressources génétiques
Copaifera mildbraedii est répandu et assez commun par endroits au sein de son aire de répartition. Il n’y a pas d’indications de surexploitation et Copaifera mildbraedii ne semble pas menacé d’érosion génétique.
Perspectives
En raison de la durabilité limitée de son bois, il convient mieux pour les usages intérieurs qu’extérieurs. De petites quantités de bois d’œuvre de Copaifera mildbraedii sont vendues sur le marché international, principalement pour la production de placages. Bien qu’il soit assez commun par endroits, on manque d’informations sur les usages locaux de son bois en Afrique tropicale.
Références principales
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Autres références
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Auteur(s)
- E.A. Obeng, Forestry Research Institute of Ghana (FORIG), University P.O. Box 63, KNUST, Kumasi, Ghana
Citation correcte de cet article
Obeng, E.A., 2012. Copaifera mildbraedii Harms. [Internet] Fiche de PROTA4U. Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas.
Consulté le 3 avril 2025.
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