Cardamine trichocarpa (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Légume | |
Médicinal | |
Sécurité alimentaire | |
Cardamine trichocarpa Hochst. ex A.Rich.
- Protologue: Tent. fl. abyss. 1 : 18 (1847).
- Famille: Brassicaceae (Cruciferae)
- Nombre de chromosomes: 2n = 32
Noms vernaculaires
- Cressonnette (Fr).
- Hairy bittercress (En).
- Kisegeju (Sw).
Origine et répartition géographique
On rencontre Cardamine trichocarpa dans les régions montagneuses de l’Afrique de l’Est et centrale, depuis le Cameroun et l’Angola jusqu’à l’Ethiopie et la Tanzanie. On la trouve également à Madagascar et en Inde.
Usages
En Ouganda, à l’est de la R.D. du Congo et en Tanzanie, les feuilles de Cardamine trichocarpa sont récoltées dans la nature, fanées, hachées, cuites à l’eau et consommées comme légume, soit seules en accompagnement d’un aliment de base, soit mélangées à des haricots ou des pois. On les utilise aussi comme fourrage pour les chèvres et les lapins. En Ouganda, ce légume jouit d’une bonne réputation dans le traitement du kwashiorkor. Ecrasées, les feuilles sont utilisées en cataplasme, qu’on applique pendant 2–3 jours sur les plaies pour accélérer la guérison. Elles sont bonnes aussi pour préparer des bains herbaux pour les bébés.
Description
- Plante herbacée annuelle, érigée ou ascendante, atteignant 50 cm de haut ; tige non ramifiée ou fortement ramifiée à partir de la base.
- Feuilles alternes, à contour oblong, atteignant 15 cm de long, imparipennées à 3–11 folioles, couvertes de poils assez raides ; folioles ovales, atteignant 5 cm de long, aux pétiolules atteignant 1 cm de long, les paires inférieures étant les plus petites, apex aigu, bord denté en scie à crénelé.
- Inflorescence : grappe pédonculée, le plus souvent terminale, à fleurs serrées, atteignant 20 cm de long en fruits.
- Fleurs bisexuées, régulières, 4-mères, petites, verdâtres, souvent cleistogames ; pédicelle atteignant 7 mm chez le fruit ; sépales oblongs, atteignant 2 mm de long, à poils disséminés ; pétales blancs, plus courts que les sépales ou absents ; étamines 4 ; ovaire supère, 2-loculaire, cylindrique, stigmate sessile.
- Fruit : silique linéaire atteignant 2,5 cm × 1,5 mm, à poils épars.
- Graines à contour largement oblong, d’environ 1,5 mm × 1,5 mm, rouge-brun, finement rugueuses.
Le genre Cardamine comprend environ 130 espèces réparties dans les régions subarctiques, tempérées et tropicales d’altitude du monde entier. C’est dans l’hémisphère nord qu’elles sont le plus abondantes, surtout dans les lieux humides. En Afrique, on rencontre 4 espèces. Les feuilles de Cardamine hirsuta L. (plus petite que Cardamine trichocarpa, pourvue de pétales plus longs que les sépales et de fruits glabres, d’origine européenne mais poussant en Afrique dans les mêmes régions que Cardamine trichocarpa) sont utilisées en Europe comme légume et probablement aussi en Afrique. Au Cameroun, on en fait des soupes, et elles sont réputées avoir des propriétés stomachiques.
Ecologie
Cardamine trichocarpa se rencontre dans les milieux ouverts et assez humides, au bord des routes, dans les régions montagneuses entre 700–3100 m d’altitude. C’est une adventice qui se propage de plus en plus, même à des altitudes moindres, et qui s’avère particulièrement nuisible dans les rizières. En Ouganda et en Tanzanie, la pluviométrie moyenne dans les zones où elle croît se situe entre 1200–1800 mm par an.
Ressources génétiques
Cardamine trichocarpa est répandue et n’est pas menacée d’érosion génétique.
Perspectives
Si plusieurs espèces de Cardamine sauvage sont appréciées en Europe comme légumes-feuilles, il est probable qu’en Afrique Cardamine trichocarpa demeurera un légume secondaire d’importance locale dans les zones montagneuses.
Références principales
- Jonsell, B., 1982. Cruciferae. In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. pp. 15–17.
- Katende, A.B., Ssegawa, P. & Birnie, A., 1999. Wild food plants and mushrooms of Uganda. Technical Handbook No 19. Regional Land Management Unit/SIDA, Nairobi, Kenya. 490 pp.
- Ruffo, C.K., Birnie, A. & Tengnäs, B., 2002. Edible wild plants of Tanzania. Technical Handbook No 27. Regional Land Management Unit/ SIDA, Nairobi, Kenya. 766 pp.
Autres références
- Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
- Exell, A.W., 1960. Cruciferae. In: Exell, A.W. & Wild, H. (Editors). Flora Zambesiaca. Volume 1, part 1. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 182–194.
- Jonsell, B., 1980. Cruciferae (Brassicaceae). Flore du Cameroun. Volume 21. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. pp. 3–24.
- Jonsell, B., 1982. Cruciferae. Flore de Madagascar et des Comores, familles 84–87. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. pp. 3–32.
- Jonsell, B., 2000. Brassicaceae (Cruciferae). In: Edwards, S., Mesfin Tadesse, Demissew Sebsebe & Hedberg, I. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 2, part 1. Magnoliaceae to Flacourtiaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 121–154.
- Robyns, W. & Boutique, R., 1951. Cruciferae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 2. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 522–544.
- Yamada, T., 1999. A report of the ethnobotany of the Nyindu in the eastern part of the former Zaire. African Study Monographs 20(1): 1–72.
Auteur(s)
- P.C.M. Jansen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Consulté le 1 avril 2025.