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Cerbera manghas (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Cerbera manghas L.


Protologue: Sp. pl. 1 : 208 (1753).
Famille: Apocynaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 40

Synonymes

  • Cerbera venenifera (Poir.) Steud. (1840).

Noms vernaculaires

  • Tanghin (Fr).
  • Sea-mango, tanghin, ordeal plant (En).

Origine et répartition géographique

Cerbera manghas est largement réparti depuis les îles de l’océan Indien jusqu’à l’Asie tropicale, l’Australie tropicale et les îles de l’océan Pacifique. En Afrique tropicale, il a été trouvé sur l’île de Pemba (Tanzanie), à Madagascar, aux Seychelles et à Maurice.

Usages

Les graines de Cerbera manghas sont utilisées en médecine traditionnelle à Madagascar pour soigner les affections cardiaques. Néanmoins, elles sont très toxiques et ont servi jusqu’au milieu du XIXe siècle comme poison d’épreuve. En Asie tropicale, les graines sont utilisées pour soigner la gale et les démangeaisons, pour préparer un tonique capillaire et comme poison de pêche, l’écorce sert de laxatif et d’antipyrétique et à traiter la dysurie et la teigne ; les fleurs servent à soigner les hémorroïdes, et les racines, l’écorce et les feuilles à préparer un purgatif. Le bois est parfois employé en Asie tropicale pour les moulures, les boiseries intérieures, les cagettes de fruits, le bois de placage, les allumettes, les volets, les sabots, le mobilier simple et la sculpture, et comme charbon de bois. Cerbera manghas est planté comme arbre ornemental ; ses fruits fibreux, dont la peau et les parties molles ont pourri, servent aux compositions florales.

Production et commerce international

Les produits médicinaux dérivés de Cerbera manghas ne sont pas commercialisés au niveau international, mais on peut les trouver sur les marchés locaux de Madagascar. De petites quantités de bois d’œuvre sont exportées de Papouasie-Nouvelle-Guinée et des îles Salomon vers le Japon.

Propriétés

Les graines contiennent des hétérosides dérivés de la tanghinigénine et de la digitoxigénine (cardénolides), comme la cerbérine, la nériifoline, la thévétine B et la 2’-O- acétyl-thévétine B. Les principaux cardénolides contenus dans l’écorce et les racines sont le gentiobiosyl-thévétoside et le glucosyl-thévétoside de même que d’autres thévétosides dérivés de la tanghinigénine. La quantité de cardénolides présents dans les feuilles varie avec les saisons. Certains cardénolides ont montré chez l’homme une activité antiproliférative contre le cancer du côlon, du sein, du poumon et contre des lignées de cellules de carcinomes épidermoïdes, ainsi qu’une activité anti-œstrogène. La cerbérine agit sur les préparations de muscles lisses comme un stimulant certain à la fois pour le tonus et pour les mouvements péristaltiques. Ainsi, elle se comporte comme un poison parasympathomimétique. Elle agit à la fois sur le rythme et sur l’amplitude cardiaque. A doses modérées, la cerbérine a des propriétés inotropes positives, mais à fortes doses toxiques elle produit un effet inotrope et chronotrope négatif. Des études phytochimiques ont également révélé la présence d’une série de lignanes dérivées de l’olivil (les cerbéralignanes) et des monoterpénoïdes comme le cerbéridol. Des extraits à l’éthanol de Cerbera manghas ont montré une activité sélective contre le virus de la stomatite vésiculeuse (VSV). L’olivil, le carinol et le cyclo-olivil ont montré des activités anti-oxydantes.

Le bois est de densité faible à moyenne, le bois de cœur blanc à jaune-marron clair ne se distingue pas de l’aubier ; le fil est droit à légèrement contrefil, le grain est fin et irrégulier. Le retrait lors du séchage est modéré, et le bois se travaille facilement. Il n’est pas durable, est très sensible aux champignons du bleuissement, et résistant au traitement d’imprégnation sous pression.

Description

Arbuste ou arbre petit ou moyen atteignant 20(–25) m de haut, à latex blanc dans toutes les parties, glabre ; fût jusqu’à 70 cm de diamètre ; écorce épaisse, rugueuse, écailleuse, à grandes lenticelles, grise à marron foncé ; branches épaisses et succulentes, à nombreuses cicatrices de feuilles apparentes. Feuilles disposées en spirale, groupées à l’extrémité des branches, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 1–4,5 cm de long ; limbe étroitement obovale, de 5–30 cm × 1–8 cm, cunéiforme à la base, brièvement acuminé à l’apex, coriace, pennatinervé avec 15–40 paires de nervures latérales. Inflorescence : cyme terminale atteignant 25 cm × 15 cm, à nombreuses fleurs ; pédoncule de 1,5–12 cm de long ; bractées presque aussi longues que les sépales, caduques. Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, odorantes ; pédicelle de 0,5–3 cm de long ; sépales ovales ou obovales, de (0,5–)1–3,5 cm × environ 0,5 cm, étalés à recourbés ; tube de la corolle en entonnoir, de 1,5–5,5 cm de long, s’élargissant au sommet, vert clair avec des écailles blanches ou jaune pâle à la gorge, poilu à l’intérieur, lobes obliquement elliptiques ou obovales, de 1,5–3 cm × 1–2 cm, étalés à recourbés, blancs mais roses à la base ; étamines insérées juste en dessous du sommet du tube de la corolle, incluses, recouvertes par les écailles du tube de la corolle, anthères sessiles ; ovaire supère, globuleux, constitué de 2 carpelles séparés, style long et fin, tête du pistil composée d’une partie basale à 5 côtes, d’un voile et d’un sommet conique. Fruit constitué de 1 ou 2 follicules ellipsoïdes séparés ou soudés à la base, drupacés, de 5–12 cm × 3–7 cm, arrondis aux deux extrémités, rouge foncé à maturité, indéhiscents, contenant généralement 1 graine. Graines orbiculaires aplaties, d’environ 2,5 cm de diamètre, avec une petite aile au sommet. Plantule à germination hypogée.

Les fleurs de Cerbera manghas sont entomogames. Les fruits, qui sont fibreux à l’intérieur, flottent à la surface de l’eau et peuvent être disséminés par les courants marins ; ils sont assez fréquemment rejetés sur le rivage.

Autres données botaniques

Le genre Cerbera comprend 6 espèces présentes en Asie tropicale, en Australie tropicale et dans les îles de l’océan Pacifique ; Cerbera manghas est très répandu. En Asie tropicale, Cerbera manghas a souvent été confondu avec Cerbera odollam Gaertn.

Ecologie

A Madagascar, Cerbera manghas est répandu et se rencontre dans les forêts humides sempervirentes en bordure de côte ainsi que dans les forêts sèches décidues de l’intérieur des terres jusqu’à 150 m d’altitude.

Gestion

Cerbera manghas doit être cultivé de préférence en pleine lumière sur un limon fertile, humide mais bien drainé avec un supplément de terre végétale. La pulpe des fruits mûrs est éliminée pour obtenir les graines, ou bien les fruits sont d’abord séchés, puis fendus pour libérer les graines.

Ressources génétiques

Cerbera manghas est répandu et n’est pas menacé d’érosion génétique. C’est également le cas à Madagascar, où il est encore répandu.

Perspectives

Il y a peu de chances pour que Cerbera manghas joue un rôle important dans la médecine de demain parce que ses cardénolides sont très toxiques et qu’il existe de meilleures solutions de rechange, par ex. la digoxine de Digitalis ou l’ouabaïne de Strophanthus. Il est rare que les arbres atteignent la taille exploitable, mais le bois est utile à la production de placage. Cerbera manghas a un bel avenir devant lui en tant qu’arbre ornemental pour ses belles fleurs et les beaux mésocarpes de ses fruits.

Références principales

  • Boiteau, P. & Allorge-Boiteau, L., 1993. Plantes médicinales de Madagascar. Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris, France. 135 pp.
  • Chang, L.C., Gills, J.J., Bhat, K.P., Luyengi, L., Farnsworth, N.R., Pezzuto, J.M. & Kinghorn, A.D., 2000. Activity-guided isolation of constituents of Cerbera manghas with antiproliferative and antiestrogenic activities. Bioorganic and Medical Chemistry Letters 10(21): 2431–2434.
  • Leeuwenberg, A.J.M., 1999. Series of revisions of Apocynaceae XLVII. The genus Cerbera L. Wageningen Agricultural University Papers 98–3. 64 pp.
  • Tran Dinh Ly, 1998. Cerbera L. In: Sosef, M.S.M., Hong, L.T. & Prawirohatmodjo, S. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 5(3). Timber trees: Lesser-known timbers. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 154–156.
  • Tran Cong Khanh, 2001. Cerbera L. In: van Valkenburg, J.L.C.H. & Bunyapraphatsara, N. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(2): Medicinal and poisonous plants 2. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 151–155.

Autres références

  • Abe, F. & Yamauchi, T., 1977. Studies on Cerbera part 1: Cardiac glycosides in the seeds, bark and leaves of Cerbera manghas. Chemical and Pharmaceutical Bulletin Tokyo 25(10): 2744–2748.
  • Gurib-Fakim, A. & Brendler, T., 2004. Medicinal and aromatic plants of Indian Ocean Islands: Madagascar, Comoros, Seychelles and Mascarenes. Medpharm, Stuttgart, Germany. 568 pp.
  • Lee, S.K., Mbwambo, Z.H., Chung, H., Luyengi, L., Gamez, E.J., Mehta, R.G., Kinghorn, A.D. & Pezzuto, J.M., 1998. Evaluation of the antioxidant potential of natural products. Combinatorial Chemistry and High Throughput Screening 1(1): 35–46.
  • Markgraf, F., 1976. Apocynaceae. Flore de Madagascar et des Comores, famille 169. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 318 pp.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Tomlinson, P.B., 1986. The botany of mangroves. Cambridge University Press, Cambridge, United Kingdom. 413 pp.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2006. Cerbera manghas L. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 avril 2025.


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