Commelina benghalensis (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Glucides / amidon Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


1, tige en fleurs ; 2, inflorescence ; 3, spathe ouverte avec fruits ; 4, graine. Source: PROSEA

Commelina benghalensis L.


Protologue: Sp. pl. 1 : 41 (1753).
Famille: Commelinaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 22

Synonymes

  • Commelina pyrrhoblepharis Hassk. (1867).

Noms vernaculaires

  • Commeline, comméline (Fr).
  • Blue commelina, venus’ bath, Benghal dayflower, tropical spiderwort (En).
  • Trapoeraba (Po).
  • Kongwa, kafula, mpovupovu (Sw).

Origine et répartition géographique

Commelina benghalensis est à l’origine une espèce de l’Ancien Monde et s’est naturalisée dans les Amériques et à Hawaï. On le trouve dans toute l’Afrique tropicale du Cap-Vert et du Sénégal à l’Ethiopie et au sud jusqu’à l’Afrique du Sud ; on le trouve aussi à Madagascar et dans les îles Mascareignes.

Usages

Dans certaines parties d’Afrique de l’Ouest, par ex. en Côte d’Ivoire et au Ghana, les feuilles de Commelina benghalensis sont cuites et consommées comme légume. Les feuilles sont mucilagineuses. Au Kenya, les jeunes feuilles sont consommées comme condiment ; les vieilles sont considérées comme trop acides et amères. Au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie, on coupe les feuilles et les tiges en morceaux puis on les cuit seules ou avec d’autres légumes tels que Bidens pilosa L. ou Cleome hirta Oliv. On le signale également comme légume en Ethiopie. En Indonésie, les feuilles et les jeunes pointes sont parfois cuites à la vapeur et consommées comme légume et aux Philippines, elles sont consommées cuites. En Inde, on consomme les feuilles comme aliment de famine.

Au Soudan et en Afrique orientale, les plantes sont broutées par les animaux domestiques, à qui elles fournissent en même temps une partie des besoins en eau. Dans le nord du Ghana, c’est l’aliment favori des porcs et des volailles ; en Tanzanie, on le donne aux animaux, en particulier aux porcs et aux lapins. Les abeilles butinent les fleurs. En Afrique australe cependant, son utilisation comme aliment pour les porcs se limite aux périodes de disette car on le soupçonne de provoquer une sorte de “rougeole” chez les animaux. Il peut y avoir des différences édaphiques ou génétiques provoquant de telles différences dans les propriétés, mais celles-ci peuvent également provenir d’identifications erronées, car la plupart des espèces de Commelina se ressemblent très fortement.

Dans le sud du Nigeria, on utilise la plante comme cataplasme pour les pieds douloureux. En Afrique de l’Est, le jus des feuilles et des tiges de Commelina benghalensis est utilisé pour traiter l’ophtalmie, le mal de gorge et les brûlures. Le liquide contenu dans le spathe lors de la floraison est utilisé pour traiter les douleurs oculaires à Zanzibar. En Ouganda et en Tanzanie, le jus est appliqué en topique contre le muguet chez les nourrissons et en Tanzanie, une solution de feuilles écrasées trempées dans de l’eau chaude soigne la diarrhée. Dans le sud de l’Afrique, Commelina benghalensis est utilisé pour combattre la stérilité chez les femmes et une décoction de la racine est utilisée pour soulager les troubles de l’estomac. En Inde, on lui attribue des bienfaits contre la lèpre et aux Philippines il est utilisé comme suppositoire émollient pour la strangurie. Au Rajasthan (Inde), on soigne les moutons qui ont la jaunisse avec une mixture de la plante avec du lactosérum et du sel commun.

Les rhizomes sont féculents et mucilagineux. En Inde et au Soudan, ils sont généralement cuits et consommés et on dit que c’est un aliment sain. En Inde et en Chine, on extrait un colorant du jus des fleurs.

Propriétés

Les feuilles sèches provenant d’un échantillon de Commelina benghalensis de Bouaké, Côte d’Ivoire, contenaient par 100 g : protéines 13,6 g, lipides 2,1 g, glucides 58 g, fibres 41 g (Busson, 1965). Toutes les parties aériennes sont astringentes et contiennent de l’acide cyanhydrique. Commelina benghalensis a donné des résultats négatifs lors d’essais sur son activité antibactérienne.

Description

  • Plante herbacée vivace à racines charnues tubérisées fusiformes ; tiges érigées ou rampantes-ascendantes, portant souvent des fleurs cléistogames souterraines.
  • Feuilles disposées en spirale, simples ; gaine de 0,5–3 cm de long à nervures violettes, ciliée à soies violettes de 3–7 mm de long le long des bords libres, rarement sur la surface, sinon glabre ou à poils en crochets ; limbe généralement largement lancéolé, de 9–12 cm × 3–5 cm, pseudo-pétiole de 3–15 mm de long avec quelques soies violettes ou blanches de 3–7 mm de long, apex aigu ou acuminé, pubescent ou glabre, à nervures parallèles.
  • Inflorescence : cyme opposée aux feuilles, faussement terminale ; pédoncule atteignant 6 mm de long ; spathe en entonnoir de 1–2 cm de long, bords entièrement fusionnés, pubescent à poils courts en crochets et légèrement poilu avec des poils raides.
  • Fleurs bisexuées, zygomorphes, dépassant du spathe lors de la floraison, avec un pédicelle de 4–7 mm de long, réfléchies et enfermées dans le spathe lors de la fructification ; pétales bleus, pétale inférieur plus petit que les 2 pétales supérieurs, ceux-ci comportant un onglet de 4–5 mm de long, limbe de 8 mm × 10 mm ; trois étamines supérieures stériles, à anthères jaunes en croix, étamine médiane à filet de 5–7 mm de long et fertile, anthère bleue d’environ 2 mm de long, les deux étamines latérales (inférieures) à anthères fertiles plus petites, bleues d’environ 1,4 mm de long.
  • Fruit : capsule de 4,5–5,5 mm de long, 3-loculaire, à 3–5 graines, les 2 loges ventrales à 1(–2) graines chacune, déhiscentes, la loge dorsale à 1 graine, tardivement ou immédiatement déhiscente.
  • Graines de taille variable, à contour cylindrique-rectangulaire, de 2–5,5 mm × 1,5–2,2 mm, brunes ; tégument réticulé à rides tuberculées, muni de granules farineux ; hile habituellement linéaire, de 1–3 mm de long, n’atteignant pas les extrémités.

Les espèces de Commelina à fleurs bleues telles que Commelina benghalensis et Commelina diffusa Burm.f. sont facilement confondues. Les deux espèces sont répandues dans toute l’Afrique. Les propriétés attribuées à une espèce peuvent donc également valoir pour l’autre. En Afrique de l’Est, Commelina imberbis Ehrenb. ex Hassk. et Commelina latifolia Hochst. ex A.Rich. sont également utilisés comme légume. Commelina zambesica C.B.Clarke est utilisé comme légume dans l’île de Pemba (Tanzanie).

Les fleurs de Commelina benghalensis s’ouvrent de 8 heures du matin à midi.

Ecologie

Commelina benghalensis est répandu dans les milieux perturbés, les lisières de forêt, au bord de routes, dans la végétation secondaire et dans les champs, sur les terrains vagues et dans les jardins familiaux. Il peut supporter une sécheresse prolongée. C’est une adventice très gênante des cultures ; au Bénin, on signale que c’est une adventice nuisible dans les champs de coton.

Gestion

En Tanzanie, Commelina benghalensis n’est ni cultivé ni protégé localement par les gens. On récolte les feuilles lors de la première averse de la saison des pluies pour une utilisation immédiate. On ne les conserve pas. Les plantes produiraient 14 000 graines sur les parties aériennes et moins dans le sol (fleurs cléistogames), mais ces dernières ont un taux de germination élevé et rendent la lutte contre cette adventice difficile. C’est une adventice aussi bien dans les régions sèches du nord du Bénin (où elle peut avoir un cycle de vie annuel) que dans le sud humide. C’est aussiune adventice importante dans d’autres régions du monde, comme on peut le voir par sa présence sur la liste des adventices nuisibles des Etats-Unis au niveau fédéral.

Ressources génétiques

Du fait de son abondance et de sa nature adventice, il n’y a aucun risque d’érosion génétique pour Commelina benghalensis.

Perspectives

Malgré ses multiples usages, la plante n ’est pas commercialisée en Tanzanie. Les faibles perspectives de commercialisation comme légume ne semblent pas justifier de recherche en vue de sa domestication.

Références principales

  • Ahanchede, A. & Gasquez, J., 1992. Variabilité enzymatique de Commelina benghalensis (L.) au Bénin. In: 9me Colloque International sur la Biologie des Mauvaises Herbes. Dijon, France. pp. 427–436.
  • Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
  • Busson, F., 1965. Plantes alimentaires de l’ouest Africain: étude botanique, biologique et chimique. Leconte, Marseille, France. 568 pp.
  • Isa Ipor, 2001. Commelina L. In: van Valkenburg, J.L.C.H. & Bunyapraphatsara, N. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(2): Medicinal and poisonous plants 2. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 181–185.
  • Ruffo, C.K., Birnie, A. & Tengnäs, B., 2002. Edible wild plants of Tanzania. Technical Handbook No 27. Regional Land Management Unit/ SIDA, Nairobi, Kenya. 766 pp.
  • Watt, J.M. & Breyer-Brandwijk, M.G., 1962. The medicinal and poisonous plants of southern and eastern Africa. 2nd Edition. E. and S. Livingstone, London, United Kingdom. 1457 pp.

Autres références

  • Alam, N. & Sharma, A.K., 1984. Trends of chromosome evolution in family Commelinaceae. Nucleus 27: 231–241.
  • Cufodontis, G., 1962–1969. Beitrag zur Flora von Godjam. Senckenbergiana Biologica 43: 301–330; 46: 115; 47: 273; 50: 281.
  • Fynn, D.F., 1999. Cytotoxicity assay of Commelina diffusa and Commelina benghalensis using the brine shrimp lethality test. BSc thesis, Department of Pharmacognosy, Faculty of Pharmacy, Kwame Nkrumah University of Science and Technology, Kumasi, Ghana. 50 pp.
  • Irvine, F.R., 1930. Plants of the Gold Coast. Oxford University Press, London, United Kingdom. 522 pp.
  • Kelbessa, E. & Faden, B., 1997. Commelinaceae. In: Edwards, S., Mesfin Tadesse, Demissew Sebsebe & Hedberg, I. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 6. Hydrocharitaceae to Arecaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 339–374.
  • Mathias, E., Rangnekar, D.V. & McCorkle, C.M., 1999. Ethnoveterinary medicine: alternatives for livestock development. [Internet] www.vetwork.org.uk/pune12.htm. 27 March 2003.
  • van den Bergh, M.H., 1993. Minor vegetables. In: Siemonsma, J.S. & Kasem Piluek (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 8. Vegetables. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. pp. 280–310.
  • Vanden Berghen, C., 1988. Flore illustrée du Sénégal. Monocotylédones et Ptéridophytes. Volume 9. Monocotylédones: Agavacées à Orchidacées. Gouvernement du Sénégal, Ministère du Développement Rural et de l’Hydraulique, Direction des Eaux et Forêts, Dakar, Senegal. 522 pp.
  • van Wyk, B.E. & Gericke, N., 2000. People’s plants: a guide to useful plants of southern Africa. Briza Publications, Pretoria, South Africa. 351 pp.

Sources de l'illustration

  • Isa Ipor, 2001. Commelina L. In: van Valkenburg, J.L.C.H. & Bunyapraphatsara, N. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(2): Medicinal and poisonous plants 2. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 181–185.

Auteur(s)

  • W.J. van der Burg, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 9 juillet 2021.