Combretum padoides (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Légume | |
Glucides / amidon | |
Médicinal | |
Bois de feu | |
Auxiliaire | |
Sécurité alimentaire | |
Combretum padoides Engl. & Diels
- Protologue: Engl., Monogr. afrik. Pflanzen-Fam. 3: 13, t. 2B (1899).
- Famille: Combretaceae
- Nombre de chromosomes: 2n = 26
Noms vernaculaires
- Thicket bushwillow, thicket combretum (En).
Origine et répartition géographique
Combretum padoides est présent en Afrique de l’Est et en Afrique australe, depuis l’est de la R.D. du Congo, du Kenya et de la Tanzanie jusqu’au Malawi, en Zambie, au Zimbabwe, au Mozambique et au nord-est de l’Afrique du Sud.
Usages
Au Kenya, les feuilles broyées sont appliquées sur les morsures de serpent et les blessures. La décoction de racine se prend pour traiter l’ankylostomose. La décoction de feuille se prend contre le paludisme.
Le bois est utilisé pour faire des perches et des manches d’outil, et il est également utilisé comme bois de feu. Les feuilles tendres sont émincées et cuites seules, avec d’autres légumes ou de la pâte d’arachide et consommées avec un aliment de base. Combretum padoides est une importante plante mellifère.
Propriétés
On a isolé des feuilles de Combretum padoides plusieurs desmosides triterpénoïdes, des hétérosides triterpénoïdes de type oléanène, et du 25(27)-déshydroporiférastérol. Plusieurs de ces composés ont montré une activité antibactérienne significative contre Staphylococcus aureus et Escherichia coli. Des extraits méthanoliques d’écorce de racine et de tige ont montré une nette inhibition de bactéries gram-positives, et ont également été de bons inhibiteurs de Enterobacter aerogenes. Des extraits au méthanol et à l’acétone de feuilles ont montré une activité antifongique significative in vitro. Un extrait à l’acétone de feuilles a montré une activité anti-inflammatoire modérée in vitro. Un extrait à l’eau s’est avéré avoir une faible activité anti-inflammatoire.
Description
Arbuste ou petit arbre atteignant 12 m de haut ou liane, caducifolié ; écorce gris-argenté, lisse ; rameaux à poils courts. Feuilles opposées ou presque opposées, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 3–25 mm de long, mince, densément couvert de poils courts à presque glabre, parfois légèrement écailleux ; limbe elliptique à oblong-elliptique, de (1,5–)3–11,5 cm × (1,5–)3–5,5 cm, apex brusquement acuminé, base étroitement cunéiforme à arrondie, papyracé, à poils courts sur les nervures au-dessous, écailleux au-dessous, pennatinervé à 5–8 paires de nervures latérales. Inflorescence : épi terminal et parfois axillaire atteignant 10 cm de long, ressemblant à une panicule ramifiée lorsqu’il est axillaire. Fleurs bisexuées, régulières, 4-mères, jaunes ou blanches, parfumées, sessiles, écailleuses ; réceptacle constitué de 2 parties, couvertes toutes les deux d’écailles rougeâtres ; sépales largement ovales, d’environ 1 mm de long, écailleux, pétales étroitement elliptiques, de 1–2 mm de long ; étamines 4, libres, d’environ 3 mm de long ; ovaire infère, 1-loculaire, style d’environ 2 mm de long. Fruit : nucule à 4 ailes, à contour presque circulaire ou un peu plus large que longue, de 1,5–2 cm de diamètre, couverte d’écailles rougeâtres ou dorées, à stipe de 2–3 mm de long et ailes de 7–9 mm de large, parfois parsemée de rouge, indéhiscente, à 1 graine. Plantule à germination hypogée.
Autres données botaniques
Combretum est un vaste genre, comprenant environ 250 espèces réparties dans toutes les régions tropicales et subtropicales du monde. Environ 140 espèces existent en Afrique tropicale ; environ 20 espèces sont endémiques de Madagascar. Plusieurs autres espèces de Combretum sont utilisées à des fins médicinales.
Combretum exalatum
Combretum exalatum Engl. se rencontre de la Somalie jusqu’en Tanzanie. En Tanzanie, l’infusion de racine est absorbée pour traiter les saignements excessifs pendant les menstruations. Une pâte de feuilles est frottée sur la peau pour traiter les rhumatismes. Au Kenya, les Kambas fabriquent des arcs avec le bois. Dans ce pays, c’est aussi une plante importante pour le bétail qui la broute.
Combretum pentagonum
Combretum pentagonum M.A.Lawson est une plante grimpante et il est présent du Kenya jusqu’au Mozambique, et vers l’ouest en Zambie. Au Kenya, les Giriamas boivent la décoction de feuilles pour traiter les maux de tête. Les racines sont mastiquées ou cuites avec un peu de sel et prises comme aphrodisiaque et pour traiter la hernie. La décoction de racine se boit pour traiter l’ankylostomose. La décoction d’écorce de tige se prend comme émétique pour traiter l’asthme. Le jus des feuilles et la décoction de racine sont consommés en bouillie pour traiter la gonorrhée. La décoction de racine est utilisée comme bain de bouche pour traiter les saignements des gencives et des dents qui bougent. Elle est appliquée en externe sur les blessures et utilisée comme collyre pour expulser un corps étranger. Différent extraits ont montré une forte activité antibactérienne in vitro.
Combretum xanthothyrsum
Combretum xanthothyrsum Engl. & Diels est présent en Tanzanie et au Mozambique. Au Kenya, la décoction de racine est absorbée comme boisson pour traiter les vers intestinaux, les maladies vénériennes, la maladie mentale et se prend comme aphrodisiaque.
Ecologie
Combretum padoides est présent en forêts fluviales, côtières et marécageuses tout comme dans les fourrés décidus, sur les collines rocailleuses et le long des escarpements en savanes boisées mélangées, du niveau de la mer jusqu’à 1800 m d’altitude.
Multiplication et plantation
Le poids de 1000 graines est de 30,8 g.
Récolte
Les feuilles de Combretum padoides sont récoltées d’octobre à décembre.
Ressources génétiques
Combretum padoides est commun par endroits et n’est pas menacé d’érosion génétique.
Perspectives
Combretum padoides montre des activités bactéricides et antifongiques intéressantes in vitro, et ces résultats méritent des recherches approfondies. De plus amples renseignements sont nécessaires sur sa biochimie également, afin d’évaluer son potentiel.
Références principales
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- Fyhrquist, P., Mwasumbi, L., Haeggstrom, C.A., Vuorela, H., Hitunen, R. & Vuorela, P., 2002. Ethnobotanical and antimicrobial investigation on some species of Terminalia and Combretum (Combretaceae) growing in Tanzania. Journal of Ethnopharmacology 79(2): 169–177.
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Autres références
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Auteur(s)
- E.N. Matu, CTMDR/KEMRI, P.O. Box 54840–00200, Nairobi, Kenya
Citation correcte de cet article
Matu, E.N., 2011. Combretum padoides Engl. & Diels. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 3 avril 2025.
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