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Chloroxylon swietenia (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Ornemental Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Statut de conservation Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg


coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois

Chloroxylon swietenia (Roxb.) DC.


Protologue: Prodr. 1: 625 (1824).
Famille: Rutaceae

Noms vernaculaires

  • East Indian satinwood, Ceylon satinwood (En).

Origine et répartition géographique

Chloroxylon swietenia est originaire de l’Inde centrale et du sud et du Sri Lanka. Des essais de culture ont été réalisés en Afrique, en particulier au Nigeria et à Madagascar.

Usages

Chloroxylon swietenia offre un bois d’œuvre décoratif, utilisé pour les meubles, les lambris, le modelage, les boiseries intérieures, l’ébénisterie, les revêtements de sol, les boîtes, la caisserie, la menuiserie intérieure, les sculptures, les jouets, les instruments de musique et les articles de luxe. On en fait des placages décoratifs qui toutefois ne conviennent pas à la fabrication de contreplaqué en raison de leur poids. Du fait de sa solidité, il est en outre utilisé pour la construction lourde, les traverses de chemin de fer, la construction navale et l’outillage agricole. Il s’emploie aussi comme bois de feu.

En Inde, la plupart des parties de la plante ont des usages médicinaux. Des applications de feuilles broyées servent à traiter les plaies, les morsures de serpent et les rhumatismes. On prête à l’extrait d’écorce des vertus astringentes et il se prend pour traiter la fièvre, les douleurs thoraciques et, en mélange à d’autres plantes, l’asthme. En friction, il est utilisé pour traiter les ecchymoses et les articulations douloureuses. Une pâte de feuilles et de racines prise en interne sert à traiter les maux de tête, ou en externe, en baume appliqué sur le front. Au Sri Lanka, l’écorce de racine se boit dans du lait comme boisson pour traiter l’impuissance.

Production et commerce international

Le bois de Chloroxylon swietenia fait l’objet d’un commerce international, par ex. sur Internet, surtout pour la décoration intérieure et la marqueterie architecturale. Il est cher et les quantités sont limitées.

Propriétés

Le bois de cœur est de couleur crème à jaune doré et brunit avec l’âge ; il ne se démarque pas nettement de l’aubier, légèrement plus pâle. Le bois présente habituellement un contrefil ou un fil ondulé, et le grain est fin et régulier. Il est souvent rayé ou marbré, et remarquablement lustré. La présence de veines gommeuses sombres est un défaut courant, car elles risquent de se transformer en fissures. Le bois a une légère odeur agréable à la coupe.

C’est un bois lourd, d’une densité de 900–980 kg/m³ à 12% d’humidité. Le séchage à l’air demande du soin pour éviter les craquelures ou le gauchissement. Le séchage au four peut produire de bons résultats avec une faible dégradation, mais il est relativement lent. Les taux de retrait du bois vert à anhydre sont moyennement élevés : de 5,5–5,9% radialement et de 7, 1–9,0% tangentiellement.

C’est un bois solide et dur. A 12% d’humidité, le module de rupture est d’environ 174 N/mm², le module d’élasticité de 14 900 N/mm², la compression axiale de 60 N/mm², le fendage de 20 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 9,2.

Il est difficile à travailler avec un outillage manuel et moyennement difficile à scier et à usiner, et il a un effet d’usure modéré à important sur les outils de coupe. Au rabotage, un angle de coupe de 15° est nécessaire pour éviter les déchirures. Avec une finition soignée, il est possible d’obtenir une surface parfaitement polie et un bel effet glacé. Le forage serait assez difficile et le bois a besoin d’être maintenu fermement pour éviter le broutage. Des avant-trous sont recommandés pour le clouage et le vissage, mais les propriétés de rétention des clous et des vis sont qualifiées de bonnes. Le bois se tourne et se colore bien, mais il est difficile à coller.

Le bois de cœur passe pour hautement résistant à tous les types de champignons, mais il semblerait qu’en Inde il soit peu résistant aux attaques de termites. Il est également sensible aux attaques des térébrants marins, et dans une moindre mesure des scolytes et des capricornes. L’aubier n’est pas sensible aux foreurs Lyctus. Le bois de cœur est extrêmement rebelle aux traitements de conservation. Le bois provoquerait une irritation de la peau.

De l’écorce de tige on a isolé des coumarines (swieténone, swieténocoumarines A–F, 8-prénylnodakénétine et déméthylluvangétine) et des alcaloïdes quinolinones (swieténidines A et B). Du bois de cœur, de l’acide 2,4-dihydroxy-5-prénycinnamique a été isolé, ainsi qu’un alcaloïde (la skimmianine) et des coumarines (swieténol, xanthylétine, xanthoxylétine, 7-déméthylsubérosine et alloxanthoxylétine). L’huile essentielle des feuilles a pour principaux composés des terpènes : limonène, germacrène D, geijérène, prégeijérène, trans-β-ocimène et méthyl eugénol. L’huile des feuilles comme celle de la tige ont fait ressortir des activités modérées à fortes contre un ensemble de bactéries et de champignons. Les graines contiennent 16% d’huile non siccative.

L’huile essentielle des feuilles et des tiges et plusieurs composés isolés ont manifesté une activité insecticide antimoustique significative par fumigation contre Aedes aegypti, Anopheles gambiae et Culex quinquefasciatus, ainsi qu’une activité contre le ver du tabac, Spodoptera litura. Des extraits au méthanol de feuilles séchées ont fait preuve d’une bonne activité analgésique chez des souris.

Description

  • Arbre caducifolié de taille petite à moyenne, atteignant 18(–25) m de haut ; fût droit, cylindrique, dépourvu de branches jusqu’à une hauteur de 4,5 m, atteignant 45(–90) cm de diamètre ; surface de l’écorce jaunâtre ou brun pâle grisâtre, rugueuse et liégeuse ; cime étalée ; rameaux à poils grisâtres.
  • Feuilles alternes, composées paripennées à 20–40 folioles, atteignant 24 cm de long, poilues à l’état jeune ; stipules absentes ; pétiole atteignant 3 cm de long ; pétiolules courts ; folioles alternes, oblongues, de 1,5–3 cm × 0,5–1.5 cm, base très asymétrique, un côté cunéiforme, l’autre légèrement cordé, apex aigu, bord entier, ponctuées de glandes, pennatinervées avec jusqu’à 5 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : panicule terminale ou axillaire en pyramide atteignant 15 cm de long, à poils courts.
  • Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, petites ; pédicelle d’environ 5 mm de long ; calice à lobes deltoïdes, d’environ 3 mm de long ; pétales libres, elliptiques, atteignant 3,5 mm de long, à léger onglet, frangés, blancs, étalés, à poils courts sur les deux faces ; étamines 10, libres, d’environ 2 mm de long ; disque 10-lobé, épais, densément couvert de poils courts ; ovaire supère, ovoïde, légèrement 3-lobé, peu à densément couvert de poils courts, 3-loculaire, immergé dans le disque, style court, mince, stigmate capité, petit.
  • Fruit : capsule ellipsoïde de 2,5–3 cm × environ 1,5 cm, déhiscente par 3 valves ligneuses, contenant jusqu’à 12 graines.
  • Graines ellipsoïdes, aplaties latéralement, d’environ 1 cm de long, à aile oblongue d’un côté, atteignant 1,5 cm de long.

Autres données botaniques

Le genre Chloroxylon comprend 3 espèces ; 2 sont endémiques de Madagascar. Chloroxylon swietenia fleurit lorsque il est sans feuilles, à la saison sèche, et on peut le trouver en train de fructifier 2–3 mois plus tard.

Ecologie

Dans son milieu naturel, Chloroxylon swietenia est présent dans la forêt décidue sèche sur sols pauvres sableux ou rocailleux, et bien drainés, à des altitudes faibles à moyennes. Il est présent dans des régions où la pluviométrie annuelle est de 750–1500 mm.

Gestion

Chloroxylon swietenia a montré de bons taux de croissance au Nigeria. Il se recèpe bien. En Inde, Chloroxylon swietenia constitue une plante alimentaire facultative des chenilles de Papilio demoleus, un ravageur des Citrus.

Ressources génétiques

Chloroxylon swietenia s’est raréfié dans plusieurs régions de l’Inde et du Sri Lanka en raison de l’exploitation de son bois d’œuvre, et il figure sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN dans la catégorie “vulnérable”.

Perspectives

Le bois décoratif de Chloroxylon swietenia est d’excellente qualité et continuera à être recherché pour les articles de luxe, le modelage, les boiseries intérieures, la menuiserie intérieure, les sculptures, les jouets et les instruments de musique. Il serait utile d’étudier les possibilités de le planter à petite échelle en Afrique.

Références principales

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  • Kiran, S.R. & Devi, P.S., 2007. Evaluation of mosquitocidal activity of essential oil and sesquiterpenes from leaves of Chloroxylon swietenia DC. Parasitology Research 101(2): 413–418.
  • Stone, B.C., 1985. Rutaceae. In: Dassanayake, M.D. (Editor). A revised handbook to the flora of Ceylon. Vol. 5. Amerind Publishing Co., New Delhi, India. pp. 406–476.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.

Autres références

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  • Bhide, K.S., Mujumdar, R.B. & Rao, A.V.R., 1977. Phenolics from the bark of Chloroxylon swietenia. Indian Journal of Chemistry Section B Organic Chemistry Including Medicinal Chemistry 15(5): 440–444.
  • Capuron, R., 1967. Nouvelles observations sur les Rutacées de Madagascar. Adansonia, séries 2, 7(4): 479–500.
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  • Kiran, S.R., Devi, P.S. & Reddy, K.J., 2008. Evaluation of in vitro antimicrobial activity of leaf and stem essential oils of Chloroxylon swietenia DC. World Journal of Microbiology and Biotechnology 24(9): 1909–1914.
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  • Parrotta, J.A., 2001. Healing plants of peninsular India. CABI Publishing, Wallingford, United Kingdom. 917 pp.
  • Sentil, R.A. & Ramkumar, R., 2003. Analgesic activity of Chloroxylon swietenia. Indian drugs 40(1): 34–36.
  • Upadhyay, R. & Chauhan, S.V.S., 2001. Chloroxylon swietenia DC.: an effective insect repellent. Geobios 28(2–3): 161–162.

Auteur(s)

  • G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Schmelzer, G.H., 2008. Chloroxylon swietenia (Roxb.) DC. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 avril 2025.


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