Ceratopteris thalictroides (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Légume | |
Médicinal | |
Ornemental | |
Auxiliaire | |
Sécurité alimentaire | |
Ceratopteris thalictroides (L.) Brongn.
- Protologue: Bull. Sci. Soc. Philom. Paris, sér. 3, 8 : 186, t. 3–4 (1821).
- Famille: Pteridaceae
- Nombre de chromosomes: n = 77, 78, 80 ; 2n = 154, 156
Synonymes
- Acrostichum thalictroides L. (1753),
- Ceratopteris cornuta (P.Beauv.) Lepr. (1830).
Noms vernaculaires
- Fougère de Sumatra, fougère aquatique flottante (Fr).
- Water sprite, swamp fern, floating stag’s horn, Sumatra fern, Indian fern, oriental water fern (En).
Origine et répartition géographique
Ceratopteris thalictroides est répandue dans le monde entier dans les basses terres tropicales, en particulier dans l’Ancien Monde. On la trouve partout dans les plaines côtières de l’Afrique, et elle est particulièrement commune dans les estuaires et les marais de l’Afrique de l’Ouest.
Usages
La seule mention de la consommation de Ceratopteris thalictroides en Afrique provient de Madagascar, où elle est utilisée da la même manière que le cresson de fontaine. Elle est communément consommée dans toute l’Asie du Sud-Est. En Malaisie et au Japon c’est un légume de luxe bien établi. Les jeunes feuilles, avant qu’elles ne se soient déroulées, font un excellent légume vert et peuvent être consommées en salade une fois cuites ou blanchies.
Les plantes peuvent être utilisées comme engrais vert dans les rizières. Médicinalement, cette fougère (aussi bien les feuilles que les racines) est utilisée en Malaisie et aux Philippines en cataplasme contre les affections de la peau, par ex. pour faire mûrir les furoncles, et en Chine comme styptique pour arrêter les saignements. Les espèces de Ceratopteris, y compris Ceratopteris thalictroides, sont cultivées comme plantes ornementales pour les aquariums et sont communément appelées “fougère flottante”. Ceratopteris thalictroides et surtout Ceratopteris richardii Brongn. servent de plantes modèles en biologie du développement et en recherche moléculaire. Elles sont utiles à la recherche car elles ont des phases de vie haploïde et diploïde indépendantes, un cycle de vie court, un système génétique simple, et se reproduisent par des spores unicellulaires haploïdes.
Propriétés
Des alcaloïdes, de l’arbutine et des tanins ont été mis en évidence dans les parties vertes de Ceratopteris thalictroides.
Description
- Fougère aquatique ou semi-aquatique jusqu’à 1 m de haut, flottante ou enracinée dans le sol, avec un rhizome érigé court et une touffe de feuilles en rosette.
- Feuilles dimorphes ; feuilles stériles à pétiole succulent de 5–50 cm de long, peu écailleux avec de larges écailles brun pâle, rempli de canaux d’air, limbe des feuilles stériles 1–3-penné, jusqu’à 20 cm × 40 cm, membraneux, glabre, avec des nervures évidentes anastomosées, souvent munies de bourgeons adventifs aux aisselles des pennes, pennes de formes irrégulières, lobes ultimes linéaires-oblongs à elliptiques ; limbe des feuilles fertiles érigé, 2–4 fois divisé, jusqu’à 100 cm × 50 cm, lobes ultimes linéaires, bord révoluté, recouvrant les sporanges dispersées individuellement le long des nervures.
- Spores tétraédriques, de 95–125 μm de diamètre, jaune pâle, translucides, avec une réticulation irrégulière.
Ceratopteris est souvent classé dans les Parkeriaceae, famille incluse ici dans les Pteridaceae. Ceratopteris thalictroides est morphologiquement très variable. Cultivée sous l’eau, comme dans les aquariums, le limbe des feuilles (stériles) submergées est finement 3–4-penné, avec les lobes ultimes linéaires.
Ecologie
Ceratopteris thalictroides est une fougère aquatique flottante ou lâchement enracinée. Elle pousse dans des zones marécageuses, des forêts marécageuses, des marais, des étangs naturels ou artificiels, souvent dans des plans d’eau stagnante ou dans des poches d’eau calme le long de rivières lentes, du niveau de la mer jusqu’à 1300 m, mais le plus souvent en-dessous de 500 m d’altitude. On la trouve en plein soleil ou à l’ombre modérée, parfois massée sur des grumes ou d’autres végétaux flottants, ou autour d’eux.
Gestion
Ceratopteris thalictroides a un cycle de vie très court. Un cycle complet de spore à spore peut être accompli en moins de 30 jours. En dehors des spores, la plante se reproduit à partir de bulbilles croissant sur les feuilles. Au Japon et en Asie du Sud-Est, Ceratopteris thalictroides est parfois cultivée comme plante alimentaire, mais rarement de façon commerciale. Les agriculteurs récoltent les plantes dans les rizières et les marais pour la consommation locale. En culture d’aquarium, les plantes mères sont normalement divisées en segments de 3 feuilles, mais n’importe quelle partie de la feuille, si on la laisse flotter sur l’eau, redonne de nouvelles plantes.
Ressources génétiques
Ceratopteris thalictroides est répandue dans tous les tropiques et n’est pas menacée d’érosion génétique ou d’extinction. En Afrique, les programmes pour conserver les zones humides naturelles contribueront à préserver sa diversité génétique. Il n’existe aucune collection de ressources génétiques connue, et aucun programme de sélection, parce qu’elle est entre autres considérée comme une adventice des rizières.
Perspectives
Le fait que les plantes de Ceratopteris thalictroides soient consommées comme légume en Asie et à Madagascar indique qu’un usage similaire est possible pour le continent africain. Ce potentiel mérite d’être étudié davantage. Les recherches devraient inclure la valeur nutritionnelle, les effets négatifs possibles sur la santé, les usages locaux inconnus, l’impact environnemental de sa collecte à grande échelle dans la nature, ainsi que les possibilités de production commerciale.
Références principales
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Autres références
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- Lloyd, R.M., 1974. Systematics of the genus Ceratopteris Brongn. (Parkeriaceae) 2. Taxonomy. Brittonia 26: 139–160.
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Sources de l'illustration
- Chanpen Prakongvongs, 2003. Ceratopteris thalictroides (L.) Brongn. In: de Winter, W.P. & Amoroso, V.B. (Editors). Plant Resources of South East Asia No 15(2). Cryptogams: ferns and fern allies. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 75–77.
Auteur(s)
- W.J. van der Burg, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Consulté le 18 décembre 2024.