Caesalpinia bonduc (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Caesalpinia bonduc (L.) Roxb.


Protologue: Fl. ind. ed. 1832, 2: 362 (1832).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)
Nombre de chromosomes: 2n = 24

Synonymes

  • Caesalpinia bonducella (L.) Fleming (1810), nom. ill.

Noms vernaculaires

  • Bonduc, cadoque, cadoc, cassie (Fr).
  • Bonduc nut, fever nut, guilandina seed, nicker nut (En).
  • Inimbo, inimboja, nogueira de bonduque, olho de gato, silva da praia (Po).
  • Mkomwe, mnamu, mburuga (Sw).

Origine et répartition géographique

Caesalpinia bonduc est pantropical. On le trouve couramment dans les régions côtières d’Afrique tropicale.

Usages

Dans toute l’aire de répartition de Caesalpinia bonduc en Afrique, ses feuilles, son écorce et ses racines s’utilisent pour soigner la fièvre, les maux de tête et les douleurs de poitrine ; elles servent aussi comme vermifuge. En Afrique de l’Ouest, la plante est utilisée comme rubéfiant et tonifiant dans le traitement de la jaunisse, de la diarrhée et des éruptions cutanées. Sur la côte kenyane, la graine et des décoctions de feuilles et de racines se prennent pour traiter l’asthme et les complications en cours de menstruation, et pour éviter les fausses couches ; elles s’administrent aussi en collyre pour traiter les caillots sanguins internes dans l’œil. En Tanzanie, l’amande de la graine réduite en poudre se prend avec de l’eau pour traiter le diabète sucré. En Somalie, l’huile des graines sert à traiter les rhumatismes. Un extrait amer des graines, connu sous le nom de “quinine du pauvre”, s’emploie contre le paludisme en Inde par exemple, mais rien n’atteste de cet usage en Afrique.

En Asie tropicale et dans les îles de l’océan Pacifique, Caesalpinia bonduc est aussi une importante plante médicinale qui, dans l’ensemble, a les mêmes usages qu’en Afrique. A forte dose, on suppose qu’il est toxique.

En Sierra Leone et en Ethiopie, Caesalpinia bonduc se plante comme haie vive. En Guinée équatoriale, l’huile des graines s’utilise en cuisine. Les graines sont couramment employées comme perles, comme poids, et comme pions dans les jeux de société.

Production et commerce international

Le commerce local des graines de Caesalpinia bonduc pour leurs usages médicinaux est courant en Afrique tropicale.

Propriétés

Les graines de Caesalpinia bonduc contiennent un isoflavonoïde, la bonducelline, et plusieurs diterpènes de cassane, dont la césaldékarine A, la césalpinine B, les bonducellpines A–D, les α-, β-, γ-, et δ-césalpines, et une bondénolide. Parmi les composés isolés des racines, on trouve la césaldékarine C et la césalpine F.

La teneur phytochimique des autres parties de la plante n’a pas encore été étudiée.

Plusieurs des composés que l’on trouve dans les graines, notamment la bonducelline et la β -césalpine, ont confirmé leur activité antiplasmodique. Les résultats contradictoires des essais menés sur l’activité antiplasmodique peuvent être dus à une identification erronée des spécimens testés. Les extraits de bondénolide et les extraits de graines ont confirmé leur activité antifongique et leur activité antibactérienne. Les effets d’un extrait de feuilles sur le métabolisme du calcium et sur les récepteurs cholinergiques des préparations de la couche musculaire externe isolée de l’utérus de rats en gestation étaient comparables à ceux obtenus avec de l’acétylcholine. Chez des rats normaux, des extraits aqueux et des extraits à 50% d’éthanol de graines de Caesalpinia bonduc ont manifesté une activité hypoglycémique ; chez des rats diabétiques, ils ont produit un effet antihyperglycémique significatif. L’extrait aqueux a également fait ressortir des effets antihypercholestérolémiques et antihypertriglycéridémiques chez des rats ayant contracté un diabète induit par la streptozotocine. Un extrait aqueux des racines, des tiges et des feuilles s’est avéré avoir des activités antivirale et anticancéreuse.

La graine contient environ 20% d’une huile surtout riche en acide linoléique (68%) et possédant des propriétés vésicantes.

Description

  • Liane à tiges atteignant 15 m de long, habituellement pourvues de vigoureux aiguillons.
  • Feuilles alternes, composées bipennées, à 6–11 paires de pennes ; stipules pennées ou 3–5-lobées, atteignant 20 mm de long ; pétiole et rachis de 15–80 cm de long ; folioles opposées, comptant 6–9(–12) paires par penne, oblongues, de 2–4 cm × 1–2 cm, base arrondie, apex arrondi à aigu, brièvement poilues au moins sur la nervure médiane et les bords.
  • Inflorescence : grappe ou panicule supra-axillaire ou terminale de 30–60 cm de long, densément fleurie.
  • Fleurs bisexuées ou fonctionnellement unisexuées, zygomorphes, 5-mères ; sépales libres, inégaux, d’environ 5 mm × 2,5 mm, sépale inférieur cucullé ; pétales libres, inégaux, de 6–7 mm × 2–3 mm, pourvus d’un onglet, jaunes, pétale supérieur différant en forme et en taille ; étamines 10, libres, d’environ 5 mm de long, filets poilus vers la base ; ovaire supère, style court.
  • Fruit : gousse renflée, oblongue, de 5–8 cm × 3–4,5 cm, déhiscente, couverte de longs aiguillons raides et poilus, à 1–2 graines.
  • Graines ovoïdes, de 1,5–2 cm de diamètre, lisses, dures, gris pâle.
  • Plantule à germination épigée ; cotylédons arrondis, épais.

Autres données botaniques

Le genre Caesalpinia, qui comprend environ 200 espèces, est pantropical et la plupart des espèces se trouvent en Amérique tropicale. En Afrique tropicale, environ 25 espèces sont indigènes, naturalisées ou cultivées. Caesalpinia crista L. dont la littérature fait état en Afrique, est un nom mal appliqué qui peut désigner soit l’espèce indigène Caesalpinia bonduc soit l’espèce introduite Caesalpinia decapetala (Roth) Alston. En Afrique tropicale, Caesalpinia crista n’a été répertorié que dans les Seychelles et à l’île Maurice ; autrement, on le trouve aux Amériques, en Asie, en Australie et dans les îles de l’océan Pacifique. Bien que souvent associé à Caesalpinia bonduc, ce qu’on appelle “bois du Brésil” ou “pernambouc” est un bois qui dérive d’une espèce endémique du Brésil, Caesalpinia echinata Lam., qui produit également un colorant. Ce n’est que de cette seconde espèce qu’ont été isolés les colorants brasiline et brasiléine, et non de Caesalpinia bonduc.

Croissance et développement

Caesalpinia bonduc fleurit et fructifie toute l’année. Les graines de Caesalpinia bonduc flottent et conservent très longtemps leur viabilité dans l’eau. Cela explique sa présence dans les régions côtières de tous les tropiques.

Ecologie

Caesalpinia bonduc est présent surtout dans les lieux perturbés. En Afrique tropicale, il s’est naturalisé autour des villages à l’intérieur du pays, ce qui résulte probablement du transport des graines destinées à des usages médicinaux ou à servir de pions dans des jeux de sociétés très prisés.

Multiplication et plantation

Caesalpinia bonduc ne se multiplie que par graines.

Gestion

En Guinée équatoriale, Caesalpinia bonduc est cultivé pour l’huile que produisent ses graines.

Récolte

Les gousses mûres de Caesalpinia bonduc peuvent se récolter sur la plante ou se ramasser une fois tombées. On récolte les autres parties de la plante au fur et à mesure des besoins.

Traitement après récolte

On peut simplement faire sécher les graines de Caesalpinia bonduc et les conserver en vue d’une utilisation ultérieure. Les autres organes s’emploient probablement frais.

Ressources génétiques

Très répandu, Caesalpinia bonduc n’est pas menacé d’extinction ou d’érosion génétique, mais il est rare dans les collections de ressources génétiques.

Perspectives

Les extraits de Caesalpinia bonduc présentent d’intéressants effets pharmacologiques, tels que la modulation des récepteurs cholinergiques et l’activé antihyperglycémique, qui méritent un approfondissement des recherches.

Références principales

  • Burkill, H.M., 1995. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 3, Families J–L. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 857 pp.
  • Datte, J.Y., Traore, A., Offoumou, A.M. & Ziegler, A., 1998. Effects of leaf extract of Caesalpinia bonduc (Caesalpiniaceae) on the contractile activity of uterine smooth muscle of pregnant rats. Journal of Ethnopharmacology 60(2): 149–155.
  • du Puy, D.J., Labat, J.N., Rabevohitra, R., Villiers, J.-F., Bosser, J. & Moat, J., 2002. The Leguminosae of Madagascar. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 750 pp.
  • Francis, J.K., 2003. Caesalpinia bonduc (L.) Roxb.: gray nicker bean. [Internet] http://www.fs.fed.us/ global/iitf/. January 2006.
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Autres références

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  • Moshi, M.J. & Nagpa, V., 2000. Effect of Caesalpina bonducella seeds on blood glucose in rabbits. Pharmaceutical Biology 38(2): 81–86.
  • Peter, S.R., Tinto, W.F., McLean, S., Reynolds, W.F. & Yu, M., 1997. Bonducellpins A–D, new cassane furanoditerpenes from Caesalpinia bonduc. Journal of Natural Products 60(12): 1462–1465.
  • Peter, S.R., Tinto, W.F., McLean, S., Reynolds, W.F. & Yu, M., 1998. Cassane diterpenes from Caesalpinia bonducella. Phytochemistry 47(6): 1153–1155.
  • Simin, K., Khaliq-uz-Zaman, S.M. & Ahmad, V.U., 2001. Antimicrobial activity of seed extracts and bondenolide from Caesalpinia bonduc (L.) Roxb. Phytotherapy Research 15(5): 437–440.
  • Stiles, D., 1998. The Mikea hunter-gatherers of southwest Madagascar: ecology and socioeconomics. African Study Monographs 19(3): 127–148.

Sources de l'illustration

  • Ibnu Utomo, B., 2001. Caesalpinia L. In: van Valkenburg, J.L.C.H. & Bunyapraphatsara, N. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(2): Medicinal and poisonous plants 2. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 123–129.

Auteur(s)

  • P. Oudhia, SOPAM, 28-A, Geeta Nagar, Raipur, 492001, C.G., India

Citation correcte de cet article

Oudhia, P., 2007. Caesalpinia bonduc (L.) Roxb. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 13 novembre 2020.


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