Celtis gomphophylla (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Celtis gomphophylla Baker


répartition en Afrique (sauvage)
Protologue: Journ. Linn. Soc., Bot. 22: 521 (1887).
Famille: Celtidaceae (APG: Cannabaceae)

Synonymes

  • Celtis durandii Engl. (1900).

Noms vernaculaires

  • Bastard white stinkwood, forest celtis (En).

Origine et répartition géographique

Celtis gomphophylla est répandu, depuis la Côte d’Ivoire jusqu’en Ethiopie et au Kenya, et vers le sud jusqu’en Angola, au Zimbabwe, au Mozambique et à l’est de l’Afrique du Sud. On le trouve également à Mayotte et à Madagascar.

Usages

Le bois, quelquefois commercialisé sous le nom d’ “ohia”, est couramment employé pour la construction et la parqueterie légères, les menuiseries, le mobilier, l’ébénisterie, les pirogues, les échelles, les articles de sport, les instruments agricoles, les manches d’outils et les allumettes. Il convient pour la construction navale, la charronnerie, les panneaux durs et de particules. Il sert également de bois de feu et pour la production de charbon de bois.

En médecine traditionnelle, la décoction de feuille sert à traiter les maladies cardiovasculaires au Cameroun. Dans le sud du Nigeria, la décoction de racine est utilisée contre la fièvre et les douleurs menstruelles. Celtis gomphophylla est planté comme arbre d’ombrage dans les cultures et pour améliorer l’état des sols.

Propriétés

Le bois de cœur blanchâtre fonce légèrement à l’air, et ne se distingue pas nettement de l’aubier. Il présente généralement un contrefil, le grain est moyennement fin. Il dégage une odeur désagréable et persistante.

C’est un bois moyennement lourd, avec une densité de 510–600 kg/m³ à 12% d’humidité. Il est plus tendre et moins solide que celui des autres Celtis spp. En général, il sèche à l’air rapidement sans altération importante, mais il est sujet au bleuissement ; il est donc recommandé de le faire tremper dans une solution contre le bleuissement avant de l’empiler en tas. Il sèche au four assez bien, mais il peut arriver qu’il tuile ou s’effondre autour des nœuds. Les taux de retrait de l’état vert à anhydre sont de 2, 1–4,0% dans le sens radial et de 3,6–6,5% dans le sens tangentiel.

Le bois se scie et se travaille bien tant à la main qu’à la machine, mais les outils doivent être bien affûtés. Il est conseillé d’employer un angle de coupe réduit à 15° lorsque l’on débite le bois sur quartier pour prévenir la déchirure le long du fil. Il tient moyennement bien les clous et les vis, mais a tendance à se fendre ; les avant-trous sont par conséquent préconisés. Le perçage et le mortaisage doivent se faire à l’aide d’un appui solide. Les caractéristiques de collage sont bonnes, celles de cintrage à la vapeur modérées. Le bois ne se tourne pas bien. En règle générale, il a une faible durabilité, car il est sensible aux attaques de champignons et de Lyctus, mais il serait moyennement durable en R.D. du Congo et en Afrique australe. Il peut être facilement traité avec des produits de conservation par des procédés sous pression. La sciure peut provoquer une irritation du nez et de la gorge.

Les extraits de feuilles ont montré un effet vaso-relaxant sur l’aorte thoracique des rats.

Description

  • Arbuste ou arbre de taille petite à moyenne atteignant 30(–60) m de haut, sempervirent ou caducifolié ; fût dépourvu de branches jusqu’à 13 m de haut, souvent irrégulier et noueux, jusqu’à 40(–120) cm de diamètre, souvent cannelé, parfois à contreforts bas mais étalés ; surface de l’écorce lisse, gris blanchâtre à gris verdâtre, écorce interne granuleuse, à bandes jaunes et brunes ; cime à branches étalées ; rameaux à pubescence clairsemée blanchâtre.
  • Feuilles alternes, simples ; stipules linéaires, de 2–6 mm de long, à poils blanchâtres, caduques ; pétiole de 0,5–1 cm de long, légèrement cannelé au-dessus ; limbe ovale-elliptique à oblong-elliptique ou lancéolé, de 5–16 cm × 2–5(–8) cm, cunéiforme à arrondi et asymétrique à la base, généralement avec un apex longuement acuminé, à bords entiers ou quelquefois dentés dans la partie supérieure, papyracé, glabre, souvent rugueux au-dessus, distinctement 3-nervé à partir de la base et à 3–5 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : cyme axillaire atteignant 1,5 cm de long, à pubescence courte.
  • Fleurs unisexuées ou bisexuées, régulières, 4–5-mères, de petite taille ; tépales de 1–2 mm de long, poilus ; étamines libres, d’environ 1,5 mm de long ; ovaire supère, ovoïde, légèrement poilu ou glabre, 1-loculaire, styles 2, non ramifiés ; fleurs mâles peu nombreuses à nombreuses, à pédicelle de 3–7 mm de long et à ovaire rudimentaire ; 1–quelques fleurs femelles ou bisexuées, à pédicelle souvent plus long, fleurs femelles à étamines rudimentaires.
  • Fruit : drupe conique-ovoïde de 4–7 mm de long, jaune foncé à maturité, glabre ; noyau ovoïde anguleux, d’environ 4 mm de long, ponctué, brun foncé, contenant 1 seule graine.

Autres données botaniques

Celtis gomphophylla a une croissance rapide en plein soleil, qui devient médiocre voire s’interrompt complètement à l’ombre. En Côte d’Ivoire, les arbres fleurissent en mars. Les fleurs sont pollinisées par des insectes tels que les abeilles. Les fruits mûrissent 2 mois environ après la floraison. Les arbres produisent des fruits en abondance dont se régalent les singes, les chimpanzés et probablement aussi les oiseaux, qui servent ainsi à en disséminer les graines.

Le genre Celtis comprend quelque 100 espèces et est répandu dans toutes les régions tropicales, subtropicales et tempérées. En Afrique tropicale, on en a recensé 11, dont 2 sont endémiques de Madagascar. D’un point de vue taxinomique, Celtis est un genre difficile qui présente une grande variabilité morphologique. Traditionnellement, il était classé dans la famille des Ulmaceae, puis plus tard on a souvent pensé qu’il appartenait à une famille à part, les Celtidaceae, tandis que les recherches les plus récentes proposent de ranger cette dernière famille dans les Cannabaceae.

Ecologie

Celtis gomphophylla a une vaste amplitude écologique. En Afrique centrale, on le rencontre surtout dans le sous-étage de la forêt pluviale humide sempervirente et semi-décidue et de la ripisylve, souvent dans la forêt secondaire. En Afrique de l’Ouest, il semble presque limité à la forêt d’altitude. En Ouganda, il succède rapidement aux trouées de la forêt et on le rencontre également en lisière de forêt, dans les fourrés, en savane boisée et savane arborée. Dans l’ouest du Kenya, il est localement dominant dans la forêt pluviale dans les zones où la pluviométrie annuelle moyenne est de 1400–1900 mm. En Afrique du Sud, il se limite aux régions côtières, alors qu’à Madagascar on le rencontre souvent au bord des cours d’eau sur des sols alluviaux. Celtis gomphophylla peut être présent jusqu’à 1750(–2000) m d’altitude.

Gestion

Celtis gomphophylla se multiplie par graines et par semis naturel. On récolte les noyaux sur les fruits mûrs tombés par terre. Une fois nettoyés et séchés, ils peuvent être conservés 2 mois dans des récipients étanches ou bien ils sont semés directement en pépinière ou au champ. Il n’est pas nécessaire de les traiter avant le semis car ils germent facilement.

Ressources génétiques

Etant donné sa vaste répartition et sa tolérance à des milieux variés, Celtis gomphophylla ne risque pas d’être menacé d’érosion génétique. Il est localement commun et, pour l’instant, n’est pas surexploité. Cependant, il est rare en Afrique de l’Ouest et constitue une espèce protégée en Afrique du Sud.

Perspectives

Il est peu probable que Celtis gomphophylla devienne plus important d’un point de vue commercial en tant qu’essence à bois d’œuvre, à cause non seulement de son fût souvent mal formé et de petite taille mais aussi de l’odeur persistante et désagréable de son bois. Les propriétés vaso-relaxantes de la feuille plaident en faveur de son utilisation en médecine traditionnelle dans le traitement des maladies cardiovasculaires et justifient un approfondissement des recherches pour la mise au point éventuelle de médicaments. Celtis gomphophylla semble efficace pour la restauration des forêts et peut-être aussi pour la plantation dans des systèmes agroforestiers.

Références principales

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  • Katende, A.B., Birnie, A. & Tengnäs, B., 1995. Useful trees and shrubs for Uganda: identification, propagation and management for agricultural and pastoral communities. Technical Handbook 10. Regional Soil Conservation Unit, Nairobi, Kenya. 710 pp.
  • Sattarian, A., 2006. Contribution to the biosystematics of Celtis L. (Celtidaceae) with special emphasis on the African species. PhD thesis. Wageningen University, Wageningen, Netherlands. 142 pp.
  • Wilmot-Dear, C.M., 1991. Ulmaceae. In: Launert, E. & Pope, G.V. (Editors). Flora Zambesiaca. Volume 9, part 6. Flora Zambesiaca Managing Committee, London, United Kingdom. pp. 1–10.

Autres références

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  • Coates Palgrave, K., 1983. Trees of southern Africa. 2nd Edition. Struik Publishers, Cape Town, South Africa. 959 pp.
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  • Ehiagbonare, J.E., Onyibe, H.I. & Ehiagbonare, P.O., 2008. Conservation studies on four medicinal taxa of Southern Nigeria. Scientific Research and Essay 3(2): 40–45.
  • Hawthorne, W.D., 1995. Ecological profiles of Ghanaian forest trees. Tropical Forestry Papers 29. Oxford Forestry Institute, Department of Plant Sciences, University of Oxford, United Kingdom. 345 pp.
  • Irvine, F.R., 1961. Woody plants of Ghana, with special reference to their uses. Oxford University Press, London, United Kingdom. 868 pp.
  • Keay, R.W.J., 1958. Ulmaceae. In: Keay, R.W.J. (Editor). Flora of West Tropical Africa. Volume 1, part 2. 2nd Edition. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 590–593.
  • Keay, R.W.J., Onochie, C.F.A. & Stanfield, D.P., 1964. Nigerian trees. Federal Department of Forest Research, Ibadan, Nigeria. 495 pp.
  • Polhill, R.M., 1966. Ulmaceae. In: Hubbard, O.B.E. & Milne-Redhead, E. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 15 pp.

Auteur(s)

  • E.A. Obeng, Forestry Research Institute of Ghana (FORIG), University P.O. Box 63, KNUST, Kumasi, Ghana

Consulté le 1 avril 2025.


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