Calophyllum inophyllum (PROTA)

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Fruit Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Statut de conservation Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
1, port de l'arbre ; 2, rameau en fleurs ; 3, fruits. Source: PROSEA
port de l'arbre
troncs avec rejets
fût (University of Hawaii)
tranche
branche en fleurs (Botanypictures)
inflorescence (R.A. Howard)
branche en fruits
fruit (GRIN)
graines
semis (University of Hawaii)
bois (face tangentielle)
bois (face radiale)
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois

Calophyllum inophyllum L.


Protologue: Sp. pl. 1 : 513 (1753).
Famille: Clusiaceae (Guttiferae, Hypericaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 32

Noms vernaculaires

  • Vintanina, bintangor (Fr).
  • Alexandrian laurel, beauty leaf, bintangor (En).
  • Loureiro de Alexandria (Po).
  • Motondoo, mtondoo, mkanja (Sw).

Origine et répartition géographique

Calophyllum inophyllum est répandu le long des côtes d’Afrique orientale (du Kenya au nord du Mozambique), à Madagascar et dans les autres îles de l’océan Indien, en Asie tropicale, au nord de l’Australie et sur les îles de l’océan Pacifique. Bien qu’il soit considéré comme sauvage dans la plus grande partie de cette aire, il est souvent difficile de savoir s’il est vraiment sauvage ou si c’est une relique d’anciennes cultures. Sur l’île de la Réunion et à Maurice, il est possible qu’il ait été introduit. Il est planté dans certains endroits en dehors de son aire naturelle de répartition, comme en Guinée, en Sierra Leone, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Nigeria, au Cameroun et au Gabon, où on trouve des arbres et des semis apparemment sauvages près des plages. En Ouganda, il a été installé à proximité du lac Victoria. Il a été planté également en Amérique tropicale.

Usages

Dans toute son aire de répartition, Calophyllum inophyllum est utilisé pour la fabrication de pirogues et de petits bateaux, mais également pour les mâts, les carènes, les rotules et les blocs de poulie. Son bois avait déjà été utilisé vers 1600 après J.-C. par les Espagnols aux Philippines pour des parties de leurs vaisseaux, en particulier la carène, les membrures et le jottereau. Le bois s’emploie parfois aussi en construction, en charpente, en parqueterie, pour la fabrication d’escaliers, de meubles et de produits d’ébénisterie, de moyeux de roues de chariot, de récipients et d’instruments de musique.

Calophyllum inophyllum est un arbre qui se plante au bord des routes, dans les haies et comme brise-vent, par ex. au Ghana et au Nigeria. L’huile des graines s’utilise pour l’éclairage tandis que l’huile purifiée peut servir à produire du savon et comme huile de support, comme crème hydratante et comme huile pour les cheveux en cosmétologie et aussi en aromathérapie. A l’île Maurice, une décoction de racine s’emploie pour traiter les ulcères, les furoncles et l’ophtalmie, l’écorce pour traiter l’orchite ; frotté sur la peau, le latex sert contre les rhumatismes et le psoriasis, et une décoction de feuilles sert à soigner les infections oculaires. Aux Seychelles, la résine s’utilise pour traiter les plaies et les piqûres d’insectes. Au Kenya, l’huile des graines s’applique sur les ganglions enflés du cou et des mâchoires. On a noté de nombreuses applications en médecine traditionnelle en Asie tropicale et dans le Pacifique : le latex et l’écorce écrasée s’appliquent en usage externe sur les blessures, les ulcères ainsi que pour traiter la phtisie, l’orchite et les affections pulmonaires, et en usage interne comme purgatif, après les accouchements et pour traiter la blennorragie ; une infusion de feuilles sert à traiter les douleurs oculaires, les hémorroïdes et la dysenterie ; les feuilles chauffées sont appliquées sur les coupures, les plaies, les ulcères, les furoncles et les exanthèmes ; les feuilles se prennent en inhalations pour traiter la migraine et les vertiges ; l’huile des graines s’emploie en usage externe comme analgésique contre les rhumatismes et la sciatique, et c’est un remède contre les œdèmes, les ulcères, la gale, la teigne, les furoncles et les démangeaisons ; quant aux fleurs, elles servent de tonifiant cardiaque. Les graines sont utilisées comme poison de pêche. Les noyaux des fruits servent de billes. La pulpe des fruits immatures serait comestible mais la prudence est de mise car il se peut que des substances toxiques soient présentes dans les fruits mûrs.

Production et commerce international

Le bois de Calophyllum (“bintangor”) a une importance considérable sur le marché international. Mais la plus grande partie est produite à Bornéo et en Nouvelle-Guinée, et est constituée d’autres espèces de Calophyllum. Calophyllum inophyllum n’a d’importance qu’au niveau local. Le bois des espèces de Calophyllum de Madagascar est connu sous le nom de “vintanina”. L’huile se vend dans le monde entier sous le nom d’huile de tamanu ou huile de foraha, mais on n’en connaît pas les quantités. Elle est onéreuse ; en 2005, son prix au détail dépassait les 450 US$ par litre.

Propriétés

Le bois de cœur est rosé à brun rougeâtre, et distinctement délimité de l’aubier pâle. Contrefil, fil spiralé ou ondulé, grain moyennement grossier et irrégulier. Surface lustrée au rabotage ; présence d’un motif en rayures sur la surface radiale, et de marques en zigzag de couleur plus sombre sur la surface tangentielle.

Calophyllum inophyllum est un bois de poids moyen à moyennement lourd (560–800 kg/m³ à 15% d’humidité) et mi-dur. Les taux de retrait sont moyens ; du bois vert à anhydre, le retrait radial est de 4,2% et le tangentiel de 5,3%. Le séchage est moyennement difficile ; le bois sèche assez lentement en présentant quelques défauts modérés tels que gerce aux extrémités, fendillement, tuilage et cambrure. Le lestage des tas pendant le séchage à l’air est recommandé pour réduire la tendance qu’a le bois à gauchir et à se tordre.

Lors d’un essai mené aux Philippines, le bois de Calophyllum inophyllum a présenté les propriétés mécaniques suivantes, à 15% d’humidité : module de rupture de 48 N/mm², module d’élasticité de 7545 N/mm², compression axiale de 42 N/mm², cisaillement de 6 N/mm², fendage radial de 60 N/mm et tangentiel de 72 N/mm, dureté Janka de flanc de 4820 N et dureté Janka en bout de 6045 N.

C’est un bois souvent assez difficile à scier, et le sciage tend à donner des surfaces laineuses. Il n’est pas facile à raboter en raison de son contrefil ou fil spiralé. Il est déconseillé de l’utiliser pour des longueurs supérieures à 3 m parce qu’il est souvent courbe. Calophyllum inophyllum est considéré comme bois d’œuvre moyennent durable lorsqu’il est exposé, mais durable lorsqu’on l’utilise sous l’eau. Il résiste aux termites. Le bois de cœur résiste aux traitements de conservation.

Le bois contient 58% de cellulose, 31,5% de lignine, 17% de pentosane et pas de silice. La solubilité est de 4,4% dans l’alcool-benzène, 1,0% dans l’eau froide, 4,5% dans l’eau chaude et 12,4% dans une solution à 1% de NaOH. La valeur énergétique est de 19 100 kJ/kg.

Les graines mûres séchées contiennent 50–60(–73)% d’une huile visqueuse jaune bleuâtre à vert foncé de goût désagréable, qui peut contenir jusqu’à 30% de matières résineuses. La composition de l’huile en acides gras est : acide palmitique 15%, acide stéarique 13%, acide oléique 49%, acide linoléique 21%, acide linolénique 0,3%, acide eicosanoïque 0,9% et acide eicosénoïque 0,7%. L’huile contient également des glycolipides (6,4%) et des phospholipides (1,6%). Elle possède des propriétés cicatrisantes, ce qui explique son usage en médecine traditionnelle et moderne pour toutes sortes de problèmes de peau. Elle a également montré une activité anti-inflammatoire, antifongique, antibactérienne et insecticide. Elle stimule la phagocytose des cellules du système réticulo-endothélial et elle a une activité protectrice sur le système vasculaire. Des essais cliniques ont montré la capacité de cette huile à réduire des cicatrices anciennes. L’huile raffinée, de couleur jaune pâle, a des propriétés médicinales très réduites.

Des inophyllums (4-phényl-pyranocoumarines) ont été isolés à partir des feuilles et des graines de Calophyllum inophyllum, et ces coumarines se sont avérées être des inhibiteurs non-nucléosidiques de la transcriptase inverse du VIH de type 1. Les inophyllums B et P sont les substances isolées les plus actives. Elles s’apparentent étroitement à la (+)-calanolide A, composé anti-VIH extrait à l’origine de Calophyllum lanigerum Miq. Il se pourrait que certaines des 4-phényl-coumarines isolées de Calophyllum inophyllum aient une valeur comme agents de chimiothérapie préventive du cancer. Des extraits de graines ont montré une action molluscicide significative ; le principe actif isolé est un hydroxy-acide, l’acide calophyllique. L’extrait à l’éther des feuilles a fait ressortir une activité piscicide.

L’écorce est astringente et contient 11–19% de tanins et elle aurait des propriétés antiseptiques et désinfectantes. L’oléorésine de l’écorce, qui contient de l’acide benzoïque, présente des propriétés cicatrisantes.

Description

  • Arbre de taille moyenne atteignant 25(–35) m de haut, à latex jaunâtre collant, à fût généralement tors ou incliné, atteignant 150 cm de diamètre, sans contreforts ; écorce fissurée superficiellement et longitudinalement, gris pâle et fauve, écorce interne généralement épaisse, molle, fibreuse et lamellée, rose à rouge, fonçant à brunâtre à l’exposition ; rameaux carrés ou arrondis, bourgeon terminal renflé, de 4–9 mm de long.
  • Feuilles opposées décussées, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 1–2 cm de long ; limbe elliptique, ovale, obovale ou oblong, de (5,5–)8–20(–23) cm de long, arrondi à cunéiforme à la base, rétus à obtus à l’apex, coriace, à nervures secondaires parallèles très rapprochées et alternant avec les canaux à latex.
  • Inflorescence : fausse grappe axillaire de 7–15 cm de long, parfois ramifiée, à 5–15(–30) fleurs.
  • Fleurs bisexuées, régulières, agréablement parfumées ; pédicelle de 1,5–4 cm de long ; tépales 8(–13), obovales, d’environ 1 cm de long, blancs ; étamines nombreuses, en 4 faisceaux, légèrement connées à la base, jaune-orangé ; ovaire supère, globuleux, 1-loculaire, style long et élancé, flexueux, stigmate pelté.
  • Fruit : drupe globuleuse à obovoïde de 2,5–5 cm de long, lisse, vert grisé, à 1 graine.
  • Graine globuleuse à ovoïde, de 1,5–2 cm de long, brune, très huileuse.
  • Plantule à germination hypogée ; cotylédons restant enfermés dans le noyau.

Autres données botaniques

Le genre Calophyllum, très vaste, comprend environ 190 espèces. Si l’Asie tropicale est la plus riche en espèces, Madagascar et les Mascareignes le sont aussi en comparaison, car elles en comptent une vingtaine à elles deux. Calophyllum inophyllum est la seule espèce que l’on trouve sur le continent africain. C’est l’espèce de Calophyllum la plus répandue et elle présente une certaine variabilité, en particulier dans la taille des fruits : les fruits des spécimens d’Afrique tropicale sont d’habitude relativement petits.

Calophyllum tacamahaca

Calophyllum tacamahaca Willd., endémique de la Réunion et de Maurice, s’apparente étroitement à Calophyllum inophyllum ; on le trouve davantage à l’intérieur des terres que ce dernier et il en diffère par les nervures des feuilles, plus rapprochées. On a confondu les deux espèces dont le bois et l’huile des graines sont utilisés aux mêmes fins.

Espèces de Madagascar

A Madagascar, le bois de plusieurs autres espèces de Calophyllum est également utilisé en construction, en charpente, en ébénisterie et pour confectionner des pirogues, par ex. Calophyllum chapelieri Drake, Calophyllum drouhardii H.Perrier, Calophyllum fibrosum P.F.Stevens, Calophyllum lingulatum P.F.Stevens, Calophyllum milvum P.F.Stevens, Calophyllum paniculatum P.F.Stevens, Calophyllum recedens Jum. & H.Perrier et Calophyllum verticillatum P.F.Stevens.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : (1 : limites de cernes distinctes) ; (2 : limites de cernes indistinctes ou absentes).
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 7 : vaisseaux en lignes, ou plages, obliques et/ou radiales ; 9 : vaisseaux exclusivement solitaires (à 90% ou plus) ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 25 : ponctuations intervasculaires fines (4–7 μm) ; 31 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations rondes ou anguleuses ; 32 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations horizontales (scalariformes) à verticales (en balafres) ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; (45 : vaisseaux de deux classes de diamètre distinctes, bois sans zones poreuses) ; 46 : 5 vaisseaux par millimètre carré ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré ; 56 : thylles fréquents.
  • Trachéides et fibres : 60 : présence de trachéides vasculaires ou juxtavasculaires ; 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; (63 : ponctuations des fibres fréquentes sur les parois radiales et tangentielles) ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
  • Parenchyme axial : 76 : parenchyme axial en cellules isolées ; (85 : parenchyme axial en bandes larges de plus de trois cellules) ; 86 : parenchyme axial en lignes minces, au maximum larges de trois cellules ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale.
  • Rayons : 96 : rayons exclusivement unisériés ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; 106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées ; (107 : rayons composés de cellules couchées avec 2 à 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées) ; 115 : 4–12 rayons par mm.
  • Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; (141 : cristaux prismatiques dans les cellules non cloisonnées du parenchyme axial) ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial.
(E. Ebanyenle, A.A. Oteng-Amoako, P. Baas & P. Détienne)

Croissance et développement

En conditions naturelles en Asie tropicale, les semis atteignent une hauteur de 40–50 cm en 6 mois après la germination. La croissance des jeunes arbres est discontinue et la ramification est rythmée. Le fût et les branches sont orthotropes, bien que l’orthotropie du fût soit moins prononcée que chez d’autres espèces de Calophyllum, et cela rend le fût souvent procombant (couché), en particulier chez les arbres qui poussent sur les plages. Cependant, Calophyllum inophyllum est parfois un arbre érigé de forêt dense. Les arbres âgés présentent une croissance sympodiale. Les jeunes arbres commencent à produire des fruits au bout d’une dizaine d’années. Ces fruits sont la plupart du temps dispersés par l’eau et on peut les retrouver échoués sur les plages. Une fois que leur enveloppe externe a pourri, les fruits flottent facilement et peuvent être disséminés par les courants marins. Mais cette dispersion est aussi effectuée par les chauves-souris frugivores.

Ecologie

Calophyllum inophyllum est présent à l’état sauvage sur les rivages maritimes sablonneux et rocheux, où il pousse juste au-dessus du niveau supérieur des marées de vive-eau. Les températures auxquelles il pousse sont modérées par la proximité de la mer. La pluviométrie annuelle est de 750–5000 mm. Le milieu a souvent un caractère xérophyte prononcé dû à la situation exposée, des nappes d’eau saumâtre et des vents chargés de sel. Calophyllum inophyllum est sensible au gel et au feu. On le trouve parfois à l’intérieur des terres sur des sols sablonneux jusqu’à 200 m d’altitude, surtout sur les îles. A l’intérieur des terres, il est planté jusqu’à 1200 m d’altitude.

Multiplication et plantation

La régénération naturelle se produit en général à proximité de l’arbre mère. Les semis cultivés en pépinières ont besoin d’ombrage. L’élimination de l’endocarpe réduit de façon significative la période de germination à environ 22 jours, augmente le taux de germination et améliore la croissance des semis. La croissance initiale est lente, ce qui oblige à désherber plusieurs fois. Il y a jusqu’à 200 graines/kg. Les graines sont récalcitrantes au stockage.

Gestion

Rarement planté pour son bois d’œuvre, Calophyllum inophyllum est plus généralement un arbre ornemental ou d’alignement.

Maladies et ravageurs

Aux Seychelles, de nombreux arbres de Calophyllum inophyllum sont affectés par un flétrissement vasculaire, provoqué par le champignon Leptographium calophylli, qui est à l’origine d’un grave dépérissement allant jusqu’à la mort de l’arbre. Le scolyte Cryphalus trypanus est très probablement le vecteur de cet agent pathogène.

Récolte

Pour une production de bois d’œuvre de longueur supérieure à 3 m, il faut choisir des arbres à fût droit. Pour extraire l’huile, les graines sont décortiquées ; au départ les amandes ne contiennent que peu d’huile décelable, mais au bout d’un mois, elles prennent une couleur chocolat et se mettent à suinter une huile poisseuse ; elles sont alors hachées, mises à sécher puis broyées, avant d’être bouillies. On écume l’huile qui surnage à la surface de l’eau bouillante. Il est également possible d’écraser les graines pour les réduire en une pâte et en exprimer l’huile par égouttage. Dans l’industrie, l’huile est extraite par pression à froid, et on ne la raffine pas de façon à lui conserver ses propriétés médicinales.

Rendement

Le bois de Calophyllum inophyllum est rarement disponible en grandes quantités. Un arbre adulte peut produire 50 kg de fruits secs et 18 kg d’huile de graines.

Ressources génétiques

Calophyllum inophyllum est très répandu, autant à l’état sauvage que planté, et il ne semble pas être menacé d’érosion génétique. Toutefois, les peuplements naturels ne sont pas communs en Afrique tropicale et demandent à être inventoriés. Certaines des espèces de Calophyllum endémiques de Madagascar et des Mascareignes pourraient facilement être menacées.

Perspectives

Les types à fût droit pourraient avoir de l’intérêt dans le cadre d’une culture pour le bois d’œuvre, mais il est nécessaire d’étudier leurs aspects sylvicoles et de connaître plus en détail leurs caractéristiques en termes de travail du bois, de séchage, de traitements de conservation et de propriétés mécaniques. L’engouement que suscite l’huile dans les applications cosmétiques pourrait prendre de l’ampleur.

Calophyllum inophyllum constitue une source potentielle d’agents pour la chimiothérapie préventive du cancer et il pourrait aussi jouer un rôle dans une thérapie combinée contre le SIDA.

Références principales

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Autres références

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  • Williams, R.O., 1949. The useful and ornamental plants in Zanzibar and Pemba. Zanzibar, Tanzania. 497 pp.

Sources de l'illustration

  • Lim, S.C. & Lemmens, R.H.M.J., 1993. Calophyllum L. In: Soerianegara, I. & Lemmens, R.H.M.J. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 5(1). Timber trees: Major commercial timbers. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. pp. 114–132.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2005. Calophyllum inophyllum L. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 11 avril 2019.


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