Chrysophyllum boivinianum (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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bois

Chrysophyllum boivinianum (Pierre) Baehni


Protologue: Boissiera 11: 76 (1965).
Famille: Sapotaceae

Synonymes

  • Gambeya boiviniana Pierre (1891),
  • Gambeya madagascariensis Lecomte (1920).

Noms vernaculaires

  • Famelona à grandes feuilles (Fr).

Origine et répartition géographique

Chrysophyllum boivinianum pousse aux Comores et dans l’est de Madagascar.

Usages

A Madagascar, le bois est couramment employé pour les menuiseries intérieures et extérieures, les meubles, le moulage, les panneautages, la parqueterie légère et les échelles. Il est également employé en construction navale en raison de son élasticité.

Les fruits sont comestibles. Les feuilles broyées sont appliquées en pansement sur les piqûres de scorpion. A Madagascar, Chrysophyllum boivinianum fournit un des ingrédients entrant dans les mélanges de plantes employés pour traiter les empoisonnements et soulager les symptômes de paludisme, la fatigue et les douleurs musculaires.

Propriétés

Le bois de cœur est de couleur crème à jaune brunâtre ou brun rosé, parfois avec des raies foncées irrégulières, et peu distinct de l’aubier, qui a 5–6 cm de large. Le fil est droit, parfois légèrement ondé, le grain fin à moyennement fin et régulier.

Le bois est moyennement lourd, avec une densité de 630–710 kg/m³ à 12% d’humidité. Les taux de retrait sont modérés à forts : 3,7–4,7% dans le sens radial et 8,6–9,9(–12,5%) dans le sens tangentiel de l’état vert à anhydre. Cependant, le bois se sèche bien à l’air avec peu de dégradation, quoique parfois avec une tendance au gauchissement.

A 12% d’humidité, le module de rupture est de 128–151 N/mm², le module d’élasticité de 11  470–12 940 N/mm², la compression axiale de 43–53 N/mm², le cisaillement de 8,1 N/mm², le fendage de 17–23 N/mm, et la dureté Chalais-Meudon de 2,5–3,1.

Le bois est facile à scier, se travaille bien avec des outils à main et à la machine, et il peut se raboter pour donner un excellent fini. Il ne se fend pas facilement au clouage, mais la tenue des clous et des vis est seulement moyenne. Il a de bonnes caractéristiques de collage et de peinture. Il se tourne bien, et il a de bonnes caractéristiques de cintrage à la vapeur. Il est seulement moyennement durable, et sujet aux attaques de champignons et d’insectes. Le bois de cœur est rebelle au traitement avec des produits d’imprégnation, et l’aubier l’est moyennement.

Description

  • Arbre de taille moyenne jusqu’à 25 m de haut ; fût jusqu’à 60 cm de diamètre, rectiligne, souvent cannelé, atteignant 18 m jusqu’aux premières branches, souvent avec des contreforts peu développés à la base ; surface de l’écorce lisse, écorce interne exsudant un latex blanc visqueux ; jeunes rameaux anguleux, poilus, rameaux âgés portant des cicatrices des feuilles.
  • Feuilles disposées en spirale, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 1,5–2 cm de long, cannelé, poilu ; limbe elliptique à obovale, de 7–12(–40) cm × 2,5–3,5(–12) cm, cunéiforme à la base, courtement acuminé à l’apex, à poils apprimés denses brun rougeâtre sur la face inférieure, pennatinervé à 12–30 paires de nervures latérales droites.
  • Fleurs en fascicules axillaires, bisexuées, régulières, 5-mères, sessiles ou à pédicelle court ; sépales libres, de 2,5–3 mm de long, pubescents ; corolle à tube d’environ 2,5 mm de long et lobes arrondis d’environ 1,5 mm de long, poilus sur les bords, blanc cassé ; étamines insérées dans le tube de la corolle, à l’opposé des lobes ; ovaire supère, à poils longs, 5-loculaire, style court, effilé, glabre.
  • Fruit : baie globuleuse jusqu’à 4,5 cm de diamètre, renfermant jusqu’à 5 graines.
  • Graines ellipsoïdes, aplaties, jusqu’à 3 cm × 1,5 cm.

Autres données botaniques

Le genre Chrysophyllum comprend quelque 70 espèces, et se rencontre dans toutes les régions tropicales. L’Amérique tropicale est la plus riche en espèces (environ 45), suivie par l’Afrique continentale (environ 15), Madagascar (environ 10), et l’Asie tropicale et l’Australie (2 au total). Le genre a été divisé en 6 sections, dont 2 (section Aneuchrysophyllum et section Donella) comprennent les espèces africaines. Chrysophyllum boivinianum appartient à la section Aneuchrysophyllum.

Les fruits de Chrysophyllum boivinianum sont couramment mangés par des lémuriens, qui peuvent en disperser les graines.

Ecologie

Chrysophyllum boivinianum se rencontre dans la forêt humide sempervirente du niveau de la mer jusqu’à 1750 m d’altitude. Il est particulièrement caractéristique de la forêt d’altitude moyenne le long de l’escarpement à l’est de Madagascar. On le trouve dans les forêts littorales et sublittorales sur sols sableux, mais il préfère les sols latéritiques où il peut être abondant. On le trouve aussi dans les forêts relictes sur les hauts plateaux.

Gestion

Après abattage, les grumes doivent être débardées rapidement, parce qu’elles sont sujettes aux fentes de cœur et aux fentes en bout. Elles sont sensibles aux attaques de champignons du bleuissement, c’est pourquoi il est recommandé de les tremper dans un bain de préservation avant de les empiler.

Ressources génétiques

Chrysophyllum boivinianum est répandu dans tout l’est de Madagascar et localement commun, et il ne semble pas jusqu’à présent être menacé d’érosion génétique. Toutefois, il y a des inquiétudes au sujet du déclin de l’espèce depuis quelques années, et elle a été incluse dans une liste TRAFFIC (réseau de surveillance du commerce d’espèces de flore et de faune sauvages, programme conjoint du WWF et de l’UICN) d’espèces employées en médecine traditionnelle et nécessitant des actions de conservation, d’aménagement ou de recherche en Afrique orientale et australe.

Perspectives

Aussi longtemps qu’il subsistera des peuplements de taille suffisante, le bois de Chrysophyllum boivinianum gardera son importance pour l’utilisation locale. Il est recommandé d’étudier la multiplication et la conduite de l’essence pour déterminer ses possibilités d’utilisation en plantations d’essences indigènes à bois d’œuvre à Madagascar.

Références principales

  • Aubréville, A., 1974. Sapotaceae. Flore de Madagascar et des Comores, famille 164. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 128 pp.
  • Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
  • Guéneau, P., Bedel, J. & Thiel, J., 1970–1975. Bois et essences malgaches. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 150 pp.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.

Autres références

  • Capuron, R., 1966. Famelona (Gambeya boiviniana Pierre - Sapotacées). Centre Technique Forestier Tropical, section de Madagascar, Antananarivo, Madagascar. 8pp.
  • Randrianarivelojosia, M., Rasidimanana, V.T., Rabarison, H., Cheplogoi, P.K., Ratsimbason, M., Mulholland, D.A. & Mauclère, P., 2003. Plants traditionally prescribed to treat tazo (malaria) in the eastern region of Madagascar. Malaria Journal 2: 25. [Internet] Open Access article. http://www.pubmedcentral.nih.gov/articlerender.fcgi?artid=184444. October 2006.
  • Schatz, G.E., 2001. Generic tree flora of Madagascar. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 477 pp.
  • Styger, E., Rakotoarimanana, J.E.M., Rabevohitra, R. & Fernandes, E.C.M., 1999. Indigenous fruit trees of Madagascar: potential components of agroforestry systems to improve human nutrition and restore biological diversity. Agroforestry Systems 46(3): 289–310.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2007. Chrysophyllum boivinianum (Pierre) Baehni. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 6 mars 2020.


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