Carallia brachiata (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
face transversale du bois

Carallia brachiata (Lour.) Merr.


Protologue: Philipp. Journ. Sci. 15(3) : 249 (1919).
Famille: Rhizophoraceae
Nombre de chromosomes: 2n = 48, 112

Synonymes

  • Carallia madagascariensis (DC.) Tul. (1856).

Noms vernaculaires

  • Corkwood, corkybark, maniawiga (En).

Origine et répartition géographique

Carallia brachiata est répandu depuis Madagascar jusqu’à l’Asie tropicale et le nord de l’Australie. On en connaît deux collectes sur l’île de la Réunion.

Usages

Le bois convient à la construction en général, la construction des maisons, les poteaux, la fabrication de meubles, l’ébénisterie, les parquets, les traverses de chemin de fer, les instruments de musique, les manches d’outils, les cadres de tableaux, le placage, les finitions et panneaux intérieurs, les palettes et les matériaux d’emballage. En raison de sa valeur énergétique élevée, c’est un bois qui produit un bois de feu et du charbon de bois de bonne qualité. Les fruits se mangent. En Asie tropicale, on emploie les feuilles et l’écorce en médecine traditionnelle pour traiter les empoisonnements septiques et les démangeaisons. C’est un arbre qui se plante parfois comme ornemental, ce qui est le cas en particulier d’un cultivar à port étroitement columnaire et branches pleureuses (‘Honiara’), par ex. le long des routes des Iles Salomon.

Production et commerce international

En général, les arbres sont trop disséminés et trop petits pour avoir une grande importance comme bois d’œuvre. Mais de petites quantités de bois sont exportées de Bornéo et de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Propriétés

Le bois de cœur, brun jaunâtre à brun rougeâtre, se délimite assez distinctement ou non de l’aubier plus pâle. Fil droit, contrefil ou fil légèrement ondé, grain grossier et irrégulier. Le bois présente une maille bien visible sur les surfaces radiales.

Carallia brachiata produit un bois de poids moyen, d’une densité de 710–755 kg/m³ à 12% d’humidité. Les taux de retrait au séchage sont faibles, d’environ 0,8% radialement et 3,9% tangentiellement pour le bois d’origine australienne ; le bois se conditionne bien mais les fentes en bout et les gerçures doivent être évités en protégeant les extrémités contre un séchage trop rapide ; le séchage à l’air de planches de 13 mm d’épaisseur prend 2 mois, et 5 mois pour des planches d’une épaisseur de 38 mm.

A 12% d’humidité, le module de rupture est de 117,5 N/mm², le module d’élasticité de 13 855 N/mm² et la compression axiale de 55,5 N/mm² pour le bois d’origine indienne.

C’est un bois solide, facile à scier et à raboter, qui prend un beau fini. Immédiatement après le sciage, le bois doit subir un traitement chimique antitache. Pour obtenir une maille attractive, il faut scier les planches sur quartier, ce qui limite leur largeur à une vingtaine de cm. A couvert, le bois est durable, mais mis en contact avec le sol ou exposé aux intempéries, sa durabilité passe de moyenne à faible. Il est sensible aux termites et aux insectes térébrants marins, et n’absorbe que moyennement les produits d’imprégnation (95–130 kg/m³). L’aubier est sensible aux attaques de Lyctus.

Description

  • Arbuste ou petit arbre atteignant 15 m de haut (mais parfois jusqu’à 50 m en Asie tropicale) ; fût atteignant 40(–70) cm de diamètre, parfois pourvu de petits contreforts ; surface de l’écorce lisse à finement craquelée, ou superficiellement à profondément fissurée ; branches ascendantes-érigées, légèrement épaissies aux nœuds.
  • Feuilles opposées décussées, simples ; stipules lancéolées, atteignant 2 cm de long, rapidement caduques ; pétiole atteignant 1 cm de long ; limbe étroitement obovale à elliptique, de 5–10(–15) cm × 2–5(–10) cm, cunéiforme à la base, aigu ou brièvement acuminé à l’apex, bord révoluté, entier ou parfois légèrement denté, coriace, glabre, garni de points noirs sur le dessous et à très nombreuses nervures latérales.
  • Inflorescence : cyme axillaire condensée, nettement résineuse.
  • Fleurs bisexuées, régulières, ( 4–)5(–8)-mères, petites, atteignant 2,5 mm de diamètre, sessiles ; calice en coupe courte, à lobes triangulaires épais ; pétales libres, pourvus d’un onglet à la base, laciniés aux bords ; disque annulaire ; étamines deux fois plus nombreuses que les pétales, libres ; ovaire semi-infère, 5(–8 )-loculaire, style épais, stigmate capité, vaguement lobé.
  • Fruit : baie globuleuse et charnue atteignant 7 mm de diamètre, rose à rouge à maturité, à nombreuses graines.
  • Plantule à germination épigée ; hypocotyle allongé ; cotylédons foliacés, verts.

Autres données botaniques

Au sein du genre Carallia, qui comprend environ 10 espèces, l’espèce Carallia brachiata est la plus répandue, étant présente sur la totalité de l’aire de répartition du genre. Les autres espèces sont confinées à l’Asie tropicale.

La croissance initiale est lente et les semis n’atteignent que 35 cm de hauteur au bout de 2 ans et 2,5 m au bout de 5 ans. Cependant, les semis des cultivars ornementaux à port columnaire peuvent atteindre 60 cm de haut en 10 mois. La croissance est monopodiale, et les arbres fleurissent et fructifient abondamment dans les années de production massive, mais il arrive que certains arbres fleurissent également les autres années, mais moins abondamment. Les fruits, de saveur agréable, acide-sucrée, attirent les oiseaux qui en dispersent les graines.

Anatomie

Description anatomique du bois :

– Caractères macroscopiques :

Bois de cœur brun jaunâtre à brun rougeâtre, indistinctement ou moyennement délimité de l’aubier plus pâle. Fil droit, contrefil ou fil légèrement ondé. Grain grossier et irrégulier. Bois à maille bien visible sur les surfaces radiales. Cernes indistincts ou absents ; vaisseaux de taille moyenne à moyennement grands, solitaires pour la plupart mais aussi accolés radialement ou tangentiellement par 2–3, généralement obstrués par des thylles, dépôts blancs courants ; parenchyme moyennement abondant à abondant, parenchyme paratrachéal circumvasculaire étiré à anastomosé, parenchyme apotrachéal en bandes larges et ondulées, souvent ramifiées, en cellules isolées mais peu visibles ; rayons de 2 tailles différentes, moyenne à très large, les plus larges étant bien visibles ; structures étagées absentes.

Ecologie

A Madacascar, Carallia brachiata est présent dans les forêts sempervirentes humides du niveau de la mer jusqu’à 1500 m d’altitude. En Australie, il pousse bien dans les lieux ouverts et humides, mais il peut aussi supporter des milieux assez secs. On a observé en Chine que Carallia brachiata tolérait relativement bien les milieux fortement pollués.

Gestion

Carallia brachiata peut être multiplié par graines ou par bouturage. Il semble que les graines perdent assez vite leur viabilité. En Asie tropicale, le taux de germination variait de 45% à presque 100% en 1–3,5 mois. Les semis peuvent rester 2 ans en pépinière avant d’être replantés au champ. Les jeunes plants sont sensibles à la sécheresse et tolèrent l’ombre ; une plantation sur des sites ouverts est difficile. Les arbres rejettent bien et se multiplient abondamment à partir de drageons. En Inde, des techniques destinées à obtenir une multiplication rapide de Carallia brachiata par boutures des branches terminales ont été mises au point, et font appel à un traitement fongicide et aux hormones de croissance.

Ressources génétiques

Carallia brachiata est largement réparti mais il n’est commun nulle part.

Perspectives

L’offre en bois est restreinte du fait que les arbres sont disséminés et que leur taille est souvent petite. Mais il semble justifié d’approfondir les recherches sur les aspects sylvicoles, car c’est un bois dont la qualité et la valeur d’usage sont bonnes. Quant aux cultivars ornementaux, particulièrement indiqués pour des plantations au bord des routes et près des bâtiments, ils méritent plus d’attention. L’espèce pourrait être utile à la restauration des sites dégradés en raison de sa tolérance à la pollution.

Références principales

  • Arènes, J., 1954. Rhizophoracées (Rhizophoraceae). Flore de Madagascar et des Comores (plantes vasculaires), familles 147–151. Firmin-Didot et cie., Paris, France. 42 pp.
  • Ding Hou, 1998. Carallia Roxb. In: Sosef, M.S.M., Hong, L.T. & Prawirohatmodjo, S. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 5(3). Timber trees: Lesser-known timbers. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 134–137.
  • Schatz, G.E., 2001. Generic tree flora of Madagascar. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 477 pp.

Autres références

  • Kwan, W.Y. & Whitmore, T.C., 1994. Carallia brachiata cv. Honiara, a beautiful fastigiate ornamental tree. Gardens’ Bulletin Singapore 46(2): 93–98.
  • Vijaya, K.R., Murthy, A.R.S. & Srivasuki, K.P., 1993. Rapid multiplication of Carallia brachiata (Lour.) Merr. by terminal branch cuttings. Indian Forester 119(5): 367–370.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2005. Carallia brachiata (Lour.) Merr. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 20 avril 2019.


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