Cocculus pendulus (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Cocculus pendulus (J.R.Forst. & G.Forst.) Diels


Protologue: Engl., Pflanzenr. IV, 94: 237 (1910).
Famille: Menispermaceae
Nombre de chromosomes: n = 13

Synonymes

  • Cocculus leaeba (Delile) DC. (1817).

Origine et répartition géographique

Cocculus pendulus est présent en Afrique du Nord, au Proche-Orient et vers l’est jusqu’en Inde. En Afrique tropicale, il est réparti dans tout le désert saharien et ses frontières semi-désertiques, depuis le Cap-Vert jusqu’en Somalie et au nord-est du Kenya.

Usages

Les populations du Sahel, comme celles du Pakistan et de l’Afghanistan, utilisent diverses parties de la plante, en particulier la racine, pour soigner des fièvres, dont la fièvre intermittente. Au Nigeria, ce sont les feuilles et les racines qui sont utilisées à cet effet, et au Sénégal les Toucouleurs et les Peuls utilisent l’écorce de tige et l’écorce de racine. En Afrique de l’Ouest, la décoction de ses racines associées à celles de Tinospora bakis (A.Rich.) Miers, sert à préparer un tonique stimulant. Au Sénégal, les Toucouleurs et les Peuls prennent des décoctions d’écorce de tige et d’écorce de racine contre les parasites intestinaux et la gonorrhée. Les racines sont très réputées au Sénégal contre les affections hépatiques et les problèmes menstruels et aussi pour leurs vertus diurétiques. C’est aussi un ingrédient de remèdes contre la jaunisse, la fièvre jaune, la lèpre, la syphilis, ainsi que d’un aphrodisiaque. L’infusion de la plante aide à extraire les épines du pied. Au Kenya, l’infusion du bois se prend comme émétique.

Dans les parties arides d’Afrique de l’Ouest, la plante est broutée par tous les animaux domestiques, surtout les chameaux et les chèvres, mais lorsqu’il y a d’autres végétaux à brouter, peu d’animaux la consomment. Les fleurs s’ajoutent aux aliments. Les fruits sont comestibles et les Arabes en font une boisson enivrante.

Propriétés

La tige et les feuilles contiennent toutes sortes d’alcaloïdes bisbenzylisoquinoliniques dioxines, dont la cocsuline, la cocsoline, la cocsulinine, la siddiquine, la penduline, la tétradine, l’isotrilobine, la siddiquamine, la kohatine, la télobine, la patéline, la kurramine, l’isotrilobine et la tricordatine, ainsi que de nombreux dérivés. Les composés chimiques des racines n’ont pratiquement pas été étudiés.

La cocsuline est le principal alcaloïde de Cocculus pendulus avec des propriétés anticancéreuses. Les dérivés de la kurramine font ressortir une activité anticholestérinase in vitro. La cocsoline, la penduline, la tétradine et l’isotrilobine ont fait preuve d’une forte activité antiplasmodium in vitro. Cependant, dans une comparaison entre 20 espèces de plantes provenant d’Inde, dotées de propriétés antipaludéennes, Cocculus pendulus n’a pas été retenu pour des recherches plus poussées. La maladie de Newcastle, pseudopeste aviaire, a fourni un modèle de test pour l’activité antivirale, et on a noté chez Cocculus pendulus un effet antiviral positif contre Newcastle.

Des lignées de cellules fortement productrices d’alcaloïdes ont été établies, qui produisent des agents antinéoplastiques.

Description

Liane fortement ramifiée ou arbuste grimpant, dioïque ; tige atteignant 15 cm de diamètre à la base, rayée, gris foncé, rameaux allongés, minces, cylindriques, poilus. Feuilles disposées en spirales, simples ; stipules absentes ; pétiole de 2–10 mm de long ; limbe oblong-lancéolé, parfois ovale chez les feuilles du bas, de 1,5–5 cm × 0,5–2 cm, base cunéiforme, arrondie ou parfois en fer de lance, apex obtus, mucroné, parfois émarginé, coriace, glabre, nervures basales 3, très visibles. Inflorescence : petite cyme axillaire, solitaire ou en groupes ; inflorescence mâle à fleurs peu nombreuses à nombreuses, atteignant 2 cm de long ; inflorescence femelle à 1–2 fleurs, atteignant 1,5 cm de long. Fleurs unisexuées, petites ; sépales 6, ovales-elliptiques, charnus à membraneux, les 3 extérieurs de 1–1,5 mm de long, légèrement poilus, les 3 intérieurs plus grands, finement poilus à glabres ; pétales 6, ovales-obovales, de 0, 5–2 mm × 0,5–1 mm, apex émarginé ; fleurs mâles sessiles ou à court pédicelle, étamines 6–9, atteignant 1,5 mm de long, libres ; fleurs femelles à pédicelle atteignant 1 cm de long, staminodes 6, d’environ 1 mm de long, ovaire supère, constitué de 3(–6) carpelles d’environ 1 mm de long, libres, ovoïdes, comprimés latéralement, stigmate d’environ 0,5 mm de long. Fruit composé de 1–3 drupes obovoïdes, aplaties, chacune de 4–7 mm × 4–5 mm, rouge foncé, noyau côtelé sur les faces latérales, contenant 1 graine. Graines en fer à cheval, aplaties latéralement.

Autres données botaniques

Le genre Cocculus comprend environ 11 espèces, et est présent en Amérique centrale et Amérique du Nord, en Afrique, au Proche-Orient, en Asie et en Polynésie. En Afrique tropicale, on trouve 3 espèces.

Cocculus orbiculatus

Cocculus orbiculatus (L.) DC. est une espèce asiatique également présente à la Réunion et à Maurice. En Asie, la tige est utilisée comme diurétique contre les œdèmes, et les racines s’emploient contre la fièvre et l’épilepsie. En Chine, la tige et les feuilles sont prescrites contre les flatulences, les maux d’estomac et les œdèmes. A la Réunion, les rameaux font office de cordes dans les constructions.

Croissance et développement

Au Soudan, la floraison a lieu en juin–septembre, et les fruits mûrissent en novembre–avril.

Ecologie

Cocculus pendulus pousse dans les maquis semi-désertiques ou les savanes arbustives décidues, parfois dans les endroits ombragés le long des cours d’eau, où il grimpe par ex. sur des Acacia et Balanites spp., jusqu’à 1900 m d’altitude. Il pousse sur les sols sableux et graveleux, et colonise parfois les jachères sèches.

Multiplication et plantation

Un protocole de multiplication in vitro a été mis au point en Inde.

Ressources génétiques

Cocculus pendulus pousse dans des milieux très divers et il a une répartition très large ; par conséquent, il ne semble pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Cocculus pendulus a de nombreux usages comme remède traditionnel. Il est riche en alcaloïdes bisbenzylisoquinoliniques, dont un grand nombre présentent un potentiel pharmacologique. Il est nécessaire de poursuivre les évaluations scientifiques de ces usages et de ces composés. L’utilisation très répandue des racines justifie que la recherche s’intéresse de près à leur composition.

Références principales

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Autres références

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Sources de l'illustration

  • Berhaut, J., 1979. Flore illustrée du Sénégal. Dicotylédones. Volume 6. Linacées à Nymphéacées. Gouvernement du Sénégal, Ministère du Développement Rural et de l’Hydraulique, Direction des Eaux et Forêts, Dakar, Senegal. 636 pp.

Auteur(s)

  • P. Oudhia, SOPAM, 28-A, Geeta Nagar, Raipur, 492001, C.G., India

Citation correcte de cet article

Oudhia, P., 2008. Cocculus pendulus (J.R.Forst. & G.Forst.) Diels. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 12 novembre 2020.


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