Catharanthus trichophyllus (PROTA)
Introduction |
Catharanthus trichophyllus (Baker) Pichon
- Protologue: Mém. Mus. natl. Hist. nat., Paris n.s. 27: 237 (1949).
- Famille: Apocynaceae
- Nombre de chromosomes: 2n = 16
Origine et répartition géographique
Catharanthus trichophyllus est endémique de Madagascar, où il est présent principalement dans la partie nord.
Usages
La décoction amère de racine de Catharanthus trichophyllus est réputée pour ses propriétés stimulantes et s’emploie surtout contre les maladies vénériennes, l’impuissance et les douleurs de dos. Elle se prend aussi contre les maux de dents. Les feuilles se prennent en décoction pour traiter les fièvres bilieuses et la dysenterie, et également pour leurs vertus aphrodisiaques. En usage externe, une décoction des parties aériennes s’applique comme hémostatique. Toutes les parties se prennent en infusion pour traiter les maladies hépatiques et pour stabiliser la composition du sang. On donne les fleurs amères à mâcher aux diabétiques pour diminuer leur appétit.
Propriétés
Les parties aériennes de Catharanthus trichophyllus contiennent principalement des alcaloïdes indoliques monomères, le plus important étant la vindoline ; la tétrahydroalstonine, la catharanthine, la serpentine et la vindolinine sont des composés secondaires. Les racines contiennent surtout de la serpentine, et leurs composés secondaires sont un dimère, la vincristine, mais aussi des monomères : ajmalicine, catharanthine, lochnéricine, hörhamméricine, tétrahydroalstonine et cathaphylline. Tous les alcaloïdes des racines et des feuilles sont présents dans des quantités inférieures à celles qu’on trouve chez Catharanthus roseus (L.) G.Don. Ce sont la lochnéricine et l’hörhamméricine qui sont en partie responsables de l’activité cytotoxique.
Description
Sous-arbrisseau atteignant 1 m de haut, à latex blanc et odeur peu agréable ; tiges et rameaux rougeâtres à violets, carrés, ailés. Feuilles opposées, simples et entières, presque sessiles ; stipules 2–5 de chaque côté de la base des feuilles ; limbe oblong à étroitement ovale, de 2,5–8,5 cm × 1–4 cm, base cunéiforme à arrondie, apex acuminé, herbacé, bord cilié, plus ou moins poilu sur les deux faces. Inflorescence axillaire à 1–2 fleurs. Fleurs bisexuées, 5-mères, régulières ; pédicelle de 4–11 mm de long, carré ; sépales légèrement fusionnés à la base, de 6–10 mm de long, apex longuement acuminé ; tube de la corolle cylindrique, de 22–26 mm de long, s’élargissant près du point d’insertion des étamines, gorge étranglée, garnie d’un anneau de poils situé juste en dessous et d’un autre sous le point d’insertion des étamines, glabre ou à poils lâches, vert, rosâtre à la base, lobes étroitement obovales, de 8–18 mm de long, recouverts de poils denses et courts à la base, étalés, blancs, roses, rouges, violets, jaunâtres à la base ; étamines insérées juste en dessous de la gorge de la corolle, incluses, filets très courts ; ovaire supère, constitué de 2 carpelles étroitement oblongs, style mince, de 14–19 mm de long, tête du pistil cylindrique garnie d’un anneau de poils laineux, stigmate minuscule. Fruit composé de 2 follicules libres cylindriques de 3–7 cm de long, striés, glabres à couverts de poils lâches, verts à vert violacé, déhiscents, à 10–20 graines. Graines oblongues, de 2,5–3 mm de long, cannelées sur une face, brun foncé. Plantule à germination épigée.
Autres données botaniques
Le genre Catharanthus comprend 8 espèces, toutes originaires de Madagascar à l’exception de Catharanthus pusillus (Murr.) G.Don, qui est limité à l’Inde et au Sri Lanka. Catharanthus trichophyllus fleurit et fructifie de juillet à mai.
Ecologie
Catharanthus trichophyllus est présent sur les berges des rivières, dans les endroits clairs des forêts, à la lisière des forêts et aux bords des routes, sur le sable, sur les sols dérivés de gneiss et sur la latérite, depuis le niveau de la mer jusqu’à 1400 m d’altitude.
Ressources génétiques
Catharanthus trichophyllus ne semble pas être menacé d’érosion génétique car il s’adapte à toutes sortes de milieux. Catharanthus trichophyllus a été croisé avec succès avec Catharanthus roseus, et ce n’est que lorsque la F1 avait Catharanthus trichophyllus pour parent femelle qu’on a obtenu une production de graines élevée et une bonne viabilité. Les profils alcaloïdes des deux espèces sont différents, et la production d’alcaloïdes est supérieure chez les hybrides que chez les espèces parentes. L’hybridation artificielle a également réussi entre Catharanthus trichophyllus et Catharanthus ovalis Markgr. ou Catharanthus coriaceus Markgr. Toutes les Catharanthus spp. sont autocompatibles ; on ne trouve de souches autocompatibles et auto-incompatibles que chez Catharanthus roseus.
Perspectives
Catharanthus trichophyllus contient des quantités moyennes d’alcaloïdes, surtout monomères, mais les hybrides résultant du croisement avec Catharanthus roseus ont une teneur en alcaloïdes bien plus élevée, ce qui indique le potentiel que représentent les hybrides pour améliorer la production d’alcaloïdes.
Références principales
- Boiteau, P. & Allorge-Boiteau, L., 1993. Plantes médicinales de Madagascar. Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris, France. 135 pp.
- Boiteau, P., Boiteau, M. & Allorge-Boiteau, L., 1999. Dictionnaire des noms malgaches de végétaux. 4 Volumes + Index des noms scientifiques avec leurs équivalents malgaches. Editions Alzieu, Grenoble, France.
- Kulkarni, R.N., Sreevalli, Y., Baskaran, K. & Kumar, S., 2001. The mechanism and inheritance of intraflower self-pollination in self-pollinating variant strains of periwinkle. Plant Breeding 120: 247–250.
- van Bergen, M.A., 1996. Revision of Catharanthus G.Don. Series of revisions of Apocynaceae 41. Wageningen Agricultural University Papers 96–3, Wageningen, Netherlands. pp. 9–46.
- van der Heijden, R., Jacobs, D.I., Snoeijer, W., Hallard, D. & Verpoorte, R., 2004. The Catharanthus alkaloids: pharmacognosy and biotechnology. Current Medicinal Chemistry 11(5): 607–628.
Autres références
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- Novy, J.W., 1997. Medicinal plants of the eastern region of Madagascar. Journal of Ethnopharmacology 55: 119–126.
- Pernet, R. & Meyer, G., 1957. Pharmacopeé de Madagascar. Publications de l’Institut de Recherche Scientifique Tananarive-Tsimbazaza. Pierre André Impr., Paris, France. 86 pp.
- Plaizier, A.C., 1981. A revision of Catharanthus roseus (L.) G.Don (Apocynaceae). Mededelingen Landbouwhogeschool Wageningen 81–9, Wageningen, Netherlands. 12 pp.
- Segelman, A.B. & Farnsworth, N.R., 1974. Catharanthus alkaloids 31: isolation of ajmalicine, pericalline, tetrahydroalstonine, vindolinine, and ursolic acid from Catharanthus trichophyllus roots. Journal of Pharmaceutical Sciences 63(9): 1419–1422.
- Sevestre-Rigouzzo, M., Nef-Campa, C., Ghesquière, A. & Chrestin, H, 1993. Genetic diversity and alkaloid production in Catharanthus roseus, C. trichophyllus and their hybrids. Euphytica 66: 151–159.
Auteur(s)
- G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Schmelzer, G.H., 2007. Catharanthus trichophyllus (Baker) Pichon. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 31 mars 2025.
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