Broussonetia greveana (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois de feu Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fibre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage et cultivé)
1, rameau avec inflorescences mâles ; 2, rameau avec inflorescences femelles ; 3, rameau avec infrutescences. Redessiné et adapté par R.H.M.J. Lemmens
fûts
tranche
branche en fruits (Tropicos)
bois
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois

Broussonetia greveana (Baill.) C.C.Berg


Protologue: Bull. Jard. Bot. Etat 47(3–4) : 356 (1977).
Famille: Moraceae

Synonymes

  • Chlorophora greveana (Baill.) Leandri (1948),
  • Allaeanthus greveanus (Baill.) Capuron (1972).

Origine et répartition géographique

Broussonetia greveana est présent à Madagascar, où il se rencontre dans toute la partie ouest du pays, ainsi qu’à Mayotte.

Usages

Le bois (noms commerciaux : vory, somely) est excellent pour les ossatures et la construction. Il est utilisé pour les menuiseries intérieures légères et l’ébénisterie, les plafonds, les panneaux, les boiseries intérieures, les cageots, les caisses, les panneaux lattés, les panneaux stratifiés, les placages déroulés ou tranchés destinés à des usages non décoratifs, l’âme de contreplaqué et les panneaux de particules. Traditionnellement, on l’utilise pour la construction, les bateaux, les pirogues, les chariots et les lames de xylophones. Il est également utilisé comme bois de feu. L’écorce s’emploie pour l’habillement. On prête à la décoction d’écorce des vertus fortifiantes et vermifuges.

Production et commerce international

Le bois de Broussonetia greveana est très recherché pour ses usages locaux à l’ouest de Madagascar. En 1987, l’équivalent en grumes des planches vendues sur le marché de Morondave a été évalué à 6200 m³. Le bois n’a probablement jamais été exporté.

Propriétés

Le bois de cœur est de teinte ivoire à brune ; il se démarque clairement de l’aubier qui est large de 8–12 cm et très pâle. C’est un bois léger, d’une densité de 400–500 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche facilement et rapidement, avec un faible risque de déformation et de gerces. Des planches de 25 mm d’épaisseur prennent 1–2 mois pour sécher à l’air, des planches de 40 mm d’épaisseur prennent 5–6 mois. Les taux de retrait du bois vert à anhydre sont faibles à moyens : de 2,9–3,7% radialement et de 5,8–6,6% tangentiellement. Une fois sec, le bois est stable en service. Le bois est tendre. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 81–104 N/mm², le module d’élasticité de 6800–8200 N/mm², la compression axiale de 34–43 N/mm², le cisaillement de 3–4 N/mm², le fendage de 16–17 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon 1,3–1,9. Le bois se scie, se déroule et se travaille facilement avec des outils ordinaires et n’a pas d’effet d’usure marqué sur les lames. Il ne se fend pas au clouage et au vissage et retient bien les clous et les vis. Ses propriétés de collage sont bonnes. Le bois se polit, se cire, se vernit et se peint correctement. Le bois de cœur est moyennement résistant aux attaques fongiques, relativement résistant aux termites et résistant aux xylophages du bois sec. L’aubier, de faible durabilité, doit être retiré ou traité avec des produits de conservation avant que le bois ne soit utilisé. Le bois de cœur est seulement moyennement perméable à l’imprégnation.

Description

  • Arbre dioïque, caducifolié ou parfois sempervirent, de taille moyenne atteignant 25 m de haut, à latex blanc présent dans toutes les parties, virant rapidement au brun pâle à l’exposition ; fût dépourvu de branches sur 12 m de hauteur, atteignant 80(–150) cm de diamètre, souvent droit ; surface de l’écorce rose jaunâtre, fissurée longitudinalement, à rangées de lenticelles brunes, se desquamant en pellicules fines, écorce interne jaunâtre et dure dans sa partie externe et blanche et très fibreuse dans sa partie interne ; cime étalée ; rameaux à poils grisâtres caducs.
  • Feuilles alternes, simples ; stipules atteignant 16 mm × 3,5 mm de long, membraneuses, plus ou moins fripées, tardivement caduques en laissant des cicatrices distinctes ; pétiole mince, de 5–40 mm de long, cannelé au-dessus, poilu ; limbe elliptique à oblong ou lancéolé, de 2–20 cm × 0,5–8 cm, arrondi ou légèrement cordé à la base, acuminé à l’apex, papyracé, surface inférieure des jeunes feuilles garnie de poils grisâtres, pennatinervé à 6–20(–25) paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : chaton axillaire ; inflorescence mâle située vers l’extrémité du rameau, cylindrique, de 1–12 cm de long, rougeâtre, à nombreuses fleurs, pédoncule de 0,5–2 cm de long, à denses poils blancs ; inflorescence femelle globuleuse à oblongoïde, d’environ 0,5 cm de diamètre, pédoncule de 0,5–1,5 cm de long, à poils blancs.
  • Fleurs unisexuées ; fleurs mâles sessiles, à 4–5 segments de périanthe libres et 4 étamines ; fleurs femelles couvertes de bractées, périanthe 2–4-lobé, ovaire supère, d’environ 1 mm de long, stigmates 2, l’un d’eux fortement réduit et l’autre atteignant 7 mm de long.
  • Fruit : drupes oblongoïdes de 4–5 mm de long, contenant 1 graine, en groupes disposés en une infrutescence oblongoïde à globuleuse, de 1,5–2,5(–3) cm de diamètre.
  • Graines de 2–3 mm de long.

Autres données botaniques

Le genre Broussonetia comprend 8 espèces, dont 7 dans les régions tropicales, subtropicales et tempérées chaudes d’Asie, et 1 à Madagascar.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 25 : ponctuations intervasculaires fines (4–7 μm) ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm) ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 31 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations rondes ou anguleuses ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; (46 : 5 vaisseaux par millimètre carré) ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; (68 : fibres à parois très fines) ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
  • Parenchyme axial : 79 : parenchyme axial circumvasculaire (en manchon) ; 80 : parenchyme axial circumvasculaire étiré ; 81 : parenchyme axial en losange ; (83 : parenchyme axial anastomosé) ; 91 : deux cellules par file verticale ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale.
  • Rayons : (97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules)) ; (98 : rayons couramment 4–10-sériés) ; (102 : hauteur des rayons > 1 mm) ; 106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées ; 107 : rayons composés de cellules couchées avec 2 à 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées ; (110 : présence de cellules bordantes) ; 115 : 4–12 rayons par mm.
  • Eléments sécrétoires et variantes cambiales : 132 : laticifères ou tubes à tanins.
  • Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 137 : cristaux prismatiques dans les cellules dressées et/ou carrées des rayons ; (141 : cristaux prismatiques dans les cellules non cloisonnées du parenchyme axial).
(M. Thiam, P. Détienne & E.A. Wheeler)

Croissance et développement

La disponibilité d’eau en abondance favorise la régénération. L’arbre atteint une hauteur de 4–6 m à l’âge de 7 ans. En général, la floraison a lieu en (juin–)septembre–décembre, et la fructification en novembre–janvier(–février). Dans la forêt sèche décidue de Kirindy, près de Morondava, Broussonetia greveana n’a de feuilles que pendant 3–4 mois, de novembre à mars. Dans ce milieu, la floraison a lieu en octobre–novembre et coïncide avec l’apparition des nouvelles feuilles, et les fruits sont mûrs en janvier–février. L’arbre fleurit et fructifie régulièrement, chaque année ou au moins tous les 2 ans. Les fruits sont très appréciés des lémuriens et des perroquets, qui disséminent sûrement les graines.

Ecologie

Broussonetia greveana est présent jusqu’à 800 m d’altitude, dans tous les types de forêts de l’ouest de Madagascar. Dans les forêts décidues sèches, il fait partie de la strate forestière dominante. Il est surtout présent sur les versants. Dans la partie méridionale de Madagascar, très sèche, il est confiné à des emplacements le long des cours d’eau. A Mayotte, il pousse dans tous les types de forêts, du type humide au type sec.

Multiplication et plantation

De nos jours, Broussonetia greveana est couramment planté à Madagascar dans la région de Morondava. Les fruits sont récoltés lorsqu’ils sont mûrs et juteux. Les graines sont extraites de la pulpe par lavage réitéré puis séchées à l’ombre. Le poids de 1000 graines est d’environ 5 g. Les graines se conservent mal et il vaut mieux les semer peu après leur récolte. Semées à l’ombre, leur taux de germination est d’environ 45%. Après la germination, les plants sont repiqués à un espacement de 10 cm × 10 cm. Au bout d’un an en pépinière, ils font 50–100 cm de haut et sont prêts à être replantés. On obtient les meilleurs résultats en repiquant des plants effeuillés pendant la saison sèche : le taux de réussite est alors supérieur à 90%, contre moins de 80% lorsque le repiquage est effectué à la saison des pluies. Les semis atteignent une hauteur jusqu’à 1 m en 2 ans à l’ombre, comparé à seulement 40 cm dans des conditions plus exposées.

Maladies et ravageurs

Dans la forêt au nord-est de Morondava, le rat géant malgache (Hypogeomys antimena), un rongeur menacé d’extinction, se nourrirait des jeunes plants de Broussonetia greveana et ceux-ci doivent être protégés.

Ressources génétiques

Etant donné sa répartition assez étendue, son adaptabilité face aux exigences climatiques et édaphiques, et le fait qu’il s’agit d’une des espèces d’arbre les plus couramment plantées dans l’ouest de Madagascar, Broussonetia greveana ne semble pas dans l’immédiat menacé d’érosion génétique. On a toutefois observé une rapide diminution des ventes de planches de cette espèce sur les marchés de Morondava au cours des années 1990, qui va de pair avec une réduction des arbres porte-graines dans la forêt ainsi qu’une régénération naturelle moins abondante. Par ailleurs, son milieu est soumis à une forte pression due au défrichage forestier pour les besoins de l’agriculture et de l’élevage.

Perspectives

Broussonetia greveana est très prisé pour son bois, ce qui par endroits donne lieu à une surexploitation, à la disparition de son bois des marchés et à une diminution de sa régénération naturelle. C’est une espèce qui mérite qu’on s’y intéresse en raison des caractéristiques technologiques intéressantes de son bois et parce que l’on commence à maîtriser les techniques de multiplication et de plantation. Les techniques de multiplication par bouturage méritent d’être explorées.

Références principales

  • Berg, C.C., 1977. Revisions of African Moraceae (excluding Dorstenia, Ficus, Musanga and Myrianthus). Bulletin du Jardin Botanique National de Belgique 47(3–4): 267–407.
  • Capuron, R., 1966. Etudes sur les essences forestières de Madagascar : vory ou somely (Allaeanthus greveanus (Baillon) R. Cap.). Centre Technique Forestier Tropical, Section de Madagascar, Tananarive, Madagascar. 11 pp.
  • Ganzhorn, J.U. & Sorg, J.-P. (Editors), 1996. Ecology and economy of tropical dry forest in Madagascar. Primate Report 46-1, special issue. Erich Goltze, Göttingen, Germany. 382 pp.
  • Guéneau, P., 1971. Bois de Madagascar. Possibilités d’emploi. Centre Technique Forestier Tropical, Antananarivo, Madagascar. 75 pp.
  • Guéneau, P., Bedel, J. & Thiel, J., 1970–1975. Bois et essences malgaches. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 150 pp.
  • Sallenave, P., 1971. Propriétés physiques et mecaniques des bois tropicaux. Deuxième supplément. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 128 pp.

Autres références

  • Berg, C.C., 1982. The reinstatement of the genus Milicia Sim (Moraceae). Bulletin du Jardin Botanique National de Belgique 52(1–2): 225–229.
  • Berg, C.C. & Hijman, M.E.E., 1989. Moraceae. In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 95 pp.
  • Guéneau, P. & Guéneau, D., 1969. Propriétés physiques et mécaniques des bois malgaches. Cahiers scientifiques No 2, Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 51 pp.
  • Capuron, R., 1972. Contributions à l’étude de la flore forestière de Madagascar. Adansonia, séries 2, 12(3): 375–388.
  • Debray, M., Jacquemin, H. & Razafindrambao, R., 1971. Contribution à l’inventaire des plantes médicinales de Madagascar. Travaux et Documents No 8. ORSTOM, Paris, France. 150 pp.
  • Ganzhorn, J.U., 1995. Cyclones over Madagascar: fate or fortune? Ambio 24(2): 124–125.
  • Pascal, O., Labat, J-N., Pignal, M. & Soumille, O., 2001. Diversité, affinités phytogéographiques et origines présumées de la flore de Mayotte (Archipel des Comores). Systematics and Geography of Plants 71: 1101–1123.
  • Perrier de la Bâthie, H. & Leandri, J., 1952. Moracées (Moraceae). Flore de Madagascar et des Comores (plantes vasculaires), famille 55. Firmin-Didot et cie., Paris, France. 76 pp.
  • Schatz, G.E., 2001. Generic tree flora of Madagascar. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 477 pp.

Sources de l'illustration

  • Berg, C.C., 1977. Revisions of African Moraceae (excluding Dorstenia, Ficus, Musanga and Myrianthus). Bulletin du Jardin Botanique National de Belgique 47(3–4): 267–407.

Auteur(s)

  • D. Louppe, CIRAD, Département Environnements et Sociétés, Cirad es-dir, Campus international de Baillarguet, TA C-DIR / B (Bât. C, Bur. 113), 34398 Montpellier Cedex 5, France

Citation correcte de cet article

Louppe, D., 2008. Broussonetia greveana (Baill.) C.C.Berg. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 20 avril 2019.


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