Coccinia adoensis (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Fruit | |
Légume | |
Glucides / amidon | |
Médicinal | |
Sécurité alimentaire | |
Coccinia adoensis (A.Rich.) Cogn.
- Protologue: A.DC., Monogr. phan. 3 : 538 (1881).
- Famille: Cucurbitaceae
- Nombre de chromosomes: n = 12
Noms vernaculaires
- Wild spinach (En).
Origine et répartition géographique
On rencontre Coccinia adoensis du Ghana vers l’est jusqu’en Ethiopie et vers le sud jusqu’en Afrique du Sud.
Usages
Les feuilles bouillies de Coccinia adoensis sont consommées au Soudan, en Ethiopie, au Kenya et au Malawi. Au Malawi, les feuilles sont mélangées avec d’autres légumes verts (Bidens pilosa L. et des feuilles de courge), des tomates et de l’arachide. Les fruits sont consommés en Tanzanie, au Malawi et en Zambie. La disponibilité des feuilles et des fruits est saisonnière au Malawi, d’août à décembre et de décembre à janvier respectivement. Au Soudan et au Malawi, les racines sont consommées, mais au Malawi elles sont considérées comme aliment de famine. Elles sont toxiques sauf si elles sont bien cuites. Au Kenya, les feuilles sont broyées et mélangées avec de l’eau, puis on les boit pour soigner les morsures de la vipère heurtante. Une décoction de racines et de jus de feuilles est utilisée comme bain de bouche pour traiter les abcès dentaires en Tanzanie.
Propriétés
Il n’y a aucune donnée sur la composition des feuilles, mais celle-ci est probablement comparable à d’autres légumes-feuilles verts moyennement foncés. La composition des racines par 100 g est de : eau 81 g, énergie 289 kJ (68 kcal), protéines 1 g, lipides 0,1 g, glucides 16 g, fibres 1 g, Ca 44 mg, Mg 30 mg, P 39 mg, Fe 0,4 mg, thiamine 0,02 mg, riboflavine 0,11 mg, niacine 0,34 mg et acide ascorbique 81 mg.
La composition des fruits par 100 g est de : eau 92 g, énergie 27 kcal (112 kJ), protéines 2 g, lipides 2 g, glucides 3 g, Ca 28 mg, Mg 28 mg, P 4 mg, Fe 0,6 mg, acide ascorbique 19 mg (Arnold, T.H., Wells, M.J. & Wehmeyer, A.S., 1985).
Les fruits immatures contiennent de la cucurbitacine B et des traces de cucurbitacine D. Les cucurbitacines, que l’on trouve chez de nombreuses Cucurbitaceae et diverses autres plantes, ont des activités cytotoxiques (dont une activité antitumorale), anti-inflammatoires et analgésiques.
Description
- Plante vivace, grimpante ou coureuse, dioïque, pubescente et strigueuse partout, à vrilles simples ; racine ligneuse munie de tubercules ; tige annuelle, peut-être rarement vivace, côtelée.
- Feuilles alternes, simples ; stipules absentes ; pétiole de 0,5–5 cm de long ; limbe variable, à contour ovale, non lobé à peu ou profondément 3–5(–7)-lobé, de 3,5–13,5 cm × 2,5–13,5 cm.
- Fleurs mâles en grappes axillaires atteignant 22 fleurs, pédoncule atteignant 7,5 cm de long, avec une fleur solitaire longuement pédicellée à la base de la grappe, réceptacle obconique, de 3,5–7 mm de long, corolle jaune pâle, rose ou orange, à lobes de 1–3 cm × 0,5–1,5 cm, unis sur plus de la moitié ; fleurs femelles solitaires, réceptacle de 1,5–3,5 mm de long, sépales de 1–4,5 mm de long, corolle comme chez les fleurs mâles mais plus étroite, ovaire infère.
- Fruit : baie ovoïde-ellipsoïde à ellipsoïde-cylindrique de 3–8 cm × 1–3 cm, lisse, rouge vif à maturité, contenant de nombreuses graines.
- Graines largement ovoïdes, de 6 mm × 3,5 mm × 2,5 mm.
Coccinia se situe dans la tribu des Benincaseae et comprend environ 30 espèces. Le genre est restreint à l’Afrique tropicale, à l’exception de Coccinia grandis (L.) Voigt (tindola), qui s’étend dans toute la région paléotropicale.
Le nom Coccinia quinqueloba (Sond.) Cogn., qui appartient à une espèce restreinte à l’Afrique du Sud, a été parfois mal utilisé pour apparemment désigner Coccinia adoensis.
Ecologie
Coccinia adoensis préfère les conditions semi-arides et est absent des zones humides de l’Afrique orientale. On le trouve en savane boisée, savane arborée, savane herbeuse et forêt-galerie jusqu’à 2200 m d’altitude.
Gestion
Les feuilles, les fruits et les racines de Coccinia adoensis sont exclusivement récoltées à partir de plantes sauvages.
Ressources génétiques
Coccinia adoensis est relativement répandu et commun dans toute son aire de répartition et n’est de ce fait pas menacé dans un avenir proche. On sait peu de choses sur la variabilité génétique au sein de cette espèce. Une seule entrée est enregistrée dans une banque de gènes aux Etats-Unis.
Perspectives
Coccinia adoensis restera un légume traditionnel pour ceux qui dépendent de la cueillette de nourriture dans la nature. Les transferts de gènes de Coccinia adoensis vers Coccinia grandis sont possibles pour améliorer cette espèce économiquement plus importante.
Références principales
- Arnold, T.H., Wells, M.J. & Wehmeyer, A.S., 1985. Khoisan food plants: taxa with potential for future economic exploitation. In: Wickens, G.E., Goodin, J.R. & Field, D.V. (Editors). Plants for arid lands. Proceedings of the Kew international conference on economic plants for arid lands. Allen & Unwin, London, United Kingdom. pp. 69–86.
- Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
- Jeffrey, C., 1978. Cucurbitaceae. In: Launert, E. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 4. Flora Zambesiaca Managing Committee, London, United Kingdom. pp. 414–499.
- Jeffrey, C., 1995. Cucurbitaceae. In: Edwards, S., Mesfin Tadesse & Hedberg, I. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 2, part 2. Canellaceae to Euphorbiaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 17–59.
- Williamson, J., 1955. Useful plants of Nyasaland. The Government Printer, Zomba, Nyasaland. 168 pp.
- Zemede Asfaw & Mesfin Tadesse, 2001. Prospects for sustainable use and development of wild food plants in Ethiopia. Economic Botany 55(1): 47–62.
Autres références
- Jeffrey, C., 1995. Cucurbitaceae. In: Edwards, S., Mesfin Tadesse & Hedberg, I. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 2, part 2. Canellaceae to Euphorbiaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 17–59.
- Keraudren-Aymonin, M., 1975. Cucurbitaceae. In: Bamps, P. (Editor). Flore d’Afrique centrale. Spermatophytes. Jardin botanique national de Belgique, Brussels, Belgium. 152 pp.
- Meeuse, A.D.J., 1962. The Cucurbitaceae of southern Africa. Bothalia 8(1): 1–112.
- Ruffo, C.K., Birnie, A. & Tengnäs, B., 2002. Edible wild plants of Tanzania. Technical Handbook No 27. Regional Land Management Unit/ SIDA, Nairobi, Kenya. 766 pp.
- Watt, J.M. & Breyer-Brandwijk, M.G., 1962. The medicinal and poisonous plants of southern and eastern Africa. 2nd Edition. E. and S. Livingstone, London, United Kingdom. 1457 pp.
Auteur(s)
- C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Consulté le 3 avril 2025.