Chiendent

De PlantUse Français
Aller à : navigation, rechercher

Les brosses à chiendent (ou brosses en chiendent, brosses de chiendent) sont d'usage courant. Cette fibre naturelle a résisté à la pression des fibres artificielles. Elles sont suffisamment rigides pour gratter et décrotter, et suffisamment souples pour ne pas rayer les objets ou blesser la peau.

Brosse à chiendent de type violon

Et pourtant, la nature botanique de leurs poils m'est inconnue ! Pratiquement aucun ouvrage récent ne précise l'origine et l'histoire de ces objets si communs. Voici quelques notes préliminaires. Il faudrait aussi consulter les manuels Roret. Si vous avez d'autres sources, merci de les reproduire ci-dessous.

Il semble s'agir de racines ou de rhizomes d'une Gramineae. Leur forme tordue indique que ce ne sont ni des chaumes ni des ramifications de panicules. Il serait intéressant de savoir quelle est la source actuelle. Il doit y avoir quelque part une filière de collecte et de transformation de ces fibres.

Ce qu'on appelle chiendent en France est soit Cynodon dactylon soit un Agropyron, Elymus, Elytrigia ou Thinopyrum. Ces espèces ont des usages médicinaux, mais apparemment pas techniques.

Par ailleurs, j'ignore s'il existe un terme en anglais ou dans d'autres langues pour les désigner.

Michel Chauvet

PS. Pour le tampico ou Mexico fiber, voir Agave lophanta.

Emile Perrot, 1943-44. Matières premières du monde végétal.

tome 1 : 557.

Chiendents de brosserie. En Italie, on fabrique - surtout en Lombardie - des brosses avec les rhizomes blanchis aux vapeur de soufre du Chrysopogon Gryllus L.. Au Mexique, le Zacaton, qui croît à profusion sur les hauts plateaux du Mexique, est l’Epicampes Macroura Benth. ; il est employé au même usage. une espèce voisine de la première sert également en Indochine.

Commentaire : Chrysopogon gryllus (L.) Trin. est bien une espèce méditerranéenne. Le nom actuel d' Epicampes Macroura est Muhlenbergia macroura (Kunth) Hitchc.

Balleroy, J. B. & Germond, J. B., 1836. Dictionnaire des productions de la nature et de l'art

Balleroy, J. B. & Germond, J. B., 1836. Dictionnaire des productions de la nature et de l'art, qui font l'objet du commerce tant de la Belgique que de la France. D'après le dictionnaire de MM. Magnien et Deu… à l'usage des employés de l'administration, des douanes, et du commerce. Bruxelles, Imprimerie de Balleroy. Tome 1. 487 p.

Brosserie. Les brossiers, qui font et vendent tout ce qui concerne la brosserie, emploient pour leurs brosses et vergettes, les soies de sanglier et de porcs, et ce qu'ils appellent chiendent et bruyère. Ce prétendu chiendent est la panicule de l'houque ou grand millet d'Afrique, Holchus Sorghum. Ils emploient aussi les racines de paille de riz et celles d'une espèce de jonc maritime, arundo arenaria. Ce qu'ils appellent bruyère, et dont ils font des brosses et des balais pour les âtres de cheminée, paraît être le politric vulgaire, Politrichum commune ; voyez aussi Bruyère vergette.

[…] l'Italie et les Ardennes fournissent la bruyère, et la Suisse et les départements méridionaux de la France donnent le chiendent.

Commentaire : Ce texte est assez confus.

Encyclopédie de Diderot et d'Alembert

http://portail.atilf.fr/encyclopedie/

CHIENDENT (Page 3:333)

Chiendent, (Matière médicale.) Parmi une multitude d'especes de chiendents, il n'y en a que deux dont on se serve, le chiendent ordinaire, & le chiendent pié de poule. La racine, qui est la seule partie qu'on employe, est d'un très - fréquent usage en medecine; elle est apéritive, & pousse doucement par les urines.

La racine de chiendent est le principal ingrédient de la tisanne ordinaire des malades, de celle qu'ils se prescrivent eux - mêmes, si généralement que c'est presque une même chose pour le peuple qu'une tisanne ou une légere décoction de chiendent, rendue plus douce par l'addition d'un petit morceau de réglisse.

On la fait entrer aussi avec succès dans les décoctions ou aposemes apéritifs & diurétiques, qui sont indiqués principalement dans les obstructions commençantes des visceres du bas - ventre. Cette racine donnée en substance passe aussi pour vermifuge.

Les compositions adoptées par la Pharmacopée de Paris, dans lesquelles entre la racine de chiendent, sont les suivantes.

La tisanne commune, le decoctum aperiens, le syrop de chicorée composé, le syrop de guimauve de Fernel, & le clairet des six grains. (b)

Chiendent, (Vergettier.) Les Vergettiers le dépouillent de son écorce en le liant en paquets, & le foulent sous le pié. Ce frottement le sépare en peu de tems de ses rameaux

Ils en distinguent de deux especes; du gros, qu'ils appellent chiendent de France; & du fin, qu'ils appellent barbe de chiendent.

Le gros, ce sont les rameaux les plus longs & les plus forts, ce qui sert de pié au chiendent. Le fin ou doux, ce sont les rameaux les plus fins, & les extrémités des branches.

Ils séparent ces parties, les mettent de longueur & de sorte, & font des vergettes. Voyez l'art. Vergette.

VERGETTE (Page 17:66)

VERGETTE, s. f. en terme de Vergettier, est un ustencile de ménage qui sert à nettoyer les meubles & les habits. On lui donne encore le nom de brosse, qui pourtant ne signifie pas tout - à - fait la même chose que vergette; mais comme il est d'usage presque par tout de confondre ces deux termes, nous ne les séparerons point, & nous n'en ferons ici qu'un article.

Il se fait des vergettes de plusieurs matieres, de diverses formes, & pour differens usages. On y employe de trois sortes de matieres, de la bruyere, du chiendent & du poil, en soie de sanglier, qu'on tire de Moscovie, d'Allemagne, de Lorraine, de Danemarck. Voyez ces trois matieres differentes chacune à leur article.

Il y en a de rondes, de quarrées, sans manche, à manche, de doubles & même de triples; quelquesunes sont garnies d'une manicle, à l'usage des cochers; d'autres d'une courroye de pié, à l'usage des frotteurs; enfin il y a des brosses à decroter de deux especes; celles de la premiere espece sont les plus fortes & les plus courtes, & se nomment proprement décrotoires, les autres sont les plus fines; les plus douces, ont le poil plus long, & se nomment polissoires.

De toutes ces vergettes, il y en a qui servent de peigne pour la tête aux enfans, ou de ceux qui se sont fait raser les cheveux. Celles - ci aux habits, aux meubles; celles là pour panser les chevaux, nettoyer les carrosses & frotter les planchers; enfin, il y en a aussi qui servent pour balayer, & qu'on appelle pour cela balais de poil.

De toutes ces vergettes, il n'y a que celles pour la tête des enfans, qu'on fasse d'une maniere différente de celle des autres qu'on fabrique toutes de cette facon. En pliant le poil en deux & en le faisant entrer à force, par le moyen d'une ficelle qui prend le poil au milieu, dans des trous d'une petite planche de hêtre mince, sur laquelle cette ficelle se lie fortement. Quand tous les trous sont remplis, on coupe la soie égale & unie avec des gros ciseaux, ou des forces.

Trabut, Louis, 1935. Répertoire des noms... dans le nord de l'Afrique

Aristida pungens (p. 33)

On a pu confectionner avec les racines d'excellentes brosses de chiendent.

Baillon M.H., 1876-1892. Dictionnaire de botanique, p. 781.

Baillon M.H., 1876-1892. Dictionnaire de botanique. Paris, Hachette. 4 vol. Vol. 1, 1876 : XII-788 p., A-Chi ; vol. 2, 1886 : 776 p., Chl-G ; vol. 3, 1891 : 756 p., H-R ; vol. 4, 1892 : 340 p., S-Z + supplément.

chiendent à vergettes. Andropogon digitatum.

Commentaire. Nom correct : Bothriochloa ischaemum (L.) Keng. Tela Botanica donne un nom commun chiendent à balai.

Brosserie Brenet

En brosserie, la fibre de chiendent n'est plus guère utilisée, et est remplacée pas des fibres synthétiques (polypropylène). La raison en est que le marché a été désorganisé vers les années 1970-80 par l’arrêt plus ou moins volontaire de la culture de cette plante en Amérique latine (Mexique et Guatemala), qui étaient les lieux d’approvisionnement. De plus, la baisse de qualité demandait de nombreuses manipulations, ce qui entraînait des coûts supérieurs aux brosses en fibres synthétiques.

Nos confrères anglais appellent cette fibre Mexico fibers. Il faut noter que l’utilisation de cette fibre est très méditerranéenne (France, Italie, Espagne, Portugal), sans doute par suite de l’approvisionnement antérieur qui était nord africain. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’approvisionnement latino-américain était impossible, et des tentatives de culture ont eu lieu en Algérie, mais elles ont ensuite été interrompues. Dans le marais Poitevin, on a cultivé une plante à fibres sous le nom d'alfa, qui a été un peu utilisée en brosserie, avec des résultats peu convaincants.

Aujourd’hui, peu de brosseries utilisent encore cette fibre malgré la hausse incessante des coûts des fibres synthétiques. La faible demande des fibres de chiendent ne permet pas d’avoir des prix à nouveau compétitifs. La création d'une gamme de produits "vert" ou "bio" entretient encore ce marché qui tarde à s’étendre.

Yvon Brunet, Brosserie Brenet (comm. pers.).

Frères Nordin

http://freresnordin.fr/brosse-violon-chiendent-46.html

BROSSE VIOLON CHIENDENT

Encore montée à l'ancienne, les fibres végétales étant tenues par des ficelles, surnommée "la Brosse de la Mère Denis" elle permet de faire pénétrer la cire dans les bois durs tout en les polissant. Elle remplace les brosses en fanon de baleine.

GENEFORM

http://www.geneform.fr/brosse-chiendent.html

pour le pansage des animaux

Hannan, William I., 1902. The textile fibres of commerce.

Hannan, William I., 1902. The textile fibres of commerce. A handbook on the occurrence, distribution, preparation, and uses of the animal, vegetable, and mineral fibres used in cotton, woollen, paper, silk, brush, and hat manufactures. London, Charles Griffin. X-236 p. DOI: en ligne

page 151

Broom Root (Chrysopogon gryllus, Gramineae). The roots of this plant have been introduced as a cheap substitute for the French Whisk or "Chiendent." The fibres of Broom Root are less strong and finer than those of the Mexican Whisk, and of a rather darker yellowish colour. When dressed, they are more than a foot in length.

French Whisk. There is a fair demand for it in the brush-making industry. They are imported in bales of 100 cwts., etc.

page 157

Whisk, Mexican (Epicampes macroura, Gramineae).- The roots of this plant are exported under the name of "Raiz de Zacaton." It has been used in France and Germany in the manufacture of velvet and clothes-brushes, and for horse-hair bristles. The fibres soon become brittle, even with only slight usage. Hair-brushes and combs have been made from the roots of this species.

The coarse and tufty roots are collected by hand.

Very little treatment is necessary to prepare the fibres, beyond immersing the roots in water and drying them in the sun.

Mexican Whisk fibres have a yellowish white appearance; they are remarkably flexuose, strong in texture, and will bear a fair amount of strain.

Fig. 104. - Mexican Whisk.

Hamburg is the great market for this fibre; also the United States and France; but in England it has not taken hold to any great extent. The price varies from 5d. to 10d. per lb., according to the quality of the material. The amount imported shows a considerable increase in late years as compared with former years.

Fig. 104 shows a prepared bundle of the "Mexican Whisk" when ready for the use of the brushmaker. The fibres of Mexican Whisk, when made into brushes, have a good rough-and-ready cleaning action. They are more stiff than lively. The breaking strain in pounds from a test gave ·25, ·25.